‹ Examen des doctrines médicales et des systèmes de nosologie, précédé de propositions renfermant la substance de la médecine physiologiqueChapitre 52 sur 148 · CCXCVIII · texte numérisé non relu

CCXCVIII

On guérit les irritations partielles de l'estomac caractérisées par la marche indiquée dans les propositions CCXCVI et CCXCVII, en persévérant dans le refus desmédicamens stomachiques, en accordant assez d'alimens pour entretenir la nutrition ,. mais en les choisissant parmi ceux qui fournissent de la matière alibile, sans trop exciter ; enfin en calmant par les boissons adoucissantes l'irritation qui se réveille toujours sur la fin de la digestion stomacale. Cette cure exige quelquefois des années , mais c'est

PROPOSITIONS DE MÉDECINE. IxiX

la seule durable ; elle peut même réussir quoiqu'il existe un certain degré de désorganisation: il importe surtout de ne pas trop débiliter par les évacuations sanguines, ni par l'abstinence, qui pourrait faire perdre au viscère la faculté assimilatrice.

Dans les gastrites et les gastro-entérites chroniques, non compliquées de colite, on obtient quelquefois la guérison en combattant la constipation par le calomel et par les sels neutres ; mais ce n'est que dans les cas où la phlegmasie est légère , car si elle est invétérée et profonde , si surtout l'organisation du viscère est compromise, cette cure n'est que palliative, aussi bien que celles que l'on procure avec les autres stimulans.

CGC.

L'irritation hémorrhoïdale est fréquemment l'effet d'une gastrite ou d'une gastro-entérite chronique et doit être traitée par les mêmes moyens. L'exaspération de la gastrite peut supprimer ce flux comme elle supprime les menstrues : c'est donc une grande imprudence de stimuler par l'estomac pour le faire reparaître. Le traitement de la gastrite est beaucoup plus sûr; car lorsqu'elle est dissipée, ou les hémorrhoïdes se guérissent sans danger, ou elles reviennent si le flux est utile à l'économie.

ceci.

Lorsque l'estomac n'est pas assez stimulé par les alimens, toutes les fonctions deviennent languissan-

Ixx PROPOSITIONS DE MÉDECINE.

tes; mais bientôt la faim développe dans ce viscère une irritation partagée par le cerveau, qui ranime plusieurs fonctions dans un mode défavorable à la conservation de l'individu. Telles sont la fureur et l'exaltation mentale des faméliques , que suivent bientôt les convulsions, la fièvre, etc.

CCGII.

La faim non satisfaite produit la gastrite , et celle-ci développe ses sympathies accoutumées.

L'ardeur épigastrique , les douleurs de la tète et des membres et la rougeur de la langue produites par la faim disparaissent par l'ingestion des stimulans alimentaires, lorsque la gastrite n'est encore que dans son premier degré. Plus tard ces phénomènes en sont exaspérés et ne peuvent céder qu'aux adoucissans, suivis d'une alimentation graduée; mais la saignée peut rarement y convenir.

GGCIV.

Lorsque l'estomac a fait passer dans les intestins des alimens qui ne l'ont pas assez excité pour qu'il ait pu les bien assimiler, il survient des coliques et une diarrhée qui cèdent au vin et aux boissons alcoholisées. Si ces substances sont administrées dès l'apparition des coliques, la digestion se rétablit et la diarrhée est prévenue. Ce fait prouve que l'assimilation se continue dans le canal intestinal.

L'assimilation des alimens est souvent imparfaite

PROPOSITIONS DE MEDECINE. Ixxj

durant le traitement des gastrites chroniques partielles par la méthode adoucissante; mais les sympathies qui en résultent ne doivent pas être attribuées à l'inflammation. Dans ce cas, il faut suivre la méthode indiquée pour ces gastrites CCXCVIII.

L'époque où l'assimilation des alimens peu stimulans devient imparfaite durant le traitement des gastrites chroniques générales qui éprouvent de l'amélioration, est celle de la guérison de ces phlegmasies.

Celui qui ne sait pas diriger l'irritabilité de l'estomac , ne saura jamais traiter aucune maladie. La connaissance de la gastrite et de la gastro-entérite est donc la clef de la pathologie.

Lorsque les inflammations pulmonaires ont résisté aux antiphlogistiques et aux vésicatoires, on peut encore les combattre avec efficacité par les cautères, les sétons et les moxas, placés le plus près possible du mal. Mais il n'en est pas toujours ainsi des phlegmasies muqueuses du canal digestif.

Les hépatites aiguës commençantes doivent être enlevées à force de saignées générales et puis locales, qui agissent aussi avec efficacité sur la gastroentérite qui les accompagne presque toujours. Cette

lxxij PROPOSITIONS DE MEDECINE.

complication rend l'effet des émétiques plus dangereux qu'il n'est utile.

Les hépatites chroniques sont quelquefois palliées par les émétiques, les purgatifs, le calomel, les savonneux, les eaux minérales; mais elles sont rarement guéries autrement que par la persévérance dans un régime adoucissant et par les révulsifs et les exutoires placés auprès de l'organe affecté.

L'ictère apyrétique, même celui des nouveau-nés, étant le plus souvent l'effet d'une gastro-duodénite, est plus efficacement combattu par les remèdes de cette phlegmasie, que par les purgatifs et les prétendus fondans; à plus forte raison lorsqu'il est accompagné d'un état fébrile , et lorsqu'il dépend d une hépatite.

La péritonite commençante est facilement enlevée par les sangsues appliquées sur les parois abdominales; mais lorsqu'elle a duré plusieurs jours , elle est souvent au-dessus de tous les remèdes. La saignée générale en opère rarement seule la guérison; mais elle peut la seconder lorsque les sangsues ne donnent pas suffisamment.

CCCXÏII.

La péritonite des femmes en couches étant ordinairement l'effet d'une inflammation de l'utérus.

PROPOSITIONS DE MÉDECINE. Ixxiij

doit être arrêtée dans son début par les sangsues appliquées avec profusion sur l'hypogastre. Elle ne cède aux émétiques que par révulsion : c'est dire qu'elle est souvent exaspérée par leur emploi.

CGGXIV.

Le bain chaud n'opère la guérison de la péritonite que par une révulsion exercée sur le tissu de la peau, et si cette révulsion manque, la maladie s'exaspère. Aussi le bain fait- il souvent reparaître les péritonites arrêtées par les sangsues. Il n'en est pas ainsi des fomentations émollientes et de la vapeur de l'eau chaude dégagée dans le lit, sans déranger les malades.

CCGXV.

Le bain chaud exaspère souvent les gastro-entérites aiguës, parceque les stimulations de la peau se répètent ordinairement dans l'intérieur des voies gastriques. Les applications froides sur l'abdomen , et même les bains froids sont plus utiles en été, et quand les poumons ne sont pas enflammés. Ces moyens dispensent quelquefois de la répétition des saignées.

Lorsque l'inflammation attaque simultanément la membrane muqueuse du poumon et celle des voies gastriques, on peut, après les saignées, placer le froid sur l'abdomen en tenant un cataplasme chaud sur le thorax ; mais si la toux s'exaspère, il faut renoncer au froid.

lxxiv PROPOSITIONS DE MÉDECINE.

Les typhus étant des gastro-entérites par empoisonnement miasmatique, c'est-à-dire par des gaz putrides, souvent avec complication de quelque autre phlegmasie, et surtout de celles de l'appareil cérébrospinal, peuvent être arrêtés par le traitement approprié à ces maladies, lorsqu'on les attaque dans leur début.

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