PHYSIOLOGIE
L^ vie de l'animal ne s'entretient que par les stimulans extérieurs (Brown) ; et tout ce qui augmente les phénomènes vitaux est stimulant.
Le calorique, quelle que soit sa nature, est le premier et le plus important des stimulans; et s'il cesse d'animer l'économie, les autres perdent leur action sur elle.
Le calorique est nécessairement et continuellement fourni à l'embryon par sa mère; à l'animal né, par ses poumons; mais il pénètre accidentellement par toutes les voies. L'animal le tire de deux sources générales,des milieux où il est plongé et des corps étrangers qui pénètrent dans le sien, y compris l'oxygène.
Si le calorique manque pendant un certain temps, tous les phénomènes» conservateurs, réparateurs, mé- !• a
ij PROPOSITIONS DE MÉDECINE.
dicateurs de l'économie cessent. Il en est ainsi de l'oxygène.
Le calorique met en jeu la puissance inconnue qui compose les organes. Cette puissance les forme avec des matériaux alibiles, et ménage des fluides libres dans leurs interstices. Les organes ou les solides, ainsi que les fluides, portent le nom de matière animale. Notre pensée ne peut isoler cette matière de la puissance qui la dispose et la façonne en organes.
La composition des organes et des fluides est une chimie particulière à l'être vivant. La puissance inconnue qui met cette chimie en action , donne aux organes, en les composant, la faculté de se mouvoir en se contractant, et à leur ensemble, la faculté de témoigner qu'il est sensible. Contractilité et sensibilité sont donc les témoignages ou les preuves de l'état de vie : la contractilité appartient à toutes les fibres animales ; la sensibilité est un des modes d'action de l'appareil encéphalo-nerveux.
Certains corps de la nature, outre le calorique, augmentent la sensibilité et la contractilité dans les parties de l'organisme avec lesquelles ils sont mis en contact : c'est la stimulation, ou irritation ; ces corps sont donc aussi des stimulans.
La sensibilité et la contractilité étant augmentées
PROPOSITIONS DE MEDECINE. iij
dans un point , le sont bientôt dans plusieurs autres : c'est la sympathie.
La sympathie s'effectue par l'intermédiaire d'une forme particulière du tissu vivant ou de la matière animale, qu'on appelle matière nerveuse.
Tous les phénomènes d'association sont accomplis par cette matière dans l'appareil cérébro-spinal et dans les nerfs, par le transport delastimulation d'une partie à une ou plusieurs autres : ce sont donc des sympathies.
Le but complexe de la stimulation primitive , comme de la stimulation secondaire, est toujours la nutrition , Féloignement des causes destructives et la reproduction. Les mouvemens qui exécutent tout cela sont partagés en plusieurs séries , dont chacune est exécutée par un certain nombre d'organes et porte le nom de fonction. Or, pour l'exercice des fonctions, il faut que les liquides concourent avec les solides: dans toute stimulation, il y a donc impulsion , appel ou attraction des fluides vers les solides.
La sensibilité et la contractilité sont distribuées à différent degrés dans les divers organes qui composent le corps vivant. Ceux qui les possèdent dans le plus haut degré reçoivent immédiatement l'action des stimulans, et la transmettent aux autres : ils sont donc les mobiles naturels des sympathies.