CHAPITRE XXIII
Résumé et Conclusion.
Ici finit notre travail : nous croyons avoir prouvé ce*que nous voulions prouver , à savoir , que toute société repose sur trois principes : les lois , le gouvernement et la religion ; que ces trois principes sont distincts, mais inséparables, et qu*ils se prêtent un appui réciproque.
Si nous nous sommes arrêté plus longuement à Tétude de la loi, c'est que, selon nous, la plupart des erreurs répandues sur VEtat , la liberté et l'égalité , ne sont que des conséquences d'une erreur plus générale sur la nature et l'objet de la loi.
Et si nous avons fait une part moins large a Té-
tude du gouvernement, cest que nous avions à
cœur d'éviter tout ce qui a rapport aux discussions
de l'époque actuelle et de rester dans les régions
pures et sereines de la philosophie.
i54 EXAMEN DES PRINCIPES, ETC.
D'ailleurs , pour un esprit droit , qui se serend compte de linstitution des lois , qui a le double sentiment de la dignité humaine et de la nécessité d*un pouvoir fort et respecté , et qui comprend Tinfluence de la religion , la grande question de la conduite d un État est tranchée , puisqu'il tient les principes essentiels de la société; et les autres questions n'ont qu'une importance secondaire , puisqu'elles ne peuvent être définitivement résolues.
Les idées que noos avons exprimées ne sont point nouvelles ; il nous suffit qu'elles soient vraies, et , si nous avons réussi à les mettre en lumière , notre ambition est satisfaite.
Humble travailleur dans le vaste champ de la vérité , nous ne nous sommes pas senti assez fort pour marcher en avant , à la découverte de contrées inconnues ; nous nous sommes borné à prendre possession , les titres en main , des biens que nos pères nous ont transmis, et h les défendre contre ceux qui voudraient nous les ravir.