RECOMMANDATIONS
qui puisse être posée est celle-ci ; Comment y arriver ? 11 faudra Compter avec au moins cinq différents intéressés, et les amener à coopérer à la reconstitution de ce pays, ce sont : le gouvernement du Dominion, le gouvernement de la Province, les municipalités dans lesquelles est situé ce territoire, les propriétaires particuliers, les permissionnaires de coupes de bois et le public.
Outre l'intérêt général que prennent les gouvernements au développement des conditions économiques de toute portion du bien commun, le gouvernement du Dominion, comme on l'a montré, s'intéresse particulièrement à l'entretien du canal. Le gouvernement provincial est encore le propriétaire d'environ un tiers de la superficie divisée, partie en lots concédés sur permis, et partie en coupes de bois, dont les permis sont échus ou abandonné. Les municipalités sont naturellement le plus intéressées à voir à ce que l'on mette à profit la plus grande partie possible de leurs terres, en vue de la réduction de l'impôt foncier individuel, et de l'acquisition d'un plus haut degré de civilisation, grâce à une plus grande activité industrielle et aux facilités d’édu ‘ation.
Les propriétaires fonciers bénéficieront individueliement d'une meilleure protection. Les améliorations voisines augmenteront la valeur de ieurs propriétés, surtout si l'on peut assurer une amélioration continuelle des conditions, pour arrêter la tendance actuelle à la détérioration. Une administration systématique, au lieu d'une exploitation passagère, rendra possible l'établissement de manufactures stables, accroîtra le développement industriel, et en fera bénéficier le public en général.
La coopération de toutes ces agences sera nécessaire pour la mise en action d'une administration prévoyante et permanente. Le concours des trois agences administratives des gouvernements Fédéral, Provinciaux et Municipaux, est absolument indispensable pour mettre en exercice une politique forestière permanente, car une forêt croît lentement, et les résultats financiers, seuls mobiles de l’entreprise privée, se font longtemps attendre : c'est pourquoi, seules les institutions durables, telles que les gouvernements, peuvent entreprendre avec succès l'industrie de la production du bois. Il importe done de confier, à l’une ou à l’autre de ces trois agences, toutes les terres qui ne sont pas purement des terres agricoles. Ces terres devraient être comprises dans une ou plusieurs réserves forestières sous une bonne administration forestiére.
Possession Municipale—Les propriétaires les plus aptes à administrer de telles réserves forestières sont indubitablement les municipalités, qui sont les représentants du peuple ;: elles sont sur les lieux, conséquemment elles sont les plus intéressées à y veiller.
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Un des comtés a déjà reconnu le bien-fondé de la possession de ces terres déboissées. Le comté de Hastings, sous la direction du bailli P. P. Clark du township de Limerick, a formé à cette fin, un comité des forêts en 1911. Il a fait adopter, par le Parlement Provincial, une loi qui autorise les municipalités à acquérir de telles terres, et à consacrer à cette fin jusqu'à $25,000. Conformément aux dispositions de cette loi, le comté s'est approprié 2,200 acres dans le townships de Grimsthorpe, en dehors du bassin du Trent, en # quittant l'impôt de 17 cents par acre dont cette terre était grevée. L'été dernier, sur les conseils de l’auteur, et à la suite d'une conférence sur le sujet devant le conscil du comté de Peterborough, un comité semblable fut nommé pour s'occuper de la
possession municipale des terres déboisées.
Puisque cette loi (1 Geo. V. Chap. 74, 1911) marque un nouveau et important point de départ dans le mnuvement forestier, elle est citée ci-après en entier.
‘Sa Majesté, de l'avis et du consentement de l’Assemblée Lévisletive de la Province de l'Ontario décrète : n. Cette Loi est dénommée ‘The Counties Reforestation
Act,” Loi du Reboisement des Comtés.
>. Le Conseil Municipal d'un comté peut formuler des
règlements :—
(a) Pour l'acquisition par achat, baïl ou autrement, des terres désignées dans le règlement que le conseil peut juger convenir aux fins du reboisement ;
(b) Pour la plantation de la terre ainsi acquise, et la conservation et la protection du bois qui s’y trouve ;
(c) Pour l'administration de ces terres et la vente ou autre disposition du bois y cultivé ;
(d) Pour l'émission d'obligations de temps à autre ne devant pas exéder $25,000, dues en tout temps, en vue de pourvoir à l'achat de ces terres.
3. Aucun règlement ne sera finalement adopté en vertu de cette loi, avant qu'il n'ait été approuvé en écrit par le Ministre de l'Agriculture.
4. (a) Les Conseils Municipaux des townships, dans les districts sans organisation de comté, seront revêtus de tous les pouvoirs, privilèges et autorités conférés, par les paragraphes (a), (b) et (c) de l’article 2 ci-dessus, aux conseils de comté.
(b) Les conseils de ces townships auront le pouvoir de prélever, au moyen d'un taux spécial, une somme ne devant pas excéder $200 en ancune année, pour fin d'achat de pareilles terres.”
Bien que cette loi soit, sans doute, très sensée, on serait néan-
moins porté à croire que les municipalités, vu le peu de fonds mis
à leur disposition, ne pourront pas donner un rapide essor à la pos-
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RECOMMANDATIONS 19 es
session municipale. Pour obvier à cette difficulté, on a suggéré que si la province voyait en la possession municipale une solution du problème, elle devrait mettre à la disposition des comtés, gratuitement, les cowes de Lois dont les permis sont périmés, sous des conditions qui seront de nature à assurer les résultats désirés.
Tout en admettant qu'une telle possession municipale éveille, chez la population sur place, de l'intérêt en pareilles terres, et les porte à veiller à leur protection contre les incendies—besoin des plus u:gents—il existe cependant des raisons, principalement financières, qui s'opposent à une telle administration. Les besoins de la juridiction municipale, en vue de la régulation de l'eau, peuvent aussi, en partie, se mettre en conflit avec un tel plan.
Bien que la possession municipale puisse, peut-être plus facilement que la possession fédérale ou provinciale, utiliser avec plus d'avantage les petites valeurs, que peut podr.'e souvent une terre à bois, même si elle est mal administrée, pareilles terres prises en grandes superficies sont non seulement dépourvues de toute valeur, mais, pour être de quelque utilité, elles exigent des dépenses en plantation ; d'autres, pour les faire produire mieux et plus tôt, réclament des dépenses d'éclaircies. Ce sont là des dépenses qu'il faut faire en vue de la production future. Pour arriver à cette fin, il faudra retenir les services d'experts en la matière, et ceci sera encore une cause le dépenses. On fait remarquer, en passant, que l’o1 n'engage, d’une manière permanente, un administrateur forest -r parfaitement qualifié, que lorsqu'il s'agit de la disposition et de l'administration d’une terre dont la superficie est de 50,00, à 100,000 acres ou plus. C'est pourquoi, il est douteux qu'une “icipalité puisse engager en permanence un tel homme. L'étenu. de la propriété fait varier aussi le succès financier de l'administration à d’autres points de vue, lorsque l'on peut utiliser les bonnes parties pour compenser les parties faibles. C'est, en partie, ceci qui a contribué au secret financier des administrations forestières allemandes. D'un autre côté, le succés de l'industrie forestière dépend d'un plan longuement mûri, que l'administration municipale, vu sa grande variabilité, ne pourra probablement pas exécuter. Même en Allemagne, l'administration forestière municipale —quelque parfaite soit-elle—doit <on succès à la surveillance plus ou moins rigoureuse de l'Etat. Les meilleurs résultats, au point de vue financier, obtenus par les forêts municipales, sont ceux du duché de Bade, où l'Etat administre les forêts municipales, moyennant une somme fixée par acre, fournie par les municipalités. Il ne faut pas non plus perdre de vue que l’habilité municipale à administrer ses finances et sa patience à attendre la production du bois
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auront fort à faire, si l'on inaugure une administration telle que voulue, pour le maintien continu de cette production.
Possession Gouvernementale—C'est ici qu'elle a sa raison d'être, la puissante coopération financière du gouvernement, qui jouit d’un crédit et d’une organisation supérieurs. Si, comme il est probable, à en juger par la nomination d'un forestier provincial, le gouvernement est disposé à se charger à l'avenir des ressources forestières de la province, cette région lui offre un premier champ d'action plein de promesses. A cette fin, il faut un plan pour rentrer en possession des terres concédées par permis, lesquelles devraient être divisées en lots, afin d'en faciliter l'administration : une partie devant être administrée par la province, et l'autre par les municipalités. Un tel plan devra pourvoir à l'engagement d'experts chargés de l'administration et des fonds nécessaires, au moyen d'une entente provinciale et muuicivale. Il importe que la province se réserve la direction et la participation éventuelle aux bénéfices. Une telle coopération devrait être élaborée : la province confiant aux municipalités les parties qui ne demandent que protection, et se réservant celles dont l'administration est plus compliquée.
Il semble tout naturel que la province doive rentrer, premièrement, en possession des terres concédées moyennant permis, lesquelles ont, en réalité, cessé de produire la quantité de billes pour laquelle les premiers permis ont été accordés ; et, deuxièmement, imposer aux permissionnaires, qui possèdent encore des coupes de bois, sur lesauelles il reste encore une certaine quantité de bois marchand, des conditions qui soient de nature à prévenir l'extravagance et la destruction de la propriété elle-même.
Si la province assume la responsabilité d'une telle politique forestière, le gouvernement du Dominion pourrait lui en confier le soin, car ses intérêts seront sauvegardés. Toutefois, si elle n'a pas l'intention de protéger efficacement, de recouvrer et d'administrer les terres forestières, le Dominion devrait, en prenant possession des terres d'où les cours d’eau tirent leurs sources, être mis en position de protéger ses droits sur ces eaux.
Tel que précédemment dit, une administration efficace des forêts, surtout des terres déboisées, ne peut être effectuée avantageusement que sur un groupement de lots d'une étendue suffisante sous une même direction. Or, ces conditions existent ici, c'est-àdire que la province possède une agglomération de terres qui peuvent
Son premier
et qu’il y exerce une surveillance active et continue.
RECOMMANDATIONS 21 devoir consisterait À faire de la propriété un examen attentif et une carte, sur laquelle seraient indiquées les conditions en détail. Il lui faudra, en même temps, organiser un service de protection efficace contre l'incendie, faire bâtir des tours de surveillance, et tracer des sentiers dans les endroits où il n'y a pas de routes ou des protecteur. Encourager l'établissement de petites manufactures d'articles en bois, pour utiliser le bois dur arrivé à maturité, ainsi
moyens de veyager, tout en perfectionnant graduellement le service
que les autres menus produits forestiers, maintenant inutilisés, devrait être le point suivant. Les petits profits que peut réaliser un bon administrateur local devraient être employés à défraver les dépenses de récupération. Il serait aussi de son devoir de promouvoir les entreprises particulières, afin d'attirer les touristes en protégeant le gibier et le poisson, qui sont des ressources importantes dans une réserve forestière. Vient ensuite l'amélioration du bois debout et la régénération naturelle par DS éclaircies, dont le produit, y compris celui de l'abatage des arbres rendus à maturité, devrait payer les dépenses d'opération.
Prenons maintenant la question de la plantation pour améliorer ou rendre productive., en partie où en entier, les terres incultes. Voilà une tâche qui réclame de l'énergie de la part d’un homme entreprenant, appuyé effectivement par le gouvernement provincial ou le gouvernement fédéral. N'est-il pas temps de commencer la mise en vigueur d’une telle administration forestière pratique, au lieu de parler, en pure perte, de la conservation de nos ressources forestières, d'avancer des théories sur leur valeur en les vouant à la ruine ? [Il est certain que le champ des améliorations est si vaste que les réformateurs ne savent à quel endroit commencer. Mais voici un CU:1 du pays où il importe d'initier le mouvement : la situation est sans équivoque, et le problème défini. Si l'on entreprend la tâche sérieusement, et non pas à moitié, comme c’est généralement le cas, sans perdre de vue la conviction que seule une sage administration sur une échelle suffisamment étendue assure le succès, le résultat sera fructueux.
Quant aux revenus financiers, nous pouvous raisonnablement alculer qu'une réserve de 509,000 acres, soit la moitié de la superficie forestière actuelle, administrée en la manière indiquée, pourrait, même en la prenant dans l’état critique où elle est maintenent, défrayer, dès le début, les dépenses d'entretien par la vente du bois éparpillé çà et là, à raison de 5 cents par acre, ce qui rapporterait $25,000 par an. Après une décade, lorsque les premières 750.000 cordes de peuplier à pâte de papier seront devenues disponibles, si elles sont abattues en 25 ans, elles produiront au moins $100,000
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par an, ou 20 cents net par acre. Lorsque cette ressource aura été épuisée, et remplacée par une forêt de jeunes pins, d'autres endroits, couverts de bois de pulpe et de quelques pins, seront prêts à recevoir la cognée ; dans l'intervalle le prix du bois aura augmenté, et un revenu annuel d'au moins $2 par acre d’un rendement continu, sera assuré pour toujours de cette source. Ceci n'atteindra même pas le tiers du revenu net que produit une propriété forestière d'environ la même grandeur, en Allemagne, la forêt Ge l'Etat du Württemberg—ce qui n'est pas une attente irraisonnable !
La reproduction naturelle sur les endroits qui ont été protérés contre l'incendie a été reconnue être très favorable ; il n'v a donc pas d'exagération à calculer que l'on obtiendra un rendement annuel de 100,000 mille pieds de bois de sciage, sans compter les autres sortes de produits ; ceci signifie un montant d’affaires annuelles en croissance, récolte, transport et fabrication d'au moins $5,000,000 à $6,000,000.
Un problème spécial, c'est celui de la population pauvre. Le travail que nécessitera l'administration des réserves forestières donnera de l'emploi à des gardiens, à des journaliers et à quelquesuns des fermiers établis sur les meilleurs endroits des réserves, et servira à les retenir sur les lieux. Cependant, il faudra établir la majeure partie sur des terres plus avantageuses, et autant qu'on le sache, cette classe est tout disposée à accepter l’aide du gouvernement pour se procurer de nouvelles fermes, par exemple, dans la zone argileuse du Nord de l'Ontario. Cet important sujet mérite d'être étudié.
En termin.nt, je ferai remarquer que cet examen et ce rapport, y compris les recommandations qui précèdent sur la manière de i procéder, doivent être pris seulement comme base de nouveaux plans et investigations, ou considérés comme un déblaier nt, et que la Commission de la Conservation devrait poursuivre ce travail, en formulant des plans de coopération plus détaillés et en les menant
jusqu'au bout.*
* Au moment où ceci est écrit, et selon cette recommandation, la Commission a mis le Dr. Howe à l'œuvre, afin d'obtenir d'autres renseignements, surtout en ce qui regarde la reproduction et le taux de croissance, pour servir de base à une discussiop financière ultérieure.
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