RÉSULTATS DE L'EXAMEN
tueuse et d'un aspect tout différent des versants inférieurs ; elle est encore couverte d’une forêt vierge composée de bois dur pur ou mélangé d'épinette, de pin et de sapin. Elle n'a été que partiellement triée, et peu ou point ravagée par l'incendie
La partie couverte de forêt dans la section inférieure du bassin, comprenant environ un million d'acres, peut être divisée en quatre types, en plus de la section stérile—3.2 pour cent—jadis boisée, et de celle récemment incendiée, formant environ 2 pour cent (22,000 acres), qui sont ou ne sont pas susceptibles de se reboiser Les types arrivés à maturité sont des bois durs, ou des conifères sans mélange, ou des mélanges de bois durs et de conifères : ceux-ci constituaient jadis la forêt primitive. Le quatrième type est le résultat d'un reboisement après les incendies ; c'est la pinière prinaitive, maintenant recouverte d'une nouvelle forêt de peupliers et de boulcaux, sans mélange ou avec repeuplement de jeunes pins
On peut dire que sur moins de 90,000 acres, les arbres rendus à maturité peuvent être classés comme ‘mocérément triés ;"* sur plus de 300,000 acres, le bois a été plus complètement triéf ; environ 20,000 acres sont couvertes d'arbres non arrivés à maturité, et qui sont de la forêt primitive ; et le reste, couvrant environ 560,000 acres, est composé de peupliers et de bouleaux. Cette dernière catégorie occupe non seulement la plus guande superficie, mais, 57.3 pour cent de toute la forêt, et 42.2 pour cent de toute l'étendue de la région. Ce sont aussi les espèces les plus importantes et les plus précieuses pour l'avenir, car, grâce à elles, il sera possible de reboiser la pinière qui, autrefois, était la principale richesse de ce territoire. Selon la sévérité et la fréquence des incendies, on trouve plus ou moins de pins parmi les peupliers et les boulcaux.
L'incendie a dévasté au moins une fois toute cette étendue Si nous y comprenons les 37,000 acres que recouvrait originairement ce type, et qui sont déjà converties en terres stériles ou semi-stériles, et 22,500 acres de brûlis récents, qui se changeront en ce type, nous obtenons 620,000 de ces étendues brûlées, dont un quart à été si souvent incendié qu'il n’y reste ni porte-graines, ni jeunes pins ; ces 156,000 acres sont donc incapables de se reboiser naturellement. Les deux tiers environ de cette superficie (389,000 acres) ont été brûlés deux ou trois fois, et sont pratiquement dans l'impossibilité de se reboiser par la voie naturelle, car on n'y trouve, en moyenne, que six jeunes pins par acre. Les 75,000 acres qui ont été une fois incendiées, pourront si on les protège contre l'incendie, se repeupler
* C'est-à-dire qu'il v reste encore des billes de seiage d'une valeur commerciale. t C'est-à-dire qu'il n'y a plus de bois commereïal, ce qui reste étant bon tout au plus pour le chauffage.
naturellement. avec 306 jeunes pins et porte-graines par acre—au lieu de 60 à So que nortait la forêt primitive.
En certains endroits, les conditions sont supérieures de beaucoup à ce qui est indiqué par cette movenne. Ainsi, on a trouvé, dans le township de Cashel, une certaine étendue qui avait été inceti tee une fois, le feu v détruisit les débris laissés par les exploita On a compté jusqu'à 280 pins blancs et pins rouges par acr : "oilà une bonne reproduction. Dans un autre endroit du mêr.e fownshir, échappé à l'incendie qui sévit en cette région, il y a ÿ: 0e. il existe une forêt d'au moins 70 ans d'âge, qui montre ce que peut donner la reproduction. On v a compté 360 arbres par acre, dont 280 étaient des pins blancs et des pins rouges, d’un diamètre de 6.7 pouces (r pouce en 10.4 ans), ce qui donnerait environ 12,000 pieds, mesure de planche (175 pieds par année). Nonobstant ces bonnes conclusions, la movenne de $00 acres de parcelles spécimens disséminées dans toutes les différentes parties du bassin, et soigneusement examinées par le Dr. Howe, donne les faibles chiffres que l’on vient de citer.
Grâce à cette manière de compter, on a pu essayer, pour la première fois, de calculer d’une façon définie et convaincante, la perte approximative résultant de la destruction des jeunes plantes. Le Dr. Howe, évaluant ce bois à son plus bas prix, conclut que, sur cette superficie de moins de 1,000 milles carrés, la province a perdu plus de 12 millions de dollars en revenus expectatifs et en valeur de bois, soit $20 par acre. Nul doute que l’on serait plus près de la vérité, si l’on doublait ce chiffre, car, en plusieurs endroits, le capital producteur a été complètement détruit. L'incendie a changé en désert au moins 37,000 acres, et il v a, en outre, 150,000 acres sur lesquelles il ne pousse aucun pin ni arbre porte-graines. Et ce n'est là qu'un faible spécimen de milliers de milles carrés d’un tel pays, en pareille condition, dans les autres parties de la province On peut donc se faire une idée des énormes pertes qui résultent du manque de protection des jeunes forêts.
Puisque l'incendie détruit, en moyenne, 14,000 acres par année dans le bassin du Trent, on peut porter à $250,000 la perte annuelle subie de ce chef. La rapport du Dr. Howe fournit amplement de données sur le détail de pareils calculs. Cependant, en ces mêmes pinières, grâce au procédé de la reproduction naturelle, il reste encore en perspective une valeur d'environ $8,000,000, en fait de jeunes pins et peupliers, qu'il vaut certes là peine de conserver au moyen d'une protection efficace contre l'incendie.
[l faut se rappeler que cette propriété d'un million d'acres de
foret, eu égard à sa capacité productive, représente en valeur un
HE ni aout
RÉSULTATS D E L'EXAMEN 15 qq mm 0 capital qui vaudra un jour, grâce à une administration "éclairée, au moins $50,000,000. On voit donc par là qu'il importe grandement de trouver une solution au problème de son administration.
Conditions Possessionnelles —Il appert que la majeure partie de la terre est possession individuelle, le gouvernement provincial n'en ayant qu'un tiers, soit 725 milles carrés. En consultant la carte des “Propriétés,” on s'aperçoit que les superficies £ppartenant au gouvernement sont groupées côte À côte, que peu de lots sont éloignés les uns des autres : une telle agglomération en rend l'administration facile. Le fait que les propriétés forestières individuelles sont, en grande partie, situées dans le voisinage de la lisière de la forêt, est aussi d'un grand avantage. Un autre facteur important est le fait que 340 milles carrés sont la propriété de grandes Corporations, une d'elles possède */1,000 acres groupées ensemble, ct l'autre 67,000 acres. De telles possessions rendent possible une bonne administration. Le Souvernement du Dominion, tel que dit précédemment, possède environ 2,000 acres, qui, cependant, ne sont que des emplacements pour barrages, bâtiments et autres commodités,
Un peu plus d'un tiers de la propriété provinciale (275 milles carrés) représente les coupes de bois qui ont été remises à la Couronne, après l'échéance ou l'abandon des permis. Les autres 450 milles ‘arrés sont encore concédés moyennant permis qui, cependant, sont sur le point d'arriver à leur échéance, ou qui pourraient être facilement terminés, selon toute probabilité, étant donné que le pin a cté presque totalement abattu.
Développement Industriel--T1 ressort, évidemment, de Ja description qui vient d'être faite, que l’âge d'or de l’industrie forestière est passé ; encore quelques jours, et ce sera fini, du moins en ce qui regarde le pin. Actuellement. l'abatage total par une dizaine de Compagnies d'exploitation forestière est annuellement d'environ 12 millions de pieds, mesure de planche.
L'exploitation du bois dur est peu avancée ; vu que les sujets âgés de cette essence sont plus où moins sains, il importe d'en perdre le moins possible et de les utiliser sur place. L'établissement de manufactures d'articles en bois serait d’une très grande utilité. Tindle and Jackson, manufacturiers ayant une longue expérience en ce genre de fabrication, ont fait récemment l'acquisition d'une quarantaine de milles carrés dans les townships de Glamorgan, Monmouth, Cavendish et Anstruther. Ils se proposent d'établir une manufacture près de Gooderham, et d'exploiter ces coupes. On devrait encourager de pareilles industries dans 4
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iës partics où
il V a du bois dur.
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On expédie de petites quantités de bois de pulpe. des perches et des poteaux de cèdre, du bois pour la tonnellerie, de: traverses pour chemins de fer, des écorces pour les tanneries, et du bois de chauffage. Depuis que l'incendie a détruit la distillerie d'alcool de bois, il n'y a plus qu’un établissement de ce genre en opération dans le nord de la région ; c'est celui de la Donald Wood Products Company—monté sur un pied t x. à fait moderne.
L'Industrie Minière—L'annexe IV* renferme des notes sur l'industrie minière. Ce sont des résumés du rapport sur les Districts de Haliburton et de Bancroft, par le Dr. F. D. Adams ct le Dr. À. E. Barlow. L'or, le fer, les pyrites de fer, le tale, le marbre et la roche pour cailloutis forment les ressources minérales découvertes jusqu'à présent, mais elles sont peu développées. Dernièrement, la mine d'or de Cordova a repris une nouvelle vie, depuis qu'elle a changé d'administrateurs. D'un autre côté, l'extraction du minerai de fer, qui menaçait de tomber, faute de pouvoir rivaliser avec la production de ce minerai dans les collines du lac Supérieur et du Minnesota, promet de revivre, la Central Ontario Railway Company avant groupé les divers hauts fourneaux en un établissement central de fusion à Trenton. Bien que l'industrie minière et l'exploitation des carrières de pierre n'aient pas encore pris un essor considérable, la région renferme des matériaux qui pourront entretenir de petites
industries.
Au Point de Vue des Touristes—Vu la beauté de ses paysages, de l'abondance du gibier et du poisson, cette région est “ 1emment faite pour attirer le sportsman. Toutefois, jusqu'à p *s lacs de Kawartha sont les seuls ou affluent les touristes , étant
donné que la région renferme de nombreux lacs, cei.a-c1 seront bientôt le rendez-vous de l'étranger. Cette ressource, de même que celles du bois et de l'eau, a souffert des incendies qui ont détruit l'attraction de plusieurs de ces endroits charmants.
La région est loin d'être inaccessible : les chemins de fer Grand Trunc, Central Ontario and Irondale, Boncroft and Ottawa y ont accès : et les routes des canots pourraient être ameliorées de façon à atteindre facilement les sources des cours d'eau.
Recommandations
Quiconque aura étudié les conditions, décrites en ce rapport, n'hésitera pas un moment à admettre que la majeure partie du pays en question devrait être mise en réserve forestière et administrée comme telle, pour la production du bois d'œuvre. La seule question
* Voir p. 125.