DISTRIBUTION DES FERMES
township ses meilleures terres agricoles ; les fermes au sud de Chandos sont établies sur des terrains très inégaux et rocheux. Methuen, traversé par une route se dirigeant vers la partie est, compte quelques fermes au nord, un cultivateur établi à Sandy Lake, près du centre, et deux petites colonies (à Oak Lake et à Vansickle) au sud-est, sur le calcaire; le reste de ce township stérile est totalement inhabité. Les autres townships Burleigh, Harvey, Galway, Cavendish et Anstruther forment unc section de servie par trois routes, celles de Burlcigh, de Buckhorn et de Bobcaygeon, se dirigeant vers le nord. Dans Burleigh, l'agriculture est limitée à une colonie établie le long de la route de Burleigh, les habitants tirent parti du lit desséché du ruisseau Eels, et à une autre, vers l'ouest, dans la direction de Burleigh Falls. Les personnes qui, au cours de l'été, visitent Mt. Julian, Burleigh Falls et Buckhorn connaissent la pauvreté du sol en ces localités ; toute la superficie du township de Burleigh n'est guère plus propre aux cultures agricoles. La route de Burleigh se prolonge vers le côte est d’Anstruther ; on rencontre cà et là quelques fermes entre Apsley et Clanricarde, ces quelques fermiers ajoutés à ceux de Hadlington, forment toute la population rurale de ce township. On a compté en ces endroiïts dix fermes abandonnées. Le township de Cavendish est situé à l’ouest de celui d'Anstruther ; il est traversé au centre par la route de Buckhorn, et par une route transversale qui se rend à Mt. Irwin; une douzaine de familles vivent dans le township. La portion de Harvey, situce à l'est de la route de Buckhorn n'est pas habitée, le terrain ressemble à celui du township de Burleigh. Le pourcentage relativement élevé de terres défrichées dans Harvey, mentionné à la page 99 est dû à l'inclusion du sud de Harvey et de la partie adjacente à la route de Bobcaygeon —terrain calcaire sur lequel on trouve de bonnes fermes. En Galway, en dehors des établissements de Mt. Irwin et de la route de Bobcaygeon, on ne trouve que peu de fermes. Somerville, qui compte 27 pour cent de terres défrichées, bien que peu soient propres aux cultures agricoles, a été compris en ce rapport, uniquement pour arrondir le bassin.
3. Comté de Haliburton.—Dans Lutterworth, les fermes sont groupées le long de la route de Bobcaygeon et dans la région au sudouest de Minden ; beaucoup sont abandonnées. En allant vers le nord à travers les autres townships, on voit que la colonisation est localisée le long des chemins de fer. Les fermes dans Snowdon, dont 22 sont abandonnées, sont groupées dans les environs de Gelert.
de la ligne du chemin de fer ; les 17 abandonnées, sur un total de
143, confirment l'opinion de leurs propriétaires sur la défectuosité de leur sol pour cette fin. Dans Monmouth, les fermes sont éparpillées sur la région qui avoisine le chemin de fer ; les principaux groupements se trouvent à Hotspur, Tory Hill, Essonville et Wilberforce. Les fermes dans Cardiff sont situées au loin dans la moitié nord du township ; on y trouve 18 abandonnées, dont 9 se suivent le long du côté sud du lac Paudash. Minden est un ancien township agricole : il compte parmi les meilleurs. Dans Stanhope les fermes sont comprises sur la moitié sud. Les autres townships du nord sont des propriétés particulières ; les fermes y sont très rares, à l'exception du centre de Dysart.
Méthodes de Culture
Cette distribution éparse des fermes, à la manière d’un échiquier, sur un pays ouvert à la colonisation depuis plus de quarante ans, prouve qu'il est difficile d’y trouver de la terre arable. Le grand nombre de fermes abandonnées, que l’on relève dans chaque township, est un autre fait qui porte en soi un enseignement. Si l’on excepte les townships de Wollaston, Chandos, Somerville et Hervey ouest, les trois rangées de townships du sud de la région n'ont pour
champs de culture que de simples jardins, dont la superficie n'excède guère 10 pour cent de l'étendue totale de la ferme. Elles constituent donc un territoire propre seulement à la production du bois.
Le genre de culture se borne aux produits qui conviennent aux conditions déjà mentionnées. On ne récolte guère autre chose que du foin et de l’avoine ; et ce n’est que difficilement que le cultivateur peut même arriver à en récolter assez pour son usage. Un sol si mince réclame des pluies nombreuses, indispensables à la végétation ; deux semaines de temps sec sont un obstacle à la récolte, comme on a pu le constater en plusieurs endroits au cours de la dernière saison. Toutefois, les pâturages naturels sont abondants, et l’industrie laitière est la principale occupation. On rencontre des fromageries coopératives établies cà et 1à dans toute la région, principalement à l'est ; les vaches à lait sont donc la principale ressource du cultivateur. Dans la partie ouest, et surtout le long du chemin de fer d’Irondale, Bancroftet Ottawa, l’industrie laitière consiste à expédier la crême aux centres de consommation plus au sud, où aux beurrcries locales. La beurrerie de Kinmount se distinguc entre toutes ; elle fabrique environ 30,000 livres de beurre par année. Cependant les vaches ne sont pas toujours des meilleures races, et la production du lait n’est pas ce qu’elle devrait être. Chaque vache donne une moyenne de $20 à $30 de lait par saison,
FERMES ABANDONNÉES 103 en
soit environ $s par mois. En outre, chaque cultivateur ne peut hiverner qu'un nombre limité d'animaux, parce qu'il ne peut récolter qu'une faible quantité de fourrage. La disette de terres à foin est compensée partiellement par les prairies naturelles et les marais que l’on recherche activement.
Il y a certainement lieu d'améliorer les méthodes de culture suivies, en particulier pour ce qui concerne l'assolement, le fumage des terres et le croisement du bétail. On n'élève que peu de moutons, et la culture des fruits est complètement négligée. La formation d'associations d'éleveurs et d’instituts agricoles, aidée de journaux d'agriculture, serait de nature à promouvoir les intérêts des fermiers. Mais il reste avéré que le sol ne se prête à la culture qu’à de rares endroits.
Fermes Abandonées
Telle étant la situation, les cultivateurs se trouvent obligés de chercher d’autres moyens pour subsister. Plusieurs, après des années d'efforts infructueux, ont dû abandonner leurs terres, et aujourd’hui toute la région décrite en ce rapport est marquée de fermes abandonnées.* Pendant l'examen, on a cherché à savoir pourquoi le premier possesseur était parti, bien que l’on connût la cause en jetant un regard sur les champs abandonnés. Quelque explication était toujours fournie—impossibilité d'y vivre. Maintes fois, en suivant un bout de chemin, on a pu constater qu’à son extrémité il y avait une parcelle de terre qui avait été mise en culture, mais qu'il avait fallu, après tout, abandonner. On peut voir, le long des premiers chemins de colonisation, des bandes de terrain désertées aujourd "hui, sur lesquelles il ne reste d’autres traces d'occupation antérieure que des piles de pierre,ou quelques arbres fruitiers ou d'ornement, témoins muets d'efforts aujourd’hui sans récompense. Nul township n'est exempt de pareils abandonnements. Quelquefois ces fermes abandonnées comptaient parmi les meilleures dela région, mais en dépit de leurs labeurs les occupants ne pouvaient y subsister. Parfois on a vu que le propriétaire avait quitté sa terre, sur laquelle il avait élevé de bonnes maisons, uniquement parce qu’il ne trouvait personne à qui la vendre.
Les statistiques suivantes de la population, puisées dans les rapports du recensement fédéral, indiquent le chiffre de la diminution du nombre, au cours de la dernière décade.
* Le mot “abandonné” est appliqué en ce rapport À une ferme qui, par la vue des bâtiments, ete. laisse voir que son premier propriétaire l'a désertée ; toutefois, un voisin tire généralement parti de la terre.