HT
27 Dauid.
28 Jessé.
29 Obed.
30 Booz.
31 Salmon.
32 Naasson.
33 Aminadab.
34 Aram.
35 Esron.
36 Phares.
37 Juda.
38 Jacob.
39 Isaac.
40 Abraham.
Si
Selon Luc. Selon Mathieu.
58 Sarug.
59 Ragaû.
60 Phaleg.
61 Héber.
62 Salé.
63 Calnan.
64 Ârphaxad.
65 Sem.
66 Noé.
67 Lantech.
68 Malhusalé.
69 Hénocb.
70 Jared.
71 Malaléel.
72 Caïnan.
73 Hénos.
74 Setb.
75 Adam.
Examinons séparément ces deux généalogies avant de les comparer. Matthieu, après avoir d^nné ia sienne, ajoute (v. 17) : « Il y a donc, en tout, depuis Abraham jusqu'à David, quatorze générations; depuis David jusqu'à ce que les Juifs fussent transportés à Babylone, quatorze générations; et depuis qu'ils furent transportés à Babyione, quatorze générations. "» L'auteur a partagé le temps en trois époques, ce qui donne trois divisions chacune de quatorze, pour les ancêtres de Jésus. Mais la troisième division annoncée comme comprenant quatorze noms, n'en comprend (de Salathiel à Joseph) que douze (treize en y comptant Jésus). On ne peut attribuer cette irrégularité à l'omission de quelque nom par les copistes, puisqu'elle existait dès le temps de Porphyre (d'après saint Jérôme, In Daniel.). Pour justifier celte irrégularité, les commentateurs ont imaginé deux expédients aussi peu satisfaisants l'un que l'autre : le premier consiste à intercaler arbitrairement, entre Josias et Jéchonias, Joakim dont l'omission constitue une contradiction aux livres canoniques, comme nous allons l'expliquer tout à l'heure; le second
coDsisle à supposer que David doit compter deux fois, comme fermant ia première série et ouvrant la seconde (1). Saint Jérôme pense que i'évangiiiste a sauté à dessein plusieurs noms pour avoir juste son nombre de quatorze ; que dire d'un bistorien qui sacrifie sciemment la vérité pour les vertus mystérieuses des nombres? Cet historien ne se borne pas à énumérer ies ancêtres, il en donne le nombre ; par conséquent, si ce nombre est Inexact, Il y a lieu de condamner l'auteur et de lui dénier Tinspiration divine. Or, la généalogie de Matthieu est en désaccord avec l'Ancien Testament. En effet : i<» Elle dit que Joram engendra Ozias, tandis que, d'après ies Paralipomènes (I Par., m, 11-14), il se trouve, entre ces deux personnages, trois degrés intermédiaires omis par Matthieu, savoir : Ocbozias, Joas et Amazias. 2» Suivant Matthieu, Josias engendra Jéchonias. D'après le même livre des Paralipomènes, les fils de Josias furent Johannan, Joakim, Sédécias et Seilum ; et de Joakim sont venus Jéchonias et Sédécias. Joakim est donc encore un degré omis par Matthieu. 3^ D'après ce dernier, Zorobabel est fils de Salathiel. D'après le même chapitre des Paralipomènes, Zorobabel serait fils de Pbadaïa, fils de Jéchonias. 4<» Les Paralipomènes énumèrent les enfants de Zorobabel et n'y comprennent pas Abiud désigné comme son fils chez Matthieu.
En rapprochant la généalogie donnée par Luc, de l'Ancien Testament, on remarque : 1<» qu'elle fait Salathiel fils de NérI, tandis que le passage déjà cité des Paralipomènes le fait fils de Jéchonias ; tout le reste de la généalogie se trouve différent dans les deux textes, de David à Salathiel ; les Paralipomènes établissent cette descendance de David par Salomon, et Luc par Nathan, fils de David, â» Luc fait Resa fils de Zorobabel, tandis que le même passage des Paralipomènes énumère les enfants de Zorobabel, au nombre desquels Resa ne se trouve pas. 3* 11 n'est pas d'accord avec la Genèse (x, 10 et suiv.), en ce qu'il intercale un Caînan entre Arphaxad et Salé.
Mais la principale difficulté consiste dans la discordance frappante entre Matthieu et Luc. D'Abraham à Joseph (en les comptant tous
(1) BuLLET, Réponses critiques, t. 11, p. 340, 341 ; Glaire, les livres saints vengés, ]I« pariic, ch. i, art. 3.
deux), Matthieu compte quarante générations, Luc en donne cinquante^fnq. Les deux historiens donnent à Joseph des ancêtres tout différents à partir de son père qui serait Jacob d'après Matthieu, et Héli d'après Luc, jusqu'à David dont l'un le fait descendre par fa branche royale de Salomon, et l'autre par la branche inconnue de Nathan. Entre ces deux extrêmes, David et Joseph, il n'y a de commun entre les deux généalogies, que les noms de Salathiel et de Zorobabel.
Cette grave difficulté à été objectée de bonne heure, et les Pères ont fait des efforts inouïs pour en sortir. Voici, entre autres, l'expédient proposé par saint Augustin. Chek les Juifs, quand un homme mourait sans enfants, son frère épousait sa veuve, et le premier-né de cette union était légalement considéré comme fils du premier mari {Dent., xxv). II est possible que Joseph ait eu pour père légal le Jacob de Matthieu et pour père naturel le Héli de Luc, ce qui suppose que Jacob et Héli étaient frères. Comme les deux évangélistes ne leur donnent pas le même père, il faut, pour suivre l'explication, admettre qu'ils n'étaient que frères utérins et avaient pour père, l'un Mathan, et l'autre Mathat, et que nous avons les généalogies de ces deux derniers individus. Comme dans toutes deux nous rencontrons Salathiel et Zorobabel, il faudra renouveler ici l'hypothèse d'un mariage entre un frère et la veuve de son frère, et admettre que les deux frères qui se sont succédé dans le mariage avec la même femme, n'étaient Trères que du côté maternel. Ce concours de circonstances compliquées, bien que singulier, n'est pas impossible. Les deux évangélistes auraient ainsi préféré, l'un la filiation adoptive et légale, et l'autre la filiation naturelle. De cette manière, la descendance de David serait aussi complète que possible, tant d'après la loi que d'après la nature.
D'autres expliquent d'une manière beaucoup plus commode là difficulté en disant que l'une des généalogies se rapporte à Joseph, et l'autre à Marie, mère de Jésus, lequel se trouverait ainsi descendre de David, non seulement par sa mère, mais encore par son père. — M. Glaire (1er, ciL) suppose que Joseph était cousin germain de Marie, celie-cl étant fille de la sœur de Jacob» de sorte que tous les ancêtres de Joseph, à l'exception de Jacob, seraient des ancêtres de
EXAMEN DU CHRISTIANISME figS
Marie, Matthieu donnant la généalogie de la mère de Marie, et Lue celle de son père.
La première de ces suppositions est inadmissibie ; car Matthieu se sert, à chaque degré de génération, du mot M^^^» engendra^ qui ne peut s'entendre que d'une fliiation naturelle. Et si l'on suppose que c'est Matthieu qui donne la filiation naturelle, et Luc la filiation légitime, il sera bien extraordinaire que celui-ci, étranger à la Judée et à ses coutumes, ait précisément préféré se conformer à une fiction de la loi.
La seconde explication (et celle de M. Glaire n'en est. qu'une branche) n'est pas plus satisfaisante; car plusieurs passages de l'un et de l'autre évangéliste font voir que c'est bien de Joseph qu'ils ont entendu dresser l'arbre généalogique. Dans Matthieu (i, 20), l'ange appelle Joseph fils de David; Luc (i» 27) dit que Marie était fiancée à un homme de la maison de David nommé Joseph ; le même au* leur dit (ii, 4) que le recensement obligea Joseph à se rendre à la ville de David appelée Bethléem, parce quHl était de la maison et de la famille de David; si Marie eût été aussi de la race de David, c'était bien là le cas de leur appliquer à tous deux ce qui n'est dit que du mari.— Comment admettre qu'un des évangéiistes, n'importe lequel, ait voulu parler d'autre chose que de la descendance natu* relie? Ils ont voulu, sur ce point comme sur une fouie d'autres, prouver que Jésus était le Messie annoncé par les prophéties et les réalisant toutes. Or, le Messie devait être du sang de David, è semine David (Jbr. xxxiii, 22-26) (i). Il n'aurait pas satisfait à cette condition s'il ne fût descendu de David que par adoption ou par une fiction légale ; il y satisfait encore bien moins s'il n'y satisfait que par le mari de sa mère. On allègue en vain que chez les Juifs, la femme ne comptait pas dans les généalogies et qu'il fallait bien mettre ici le mari au lieu de la femme. Que les Juifs aient eu l'habitude de ne dresser les généalogies que par les mâles, peu importé : il y a bien nécessité de faire fléchir cette règle dans un cas aussi prodigieusement extraordinaire que celui-ci où la génération se fait
(I) G^est ainsi que Tentcnd ftaint Paal quand il dit que Jésus est né cU la semence de David «e(o#i la^hair {Rom, i, 3).
S86 EXAMEN DC CHBISTIANISME
par Dne femme sans le coneoors d'un homme ; alors si Ton veut établir la deseendance do prodoU de cette génératlOD, il faut bien dresser la généalosie de la mère sans s*inqaléter si une telle dérogallon aux habitudes froissera les Juifs. Et, au contraire, s'attacher à la famille du mari père putatif, c'est ne rien faire, puisque Jésus lui était réellement étranger el n'aurait pu même être son héritier, une fois son origine réelle constatée. Les rapports entre Joseph et Jésus n'étaient basés que sur des apparences qui devaient tromper le public, et nos historiens, bien loin de consacrer l'opinion vulgaire sur l'origine humaine de Jésus, auraient dû, au contraire, repousser tout ce qui aurait pu ie faire regarder comme fils de Joseph (1), et, par conséquent, éviter de le mêler k la race de celui->ci.
Si l'un des évangélistes a fait la généalogie de Joseph, et l'autre celle de Marie, nous serons en droit de leur reprocher l'impropriété de leurs expressions ; car 41 faudrait alors admettre, ou que Matthieu en disant que Jacob a engendré Joseph, a voulu dire que Jacob a engendré la femme de Joseph ; ou que Luc a employé soixantetreize fois dans sa généalogie le mot fUs dans le sens propre, et l'a pris une seule fois dans le sens de gendre; et que Tun ou Taulre de ces écrivains a commis cette équivoque sans que rien pût avertir le lecteur de cette double signification. Nous serons donc en droit de dire que nous avons affaire à des écrivains bien peu soigneux. Si dans une chose aussi positive qu'une généalogie, ils font preuve d'aussi .peu d'exactitude, que sera-ce donc quand ils raconteront des faits, quand ils rapporteront des discours? Savons-nous si nous devrons toujours les prendre à la lettre, ou si, après avoir débuté parem*
(I) Le mode eltraordinaire de cooceplion de Jésus n'est mentionné que dans les deux chapitres de Matthieu et de Luc où sa naissance est annoncée; non seulement on n^en trouve aucune autre trace dans les divers livres du Nouveau Testament, mais une foule de passages, même dans Matthieu et Luc, semblent annoncer une origine toute naturelle. Ainsi Marie (Luc, ii, 48), en parlant de Joseph* à Jésus, dit : Voici ton père. Joseph et Marie sont désignés (Luc, ii, 48) comme ses parents. Le public et même ses disciples parlaient de lui comme du fils du charpentier Joseph (Jear , 1, 45, et vi, 42 ; Hat., xui, $5 ; Loc, iv, 22).
ployer des termes propres à induire en erreur» ils ne continueront pas à nous donner des à- peu-près ?
Ënfln il est bien étrange que Jésus étant» d'après leur récit, né de Marie, sans concours de paternité humaine, et n'ayant, par conséquent, aucune parenté avec Joseph, les deux évangélistes ne s'occupent que des parents de Joseph, sans rien dire expressément de ceux de Marie, ce qui n'apprend réellement rien sur l'origine humaine de Jésus; et que, pour lui trouver des ancêtres, on soit obligé de forcer le sens de l'un ou de l'autre des évangélistes et d'appliquer à Jésus une de leurs deux généalogies, sans que rien, dans les textes, indique laquelle doit être préférée. Un tel vague est bien peu digne de livres annoncés comme l'ouvrage de Dieu.
Ces généalogies appliquées à Jésus ne peuvent être toutes deux vraies; et si l'une a pu se former par une voie non historique, l'autre l'a pu également, d'autant plus qu'il est très-invraisemblable qu'après les perturbations de l'exil et des temps qui suivirent, l'obscure famille de Joseph ait conservé des généalogies remontant aussi haut.
^M. Glaire, ne pouvant se dissimuler l'insuffisance des diverses explications proposées, suppose qu'il y en avait sans doute une meilleure, mais qui, malheureusement, n'est pas arrivée jusqu'à nous, et dont (par une fatalité étrange) aucun des anciens Pères n'a songé à parler. « La contradiction que reprochent aux évangélistes nos adversaires, ne saurait (dit-il) être réelle, sans qu'elle soit en même temps palpable, et sans qu'elle saute aux yeux des moins attentifs. Mais alors comment supposer que les Juifs qui se convertissaient en foule dans les premiers temps du christianisme, ne Talent pas aperçue? Et s'ils l'ont aperçue, comment ont-ils pu recevoir comme divines et canoniques deux pièces aussi visiblement contradictoires? En supposant un moyen de conciliation connu des anciens temps, on explique toutes les difficultés; mais en supposant la réalité de la contradiction, elles sont tout à fait inexplicables. H est donc nécessaire d'éliminer la contradiction apparente ; et si les deux solutions que nous avons proposées, ne reposent point sur un fondement solide, il faut de toute nécessité supposer qu'il en existe une qui ne laisse rien à désirer, et accuser notre propre ignorance
qui seule nous empêche de ta connaître, o Recourir à une supposition aussi chimérique, c'est en réalité avouer son impuissance. Ne serail-il pas trop commode, quand on est battu dans une discussion, d'en être quitte pour dire que si i'on ne peut opposer à son adversaire d'argument victorieux, un tel argument existe néanmoins, a été connu jadis et ne i'est plus, mais doit suffire, quoique latent et ignoré de tout ie monde? Et quand un auteur sera convaincu de contradiction ou d'erreur quelconque, sera-t-on bien admis à le Justifler par l'énormité même de son erreur, en alléguant que, puisqu'elle est de nature à être remarquée à la première vue, elle aurait dû suffire pour enlever dès l'origine tout crédit à l'ouvrage où elle se trouve? Combien de livres ont joui d'une immense faveur, malgré les fautes dont lis fourmillent! En ce qui regarde les Évangiles, on sait que la ptH)pagation du christianisme a eu lieu d'abord oralement, ainsi que ie constatent les Actes des apôtres; même d'après les annales ecclésiastiques, les Évangiles n'ont été publiés qu'à une époque où la doctrine était déjà fort répandue ; ainsi les contradic^ tiens entre les Évangiles n'ont pu faire obstacle à la formation des premières églises. Plus tard, les Évangiles ont été publiés séparément et adressés spécialement à certaines contrées, de sorte que la comparaison entre les textes n'était pas encore possible. Enfin quand cette comparaison a pu se fAlre^ combien peu d'hommes s'y sont livrés, à en Juger par ce qui se passe encore aujourd'hui! La plupart des fidèles, ou ne lisent pas, ou bornent leurs leclures religieuses à des livres de liturgie qui ne contiennent que des extraits des Évangiles, ou enfin lisent Sans réflexion et sans discernement. Quant au petit nombre de ceux qui pourraient remarquer les con<tradlctions, on leur ferme la bouche en invoquant rautorilé de l'Église. Depuis que le merveilleux moyen de conciliation est perdu et que la contradiction est devenue plus difficile à lever, il ne s'est pas moins trouvé un grand nombre d'hommes qui ont embrassé le christianisme. Si œtte difficulté n'arrête pas les néophytes, nous ne voyons pas povrquoi elle aurait arrêté ceux des premiers siècles. On a commencé par adopter de confiance certains livres pour lesquels la vénération a toujours été en croissant; puis, quand on en a reconnu les vices, il était trop tard pour revenir sur ie Jugement
de TËgiise, et il a falla épitogaer pour pallier des contradictions palpables, ou dire tout simplement comme M. Glaire, que même quand onne voit pas de conciliation, on n'en doit pas moins admettre qu'il en existe ; ce qui équivaut à fuir toute discussion et à adorer aveuglément un livre malgré les erreurs les plus évidentes.
On nous dit encore que si les généalogies n'étaient pas authentiques, elles auraient été fabriquées, et qu'on ne peut admettre cette supposition, parce que les Juifs, auxquels on les opposait, n'an^ raient pas manquer d'en signaler la fausseté (1), d'autant plus qu'ils reconnaissaient bien Jésus pour fils de David, comme on le voit par plusieurs passages des Ëvangiles* Mais ces prétendues reconnaissances ne sont pas historiquement prouvées, et l'on conçoit bien que les auteurs des légendes les aient supposées pour corroborer la descendance davidique de leur Messie. Quant â la prétendue impossibilité de faire accepter des généalogies imaginaires, ne diraiton pas que la généalogie d'un charpentier de village doit être parfaitement connue de tout Israël? Sait-on au juste dans quel lieu et à quelle époque les Évangiles ont été publiés, et s'il se trouvait parmi la population qui les a reçus d'abord, un seul homme en état de vérifier l'exactitude de la filiation d'un obscur artisan ? Si les Évangiles n'ont été composés qu'après la ruine de Jérusalem et la dispersion des Juifs (et le contraire ne peut être prouvé), on conçoit combien les auteurs auront eu beau jeu pour forger à plaisir une série d'ancêtres. On va jusqu'à dire que s'ils eussent agi ainsi, ils se seraient bien gardés de se mettre (au moins en apparence) en opposition avec rAncien Testament (2) ; ces divergences prouvent uniquement leur maladresse, et il est vraiment trop ridicule de faire l'apologie d'un écrivain en alléguant précisément les bévues qu'il a commises.
La seule explication qu'on puisse donner de la difficulté qui nous occupe, c'est que Jésus, personnellement ou par ses disciples, fll sur des hommes imbus d'opinions strictement juives, une telle im-
(1) GLiiitE, hc. eit.
pression comme Messie, qu'ils n'Iiésilèrent pas à lui en attribuer tous les caractères, notamment la descendance davidique qui était une des conditions annoncées par les prophéties. Il est facile de concevoir que la légende de cette descendance se soit bientôt développée sous différentes formes, et qu'ensuite ces légendes aient servi à rédiger les généalogies qui, n'étant pas fondées sur des documents authentiques, sont nécessairement tombées dans les divergences et les contradictions que présentent entre elles celles de Matthieu et de Luc.
Ceux qui ont fabriqué ces généalogies, pouvaient ne pas songer à la condition de naissance d'une vierge. Ayant le choix de faire descendre Jésus de David, par son père ou par sa mère, ils ont naturellement préféré la descendance paternelle comme plus noble ; et c'est ce qui explique pourquoi ils ne se sont occupés que de Joseph considéré comme père réel de Jésus. La légende qui fait Jésus fiis d'une vierge, a fait descendre Joseph au rôle de père nourricier. Ceux qui ont recueilli par écrit les traditions, ont accouplé les deux légendes sans songer à faire disparaître leur contradiction et à transporter à Marie ce qui avait été dit de Joseph. Cette incohérence n'est pas la seule qu'on remarque dans les Évangiles. C'est ce qui fait que nous avons deux généalogies de Joseph fort inutiles, Jésus n'étant pas son fils, et pas une de Marie, ia seule qui eût été nécessaire pour faire du Messie un flis de David.
g 2. — Rapports de Jean-Baptiste avec Jésus; arrestation de Jean.
Dans Matthieu (m, 13 et suiv.),* Jésus vient se faire baptiser par Jean qui s'en défend et se reconnaît pour son inférieur ; Marc (ch. i) et Luc (ch. m) ont un récit conforme. Tous trois s'accordent à représenter Jean comme ayant, dès avant le baptême de Jésus, la conviction du caractère messianique de celui-ci, et comme exallant sa supériorité. Dans le quatrième Évangile, au contraire (i, 33), Jean - Baptiste déclare qu'il ne connaissait pas Jésus, c Mais, ajoute-t-il, celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau, m'a dit : Celui sur qui tu verras descendre et demeurer le Saint-Esprit , est celui
qui baptisera dans le Saint-Esprit. Je l'ai vu, et J'ai rendu le témoi^ gnage qu'il est le fils de Dieu. » Ainsi ce n'est qu'après avoir vu les prodiges éclatants qui 'ont signalé le baptême de Jésus, que Jean- Baplisle aurait connu ce dernier comme Messie. Non seulement il y a ici contradiction avec les passages correspondants des trois premiers évangiles, mais encore cette attitude de Jean-Baptiste ne s'explique pas si, comme le dit Luc (ch. i), la qualité de précurseur a été prophétisée à ses parents ; car alors on ne conçoit pas comment ceux-ci ne lui auraient pas appris les signes divins qui ont précédé et accompagné sa naissance et celle de Jésus.
D'après les trois premiers évangiles, Jean, après l'arrivée de Jésus auprès de lui, déclare de la manière la plus formelle que prochainement ii viendra un autre avec lequel il sera dans un rapport de subordination. La scène du baptême lui désigne manifestement, el en tant que de besoin, Jésus comme celui dont il est le précurseur. Nous devons supposer, d'après Marc et Luc, qu'il ajoute foi au signe céleste. D'après le quatrième évangile (i, 34), il en donne un témoignage exprès et il prononce, en outre, des paroles qui prouvent que son regard pénètre profondément dans la nature et la vocation supérieure de Jésus. D'après Matthieu , il en était convaincu dès avant le baptême de Jésus. Or, en contradiction avec tout ce qui précède, Matthieu (xi, 2 et suiv.), et Luc (vu, 18 et suiv.), rapportent que plus lard Jean-Baptiste, à la nouvelle des miracles que faisait Jésus, dépêcha auprès de lui quelques uns de ses disciples pour lui demander s'il était ie Messie promis , ou si l'on devait en attendre un autre. Cette altitude de Jean est tout à fait en opposition avec le rôle qu'on lui a fait jouer précédemment, et elle est d'autant plus étrange qu'on suppose que la résolution d'envoyer un messager auprès de Jésus, a été inspirée à Jean par la nouvelle des merveilles opérées par celui-ci, merveilles qui, bien loin défaire naître ie doute, auraient dû, au contraire, le dissiper, s'il eût pu exister. Mais ce doute même, Jean ne pouvait le concevoir s'il a appris les miracles de la conception et de la naissance de Jésus ; il ne le pouvait pas si, lors du baptême, Jésus lui a été désigné comme le Messie par une apparition et par une voix céleste ; enfin, il ne le pouvait pas si, comme le rapporte le quatrième évangile, il avait vu
diiDS Jésus un être supérieur descendu du ciel e( le Messie desliué à expier par ses souffrances les péchés de rbumanité.
SI, au contraire, on admet ce doute et cette irrésolution de la part de Jean arrivé au terme de sa carrière (car, d'après Matthieu, il envoie son message de la prison d'où il ne devait sortir que pour subir le dentier supplice), alors son rôle de précurseur est complètement manqué , sa mission ne se rattache plus en rien à celle de Jésus, et les prophéties sur lui sont eo défaut.
Le quatrième évangéllste qui fait reconnaître si solennellement par Jean la messianité de Jésus, rapporte ensuite (ch« m) que Jean continua de baptiser et de réunir un grand nombre de disciples. Quelle idée doit-on se faire de l'opinion de Jean sur Jésus ? Si le rôle de Jean se bornait â annoncer le Messie et à préparer ses voies, une fois que ce Messie est trouvé et a commencé son apostolat, Il semble qu'il ne reste plus à Jean qu'à venir, avec ses propres dis* ciples, se Joindre h Jésus et le reconnaître pour maître. Mais en se tenant à côté de lui, Jean conserve son école et la propage, concurremment à celle de Jésus ; U retient ainsi une masse d'hommes dans les limbes judaïques, il retarde ou même empêche taut à fait leur passage à Jésus et rend inefficaces les paroles par lesquelles il avait reconnu la supériorité de celui-ci. Nous trouvons le parti des disciples de Jean encore existant du temps de l'apôtre Paul {Act, ap.j xviii, 24; XIX, i) qui se trouve obligé de leur apprendre l'insuffisance du baptême de Jean et de leur administrer le baptême au nom de Jésus. Certainement si Jean eût eu sur Jésus les convictions qui lui sont attribuées (surtout par le chap. i du quatrième évangile), il aurait été naturel qu'il se joignit à lui ou du moins qu'il se retirât; comme il n'a fait ni l'un ni l'autre, nous en concluons qu'il n'a pas eu ces convictions , et que, si elles lui ont été supposées par les légendes recueillies plus tard par les évangélisies , c'est que les chrétiens ont voulu se rattacher les disciples de Jean et se sont trouvés ainsi amenés à le faire parler pour se reconnaître le rôle inférieur de précurseur à l'égard de Jésus.
Les évangélistes ne sont pas d'accord sur la date de l'arrestation de Jean-Baptiste. Matthieu (iv, 12) et Marc (i, 14) la mettent avant la prédication de Jésus en Galilée, puisqu'ils donnent cette arres-
talion poar le motif qui fil retourner Jésus dans cette province. Luc (ht, 19) ne détermine pas précisément celle date ; le quatrième évangélisle, au contraire, déclare expressément (m , 'M) que ce fut après la première pâque à laquelle Jésus assisla depuis qu'il avait commencé sa prédication publique en Galilée; car, ajoute-t-il, Jean n'avait pas encore été jeté en prison. S'il fallait clioisir entre ces récits divers, ceux de Matthieu et de Marc sont les moins vraisemblables. En effet, on ne peut comprendre que Jésus , à la nouvelle de l'arrestation de Jean-Baptiste par ordre d'Hérode-Antipas (Luc, HT, 1 ; IX, 9), se soit retiré pour sa sûreté en Galilée, c'est-à-dire justement dans les domaines de ce prince, où 11 eût eu à craindre un sort semblable, plutôt que de rester en Judée.
Dans Mallbieu, voici la progression des faits : Jésus reste dans Tobscuriié jusqu'à son baptême par Jean, qui se passe au désert de Judée; à la suite de quoi, vient immédiatement la tentation. L'évangeliste passe du premier de ces faits au second en disant : Alors Jésus fut conduit par Pesprit dans le désert, etc. ; ce qui fait bien voir qu'il n'y a aucun intervalle. Aussitôt après le récit de la tentation, révangéliste dit : Or, Jésus ayant ouï dire que Jean avait été mis en prison, se retira en Galilée (iv, 2); il n'y a donc encore ici aucun intervalle de temps, et nous devons comprendre que, dès que les épreuves de la tentation furent terminées, Jésus partit pour la Galilée à cause de l'arrestation de Jean, qui alors n'a pu avoir lieu que pendant les quarante jours de la tentation. Puis au Y. il, il est dit : Depuis ce temps, Jésus commbnça à prêcher en disant, etc. Donc il n'y avait pas eu de prédication antérieure, ce n'est que de celte époque qu'il commença à exercer son ministère, et ses premières prédications ont eu lieu en Galilée. La carrière publique de Jésus commence donc au moment précis où finit celle de Jean, et l'on ne nous parle plus de ce dernier que pour nous annoncer le message daté de sa prison (ch. xi), puis sa mort (ch. xiv).
Chez le quatrième évangéllste, au contra ire, le baptême de Jésus a lieu à Bélhanie, c'est-à-dire, en Judée. Jésus commence à y faire des disciples (i, 37 et suiv.). Trois Jours après (c'est-à-dire à une époque où, selon les trois synoptiques, le jeûne dans le désert était
Tir. 95
commeneé), il se rend à Cana en Galilée; de là 11 va à Capharnaûm, puis à Jérusalem pour la pâque. L'évangéliste place ensuite (ch. m) le dialogue de Nicodéme, sans dire où la scène se passe; mais il paraît que ce n'élail plus à Jérusalem, car on dit (v. 22) : Après cela, Jésus étant venu en Judée, suivi de ses disciples, y demeurait avec eux et y baptisait. Jean baptisait dans le même temps, et des discussions s'élevaient sur le mérite respectif de Tun et de Taulre. Et c'est après tous ces faits, que l'évangéliste nous dit (ni, 24) que Jean n'avait pas encore été arrêté. Il n'en est plus question par la suite; on ne parle ni de l'époque où cette arrestation eut lieu, ni de sa mort.
Avec la meilleure volonté du monde, il est impossible d'accorder des textes aussi contradictoires. Les détails que nous venons de donner, réfutent suffisamment l'explication d'Eusèbe qui prétend {HisL ecclés., m, 24) que les trois premiers évangélistes ont passé sous silence la partie de la prédication de Jésus antérieure à l'arrestation de Jean-Baptlsle, et que le quatrième évangéliste a réparé cette omission.
§ 3. — Premières nouvelles de la résarrection.
Les quatre évangélistes s'accordent pour dire que la première nouvelle du tombeau de Jésus, trouvé ouvert et vide, fut apportée le lendemain du sabbat, le malin, par des femmes aux apôtres; mais dans tous les détails ils diffèrent complètement les uns des autres.
Ils diffèrent d'abord quant au but qu'avaient des femmes en se rendant au tombeau, et cette divergence tient à celle qui a lieu sur le fait de l'embaumement du corps de Jésus. D'après Jean (xix, 38 et suiv.), Joseph d'Ârimalhie et Nicodème prirent cent livres d'une composition de myrrhe et d'aloès, et aussitôt que le corps fut détaché de la croix, ils opérèrent l'embaumement d'après la coutume juive, c'est-à-dire, en enveloppant le cadavre avec des aromates dans des linges ; il n'est fait aucune mention de la présence des femmes rapportée chez les autres; et tout se trouve terminé le soir de la mort, c'est-à-dire la veille du sabbat (v. 42). D'après Luc (xxiii, 53), Joseph enlève le corps de la croix et le place immédia-
tement dans le sépulcre. Les femmes qui étaient venues de Galilée à la suite de Jésus, observent le lieu où le corps a été mis, vont acheter des aromates et des parfums pour embaumer le corps ; mais le soir du sabbat étant venu, elles sont obligées d'ajourner leur travail à cause du repos prescrit par la loi, et ce n'est que le surlendemain de ce jour (c'est-à-dire le lendemain du sabbat), qu'elles se rendent de grand matin au sépulcre avec les aromates; mais la résurrection fait manquer leur projet, et, en définitive, l'embaumement n'a pas lieu. Chez Marc (xv, 46) les choses se passent à peu près de même; Joseph, après avoir déposé Jésus dans le tombeau, roule une pierre jusqu'à l'entrée (xvt, 3), il n'est question que de deux femmes, Marie-Madeleine et Marie, mère de Jacques et de Joseph ; elles regardent où l'on dépose le corps, et elles ne font rien autre chose ce jour-là. Ce n'est que le surlendemain du sabbat, que, réunies à Salomé, elles achètent des parfums en se dirigeant vers le tombeau pour opérer l'embaumement qui se trouve également ne pas avoir lieu. Enfin, Matthieu ne parle d'embaumement ni exécuté ni projeté : si le lendemain du sabbat, Marie-Madeleine et la mère de Jacques et de Joseph se rendent au tombeau > c'est uniquement pour le visiter (xxviii, i). Ainsi Matthieu ne faisant aucune mention d'achat d'aromates ni de préparatifs d'embaumement, mais faisant venir le dimanche matin au tombeau les mêmes femmes qui y sont conduites par Marc, et leur assignant un simple but de visite, exclut implicitement le but que leur prêtent Marc et Luc, et contredit par là toute leur narration. Jean, faisant terminer l'aubaumement qui n'est que projeté chez Marc et Luc, les contredit formellement. Enfin si, comme le rapportent Marc et Luc, les femmes ont vu Joseph d'Arimatble ensevelir le corps et ont observé comment il était déposé dans le tombeau (Luc, xxiii, 55), elles ont été témoins de l'embaumement exécuté d'après Jean; alors ii est impossible d'admettre le récit de Marc et de Luc, d'après lequel elles achètent des aromates et se rendent le surlendemain au tombeau pour embaumer le corps.
Nous trouvons les divergences les plus variées au sujet du nombre des femmes qui firent la visite au tombeau. D'après Luc, elles sont nombreuses, et il n'en détermine pas le nombre (xxiii, 55;
XXIV, 1, 10); il y compte Marie-Madeleine, Jeanne et Marie, mère de Jacques, et fait mention des autres qui étaient avec elles (y. 10) ; ainsi elles ne pouvaient être moins de cinq. Dans Marc, (xvi, 1), il y a seulement trois femmes dont deux de celles que Luc nomme de son côté, mais la troisième est Salomé au lieu de Jeanne. Matthieu (xxviii, 1) n'a pas* cette troisième femme sur laquelle les évangélistes intermédiaires diffèrent, mais il a seulement les deux Marie sur lesquelles ils sont d'accord. Enfin, Jean (xx, l)n'a qu'une de ces deux, Marie-Madeleine, qui chez lui figure seule. Le temps où les femmes se rendent au tombeau , n'est pas non plus désigné d'une manière uniforme. D'après Jean, il faisait encore obscur; d'après Lue, c'était de grand matin; d'après Matthieu, le jour commençait à luire; et d'après Marc, /^ 5o/ei7 était levé (1). SI les deux versions moyennes, par leur degré moindre de précision, peuvent se rapprocher de l'une ou de l'autre des extrêmes, celles-ci se contredisent ouvertement (2).
Sur ce que les femmes aperçurent en arrivant, Matthieu est en divergence avec les trois autres. D'après ces derniers, en s'approchant et en jetant l'œil sur le tombeau, elles virent la pierre déjà levée par une main inconnue. D'après Matthieu, le fait se passe sous leurs yeux, il se fait un grand tremblement de terre, un ange da Seigneur descend du ciel et vient renverser la pierre. — Les diver-
(1) La Vulgate met orto Jam sole, Lemattre de Sacy tradait par au lever du soleil^ ce qai atténue la contradiction.
(2) Un célèbre orateur, le P. Lacordaire, présente cette conciliation {Conférences de Notre-Dame, 43^ conf.) : « Lorsqu'on commence une course de grand malin, 11 est possible de partir avec les ténèbres et d'arriver avec le jour. » On pourrait se contenter de celte explication si l'un des narrateurs eût indiqué le moment du départ, et l'autre celui de l'arrivée ; mais tous ne s'occupent que de l'arrivée et se servent da même terme pour désigner cet événement, venit ou venerunt ad monumentum. D'après Jean, les ténèbres couvraient la terre en ce moment-là, et d'après Marc, le soleil était déjà levé. La prétendue conciliation n'est donc pas satisfaisante. Du reste, ce n'est là qu'une circonstance fort secondaire, et les récits que nous examinons présentent des difficultés bien plus graves.
gences sur ce que les femmes virent en outre et sur les sentiments qu'elles éprouvèrent au tombeau, sont plus variées. D'après Luc, elles descendent dans le tombeau, ne trouvent pas le corps de Jésus, et surprises de cette circonstance, elles aperçoivent debout auprès d'elles deux bommes avec des vêtements rayonnants qui leur annoncent la résurrection. Selon Marc qui rapporte aussi qu'elles descendirent dans le tombeau, elles n'aperçoivent qu'un jeune homme en habit blanc, non pas debout, mais assis à la droite et qui leur apprend la même nouvelle. Selon Matthieu, c'est avant de descendre dans le tombeau, qu'elles sont informées de cet événement par l'ange qui, après avoir soulevé la pierre, s'était assis dessus. Selon Jean enûn, Marie-Madeleine, sans avoir eu une apparition évangélique, retourne dans la ville aussitôt qu'elle voit la pierre enlevée. — Le langage des anges n'est pas non plus le même. Suivant les deux premiers évangélistes, les anges recommandent aux femmes de ne rien craindre, d'aller informer les disciples de la résurrection et de les avertir de se rendre en Galilée, où Jésus les précédera et se montrera à eux. Suivant Luc, ils leur rappellent les prophéties que Jésus avait faites en Galilée sur sa mort et sa résurrection ; ils ne leur donnent aucun message pour les disciples, et il n'y est pas question de rendez-vous en Galilée. — A la suite de ces faits, deux des évangélistes placent des apparitions de Jésus luimême et présentent encore de nombreuses divergences dont nous parlerons un peu plus bas. -— Ce n'est pas non plus de la même manière qu'ils racontent comment les disciples de Jésus apprirent la première nouvelle de la résurrection. D'après Marc, les femmes, par crainte, ne dirent rien à personne de l'apparition angélique qu'ils avaient eue. Mais, d'après Matthieu, Jésus lui-même se présenta à elles sur leur chemin au moment où elles voulaient se rendre auprès des apôtres, et elles purent dès lors apprendre cette nouvelle aux disciples. Les deux premiers évangiles ne disent pas qu'à la nouvelle apportée par les femmes, quelqu'un des apôtres soit allé lui-même au tombeau. D'après Luc, Pierre y alla, le trouva vide et revint plein d'étonnement; et l'on voit (xxiv, 24) qu'outre Pierre, d'autres y allèrent semblabiement. D'après le quatrième évangile, Pierre était accompagné de Jean qui se convainquit par là de la ré-