‹ Examen du Salon de 1849Chapitre 10 sur 61 · SUR L’ART · texte numérisé non relu

SUR L’ART

qu’on le considère à son origine ou lorsqu’il renaît, on le retrouve fidèle à sa loi, c’est-àdire servant la morale ou la religion ; car, partout et toujours, c’est pour l’art une condition inhérente à sa nature, une condition essentielle à sa perfection.

Dans les œuvres de l’esprit humain, il existe une si étroite liaison entre le fond et la forme, la perfection est tellement impossible sans cet heureux accord, d’où naît l’harmonie, que l’art semble personnifier, au plus haut degré, cette parfaite unité résultant de l’union intime du bien et du beau.

L’excellence de l’art est nécessairement soumise à ces lois fondamentales. Toutes les fois qu’il s’en affranchit, il s’affaiblit et s’efface entièrement. Et sa chute est certaine lorsque , cherchant à conquérir une funeste liberté , il s’éloigne des hautes régions d’où il est venu. Alors il ne s’attache plus qu’à la forme et il ne peut la saisir : elle lui échappe sans cesse , et bientôt l’art, s’abaissant par degrés, rampe à la suite des plus viles passions terrestres.

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