‹ Examen du Salon de 1849Chapitre 28 sur 61 · M. SCHNETZ · texte numérisé non relu

M. SCHNETZ

Après celte scène idéale, un drame de tous

les jours attire nos regards. Le Bûcheron et la Mort , par M. Schnetz , n’est point une vaine fiction. Qui d’entre nous n’a pas son fardeau à porter? Et quel est celui qui n’en gémit pas, en appelant, sinon la mort , du moins un temps meilleur. Celte peinture philosophique était difficile à traiter à cause de la Mort , qui pouvait faire croire à la fantasmagorie. Mais, en maître habile, M. Schnetz n’a fait que l’indiquer au fond du tableau.

MM. HAMON, MALEVAL, MARTIN, Rodolphe BOULANGER, BRÉMOND, NÈGRE, MASSON.

Dans l’examen rapide que nous avons fait de toute l’exposition , nous avons déjà cité X Affiche romaine de M. Hamon ; nous l’avons revue avec plaisir : c’est une foule intéressante et d’un aspect nouveau. Les figures ne seraient pas moins expressives pour être un peu plus élégantes de formes , et les draperies n’ont peutêtre pas assez de simplicité.

Nous devons une mention au courage de Ca-

ton , ainsi qu’à celui de l’artiste qui l’a représenté. Caton songe à se tuer, M. Maleval songe à peindre, tous deux pour atteindre à l’immortalité. Laissons le sénateur romain chercher la raison du suicide dans le livre du divin Platon , et faisons remarquer que le tableau de M. Maleval est très -étudié et très-académique.

Suivrons-nous les traces des Romains envahissant les Gaules , qui font le sujet du tableau de M. Martin? Ou nous reposerons-nous pour écouter Polyphénie chantant son amour pour Galathée , tandis que cette nymphe est dans les bras d ' Acis, sans prévoir la mort tragique que la fureur du Cyclope prépare au fds de Simœthis? Assurément ce tableau peut nous plaire, il y a du mérite dans cette œuvre de M. Rodolphe Boulanger : Galathée est belle, sa tête est charmante; les nus sont bien peints, mais la couleur est exagérée dans ses différences ; et les mains sont crispées comme si ces heureux amants étaient écrasés sous le rocher que le monstre borgne lança sur le malheureux Acis. Il y a des raccourcis qui sont peu agréables, et les drape-

ries détruisent les dessous ; mais en résumé, c’est l’œuvre d’un artiste de mérite.

M. Brémond a peint sa fille , artiste distinguée, sous le titre de la Muse d André Chénier. Cette demi-figure est noble autant qu’expressive.

La personnification du Suffrage universel , par M. Nègre, est une étude d’atelier trèsconsciencieuse et ressemblant assez à tous les envois de Rome, première année, ce qui est peut-être l’éloge de la forme et non de la composition.

U Égoïsme au milieu de V Opulence repoussant la Misère est l’œuvre de M. Masson. La Misère ne doit plaire à personne, l’Égoïsme nous répugne, c’est donc l’Opulence que nous préférons.

Nous voyons encore bien des nymphes qui pourraient nous plaire , si elles étaient plus belles, mais nous craignons de nous égarer dans les bois ; et d’ailleurs , il vaut mieux garder le silence , que de critiquer des œuvres à peine ébauchées.

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