‹ Examen du Salon de 1849Chapitre 30 sur 61 · MM. BIARD, BRÉMOND · texte numérisé non relu

MM. BIARD, BRÉMOND

M. Biard a choisi un sujet plus beau moralement qu’agréable à peindre. La proclamation de la Liberté des Noirs aux colonies a donné l’occasion à M. Biard de prouver ses études consciencieuses ; mais ces nègres, auxquels on a eu raison sans doute de rendre la liberté, figureront toujours mal comme personnages principaux d’un tableau.

La révolution du siècle dernier a inspiré aussi

PEINTURE D’HISTOIRE

plusieurs sujets aux artistes. M. Brémond , dont nous avons cité une charmante Muse , a peint Bailly conduit au supplice. Ce tableau , qui avait eu l’honneur d’être refusé par l’ancien jury, reparaît aujourd’hui dépourvu du charme de la persécution, et n’excite aucune sympathie.

MM. üUFFENS, PILS, BILLET.

Rouget de l’Isle est peu en faveur. Celui de M. Guffens fait de grands efforts pour être entendu de ses auditeurs et se faire remarquer par le public. L’auteur de la Marseillaise n’épargne point les contorsions dignes d’un convulsionnaire de Saint-Médard ; sans doute ses intentions sont bonnes, et c’est Y expression qu’il cherche : mais, grand Dieu, quelle expression! C’est de l’épilepsie toute pure , et ses auditeurs témoignent assez qu’ils pensent comme nous en cherchant à fuir comme s’ils entendaient le cor enchanté du paladin Astolphe.

Le même sujet a été traité par M. Pils, le

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pensionnaire de l’Académie. Quelle différence ! quelle dignité dans cette scène d’enthousiasme patriotique ! Nous l’avons déjà dit , c’est là une œuvre vraiment inspirée. Rouget de l’Isle est transporté en chantant son hymne révolutionnaire ; les auditeurs sont émus en l’entendant : « Amour sacré de la patrie ! » retentit dans tous les cœurs. La jeune femme qui tient le piano est charmante dans son geste simple et naturel ; plusieurs têtes écoutent bien. En résumé , cette œuvre de l’un des bons élèves de M. Picot , est un nouveau témoignage en faveur des études sérieuses des disciples de l’auteur du charmant tableau de Psyché , que nous avons récemment admiré dans l’atelier de l’artiste.

Il était impossible que les Girondins ne fussent point représentés au Salon , après avoir été chantés par le grand poète Lamartine. M. Étienne Billet les réunit en une seule composition et nous fait assister à leur dernier banquet. Cette scène suprême est dans le caractère de l’histoire; on y remarque bien l'insouciance de ces tempslà en présence d’une mort prochaine.

PEINTURE D'HISTOIRE

J\1M. BELLANGÉ, Ch. LANGLOIS, Jules DU VAUX, GUILBERT, G1NAIN, J. RIGO, IIUGOT, SORIEUL, PHILIPPOTEAUX.

La guerre a inspiré peu d’artistes. Cependant M. Bellangé a trouvé l’occasion de déployer son talent dans deux tableaux remarquables. Le colonel Charles Langlois s’est distingué dans la Bataille de Hoff et dans le Combat de W es en. M. Jules Duvaux s’est rappelé les bonnes leçons de son maître Charlet dans la redoute de Monte - Legino. M. Guilbert a peint un épisode de la guerre de Pologne , et nos revers sont représentés par de tristes scènes de 1814 dues au talent de MM. Hugot, Sorieul et Philippoteaux.

Dans les sujets militaires , nous remarquons encore une toile de M. Ginain qui dénote un peintre habile. M. Jules Rigo nous fait voir Bonaparte au siège de Toulon ; cette composition n’offre point assez de masses, mais il y a de bons détails; la tête du héros est très-belle et très-ressemblante.

PEINTURE D’HISTOIRE

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