M. TROYON
M. Troyon est l’un des plus fermes soutiens de celte école qui a substitué au paysage historique de l’académie les études d’après nature et les simples vues de pays. Au début de son talent, M. Troyon exagérait les empâtements; ses premiers plans avaient une saillie réelle, et, bien loin de gagner d’effet, ses paysages décélaient l’artiste qui a peu de science et demande au hasard ce que l’étude seule peut donner.
PEINTURE DE PAYSAGIS.
Aujourd’hui, M. Troyon semble à moitié converti ; ses huit tableaux témoignent de son désir ardent de représenter plus simplement les effets de la nature. A distance, ses tableaux peuvent charmer, mais on regrette toujours qu’un artiste de ce mérite se contente de copier, sans mieux choisir ses modèles.
M. Alphonsk BURETTE.
M. Alphonse Burette a peint un grand paysage d’un effet puissant. La disposition de ce tableau est d’un bel aspect, les montagues lointaines se découpent avec majesté sur un ciel ardent, d’un ton riche et vrai. Les arbres ont un grandiose remarquable ; les premiers plans sont rendus avec une science rare aujourd’hui ; et nous conseillons à l’école nouvelle d’étudier l’œuvre de M. Burette, qui renferme de bons enseignements.
MM. MAZURE, LAVIEILLE, TI11ERRÉE , LECOINTE, LAMB1- NET ; Mme G EN A UT, Mlle G U DI N ; MM. Loris LEROY, CHAPE- UN, ELMERICII, DE CURZON, CHINTREUIL, Léon PELLENC.
M. Mazure s’est distingué dans un tableau intitulé : Décembre . M. Lavieille a puisé dans
le même sujet le motif d’une peinture vigou-
reuse, saisissante de vérité. JV1M. Thierrée, Lecointe et Lambinet se font estimer par des œuvres sérieusement exécutées.
Nous remarquons également et au même titre des études de madame Genaut, de mademoiselle Gudin, de MM. Louis Leroy, Chapelin, Elmerich, de Curzon, Chintreuii et Léon Pellenc ; mais, tout en rendant justice au mérite naïf de plusieurs de ces études, nous blâmerons cette habitude de mettre au Salon les moindres pochades, qui devraient rester dans le silence de l’atelier, pour servir de bons renseignements aux artistes lorsqu’ils ont à produire des tableaux.
MM. LAPITO, Jules COIGNET.
Avant d’examiner les œuvres des paysagistes cherchant le style, citons l’école mixte , qui, ne donnant raison à personne, est souvent attaquée des deux côtés à la fois. Cette école de conciliation obtient aujourd’hui un succès d’estime , un succès silencieux qui ne peut blesser la modestie de ses adeptes. Ses chefs, MM. Lapito et Jules Coignet, se distinguent par des qualités de couleur et de dessin. Une Vue de Fontainebleau , par M. Lapito, nous semble cependant peu harmonieuse et présente des tons violets et jaunes discordants entre eux. M. Jules Coignet est plus heureux. Son tableau représentant une Vue du château d'Europe (Bosphore) est remarquable par la beauté du ciel et des seconds plans. M. Schœffer soutient sa réputation par des paysages intéressants. M. Viollet-Leduc a peint d’une manière supérieure une Vue du lac Hemi et du village de Genzano ; ce tableau est un des plus considérables du Sa-
Ion par le large du faire et la vérité de la couleur ; il y a aussi un excellent choix dans les masses d’arbres, et les terrains sont d’une grande beauté.