‹ Examen du Salon de 1849Chapitre 57 sur 61 · MM. FEUGÈRE- DES-FORTS, LA VIGNE · texte numérisé non relu

MM. FEUGÈRE- DES-FORTS, LA VIGNE

M. Feugère-des-Forts, élève de M. Duseigneur, a débuté au Salon par une statue intitulée : Le Denier de la veuve. Il y a dans cette tigure tout l’embarras que présente toujours une première œuvre , mais il existe dans cette statue de femme du sentiment et de la distinction que l’on ne rencontre pas communément. Une Vierge immaculée , de M. Lavigne, est d’un bon sentiment religieux, mais la figure est peutêtre trop longue et les bras nous semblent trop courts.

MM. RAMUS, MONTAGXY.

M. Ramus a représenté saint Laurent martyr. Debout, appuyé sur l’instrument de son supplice, le saint élève ses regards vers le ciel et semble remercier Dieu de lui avoir accordé une mort glorieuse. Cette figure est d’un beau caractère.

M. Montagny a représenté saint Louis, roi

SCULPTURE

de France. Cette œuvre se distingue par le sentiment religieux, la tête est expressive.

M LECHESNE.

Nous remarquons avec la foule une grande statue de femme couchée. Auprès de celte figure endormie est un enfant moitié sommeillant, moitié éveillé, et criant à cause de la souffrance et de l’effroi que lui fait ressentir un aigle qui le saisit dans ses serres. Il y aurait peut-être lieu de s’étonner du sommeil de cette femme auprès de son enfant en pleurs. Cette réflexion n’est point nôtre, c’est le cri des mères qui s’arrêtent devant l’œuvre remarquable de M. Lechesne. Quoi qu’il en soit, cette figure de femme est grandiose dans son mouvement reposé , les lignes en sont belles et les formes choisies; ce groupe intitulé : Pendant le sommeil, n’est point dans le caractère des statues grecques , mais cette production décèle dans son auteur une organisation vraiment capable d’accomplir des œuvres importantes.

SCULPTURE

MM. TALUET, BARRE, de MERCEY, LÉVÈQUE, MÜLLER.

Deux statuettes personnifiant la République méritent notre attention ; l’une, par M. Taluet, n’est pas assez monumentale. L’autre , exposée par M. Barre sous le nom de la France , ne manque point de caractère, malgré son exécution un peu conventionnelle. M. Barre est également l’auteur d’une statuette en ivoire de Mlle Rachel. Cette œuvre est délicatement exécutée, et est d’une très-grande ressemblance.

Le Démon du jour , par M. de Mercey, est une statue habilement modelée, et, bien que le sujet soit peu attrayant en lui-même, nous reconnaissons avec les statuaires qu’il existe un grand mérite d’exécution dans ce démon des ruines.

Lesbie est le motif d’une statue par M. Lévêque. Cette figure de l’amante du poëte Catulle serait encore plus belle si elle était plus simple. Nous avons remarqué un groupe important dû au ciseau de M. Millier, etreprésen-

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tant la Malédiction du chanteur. S’il faut en croire la ballade d’Ulhand : v Deux chanteurs montèrent un jour au château redoutable et terrible... La reine, charmée de leurs chants, leur jette une des roses qui ornaient son sein. Le roi , transporté de jalousie , plonge son glaive dans la poitrine du plus jeune des chanteurs. » Malheureusement ce sujet offre peu d’intérêt et le spectateur passe sans comprendre. L’artiste aurait obtenu un plus grand succès s’il avait déployé le même talent pour représenter une scène plus connue.

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