SUR L’ART
mélanges confus de doctrines incohérentes.
Après avoir indiqué les principales différences qui distinguent l'art des temps anciens de celui des temps modernes, cherchons d’où proviennent ces différences, et quelles peuvent être les causes de la supériorité incontestable des heaux-arls dans l’antiquité. Cette constante perfection de l’art grec doit-elle être considérée comme l’effet direct de la religion , des mœurs et des lois des peuples de la Grèce ? Yaut-il mieux y reconnaître le résultat de l’influence du climat, ou bien encore devons-nous admettre que les Grecs étaient particulièrement doués de facultés innées qui les entraînaient vers la culture des arts libéraux ?
Ces motifs futiles ou erronés, que nous n’avons voulu reproduire qu’afin de les réfuter, sont constamment répétés dans le but d’expliquer pourquoi les Grecs ont excellé dans les arts du dessin. Et, s’il fallait ajouter foi à ces systèmes ridicules, le grand obstacle qui s’oppose à la perfection de l’art moderne serait la religion chrétienne.
i CONSI DÉBAT IONS GÉNÉBALES
Nécessairement, d’après ces raisonnements insensés, la morale aussi serait un inconvénient ; et il n’est point de loi, surtout celle qui défend de sortir sans être vêtu, qui n’eût sa pernicieuse influence à l’égard de l’étude et du développement des beaux-arts.
De semblables discours ne mériteraient pas assurément un examen bien sérieux de notre part. El, si nous n’étions point persuadé de leur popularité, et conséquemment de leurs funestes effets, nous laisserions dans l’ombre ces opinions diverses sur les causes prétendues de l’excellence de l’art chez les Grecs.
Mais voulant combattre l’erreur partout où elle se produit, il nous est impossible de reconnaître dans la religion du Christ la cause de l’infériorité de l’art moderne. Et ce que nous soutenons à l’égard du christianisme , s’étend naturellement à ce qui en découle, comme la morale, les lois, et tout ce qui puise sa force dans cette religion divine.
Considérons l’art à son origine , voyons - le dans la haute antiquité. Alors les beaux-arts
sua l’art.
el la poésie semblent consacrés aux dieux. De même que les hymnes adressés aux puissances de l’olympe, l’art antique revêt le caractère sacré par excellence. C’est un langage sublime , révélé aux hommes pour élever leurs âmes vers la divinité.
L’art, dans sa pureté primitive, est donc essentiellement religieux. Et ce caractère qui le distingue dans l’antiquité , du temps des Phidias et des Apelle, l’accompagne encore lorsque l’époque glorieuse de la renaissance voit naître du génie de Léonard ou de Raphaël , ces madones incomparables douées de la beauté la plus ravissante. Plus tard, quand une seconde renaissance vient éclairer le grand siècle, Poussin et Lesueur puisent dans l’Evangile ou la Bible les nobles inspirations qui les ont soutenus dans l’accomplissement des chefs-d’œuvre dont ils ont illustré et leur temps et leur nom.
Mais, si les beaux-arts ont pour but principal la représentation de la divinité, si les chefsd’œuvre des temps antiques et des temps modernes proclament hautement cette vérité que