‹ Examen du système commercial connu sous le nom de système protecteurChapitre 25 sur 82 · NE DÉVELOPPE PAS LE TRAVAIL NATIONAL · texte numérisé non relu

NE DÉVELOPPE PAS LE TRAVAIL NATIONAL

en effet, ne travaille pas à la seule fin d'agiter son corps ou de fatiguer ses muscles. Il travaille afin de produire des objets qui soient en rapport avec les besoins des hommes, et il y trouve son compte en ce que, par l'échange, il obtient en retour ce qui est réclamé pour ses besoins et pour ceux de sa famille, dans une proportion d'autant plus forte, lorsque l'organisation de la société est équitable, que ses efforts ont été plus productifs. Il travaille pour rendre des services qui soient rémunérés par des services équivalents, et, en raison de cette équivalence, pour que ce qu'il reçoit soit considérable, il faut bien que ce qu'il donne le soit aussi, c'est-à-dire que son travail soit fructueux pour la société. Si l'on entendait différemment le travail et le mérite qui s'y attache, celui qui passerait la journée à remuer les bras dans le vide pourrait se qualifier de travailleur , se donner comme un membre utile de la société. Le riche qui, obéissant à une charité peu éclairée, ferait creuser des fossés le lundi pour les faire combler le mardi, et les faire ouvrir de nouveau le mercredi, pourrait se flatter de rendre à la patrie autant de services que l'habile manufacturier de Lyon ou de Mulhouse que personne ne surpasse dans le monde entier, c'est-à-dire qui, d'une masse donnée d'efforts , retire une masse de produits qu'en qualité ou quantité personne n'excède.

Si dans le travail on ne devait envisager que l'exercice musculaire ou intellectuel sans le résultat , un sûr moyen de se créer des titres à la reconnaissance publique serait de susciter des obstacles artificiels à une production quelconque ou à la satisfaction d'un quelconque de nos besoins , puisque, pour surmonter ces obstacles, il faudrait une nouvelle proportion de travail. Il y aurait lieu, pour les pouvoirs de l'Etat, de prendre en grande considération la pétition comique que , dans ses inimitables Sophisme s , Bastiat , lorsqu'il veut réfuter le système protecteur par la réduction à l'absurde , prête aux fabricants de chandelles , bougies , lam-

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W > Wï Vrçducteu,r$ de suif, résine , alcop\ , et générale^e^ de fouit ce qui concerne l'éclairage, contre la lumièrç ^ spleifl gui opfls éclaire gratis. }1 çst certain , m effet, qu$ si, connue i| s'amuse à l'imaginer, on faisait une \o\ qui ordoflpât 1$ fçqneture, de toutes fenêtres, lucarnes, coiitre-vents , yotetç, yqçistas, œils-de-bœuf, en un Vffit de toutes ouvertures , trous, faites et fissures yar lesquelles le soleil a coutume de t y^étrer iftps le# tQaiutoyê, il ^vidrait plus de, suif, plus {Tbiule, piu§ çj$ résine, y^r, conspquçut, il Cadrait élever d'ipamensfis troupgaw^ do, plus, envoyer, à la pêche d$ 1^ baleine vingt Çojç plus de navires, planter et exploiter $e vastes forêts de pjns, fabriquer par millions des lampes et des chandeliers. Ce serait \me quantité infinie de travail qu'on aurait feu^ïlÇ ^dispe^sable , et s'il est admis que le trav^l, quel qu'il soit pfl quels qu'en soient la cause et l'objet, so}t une fortune, on aurait enrichi la nation.

^ii^si , le système protecteur n'est pas fondé h prétendre; qu'il fait travailler piieux. Il ne l'est pas davantage à soutenir qu'il lui appartient de multiplier le nombre des bras occupés. Si demain, en Angleterre, les ultra-tories yçntrau} au pouvoir, clans \§ recrudescence de le\ir zèle p^oteçtioçd^te, faisaient passer une loi qui interdît absolupaeut V^P: trée du vi# étranger, il est vraisemblable qu'on pla^nter^ des vignes dans des serres pour se procurer, tant bien que mal, unpeude cety? savoureuse liqueur qui, depuis Npé, est en faveur parini les hopimes. ()n ferait ainsi , en Angleterre, ^u viu qui serait horriblement ctier ; je laisse de côté la cju^- Uté du breuvage, £our eu ^voir seulement cent mille hectolitres, il faudrait une prodigieuse quantité de jardiniers, sans çompjef les Traçons e\ les fumistes qui construiraient et entretiendraient les serres. Le Parlement auglais se Couverait avoir ainsi provogué beaucoup de travail - Il aurait cependant fait \me très-sot^ejoi; il aurait appauvri la nation, L'Angleterre $lors, pour se procurer cent mille hectolitres de vin, occupent™* P^'^fewfeH» ?*<k*lW m> employés à rçtire*

de la houille , à filer du coton , à fabriquer de la qivupçûljftrie , de l'acier ou du fer brut , lui auraient dopué le piqyeu d'eu acheter un million sur les marchés de la ÇVaucp , ix\ Portugal , de l'Espagne , des Canaries ou du Gap. Elle serais doue appauvrie de. neuf cent mille hectolitres de vin. AwwV* elle pour cela résolu le problème d'occuper plus dfl bw# Non , car s'il est vrai que la culture d$ la yigr\e dan? d e S W?" res eût donné de l'emploi à ufl grand nqmhre dhWWMŒU il n'est pas moins vrai que le capital absorbé par cette folie viticole eût suffi à occuper ces mêmes hommes dans d'autres industries beaucoup plus naturelles qui eussent été aussi beaucoup plus raisonnables , parce qu'elles auraient été beaucoup plus productives.

Si l'on m'objecte que cet exemple est fantastique, j'en prendrai un autre tiré incontestablement de la réalité. "En France , quand on a eu écarté par un droit de douane exorbitant lé fer étranger, il s'est produit du fer en plus grande quantité , mais c'est avec des c'apitaux qui eusserit été mieux employés dans d'autres fabrications. Pour peu qu'on ait observé le ifléçaflispie des échauges ^çru^ionaux , ou qait qu'w pays n'importe des pftarçhaftd^ses étrange^ <jfl\ ^ Gftfldûion d'exporter de$ siennes. Lçs prpdnijs f$ payen( ayoc des produits :y&X uç point ^e fri{, ^'pf ç\ VffBffli* n'interviennent dans les échanges internat$fla\$ <$$ £00^0 dos termes de comparaison ^ov\r la sup&yt^ion d§?| v^deu^s, OT cçmme dftf^W es appoints P9\tf sojde. Sj fo f^pe. a$$faty au dehors cçnt çjûlboç^ d e HUp^Wf? d§ fçç, eîl§ ^por^çrait uue quantité, çoyrçspojnd^te dçs objets d$ §a fabrication. De là donc \m sitfçrojt de trçya^ dW ftflÇJln que§-uqes des branç^çs de Vi^d^str^ a^o^e. Ç^ $u^es sont les branches qui se développeraient a$\sj^ ByMç 1 * 1 ^^^. celles o^ uous excellons , çeUfâ çu uue qi^tité d^ipçmiçéfl de capitaux et de bras doiuie ^es pe^lleuçs, ç^ul^^s , g'ç$à-dire celles ov^ les objets obtenus pfiff Vft c ^Y^ ^ tt^ç, quai^-

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72 funeste effet du système protecteur-

marché général du monde la somme la plus grande de valeurs. Et voici la conséquence : par ce détour des échanges avec l'étranger, nous nous procurerions 2 de fer, tandis qu'en fabriquant notre fer nous-mêmes , avec les mêmes capitaux et le même nombre de bras , nous en avons \ et demi ou 1 , et nous occuperions une quantité de bras qui, selon la nature des industries, pourrait être plus considérable tout aussi bien que moindre.

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