‹ Examen du système commercial connu sous le nom de système protecteurChapitre 27 sur 82 · SUR LA RICHESSE DE LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

SUR LA RICHESSE DE LA SOCIÉTÉ

tunes et des créances, on évalue les capitaux en argent ou en or. Tout homme, qui est le débiteur d'un autre, s'engage à lui payer une quantité de l'un ou de l'autre de ces métaux. De là l'opinion généralement répandue parmi les hommes dont la vue ne pénètre pas au delà de la surface des choses, que Jes capitaux sont de l'or et de l'argent. Quelque accréditée qu'elle soit, cette opinion est une erreur grossière. Le capital d'une nation, je viens de le dire, c'est l'ensemble des objets par lesquels, sur lesquels et au moyen desquels le travail s'exerce. Delà deux catégories de capitaux : dans l'une se rangent les machines en tout genre , depuis la machine à vapeur de 500 chevaux et le magnifique navire à trois mâts qui brave le courroux des mers, jusqu'au rouet de la ménagère des campagnes, et à la baratte que fait tourner le chien du paysan; les appareils de toute sorte, depuis le fourneau de l'étameur ambulant jusqu'au barrage que l'usinier ou le cultivateur jettent dans le lit d'un cours d'eau pour se procurer, le premier une chute, le second de l'eau» d'irrigation, jusqu'au canal aux plus grandes dimensions et au chemin de fer le plus soigné; tous les outils, depuis l'alêne du savetier, jusqu'à ces magnifiques outils-machines, dont Whitworth et Nasmyth en Angleterre , Calla et Decoster en France, «t les émules de ces habiles mécaniciens fournissent les ateliers de construction des deux hémisphères. La seconde catégorie des capitaux embrasse à la fois les approvisionnements de denrées et ceux de matières brutes ou de marchandises plus ou moins confectionnées, jusqu'à ce qu'elles aient reçu toutes les façons et tous les déplacements, et soient livrées au consommateur. Le capitaliste, qui a dans son portefeuille des lettres de change à courte échéance ou des obligations à terme plus reculé, comme des inscriptions hypothécaires , s'il s'imagine qu'en réalité ces titres représentent des pièces d'or ou d'argent, est la dupe d'une illusion ; il prend le dénominateur commun des choses pour les choses elles-mêmes. Derrière les effets de commerce, il y a t

aelou te professiou du négociai qui les. ftcquittew, 4u su<w brut, qui est daps l'entrepôt de Mar^ille, qu du Bayre, ou dç Paris ; du coton filé pu du c^liççrt éçrp, ou de |$ toile peijitç, qui sont çu Alsaop ; ou de la flanelle, qu'pfl est ft fabriquer ^ Reims; ou du blé qu'un ué$ociaut fa grain § e* ftëppsé à \a Villette , ou du vin qui est dans les çeUiers q^ lçs entrepôts ; ou eueore c'est un navire avec §a cargaison qui est cm pteiue mer. S'il s'agit d'vWP créauce hypothécaire , i$ capital représçuté par Votyigatiqu du propriétaires débiteur sera uus prairie arrosée et fun^ée, q\i rçpsepib^ç c(es bêtes et des instruments qui seçyeptau labour, ou tyeu une récolte dans le grenier ou sur pied ; pu euçore ce $er/a ^ffl atelier garni de ses machines et de ses métiers, q\i nue maison à loyer ' .

En un mot, les capitaux sont les prpçluits d'vm travail antérieur que le producteur a pu économiser, et qui, ^ tjtçç

« Assurément, l'échéance venue, le capitaliste, s'il le veut absolument, sera soldé en espèces métalliques ; mais il ne lésera que par exception, car 4 si tous les capitalistes voulaient être ainsi payés , le numéraire métallique du monde entier ne suçait pas à solder le quar^ des créances exigibles sur les deu\ seules placés de Paris et de Londres. En fait, excepté dans les moments de crise, le capitaliste, par'un effet tout naturel dû' mécanisme commercial, ne fait que changer de débiteur; le capital qu'il avait avancé, accru des intérêts , est par lui prêté à une autre personne qui lui met dans les mains un titre représentatif analogue au premier. Dans les moments de crise, quand beaucoup de capitalistes veulent* être payés en uuméra'irë , la crise devient forcément une catastrophe.

l/qr et l'argent ne sont rien de plus que deux des articles extrême nient divers qui servent a satisfaire les besoins des nommes. En denors des usages monétaires, ils ne répondent qu'à des besoins accessoires /besoins de vanité d'abord, I surtout pour l'or, besoins d'ustensiles plus propres et plus certainement salubres. A l'état de monnaie , ils sont utiles , ils facilitent le service dés échanges dé particulier à particulier, et, par leur intervention, simplifient les transactions et les rendent plus stfres. Mais les peuples civilisés tachent avec raison de diminuer la masse d'or et d'argent qu'ils ont à L'état de monnaie. Ils y ont réussi par le moyen des banques et du crédit, a un degré tres-remarquable; de sorte que ror et rargent monnayés ne forment plus qu'une petite fraction' de là richesse dès natidris les plus avancées.

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fîfatrvpe/ffc, pu <}q watexiatw, qp de pf^ûtaiw , seryqit ^ la production d'une richesse nouvedle. Pppr qu'une u^tioji a^a|se^uçoup4ç capital, il ftut que son tr^îl pfés^nt sp^ as^ fryçtyepï , rçop-sepJeuiQpt ppi# Ja foire striçfti^^y^yr.e, u^jsjepGpre pour quelle puisse épargner beaucoup; il est bien entendu qu'il fayit aussi qu'eue ç\it la yp- Ipntç dç fairei {les £p$rgpçs, et qu$ qet effet ^e saqhe s'ppppseç ^es privatyops.

§ans qapi^al, Jes çffçi^ts de l'hoipine dans \e tray^il gqpj ^ppés de stérilité . ^.e type de J'indus^e fympsûue sans q$pit^l , ç'çst ce qu'est été ^pbinsoq dans spp île s'il n'fty $\\ la resspurce du navire , pu i\ trouv^ des fusils , de la ppudre , des scies , des marteaux , des rabots et to^ le. rçstç des putils du charpentier, du fer, dp fy)is , d es c l° u 3 > et PW§ de la farine , des salaisons ; pu si flous quêtons le ronc^an pour la réalité , ce sopt les irç|br}un£s fellahs ^uxqupls \% YJce-roi d'Egypte, Méhémet-Ali, faisait creuser ]e çaqal ^ahmopd^é avec les ongles; pu epcore c'est l'hprçime ayai^t Vipvention de la charrue, car la charr^ç est un capital, çt un tellement nécessaire à l'homme pour qu'il se çivilisç , que l'histoire ne Remonte pas au delà du tçmps pp la char7 rue fut inventée. L'homme avec exjrêipemept peu de capital, c'est }a soçié^aptique, 9Ù un travail opipi^tre donnait ^rè^-peu dq produits, e^ pu le grand nombre viv^t esclave dans v\ne abjecte misère.

D,ans nos sociétés civilisées , les industries piôme lçs plus simples exigent pnp, certaine dose} de capital , et quand un certain capital vient à manquer, soit qu'il ait été détruit, sajt qp'on l'ait forcé à s'enfuir, les bras qui servaient à le panier restent inoccupés. Pour continuer d'oqçuper le même nombre de personnes ayec un capital qui irait en décroissant, on n'aurait d'autre moyen qye de lesp^yer proportionnellement à ce qu'elles feraient, ce qui les plongerait pstr degrés dans v\n dénûmept dont heureusement npus pe ^iouyo^pius^ tjpe c^es ^pua, quelque çjp.ipji

l'existence des paysans modernes de l'Egypte et de l'Inde ou comme celle des esclaves des temps antiques.

Avec du capital , le travail donne des produits abondants, d'autant plus qu'il y a plus de capital; je suppose que celuici soit employé avec discernement; et de ce que j'avance ici, il est facile de voir la cause.

Le propre des capitaux , de ceux-là spécialement qui se présentent sous la forme de machines et d'appareils analogues , est de permettre à l'homme de faire travailler pour lui les forces de la nature , celles des animaux sur lesquels la Providence lui avait donné une autorité qu'il a été lent à exercer, celles des éléments qui nous entourent, de l'eau qui se précipite sur une pente , de l'air qui frappe l'aile d'un moulin ou la voile d'un navire , du feu qui vaporise les liquides et développe la force élastique de leur vapeur, ou qui fond les métaux et excite les attractions chimiques ; que citerai-je encore? les forces de l'électricité, du magnétisme, de la capillarité, celle de la pesanteur. Toutes les opérations de l'industrie reviennent à des faits de séparation ou de combinaison, de déplacement et de rapprochement, à du mouvement enfin , car tout ce que nous pouvons produire ici-bas se réduit à du mouvement. Nous avons beau concevoir la plus haute idée de notre puissance , nous sommes impuissants à créer un seul atome d'un quelconque des corps simples auxquels le chimiste ramène toute chose , et c'est une des preuves les plus flagrantes de notre vanité que nous nous décernions les uns aux autres la qualification de créateurs. Êtres débiles et chétifs,nos forces physiques échoueraient à produire ces phénomènes de mouvement , de manière à obtenir des résultats qui fussent proportionnés à nos besoins les plus primitifs, si, suppléant à la faiblesse de nos muscles par les ressources de notre esprit chercheur et dominateur, nous ne pouvions ployer à notre usage et asservir à nos desseins les forces de la nature. Ce pouvoir de notre esprit s'exerce et se manifeste par l'intermédiaire

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