SUR U RICHESSE MB U SOCIÉTÉ
des capitaux du genre qui m'occupe en ce moment, c'està-dire les machines et les appareils analogues.
U n'est pas impossible de donner une idée passablement approximative du développement qu'a acquis la puissance productive du genre humain , à l'aide de ces capitaux. Il suffît de mettre en parallèle la quantité de produits qui répond aujourd'hui au travail d'un homme , pendant un temps donné, dans diverses branches de l'industrie , avec celle qu'un homme y obtenait dans l'antiquité , ou même à une époque beaucoup plus rapprochée, alors que nous étions inhabiles à faire travailler pour nous la nature , et que presque tout le labeur se faisait à bras d'hommes.
J'ai essayé ailleurs ■ de faire cette comparaison , et j'ai trouvé que l'assistance prêtée par la nature à l'homme , au moyen des machines ou des appareils analogues , nous permettait, dans l'industrie du fer, d'obtenir, par tête de forgeron ou d'aide , 25 kilogr. aujourd'hui contre 1 qu'on avait sous l'empire romain ; dans l'industrie de la mouture, de moudre 200 rations pour une. Dans la filature du coton , il y a quelques années déjà, une personne produisait 360 fois plus de fil qu'au bon vieux temps ; en ce moment , avec les perfectionnements qu'ont reçus les métiers nommés selfacling par les Anglais, c'est peut-être le double, et le bon vieux temps pour cet article a duré jusqu'à l'invention du barbier Arkwright , qui est de 1769. Dans la filature du lin , qui ne date que d'hier, la progression, par rapport à la quenouille, est de 250 contre 1 ; enfin, dans l'industrie des transports , la supériorité que les modernes doivent à l'emploi ingénieux du capital sous forme de machines serait plus marquée que partout ailleurs, si l'on prenait cette industrie telle qu'elle se révèle aujourd'hui par les chemins de fer, pour la comparer à ce qu'elle était à l'origine des
* Cours d'économie politique, première année , leçon troisième.
i8 FurdSnS MtH Btt système AuiÎcteur
tfethps qttfttid fc'étâit l'hôttim'é Iqtti, èéttâtlt 8é bêt'é lie sBthtftè; chargeait les ôbjëtâ âtir sôta doà •.
La seconde classe des capitaux, celle qui, à soil point de départ, se présente à l'état de matières premières brutes des 2 tlnées à recevoir des façons successives- contribue àttssi ptiï son abondance à l'accroissement de la puissance f>rôdttfc* tive de l'homme, d'une manière qui lui est ptopre. Lés &ttitids approvisionnements de matières premières permettent là fabrication eil grand , et celle-ci eât la condition même de ce qu'on nottnhe laditision du travail. Or* oti l'a remarqué depuis longtemps, et c'est Un deô sujets qu'Adam Smith à traités avec le plus de bonheur, cette ditisioii du tr&tftil doûtlfe à Phomme une aptitude extrême à beaucoup produire. Elle façonne ses muscles et son esprit à faire et beaucoup plus vite et beaucoup mieux ; et puis , comme elle a pbur effet de partager la fabrication eb un grand notnbre d'opérations toutes fort simples , elle facilite et appelle l'emploi des machines , c'est-à-dire l'appropriation des forces de la nature. Par cette double influence , Adam Smith avait calculé que; déjà de son temps, dans la fabrication des épingles , la division du travail multipliait la puissance productive dç l'homme dans le rapport de 1 à 250. J.-B. Say avait trouvé que, dans la fabrication des cartes à jouer, elle avait exactement le même effet.
Ce que nous disons des capitaux qui se présentent SouS la forme de matériaux, s'applique à peu près textuellement
4 Je dois dire (jlie , dans ces" comparaisons , j'ai négligé de confier teâ personnes , assez nombreuses, qui sont employées à fabriquer ou à entretenir les machines et les appareils. Je n'ai fait entrer en ligne de compte que celtes qui travaillent directement a filer le cotbn ou le Uni à moridre le bié où à conduire le bonvoi du chemin de fer; mais quand bien même j'aurais embrassé tous les éléments qu'il y aurait lieu de taire entrer dans le calcul, la puissance productive de l'industrie moderne, là où elle déploie tous ses moyens , resterait merveilleuse en comparaison de celle des temps anciens, et même, pour un grand nombre de branches, d'une époque rapprtMëë fctë là nôtre.
M» ËtftfciiMi* fe fcl WttttÉ: 99
à feêtt* qtti sis cbtapoSèttt dëâ prbvifeibns prbprfeihëïit dites, tgiiâtid il existe régulièrement dans lin pays une japâttdë xJU^btitë de dëtirëes, Utté grande quantité d'hommes àffranfehiè dU SbUëi de prdduit*fe ce qui dbit les sUStèttter \ ils peU- Vtent âë rëhdrë Utiles à là èbciété par divers labeurs.
Noufc sommes dottc autorisés à dire que; pour accrbîtrë la féébnditë dû travail humain , il faut que le capital se multt plié de manière à être de plus en plus considérable pour une rtiême population . Il le faut aussi pour mieux assurer d» l'bëcUpâtibn àUî ouvriers ; car du moment qu'il est formëj le capital \ pour être productif de revenu au propriétaire \ dbit fètrë mis ett action \ et il ne peut l'être que par l'intelligence et les bras d'hommes industrieux , chefs et ouvriers* Dès qu'un nouveau capital a été rassemblé, il suscite une nouvelle demande de bras de la part de ceux qui en disposent.
L'agrandissement du capital, en proportion de la pbpula^ tibil* est un de* aspects matériels les plus saisissants de l'atâfabetoeUt des Sbfciétés. DiëU me garde de prétendre que ce sbitla preuve la plus authentique du progrès. Avant tout, c'est par l'âmëlibratiott des sentiments et des idées que lëfc SbfeiëtëS prdgrtesôëttt; mais l'agrandissement du capital m tttl deS Symptômes les plus significatifs du progrès. CëlA Suppose j ett effet* et l'extension des Connaissances et la pratique générale de plusieurs des vertus les plus ehviableS} telles que la prévoyance, et l'ébohbmië qui est Uttë manière d'être de l'empire de soi.
Je demande pardon au lecteur de cette digression sur le capital* mais elle nous donne un moyen infaillible d'apprécier les prétentions du système prbtecteUr: Il se dottrié comme investi d'une puissance particulière pour développer le travail et augmenter la richesse de la société 5 c'est dottc qu'il pbs&éderait, plus que la liberté du fcdtamerce, là vertu de favoriser la formation des capitaux.
Malheureusement pour lui, il n'en est rien. Si l'étranger