AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR
Cet essai sur le système protecteur a été écrit à la suite de la discussion qu'amena, Tété dernier, dans le sein de l'Assemblée législative, la proposition de l'honorable H. Sainte-Beuve pour la réforme du tarif des douanes. Dans ce débat parlementaire, le principe de la liberté commerciale fut combattu avec passion et amertume, et les assertions les plus contraires à la réalité furent affirmées et réaffirmées imperturbablement, comme des vérités éclatantes. La Société d'économie politique, qui pouvait se considérer comme ayant été prise à partie , à cause des attaques dont l'économie politique avait été l'objet , décida qu'une réponse serait faite aux paradoxes et aux inexactitudes des orateurs protectionistes , et particulièrement du plus renommé d'entre eux. H. Michel Chevalier fut chargé de cette tâche. Son travail commença d'être imprimé en octobre ; le lecteur s'en apercevra à la mention qui est faite de la Constitution de 1848 comme de la loi fondamentale du pays, dans les premières feuilles, qu'on a jugé à propos de conserver à cause de leur caractère de généralité, malgré les changements que cet écrit a subis, comme il va être dit.
Depuis le mois d'octobre, deux grands faits se sont produits. La Constitution de 1848 a cessé d'exister, un gouvernement nouveau s'est établi, et la position de plusieurs des hommes qui occupaient le premier plan sur la scène politique a été profondément modifiée. Tel qui était puissant et exerçait la plus grande influence sur les affaires publiques, est aujourd'hui désarmé et exilé. Dès lors, c'est une haute convenance de se montrer extrêmement réservé, dans la discussion, envers telle personne à qui, en d'autres temps, on eût été parfaitement en droit de répondre avec quelque vivacité, puisque, même en étant un