‹ Examen du système commercial connu sous le nom de système protecteurChapitre 4 sur 82 · VI AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

VI AVERTISSEMENT

peu vif dans son langage , on peut observer toutes les bienséances, et l'illustre orateur auquel nous faisons allusion avait été, dans la discussion, au delà de la vivacité. Dans ces circonstances, M. Michel Chevalier a donc remis sur le métier son ouvrage après l'avoir terminé. Il ne s'est plus proposé, comme d'abord, de présenter au public une réponse détaillée aux deux discours de M. Thiers. La discussion relative à la proposition Sainte-Beuve, au lieu d'être son thème, n'a plus été pour lui qu'un incident du grand débat engagé dans l'univers entre la liberté du commerce, qui tend à s'établir dans les codes des peuples civilisés, et le système protectioniste qui, chez nous, a la prétention de rester le maître absolu. Il a donc ainsi été conduit à élargir son cadre, de manière à présenter au lecteur un exposé plus étendu et plus général de la question. Nous mentionnons ces détails, afin d'expliquer comment il se fait que ce volume paraisse aussi tard après le débat parlementaire qui lui donna naissance.

L'autre événement qui s'est accompli depuis que l'impression de ce volume a été commencée, événement tout récent, et de la plus grande portée sur l'issue de la contestation relative au système commercial qui convient aux nations éclairées, est celui de l'arrivée aux affaires, en Angleterre, d'un ministère dont les membres s'étaient compromis pour la cause de la protection. C'est à titre de protectionistes que lord Derby, M. d'Israeli et leurs collègues ont été appelés au pouvoir. C'est par leurs discours en faveur du protectionisme qu'ils étaient devenus des chefs de parti. Mais, une fois au ministère, ils ont hésité d'abord; et puis, après quelques jours de réflexions et d'études, on les a vus reculer formellement devant les engagements qu'ils avaient pris. Ils sont venus, au milieu de mars, déclarer au Parlement qu'ils renonçaient à restaurer la législation protectioniste. Ils ont parlé tout au plus d'un droit fixe sur le blé, droit qui serait modéré, et ils se sont bornés à en parler, sans le proposer. En un mot, les protectionistes ne sont entrés au pouvoir en Angleterre que pour donner au système de la liberté du commerce

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