INTRODUCTION
Ce n'est pas d'aujourd'hui, que datent les premiers efforts dirigés contre la véritë de l'époque assignée par nos livres saints à la création. Saint Augustin nous apprend que dès les premiers temps du christianisme ^ on a tenté de faire servir la science des astres à trouver pour rÉgypte une antiquité bien supérieure à celle que Moyse donne à l'origine du monde. Les Sophistes payens ont précédé, dans cette carrière, ceux que de nos jours y engage le même désir de briller par des opinions qui puissent les distinguer du ' vulgaire. Mais des objections qui lors de la naissance de la religion, ne l'ont pas empêchée de s'étendre et de prospérer , ne l'empêcheront pas davantage de se soutenir malgré tous les efforts de ses ennemis. « C'est donc une présomption bien vaine, dit S. Augustin, que celle de certains raisonneurs qui prétendent que l'on compte déjà plus de cent mille ans d'antiquité au monde , depuis le temps où l'Egypte a commencé à calculer le cours des astres, (i) Dans quels livres a donc pu trouver un aussi grand nombre d'années d'existence , un peuple
(i) In quibus enim libris istum numerum coUegerunt, qui non multum ante annorum duo millia littéras magistra iside diclicerunt ? Tton enim paryus auctor in historia Tarro hoc prodidit^ quod a litterarum etiam divinarum
qui n'a appris d'Isis l'usage des lettres, que depuis un peu plus de deux mille ans? Car c'est ce que nous assure Varron qui n'est pas un homme à mépriser en fait de connoissances historiques ^ et son témoignage est conforme à la vérité des divines écritures , (i) puisqu'en effet on ne compte pas encore 6000 ans depuis le premier homme.
N'auroit-on pas plus de raisons de se moquer de ces objections, que de les réfuter, tant elles sont peu d'accord entr'elles sur la durée du temps qu'elles dt>nnent à l'existence de ce peuple en corps de nation , et sur les moyens employés pour combattre une vérité aussi bien prouvée que l'est celle de la nouveauté du royaume d'Egypte , comparativement à l'époque donnée à la créatioa par le livre le plus ancien du monde ? »
C'est donc en vain qu'on s'efforce de trouver dans les monumens tracés par les payens aux voûtes de leurs temples , des indices certains d'une
veritate non dissonat... Quum enim ab ipso primo homine nondum sex milla annorum compleantur , quomodo non isti ridendi potias qaam refellendi sunt qui de epatio temporiim tam diversa^ et huic explorât» veritati tam contraria , persuadera conantur?
D. AuGUSTiNi de Giv. Dei L. xviii. ^0.
(1) Saint Augustin vivoit dans le quatrième siècle de notre ère chrétienne y et nous sommes actuellement daos le dix-neuvième.
(7) andquité bien supérieure à cette époque. La plu« part ne présentent que les rapports des travaux agraires^ aux saisons où ils doivent être exécutés; les mois où ces travaux reviennent annuellement^ y sont indiqués par les animaux qui les désignent dans le zodiaque^ c'est-à-dire^ dans la zone céleste fictive que le soleil nous parait parcourir chaque année , en parcourant Técliptique.
C'est ainsi qu'un zodiaque figuré à l'entrée de la porte septentrionale du portail de l'église ca*. thédrale de Paris ^ montre les mois sous les em^ blêmes des signes du zodiaque qui leur sont affectés dans tous les calendriers^ avec les occupations ordinaires de la csunpagne et de la ville usitées en chacun de ces mois. Legentil, de l'académie royale des sciences de Paris y l'a expliqué dans les mémoires de cette académie. H a prouvé que l'usage de placer cette sorte de monument astronomique dans les églises chrétiennes y n'avoit aucunement pour objet de signifier quelque phénomène céleste^. mais seulement de rappeler les temps des travaux propres à chaque saison 5 ou même uniquement de satis* faire à une coutume de tout temps suivie par les architectes^ de sculpter ces figures dans les édifices consacrés au culte public , sans y rîeri entendre e.ux-mêmôs, et sans avoir d'autre intention que celle de se conformer à la mode de leur
temps. Et cela est d'autant plus vraisemblable ^ que le sculpteur, l'architecte ou le maçon de cette basiUque est tombé dans une grande erreur, en mettant, dans ce aodiaque (l), le lion à la place du cancer , et réciproquement.
On se gardera certainement bien de soutenir qu'au temps où ce temple fut élevé , le solstice d'été fût dans le signe du lion ^ parce que ce signe est le sixième en haut , dans , ce zodiaque qui commence en bas par le verseau , signe du mois de janvier, ce qui indiqueroit qu'alors l*année commençoit à Noël , sous les rois Garlovingiens , et non à Pâques en mars, où elle commença depuis ^ au bélier , qui est le troisième en montant , compris le Verseau. Mais dans l'on ou l'autre de ces deux cas^ l'artiste a toujours commis une lourde faute, en mettant le lion à la place du cancer. Car (2) la fête de Pâques devant arriver le i3 mai, dans l'année i3i3, -et le 25 nlars, dans l'année i3i2 , époque où le côté septentrional de cette basilique (3) fut achevé, l'équînoxe du printems qui la précédoit , et qu'on regardoit alors comme tombant toujours au 2 1 mars,
( I ) Yoyez ce zodiaque et son explication par Legentil, dans le volume dé Tannëe 1 785 , des mëm. de l'acad, des Sciences.
(a) Art de vérifier les dates , vol. i .
(3) Voyez la Description de l'église de Paris , par Gilbert ^ etc.
(9) pour se conformer au décret du concile de Nicée, quoiqu'il tombât alors, par suite de la précession des équinoxes, sept jours avant le 21, c'étoit ton-, jours en mars que tomboit cet équinoxe, et par conséquent le solstice d'été tomboit en juin désigné par le cancer, et non en juillet désigné par le lion. Si donc l'année commençoit à Noël, après le solstice d'hiver, le sixième mois^ en comptant celuici , ne devoit pas être celui du lion , mais bien celui du cancer ou juin, pour le mois du solstice d'été. Ou si l'année commençoit à Pâques à la fin de mars désigné par le bélier, le troisième mois depuis mars ne devoit pas non plus être celui du lion ou juillet pour le mois du solstice d'été, mais bien encore celui du cancer, c'est-à-dire, le mois de juin. Je parle ici en m'acconamodant aux préjugés de ce temps, où l'on croyoit que les signes du zodiaque étoient toujours dans les constellations de mêmes noms. Je ferai voir bientôt qu'il y avoit déjà longtemps qu'ils en étoiént sortis. En attendant , je conclurai de ce zodiaque de Paris, dans lequel on remarque une faute aussi grossière, que la plupart de ces prétendus monumens astronomiques ne sont que des ornemens qu'on s'est accoutumé dans les temps d'ignorance à donner aux temples chrétiens, comme on les plaçoit auparavant aussi dans les temples payens , sans en bien connoître la nature , et sans savoir les adapter aux temps où l'on vivoit.
(IQ)
Ils éloient le plus souvent laissés aux caprices des ouvriers qui y commettoient des bévues pareilles à celle du zodiaque de Paris. Condura-t-ôn de celui-ci qui montre le lion à la place du cancer, que lors de la construction de cette cathédrale , le solstice d'été étoit dans le lion, et par conséquent l'é— quinoxe du printemps dans le taureau ? On ne Toseroit, car ce seroit porter la construction de cette basilique à plus de mille ans avant Jésus- Christ, avant l'institution delà religion chrétienne, à un temps où la Gaule, la France d'aujourd'hui, étoit couverte d'immenses forêts, et peuplée d'hommes sauvages et barbares, et de bêtes farouches vivant comme eux dans les bois et dans les antres des rochers, toujours en guerre pour leur nourriture, sans autres vêtemens que les peaux des bêtes qu'ils tuoient, quand ils n'en étoient pas dévorés, et se dévorant eux-mêmes mutuellement, faute d'autre aliment. Absurdité qu'il faudroit pourtant admettre, si l'on ne convenoit pas que l'auteur du zodiaque de Notre-Dame de Paris , s'est trompé dans la place qu'il y a donnée au lion , pour son temps , comme pour celui où il n'y avoit ici ni temple ni maison.
c( De semblables monumens ne sont pas rares, ajoute Legentil , on en voit au portail de plusieurs églises de France » avec leurs rapports aux travaux des mois qu'ils désignent, entr'autres celui de l'abbaye
de Saint-Deuis^ et à Saint-Germain de Paris ^ dans Teglise ancienne, aujourd'hui abattue, de Sainte- Geneviève, anciennement Saint-Pierre et Saint- Paul. Legentil les a décrits dans le volume de l'an 1788 de Tacadémie des sciences. On remarque dans tous des fautes pareilles à celle du zodiaque de Notre-Dame , qui dénotent la même ignoramce dans les architectes. Par exemple, à Saint- Denis, on ne voit ni cancer, ni lion^ la vierge est couchée au-dessus du taureau (i). Toutes ces erreurs se rencontrent dans ces zodiaques tant vantés de l'Égjpte, et des conclusions aussi absurdes en
sont déduites en faveur de l'excessive antiquité qu'on leur donne. Ils ne présentent cependant à un examen libre de toute prévention, que des cérémonies religieuses , ou des travaux agraires , ou des usages civils, ou des mystères auxquels se méloient des obscénités dont les initiés possédoient seuls le secret, tout cela revenant chaque année à des époques marquées par les mois que désignent les symboles qui leur sont attribues.
(i) (( L'étude de l'astronomie ancienne nous apprend que chez plusieurs peuples orientaux^ le zodiaque étoit en quelque sorte sacré, une espèce d'almanach ou de calendrier reUgieux , lié avec les travaux delà campagne, gravé sur des pierres, et déposé dans les temples. C'est ainsi qu'en ont usé les
(i) Legentil, Mém. de TÀcad. r. des Se. , 1788.
( la )
Egyptiens, et c'eit ce qu'avoient pratiqué les Phë-f iiiciens longtemps avant eux. »
La superstition et l'imimoralité étoientles principaux caractères de ces monumens, bien plus que l'état du ciel aux époques de leur construction. Car tel étoit le génie des Egyptiens, peuple charnel, sombre et fanatique, qu'il couvroit du voile de sa religion les désordres de ses mœurs. Tacite à peint ce peuple d'un seul trait (i) , quand il a qualifié TEgypte, de province que ses vices et son culte purement extérieur, rendoient aussi difficile à gouverner que prompte à changer de maîtres.
Qu'on juge des mœurs publiques de cette nation^ par le recueil de ses monumens gravés avec tout l'art possible par les meilleurs artistes français Ion y verra l'indécence la plus honteuse réunie à toute l'horreur des sacrifices humains. Les images licencieuses de l'ancienne ville de Thèbes d'Egypte (2), auroient dû être omises dans une collection destinée à répandre dans toute l'Europe, de grandes et favorables idées sur la moralité de cette fameuse Egypte qu'on veut nous faire regarder comme le berceau de la sagesse humaine j et toute ame sensible et honnête, en détournant sa pensée de ces objets si révol-
(i) ÎEgjptum obtinent provinciam superstitione aclascivia discordem et mobilem. G. G. Tacit. L. i. G. xi.
(3) VoV; PI. 84. /Vntiquilés.
C i3) istnis, ne peut que s'affliger à la vue des preuves trop réelles du sang humain répandu pour honorer les dieux de cette contrée. Le zodiaque sculpté au plafond du temple au nord d'Esné , montre trois rangs dé corps humains dont les têtes sont tombées sous les coups des instrumens du sacrifice, qui se voient à côté des victimes. Et à la barbarie de ce spec^ tacle se joignoitla grossièreté des mœurs, dans le phallus portç en procession aux fêtes d'Isis et d'Osiris (i).
Les actions et les postures déshonnétes sur quelques-uns de cesmonumens, en sont la preuve (2)5 et les enveloppes inintelligibles de leurs connoissances marquent plus d'ignorance que de lumières (3). Des gens qui font mystère de tout, ne doivent pas savoir beaucoup de choses, ou n'en doivent savoir et souvent n'en faire que de mauvaises. Il ne faut pas nous en rapporter aux éloges qu'on nous fait de cette nation , qui depuis le temps où elle c(»nmence à être connue dans l'histoire, a toujours été asservie à une domination étrangère. Strabon témoigne que les Egyptiens étoient le plus lâche de tous les peuples.
(i) Mythologie égypt. par Tabbé Banier.
(2) Voy. ceux de Thèbes, monum. d'Egypte.
(3) <i Les antiquaires ont fait des collections nombreuses d'inscriptions hiéroglyphiques y d'images et de représentations , qu'ils ont tâché d'expliquer ^ mais avec beaucoup plus de peine que de succès. Hist. uniy. T. 2.
Leur roi Sésostris dont Texistence fut toujours fort douteuse, mais dont les prétendues conquêtes sont citées en preuve de l'état florissant de l'Egypte , comme si les conquêtes rendoient heureux un peuple conquérant , fut si peu conquérant lui-même , que pour se maintenir dans l'Egypte, il fit bâtir une muraille derrière laquelle il se cacha pour arrêter les incursions des Arabes (i). Les lourdes masses des édifices qui y subsistent encore, ne sont nullement comparables aux belles proportions des Grecs. Et s'il est vrai , comme on ne peut le nier , que le même esprit qui est le principe du beau dans les arts, l'est également dans la littérature, les ouvrages des Egyptiens en ce genre , s'ils en ont jamais écrit , car nous n'en avons aucun, doivent avoir eu toute la pesanteur, toute la roideur, tout le défaut de bon goût , d'élégance et de majesté, qu'on reproche avec raison aux restes encore existants de leurs palais, de leurs temples, et même de leurs pyramides, dont tout le mérite ne consiste que dans le massif et la solidité , qualités qui se remarquent également dans
(i) « Quantité de peuples en Europe , où l'on raconte que Sésostris étendit ses conquêtes^ n'existoient pas encore. Ce sont les Egyptiens qui ont forgé ces histoires. Le grand âge dont ils se vantent n'est pas plus probable que ces victoires. Pour trouver supportables les mémoires d'Hérodote sur Sésostris f il faut supposer qu'il en a pris un plus ancien , ou qu'il lui a donné arbitrairement une valeur héroïqui». »
Ilist. uniy.
leurs statues^ et qui ne sont que le caractère de Tenfancé de Tart , bien plu5 que celui de sa perfectioii (i).
Pour leurs sciences , tout ce qu'on en sait ^ c'est qu'elles se bornoient en géométrie à mesurer les champs après la retraite des eaux du Nil de dessus les terres ; en médecine ^ à la chimie qui a pris naissance chez eux, et dont les remèdes ne sont ni les plus naturels , ni les plus simples^ ni les plus sûrs ; et en astronomie ^ à vouloir prédire l'avenir par l'aspect des astres. Car Ptolemée, qui vivoit au milieu d'eux y et qui a composé en grec un grand traité d'astronomie, ne les regardant que comme des astrologues menteurs, n'a pas cité d'eux une seulp observation céleste, parce qu'il n'a pas trouvé qu'ils en eussent fait une seule qui fut digne d'être rapportée, ou qui pût être véritablement utile.
(i) Die JËgypter hahen aieh nicht weit von ihrem œlteaten stil in der kunst entfemetj und dieaelbe konnte unter ihnen nicht leicht zu der hceke ateigen^ zu welcher aie unter den griecJien gelanget iat; ié^oçon \die uraacJie tkeih in der bitchaig ihrer art zu denkenj und nicht weniger in ihrer aonrderlich gotteadienatlichen gehrœuchen und gesetzen^ auch in der achtung und in der udaaenackafh der kûnatler kann geauchet werden.
Les Egyptiens ne se sont guère écartis dé leur style primitif dans les arts ; et l'art ne pouvoit pas s'élever aisément diez eux à la liauteur où il est parvenu cliez les Grecs. Il faut en chexclier la cause danA leur conformation et leur tempéra*
Hërodote , dans son deuiième livK y axt sujet des mystères des Égyptiens ^ dit qu'illes connoit bien;, mais qu'il n'en veut rieu dire; et il ajoute la même diiose des mystères de Gérés ^ dont on sait quelles )^ient les turpitudes qui passèrent d'£gypte en Grèce, et ensuiite à Rome, avec ces mystères ; ei c'est la cause de son silence > car la mort étoit le "prùt de l'indiscrëtion des personnes qui les révâoient (i). Us ëtoient les plus savans de tous les hommes en mé* decine, et 1a p:ieuve qu'il en donne , c'est qu'ils ne traitoien^^l'un qu^ les yeux^l'autre un autre organe , et chacun une seule partie du corps ^ c'est-à-^dire, qu'ils n'étoient que des empiriques et des charlatans, n ajoute, pour prouver leurs connoissances astronomiques , qu'ils ont trouvé l'année , et qu'ils l'ont divisée en douze mois , dont ils n'ont jamais connula véritable durée* Enfin, il donne pour preuvQ de leur habileté en géométrie ^ les fossés qu'ils creusoient pour l'écoulement des eaux , comme on
ment, dans leur maniire de penser, et non inoini encore dans leurs usages et leurs lois, etdansleiir culte religjieiix, ainsi que dans le cas qu'ils faiâoient des artistes, et dans le talent de ceux-»cL Tf^inckelman. gesch. der kiauL
(i) Jâmblique parle des menaces que font les prêtres payn* aux personnes qui révèlent les secrets des mystères, psrae que, dît-il , les démons ont la gsLrde des secrets ineffables. Lea mystères des Egyptiens furent exprimés en caractères hiéto« glyphiques^ quand iU ne fnrent compris que des prêtres ssaU^
JambUçhus^ JtfyatP. ri. S. O.iXS.
( J7 ) làit en hollande^ et dans les parties maritimes de ritalie, par des procédés d'une simple routine^
Voilà quels étoient ces Egyptiens et leurs ouvrages , dont on fait, tant de bruit aujourd'hui* Dupuis ..et d'autres pût .prétendu découvrir dans deux de. Ieur3 zodiaques, que je me propose d'examiner ^ des. marques certaines des temps où ont été construits les édifices auxquels cette sorte de monument appartient. Ils en ont pris occasion de vou* loir faire remonter l'origine du monde, bien loin audelà du terme que nous lui trouvons par le calcul des âges 3uccessifs des patriarches dans nos livres sacrés. Ils se fondent sur le calcul de la précession des équinoxes (i). Il est donc nécessaire, avant que d'exa-
(i) Le mot équinoxej signifie jour égal h la nuil, c'està-dire^ de 12 heures Fuu. et l'autre. Phénomène qui arrive deux fois par an : au printemps ^ le 21 mars, quand 1^ soleil paroissant aller autour de la terre , en parcourant Tëcliptique ^ qui est son orbite annuelle y est dans le point d^intersection de Tédiptique avec Téquateut^ qui est un cerde décrit en 24 heures^ dans la rotation du globe terrestre d'occident en orient^ par un point de la surface terrestre ;, placé à égales distances des deux pôles ou extrémités de l'axe de la terre y lequel est perpendiculaire sur le plan de. ce cercle, et passe par le centre de ce cercle et de la terre ; et pour Tautomne ,1e %i septembre, quand le soleil est au point opposé où l'édiptique et Téquateur s'entrecoupent encore, par l'effet de l'obliquité ou. inclinaison de réclip tique sur l'équateur* Cette pbliquité a été n^esurée
( i8) miner ce fameux zodiaque^ dans tous ses détails , d'expliquer ce que c^est que cette prëcession.
L'Encyclopédie méthodique^ ( mathématique ) la définit : « Un mouyement insensible par lequel les équinoxes changent de place continuellement , et se transportent d'orient en occident^ c'est-à-dire^ comme disent les astronomes , dans les signes pré-^ cédens (qui passent au méridien^ ou se lèvent à l'horizon, et se couchent à l'opposite, avant les signes plus orientaux )•
« Ce mouvement est indiqué par l'augmentation successive de la longitude des étoiles ( de leur distance respective au point équinoxial du printemps) qui s'accroît d'un degré en 72 ans. La précession des équinoxes fait que le temps qui s'écoule depuis un équinoxe de printemps ou d'automne^ jusqu'au suivant, est plus court de 20 minutes^ 2a secondes, que le temps que la terre met à faire sa révolution dans son orbite ».
» Par ce mouvement, les points équinoxiaux re-^
en 1744 P^^ ^®s astronomes de Paris , et marqo/ëe sur un plateau de cuivre coudié dans la ligne méridienne, tracée sur le pave de Tëglise de Saiot-Sulpice à Paris, de tiS degrés nS minutes /^o secondes, des 36o degrés eu divisions égales de la dreonférence du grand cercle de la sphère. { Yoyes le frontispice et lapréEace de mon voklme d'Aratas et da second livre du commentaire grec de Théon sur Tastronomie de Ptolemée )•
( ï9 ) culeat continuellement contre Tordre des signes du zodiaque, de 5o secondes par an, et ce mouvement rétrograde est appelle précession des écjuinoxes »•
Par suite de ce mouvement, aucune constellation n'est aujourd'hui à la distance des points équinoxiaux et solsticiaux à laquelle les anciens astronomes l'avoient placée, mais d'année en année chacune devient toujours plus avancée de 5o secondes vers l'orient. *
La théorie de ce mouvement rétrograde des équinoxes et des solstices, a été parfaitement développée par d'Alembert, en fjig, dans ses recherches sur la précession des équinoxes , et sur la nutation de l'axe de la terre ; il y a démontré que l'action du soleil et de la lune sur la terre applatie aux pôles de l'équateùr, devoit produire ce mouvement rétrograde uniforme, et que l'inclinaison de l'orbite de la lune sur l'édiptique, et le mouvement des nœuds ou intersections de ces deux orbites, dévoient produire une nutation daps l'axe terrestre, et une petite équation dans là prépession , par un balancement de cet axe, qui provient du déplacement de l'équateùr terrestre par l'attraction de la lune sur la terre, dont la surface est plus élevée à l'équateùr qu'aux pôles de ce cercle »•
La cause et les effets de la précession et de la^nu-
( ^o ) talion sont très bien exposés dans le premier volume de Fastronomie tliéoriqife et pratique de M. Dclambre :
« Dans la supposition^ dit ce savant astronome^ où le pôle décriroit un petit cercle autour d'un point , nous avons vu que l'intersection de l'équateur avec le grand cercle décrit de ce pole^ rétrograderait. Ici, nous voyons que le point équinoxial .rétrograde en effet. Ces rapprochemens suffiraient pour nous faire conclure que c'est aussi du point équinoxial, qu'il faut compter les ascensions droites, d^autantplus qu'en 1750 et 1800, ces points coïncident de manière à ne pouvoir être distingués. Nous en conclurons encore que c'est autour du pôle de l'écliptique, que tourne le pôle du monde ^ qu'il décrit un petit cercle dont la distance polaire est égale à cette obliquité (de l'édiptique sur l'équatiBur), qu'il parcourt sur ce petit cercle un arc de 5o , I secondes par an , et qu'ainsi il en doit faire le tour en 25869 ans environ, si ce mouvement est uniforme.
« Ce mouvement du pôle fait rétrograder le point équinoxial de 5o secondes et i dixième par an, le long de l'édiptique. Le point équinoxial vient donc à la rencontre du soleil (i), qui n'a plus que
(0 L^anticipatioa aimuelle des équinoxes , et par conséquent aussi des solstices (qui sont les points de réel îp tique
(ai )
35g degrés, Sg minutes^ 9 secondes et 9 dixièmes de seconde, à faire sur l'écliptique, au lieu de 36o degrés, pour nous ramener l'équinoxe m.
« Dès qu'il fut démontré (L. xxx) que la terre étoit un sphéroïde applati, Newton vit que la précession observée depuis long-tems étoit une suite de cet applatissement. Si la terre est spliérique, l'attraction d'un corps céleste quelconque sur la terre, se bornerait à diminuer la distance des centres^ si la terre est un spbéroïque applatî, l'anneau tourné vers le corps céleste, sera plus fortement attiré et s'élèvera. L'effet sera le même, si le corps est dans la position diamétralement opposée. Sous ce corps qui est le soleil, s'il y a quelqu'inégalité dans l'action solaire, elle se rétablira tous les six mois. Elle sera la plus grande aux solstices , et nulle
dans lesquels le soleil est le plus éloigné de Téquatcar , deux fois par an, le 21 juin pour le solstice d'été , et le ai décembre pour celui d'hiver à Topposite de celui d'été ) , est cause que le soleil , ne parcourant pas un degré de récliptiq[ue par jour , par son mouvement annuel apparent d'occident en orient , mais seulement SSga Sg» 9- , i , par an , au lieu de parcourir les 36o degrés de la circonférence en 36o jours , emploie 365 jours, et un peu moins d*un quart de jour, c'est-k-dire , 365 jours , 5 heures , 48 minutes 48 à les parcourir. Ce nombre d'heares , de minutes et de secondes , faisant en quatre am ^ un jour moins m minutes , -»a secondes , c'est la raison qui fait que , pour fixer les équiiiDx«s et les solstices aux jours marqués ci- dessus ^ on ajqtttc
aux équinoxes, parce qu'alors le soleil se trouve dans l'ëquateur ))•
)) Telle est la cause du mouvement conique de l'axe de l'ëquateur, par ses pôles , autour des pôles de l'ëcliptique, et qui fait reculer les équinoxes et les solstices toujours de plus en plus vers Tocci— dent ».
Les constellations devenant toujours plus orientales que les équinoxes, la constellation du bélier , dans laquelle arrivoit anciennement l'équinoxe du printems, n'est plus celle où il arrive actuellement. G'eist la constellation des poissons qui est devenue celle de cet \ équinoxe j et toutefois , le point de cette constellation des poissons qui est celui de l'équinoxe du printems , est le commencement du
à chaque quatrième annëe, un jour appelle bissexte, après le 28 février , ce qui rend ce mois de 29 jours. Cette aonée est appellëe^pour cette raison^ bissextile i Mais les 22 minutes , 22 secondes y faisant en 4^0 ans , un peu plus d'un jour, on n'ajoute pas de bissexte après le 28 février de chaque quatre-centième année qui , par conséquent ^ n*est pas bissextile. On voit par ce court exposé , l'influence de la précession sur la vraie longueur de l'année solaire , sur la juste détermination des dates, et sur la chronologie en général ; et cela suJËra pour juger qui, de mes adversaires ou de moi ^ en aura tiré les conclusions les plus justes sur l'âge du.zodiaque en question. Je dis de plus qu'elle est la cause de la différence entre l'année tropique et l'année sidérale^ dont je parlerai encore avec plus de détails.
signe du bélier , ainsi distingué de la constellation du bélier. Il convient donc de fixer d'abord le temps où les signes sont sortis de leurs constellations homonymes*
Hipparque^ qui yiyoit dans le deuxième siècle avant l'ère chrétienne^ savoit bien qu'ils n'y étaient plus depuis long - tems j puisqu'il dit y dans son commentaite sur les phénomènes d'Aratus^ que les constellations ne sont pas toutes dans leur propre lieu 9 (i). Et Ptolemée> dans son grand traité d'astro^ nomie, distingue soigneusement les constellations d'avec les signes de mêmes noms y appellant ceux-ci dodécatémories ou douzièmes divisons égales .du «>« diaque. Et c'est par la marche apparente des constellations vers l'orient ^ qu'Hipparque etPtolemée ont reconnu la rétrocession des équinoxes et des solstices vers l'occident^ quoiqu'ils se soient trompés sur sa valeur.
n y eut^ auparavant 9 par la nature même de la précession 9 un temps où les signes n'étoient pas séparés des constellations dont ib portent les
noms. Ce temps a été celui où l'on construisit la sphère sur laquelle le colure des solstices ^ cercle qui passe par les pôles et par les deux points de la plus grande déclinaison annuelle du soleil , étoit re* présenté traversant les consteUations du cancer et
(f) Ap PeUv. in uranolog.
du capricorne, et celui de^ équinoxes, les constellations du bélier et de la balance nommée aussi les serres du scorpion. Car Aratus, dans son poème astronomique , met le soleil au plus ardent de sa course, quand il commence à marcher avec le lion. « Or, selon M. Delambre, (astron. anc. v. i )^ c'est au lever du chien ( canicule ) , 3o jours environ après le solstice d'été , que se font les plus grandes chaleurs. Ainsi à ce solstice ^ le-^oleil étoit au commencement du cancer, et cette manière est éelle de tous les anciens mathématiciens ».
Aratus vivoit dans le troisième siècle avant Jésus- Christ. Il plaçoit le commencement de chaque constellation à son extrémité orientale. Il y avoit donc 54 degrés de différence entre^ le heu du solstice au temps de la plus ancienne sphère attribuée à Chiron, et son lieu actuel dans le vingt-quatrième des gémeaux. Ces 54 degrés multipliés par 72, à raison d'un degré de précession en 7a ans, produisent 3888 ans. J'en ôte les 1822 ans actuels il reste 2066 pour Tannée avant Jésus -Christ^ dans laquelle les signes étoient encore dans les constellations des mêmes noms. L'astronome Eudoxe faisoit, à la vérité, passer le colure des solstices par le milieu du cancer, ce qui donne i5 degrés^ c'est - à - dire, 1080 ans à retrancher de 2066. Il reste 986 ans, qui prouvent qu'Eudoxe a décrit une sphère plus ancienne que lui, ou moins exacte
( ^5 ) que celle d'Aratus, qui a pourtant copié Eudoxe^ au dire d'Hipparque. Aussi ^ M. Delambre reconnoit-il que les apparences sont mieux conservées dans Aratus que dans Eudoxc.
Néanmoins^ au temps d'Eudoxe, le signe du cancer étant encore dans la constellation de ce nom, cet astronome a pu dire que le colure du solstice passoit au milieu du cancer. Et nous pouvons admettre que le signe n'est sorti de la constellation pour s'identifier avec celle des gémeaux, qu'après avoir parcouru le reste du cancer. Par ce moyen , ^4 6t i5 faisant 89, on a pour produit par 73 ans ^ un nombre de 2808 années^ desquelles ôtant les 1822 de notre ère, le reste 986 est le nombre déjà trouvé pour le tems où le cancer et la constellation de même nom étoient confondus ensemble, avant notre ère.
Le signe du lion étoit donc alors aussi dans la constellation de son nom. Or, le solstice d'été n'a été dans le lion, qu'avant d'être dans le cancer, pendant an espace de 2160 ans qu'il emploie à parcourir les 3o degrés d'un signe. Ces 2160 ajoutés à 3888 , donnent 6o48 ans, avant l'an 1822 actuel, pour le temps où le solstice d'été a été au premier degré du lion, ou 4^26 avant notre ère.
' Au moyen de ces préliminaires, on n'aura aucune peine à comprendre que le solstice d'été au commencement du lion^ ne remonte pas au-delà de l'âge
donne au monde par nos livres saints; et^ aucun monument ne le moiitrant dans la vierge^ pi dans les constellations plus orientales, il s'ensuit qu'on n'a aucune raison de soutenir qu'il a été antérjieurement dans ceux-ci avant d'être dans le cancer, et ensuite dans les gémeaux. Il en est de même pour l'équinoxe du printemps. Il n'est plus dans la constellation du bélier, mais dans celle des poissons , que cependant on nomme arieSy comme on dit encore le signe du cancer pour les gémeaux où est le soltice d'été , libra pour la vierge où est l'équinoxe d'automne , et caper pour le sagittaire où est le soltice d'hiver. Ces passages d'équinoxes et de solstices , à des constellations toujours plus occidentales , se yerra sans peine du premier coup d'œil , dans le tableau suivant :
ANNÉES EQUmOXES SOLSTICE EQUINOXE SOLSTICE
AVAITT J.'C. DE PRINTEMPS. d'ÉTB. D^AUTOMNB. B^HI VEA.
s5oo Taureau. Lion. Scorpion. Verseau.
de J. C. Bélier. Ecrevisse. Balance. Capricorne.
1800 Poissons, Gémeaux. Vierge. Sagittaire.
Arles. Cancer. Libra. Caper.
Il n'y a aucun doute que si le monde a existé ai6o ans avant l'année 4ooo qui a précédé l'ère chrétienne^ le soltice d'été n'ait parcouru alors la constellation de la vierge, et dans ce cas, nous en trouverions la preuve dans quelque monument. Mais il n'en est aucun qui nous montre le soleil dans cette.
constellation j et les plus anciccus livres que nous ayons ne remontent pas à six mille ans avant notre ère. Ces livres sont ceux de Moyse ; or ^ la durée qu'ils donnent aux âges successifs des patriarches n'autorise pas à porter la création à une époque plus éloignée de notre ère. Les différences qui existent entre le samaritain^ l'hébreu et le grec des Septante^ ne nous donnent non plus aucun droit de rejeter leur récit. Car ces différences sont trop peu considérables, selon la juste remarque de saint Augustin , dans sa Cité de Dieu , pour nier que la vie des premiers hommes ait été aussi longue qu'ils la font.
« Quoiqu'il paroisse quelque différence entre les livres hébreux et les nôtres, différence dont j'ignore la cause, elle n'est pas assez grande pour qu'on puisse niet* la grande longévité des premiers hommes. Le peu d'accord qui divise les historiens, sur le temps de la création du monde, doit plutôt nous attacher à ceux qui suivent l'histoire sainte que nous croyolas (i).
La nature créée s'affoiblit peu à peu , pour re-
(i) Etsî inter hebrseos et nostros codîces de ipso numéro annomm noanulla videtur esse dlstantîai quod ignoro quk ratione sit factum, non tamen tanta est ut illos homines tam longaevos fuisse dissentiant. Historicorum inter se dis«sonantia copiam nobis praebet , al eis potius credere de beamas qui diyinae quam tenemus non répugnant bislo* riae. S. A.ug. xviii. 4^.
tomber enfin dans le néant vers lequel elle avance insensiblement. Un célèbre naturaliste (i), en effet, a prouvé par la comparaison des dents de plusieurs requins, que celles des plus anciens . dénotoient par leur grosseur une force et une grandeur bien supérieures dans ces animaux , à la vigueur et à la taille des individus de cette espèce qui vivent aujourd'hui dans FOcéan. La même dégradation se remarque encore dans les quadrupèdes par les ossemens fossiles que Ton découvre tous les jours dans des contrées où leurs analogues vivans n'habitent plus. L'effet de cette plus grande vigueur est naturellement une plus longue vie. Il n'est donc pas étonnant que la vie des hommes dans les premiers âges du monde , ait été incomparablement plus longue avant le déluge , que depuis cette catastrophe qui a bouleversé le monde physique, et dont on ne peut pas nier la réalité. Car le souvenir s'en est conservé chez toutes les nations d'âge en âge , comme Bossuet (a) le remarque très judicieusement 'y et d'ailleurs les preuves s'en trouvent dans les entrailles de la terre , où l'on voit des bancs entiers de minéraux dans des positions inclinées qui ne peuvent être que les effets du mouvement que les eaux leur ont donné; comme à la surface, l'op-
(i) M. de Lace'pède, histoire naturelle des poissons» (2) Disc, sur Fhisl. univ.
^ ( ^9 ) position des angles saillans aux angles rentrans(i) de Tun à Fautre côté des vallées, aux deux rives des fleuves ^ et le long des rivages de la mer , aux côtes de France comparées à celles d'Angleterre situées visà-vis (2) y corrélation qui prouve l'influence des eaux sur le globe. De quelque manière par conséquent , que l'on veuille expliquer cette terrible révolution physique qui en changeant sa surface et son intérieur, a nécessairement altéré la constitution primitive du corps entier de la terre, soit qu'on l'attribue à une inchnaison de l'axe de l'édiptique sur le plan de l'équateur (3), soit qu'onla fasse venir delà rencontre de quelque comète, ou qu'onla fasse naître de tout autre accident extraordinaire, la même cause qui a diminué l'énergie intrinsèque du globe a dû aussi , par suite de ce terrible événement, diminuer la vie dès hommes. Et c'est pour cette raison, sans doute, que dans les premiers temps de l'existence du monde , la terre, susceptible d'être habitée sur toute sa surface par tout ce qui avoit vie, a perdu cette faculté en perdant l'énergie de sa puissance productive originelle , par suite du changement et des variations de la température , comme les êtres vivans par suite de la contrariété des saisons ont perdu leur longévité primitive.
H est donc inutile, et ce fut une occupation bien
(i) Buffon y hist. natur.
(2) Delisle, 'mém. de l'Ac. des se. de Paris.
(3) Plache , Spect. de la nature.
( 3o ) oiseuse, que celle de Dupuis et deLalande (i ), de cher-^ cher dans des monumens qui n'attestent que la nouveauté du monde y tels que les zodiaques chinois, indiens et égyptiens, des preuves de son antiquité illi« mitée, puisque les plus certaines, qui seroienf les ob*servations astronomiques , si elles avoient été bien faites, sont d'une date bien peu reculée^ et toutes venues de nations qui n'avoient ni les connoissances , ni les instrumens nécessaires pour en faire de bonnes. Sûnplicius^ dans son commentaire grec sur le Traité du ciel, d'Aristote, rapporte que les plus anciennes observations astronomiques, envoyées de Babylone à ce pliilosophe , par Callisthène qui accompagnoit Alcxandre»le-Grand , ne datoient pas de plus de deux mille ans avant ce prince. Et en effet, la plus ancienne que Ptolcmée cite des Chai-déens, ne remonte pas au-delà de 720 ans avant notre ère chrétienne « On doit en conclure, comme je l'ai dit^ d'après Freret (2), dans la préface de ma traduction de l'Almageste, que les prétendues observations astronomiques, de 4^000 ans, con-> servées sur des briques à Babylone, ne sont qu'une fable, Callisthène n'en ayant envoyé à Aristote , que de 1900 ans avant Alexandre; c'est 4i^o ans qu'il faut lire selon Bérose, ou tout au plus 720, au lieu de 72000, suivant Epigène, dans Pline. Il n'y a rien à changer dans le nombre de 48o ans , qui est
(0 Origine des culles. v. 3. Astronom. v. 4* (a) Défense de la Chronologie contre Newtoi^*
Tespacc dans lequel Pline renferme ces mêmes observatioiis. Si Ton s'en rapporte i Bérose et à Alexandre Polyhistor y Nabonassar avoit aboli toutes oeUes qui ayoient précédé son avènement au trône. Celles dont cet auteur avoit parlé ^ ne pou* voient donc pas être plus anciennes que l'époque de ce prince^ ce qui est tout-à-fiiit conforme au texte de Pline ^ et on en tombera aisément d'ac* cord^ si l'on considère que depuis la première an* née de Nabonassar , jusqu'à Antiocbns Soter , sons le régne duquel Bérose publia son histoire ^ il y a
juste 4^ ^^^^ »•
M. Delambre confirme ce jugement dans le discours préliminaire du premier volume de son Histoire de l'Ajstronomie ancienne : « Ptolemée nous dit « bien que des éclipses ont été apportées de Baby- » loue, n en calcule plusieurs. Mais la prraiière ne » remonte qu'à l'an 720 de notre ère^ c'est-à-dire^ » à l'an 26 de Nabonassar. S'il en avoit eu de plus » anciennes > il n'eut pas manqué de s'en servir » pour la détermination du mouvement de la lune ; » et une preuve as^ez bonne qu'il n'en avait pas^ » c'est qu'il a pris pour époque de ses tables la pre- » mière année de Nabonassar. Son intention étoit » que ses tables servissent au calcul de toutes les )) éclipses tant passées que futures. Il ne connoissoit » dont très probablement aucune observation plus » ancienne que Nabonassar ».
M. Ideler est de l'avis de M. Delambre^ quand il dit dans son mémoire sur l'astronomie des Chaidéens (i) : « Il est impossible qu'ils aient eu des tables astronomiques, qui sont le résultat d'une longue suite de recherches théorétiques sur les révolutions des corps célestes. Ils ne peuvent donc avoir été conduits à prédire les éclipses de lune , que par la période si connue de 223 mois synodiques qui ramème cet astre relativement à ses nœuds et à son apogée, presque même point d'où il est parti ». Voilà donc la nouveauté de l'astronomie chez les Chaldéens , qui ont toujours passé pour les plus anciens observateurs du ciel, bien prouvée par le peu d'antiquité de leurs éclipses. Car il ne suffit.pas qu'ils aient eu un zodiaque ; il ne leur servoit guères que pour l'astrologie à laqu'elle ils étoient fort adonnés^ et quand même le zodiaque chaldéen auroit été construit du temps de Bélus dans sa tour de Babylone, par la seule raison qu'il n'ofFriroit aucune indication de solstices ni d'équitioxes en quelque signe , il seroit inutile à l'astrnnomie et
(i) Ce passage de ma traduction du mémoire allemand de M. Ideler y a souffert, daus l'impression , une transposition de la particule négative , ne y qui en passant de la troisième ligne à la première j a causé un contre-sens. Le journal des savans (janvier 1822) a relevé cette faute. En cela il a bien fait ; mais il a mal fait de refuser la publication de l'explication que je donne ici.
(33) Ua chronologie, et on ne pourroit jamais assigner sa vraie date, ce qui est cause que les briques ^de basalte dernièrement apportées par Michaux, de Babylone à Paris, couvertes de figures zodiacales^ et d'écritures cunéiformes antiques , ne peuvent nous édairer sur rien , car on n'y voit aucune marque d'équinoxes ou de solstices j et d'après ces écritures interprêtées par M. Grote^end, au moyen du calcul ^ ' des probabiÛtés dont on trouve les règles et des exemples , à la fin de Tintroduetion latine à la physique de S'gravesande , ces briques ne remontent pas plus haut que Darius et Artaxerxes, et n'ont rapport qu'à la guerre (i)
Les Indiens avoient également un zodiaque à la même époque, mais il manquoit également aussi de cette indication si nécessaire; et^en général, c'est le défaut commun de presque tous les monumens anciens de cette espèce. Legentil a prouvé dans les mémoires de l'Académie des sciences de Paris, que ce zodiaque des Indiens n'avoit rien d'unç haute antiquité , et son témoignage est fortifié par celui des savans Anglais, membres de l'Académie de Calcutta. M. Delambre a conclu de même contre Bailly , à qui la chimère de son atlantique perdue , fait voir partout dans ces zodiaques orientaux, des restes de cette terre imaginaire, et d'une
antique astronomie qui fait partie du rêve de ce
(i) Voy, mon volume iv de Ptolemee.
savant homme dont les vues ont été si exaltées , et la fin si déplorable.
Pour ce qui est des Chinois , nous lisons dans Legentil : « Je me contenterai de remarquer que l'astronomie toute imparfaite qu'elle est dans Tlndostan^ est certainement plus parfaite encor>iB qu'elle ne fut trouvée en Chine par nos missionnaires : q ue cette astronomie me paroit venir de la Chaldée t qu'il existe à la cote de Coromandel une tradition qui paroit prouver que les Chinois sont venus autrefois commercer à cette cote : qu'ils y ont même possédé une colonie : qu'ils en ont été enfin chassés par les Indiens et les Brames^ et qu'il pourroit bien se faire que les Chinois eussent appris quelque chose de l'astronomie des Indiens ^ et qu'ils eussent défiguré le peu qu'ils en savoient ». Enfin le savant Deguignes^ dans son Histoire des Huns , a montre que les anciens Chinois étoient une colonie d'Egypte. Us étoient donc moins anciens encore que les Egyptiens.
Disons aussi avec M. Delambre, d'après le P.
Souciet, missionnaire jésuite à la Chine. « On a l'état du ciel chinois^ fait plus de 120 ans avant Jésusr- Christ. O^ y voit le nombre et l'étendue des constellations , et à quelles étoiles on faisoit alors répondre les solstices et les équinoxes Ils n'ont
connu les mouvemens des étoiles^ que 4oo ans après Jésus-Christ, près de 600 ans après Hipparque.... Ainsi leurs connoissances astronomiques
sont postérieures à celles des Grecs. Les Chinois ont toujours eu des notions d'astronomie^ on le voit par leur histoire (dans les PP. de Mailla, Duhalde , Grosier. ) Ils ont des observations de solstices et de comètes , depuis Tan — 4oo avant J.-C, jusqu'à + i3oo depuis J.'-G. Ainsi les Chinois ont fait à peu près comme les Ghaldéens y ils ont observé sans avoir de théorie j n'ont-ils rien emprunté aux Chaldéens? »
Ce ne fut pas du moins le zodiaque qu'ils composent de i4 signes ou 28 demi-constellations, tandis que les Chaldéens le font de I3. Les Chinois ne connoissoient ni l'ourse ni le chariot ^ constellations si bien connues pourtant des Chaldéens, et nommées dans la Bible* Le zodiaque chinois, au reste, ne peut pas remonter à plus de quatre ou cinq siècles avant notre ère, puisqu'il ne montre des solstices que 4oo ^^^ avant cette époque, et des équinozes, que 1 20 auparavant. Et quand il seroit d'une date beaucoup plus ancienne , elle seroit toujours impossible à assigner, si aucun signe n'y montroit quelque phénomène céleste qui fût arrivé , et dont par le calcul astronomique on pourroit reconnôître l'époque dans le temps, et par conséquent celle de ce zodiaque , comme il donneroit l'époque du phénomène dans le lieu que ce signe indiqueroit , soit équinoxe, solstice ou éclipse. Or Gassini a trouvé que la plus ancienne éd^pse certaine, observée
( 3Ô ) parles Cliinois^ ne va qu'à l'an l852 avant Jésas^ Christ. Le fameux P. Gaubii soutient qu'elle est de 49S £uis plus ancienne ; je ferai parler à ce sujet M. Delambre^ qui s'exprime ainsi dans son Astronomie des Chinois: « Les observations des Chinois ont été recueillies par le P. Gaubii^ qui avoit fait une étude particulière des langues chinoise et tartare^ des livres , de l'histoire et de l'astronomie de ces peuples. Il avoit à cet effet consulté les livres authentiques des Chinois^ calculé et vérifié les principales éclipses et (l'autres observations astronomiques tirées des mêmes sources » (i). Les a atrono-^ mes s'exercent à calculer des écHpsés qui précèderaient la création , sans que pour cela elles soient jamais arrivées. On peut en effet calculer des époques d'éclipsés pour des temps antérieurs même à l'existence du monde ^ qui ne seront par conséquent accompagnées d'aucun événement terrestre contemporain. Et de toutes celles qui sont postérieures à la création 9 aucune ne peut être prise pour date
(i) Je ne puis m'abstenir , en nommant le P. Gaubii ^ de rapporter le jugement qu'a porté de lui , M. le marquis de Laplace , pair de France ^ qui me dit un jour qu'il regardoit ce religieux, qu'il ne connoissoit que par ses ouvrages , comme une des têtes les mieux organisées qu'il y ait jamais eu; mot expressif, qui est un panégyrique d'autant plus digne d'être inscrit sur le tombeau de ce savant homme ^ qu!il vient d'un juste appréciateur du vrai mérite.
d^ua fait politique contemporain^ à moins qu'elle ne soit rapportée dans l'histoire de ce fait, et qu'elle ne soit déterminée par sa distance à un point fiz3 dans la succession des temps, dont on ait le rap-* port exact au temps où nous vivons.
n en est de même pour tous les zodiaques; il est impossible d'en fixer l'âge, s'ils n'ont rien qui rappelle la présence du soleil ou d'une planète en quelque point. Or le zodiaque chinois matériel n'offre rien de semblable, mais voici une observation qui y supplée , et qui ne nous apprend pourtant pas le temps où le zodiaque a été formé. Il a dû l'être avant l'observation, mais quand? c^est ce qu'on ignorera toujours. Ce qui est certain, c'est qu'avant la plus antique inscription Kw, gravée en anciens caractères chinois sur un rocher du mont Seng à la Chine > et qui a été publiée en Europe par Hager et traduite en français , il n'existoit aucun zodiaque dans la Chine; Yu régnoit vers l'an a2o5 avant Jésus-Christ, et Fohy, fondateur de cet empire, environ looo ans avant lui, selon le P. Amiot, ( dans les lettres édifiantes des jésuites.)
Toutes ces nations orientales n'ayant eu que des connoissances fort Cornées et fort tardives en astronomie, n'ont pu par conséquent avoir un zô-* diaque bien disposé en aucun temps relativement aux solstices et aux équinoxes, et effectivement oo ne leur en connoît aucun avec cette double relation bien juste.
Voyons maintenant si les zodiaques des Egyptiens, que Ton donne aujourd'hui pour les précepteurs du monde et des maîtres parfaits en as-* tronomie , démontrent plus de science ou d'exactitude dans leurs auteurs^ et s'ils peuvent véritablement servir à régler la chronologie et à reculer l'existence du monde à une époque indéfinie ou infinie au-delà de celle que Moyse lui assigne.
(c C'est en vain (2) que quelques auteurs, trop prévenus en faveur de l'ancienne Egypte, ont tâché de justifier tout ce que le culte de cette contrée , qu'où a appelée la mère des arts et l'école de la superstition, renfermoit de vicieux, de ridicule et d'absurde. TSoxxs parlons des désordres scandaleux commis dans le culte, etc. »
Dupuis , dans son ouvrage sur l'origine des cultes, s'efiTorce de montrer que toutes les religions ne sont que des émanations du culte primitif du soleil originairement adoré par tous les peuples dans l'enfance des nations, et Lalande l'a suivi. Ils ont prétendu que les zodiaques indiens et chinois montroient le solstice d'été dans la vierge , et par conséquent plus de 4ooo ans avant J. C. , ce qui prouveroitla grande antiquité d% ces nations antérieure à la création j et pour soutenir ce système, ils ont conclu du zodiaque de Denderah, que le solstice d'été fut dans le signe du capricorne, douze à quinze
(1) Kecherches philos, sur les Égyptiens et les Chinois, par de P. volume 2.
mille ans avant Jésus-Ghristj ùe qui est de toute fausseté , connue je le démontrerai dans cet examen.
Je prouverai :
Premièrement, que ces zodiaques égyptiens ne désignent que les travaux, les fêtes , et les usages attachés à chacun des mois de l'année qui y sont indiqués par les animaux symboliques des constellations zodiacales , ou même les pratiques superstitieuses de l'astrologie et de la magie.
Secondement, que même quand ces zodiaques pourroient servir à marquer l'époque de la construction des édifices qui les contiennent , on ne pourroit pas leur trouver de date qui pût remonter même à l'an a5oo avant Jésus-Christ, et que leur date véritable ne va pas au-delà du quatrième siècle avant l'ère chrétienne.
Les gravures qui accompagnent cet examen , ont été calquées sur celles de la collection des monumens d'Egypte. Autant, dans cette collection, les figures qui soutiennent le zodiaque circulaire de Denderah, gravée sont sveltes et élégantes, autant celles qui se voient sur la pierre originale, sont égyptiennes, rbides et grossières. Rien ne prouve mieux combien on a voulu faire illusion. Quant aux miennes, bien ou mal proportionnées ou imitées, pourvu qu'elles soient à leur vraie place relative , et elles y sont, elles assureront toujours la vérité des deux conclusions que je viens d'énoncer, et que je vais démontrer..
Antonin le Bon , Anguste, Père de la patrie. Emper. Il , avec b puissance trib. Consul. IIII. Jupiter nnd , debout devant un autel ou socle orné de ciselures , aa>dessasest un aigle, il tient à la main droite une pique, àlagauche A foudre, TÏs-à-Tis à droite est Atlas un genou à terre et portant an globe ■IV «et épaules. Voyezcî-aprètp. 74>
Antonîtras Augnstm Pins P. P. imp. II.Tr. pot. cos. IIII.
Jupiter nudus stans ante aram , seu cippum anaglyphis oruatum , snpr^ quem aqaila , dextra h^stam , sinlttra fui- < laén : ex adverM à âextris Atlas genufiexui globmu hanteris subit.
Maffei , gemm.
EXAMEN
ET