‹ Examen et explication du zodiaque de Denderah: compare? au globe ce?leste antique d'AlexandrieChapitre 9 sur 22 · ET DE QUELQUES AUTRES HOKUMENS. ÉGYPTIENS · texte numérisé non relu

ET DE QUELQUES AUTRES HOKUMENS. ÉGYPTIENS

MHT

« JlLsné , ville principale de la province la plus mé^ ridionale de l'Egypte^ est située sar la rive gauche du Nil, entre Tlièbes et la première cataracte (i). Le courant se portant avec rapidité contre le rivage^ mine et fait ébouler la berge ,. ainsi que les mabon« qui )a surmontent. Les habitans de ces maisons, forcés de les abandonner, refluent dans l'intérieur de la ville qu'ils encombrent, en attendant que la peste vienne enlever l'excédant de la population. »

Ce fléau, naturalisé en Egypte , s'est étendu sur nos malheureux soldats, dont les restes en ont rap-* porté les germes en Europe, avec des ophtalmies suivies de cécités incurables, et c'est avec les vaines images des ruines de cette contrée trop vantée, tout ce qu'on nous a rapporté de cette expédition dont les suites ont été si funestes. Mais ne parlons ici que de9

(i) Monam. d'Egypte descript. d'Esnë.

zodiaques de celte ville ^ rancienne Latopolis des Grecs.

Il y en a deux : Tun au portique du grand temple , situé dans la ^ille mémo ; et l'autre au nord et au dehors de la ville. Parlons d'abord du premier^ ou plutôt laissons parler les auteurs même de la relation (i),,

« Au fond de la petite place qui est devant le port, on trouve à gauche une rue qui se dirige parallèlement au !Nil. La rue tourne ensuite à angle droit vers l'ouest, et conduit à la grande place. Le côte occidental de la place est compose de maisons en trèsmauvais état et peu élevées* Leur délabrement permet d'apercevoir une partie de la corniche d'un temple, qui, sans cette circonstance, seroit peutêtre resté long-temps inconnu aux voyageurs modernes. Car ses abords sont à peu près impraticables, on ne peut en ejBTet pénétrer dans ce monument que par une ruelle fort étroite , que l'on trouve à l'angle sud-ouest de la place , elle est même presq^ie totalement encombrée par les immondices apportées des maisons voisines. Les habitans de ces maisons n'ont heureusement pas pris la peine de transporter ces immondices jusqu'à l'extrémité du portique, ils les ont déposées dans la partie qui s'est d'abord présentée à eux j et la moitié du monument a été protégée par le rempart infect qu'ils dnt 6inMaié0)e8 élevé. C'est cet obstacle qu'il Rious

(i) Ibidem.

( 3 ) fallut franchir, après nous être assures que ce passage étoit le seul qui pût nous conduire dans l'intérieur du monument.

Le portique d'Esné renferme (i) vingt-quatre colonnes disposées sur six rangs, parallèles à Taxe du temple. Chacun de ces rangs est surmonté par des architraves qui s'étendent dans toute la profondeur du portique , et qui portent les pierres duxplafond, dont les soffites sont ornés de sculptures. Sur Pavantdernier soffitè , à gauche en entrant dans le temple , on a représenté un zodiaque (2). Il renferme les douze signes : à chaque extrémité, il est terminé et en quelque sorte encadré par une figure allongée , dont le corps occupe toute la largeur du sofiîle , tandis que d'un côté les bras et la tête , et de l'autre los jambes s'étendent dans le sens de la longueur du bas-relief.

Dans la bande supérieure, et près de la façade du temple, sont la vierge, la balance, le scorpion,' le sagittaire , le capricorne et le Verseau. Le sagittaire ert renversé par rapport aux autres figures. Tous les Signes marchent de droite à gauche; a leur suite est un grand nombre d'autres figui*es faisant partie du même tableau. Les signes que nous avons nommés, occupent environ les deux tiers de la longueur du tableau. Dans la bande inférieure, les six autres signes sont au-dessous des six premiers^ et marchent dans un sens inverse. Us sont précédés d'autres figures

(i) Appendice , ii*> 11 § i. (a) Voyez ci-après la planche t.

correspondantes à celles de même nature. Ib les «uivent dans Tordre connu, en commençant par les poissons et finissant par le lion. Ces signes sont mêlés à d'autres figures , mais ils sont faciles à distinguer y parce qu'ils sont les seuls qui soient accompagnés d'étoiles sculptées en relief w.

. Mais ces étoiles même prouvent que ce zodiaque n'est nullement astronomique, car elles n'y sont ni dans le même ordre, ni en même nombre qu'au ciel. Elles sont trop symétriquement rangées pour être vraies. Et c'est la raison qui a fait que je n'ai représenté aucune de ces étoiles dont Tarrangement arbitraire prouve l'ignorance du sculpteur et de l'architecte. Elles ne sont placées dans ces zodiaques, au-dessus des têtes des personnages qu'elles semblent couronner, que par suite des qualités astrologiques qu'on leur altribuoit, et des influences qu'on leur fâisoit exercer. L'auteur de la description qu'on vient de lire est tombé dans une autre erreur, qui est que chacune des deux bandes n'est pas de six signes , comme je le dirai plus bas. |

On sait que chez les Egyptiens, l'année tropiqtïe pendant laquelle l'équinoxe anticipoit de 5o secondes de cercle par année, en vertu de la, précession, remontoit d'un jour tous les quatre ans sur l'année civile ou fixe. Le retour du premier jour de l'année vague au premier jour de l'année fixe , s'étoit fait l'an i32i avant Jésus-Christ, suivant Censoria qui le dit revenuensuiteà l'an 189 de l'ère chrétienne. Celte coïncidence est marquée par le sphynx qui est

dans la bande inférieure du plafond d'Esné. Ce sphynx^le seul qu'on voie dans tous ccszodiaques^ étant à visage de femme et à croupe de lion , signifie dit-on, le passage du solstice d'été de la vierge dans le lion. La vierge touche la queue du lion y et la queue du sphynx est tenue par une femme ; mais le spliynx porte sur sa télé \m globe et un serpent y qui manquent au lion. C'est donc plutôt le commencement de la période caniculaire ou sotliiaquc de i46& an^ qui ramène à l'an i32i avant notre ère^ le lever de sirius qui est le chien ou la canicule, au premier jour du premier mois thoth des Egyptiens. Et il est si vrai que cette sculpture n'a rapport qu'au lever héliaque du chien ^ que le reste est composé de diverses figures d'hommes à têtes de chiens^ et de deux chiens, accouplés ^ montrant la fin d'une année sothiaque ou caniculaire et le commencement d'une autre.

L'année iSg de notre ère chrétienne fut par eonséquent la première d'une autre période canicu-^ laire.CejLte première année caniculaire étoit toujours célébrée par de grandes fêtes qui sont le sujet de ce tableau. La construction de ce temple^ au commencement de cette période, jae pourroit doncpaaTe-* monter au*^ielà de Tannée i3ai avant JésusXhrist^ ou de l'an 189 de notre ère, commencement de l'entrée du solstice d'été dans les gémeaux, où il est aujourd'hui. Ce temple seroit donc bien peu ancien ; mais je veux bien accorder l'an i33i. avant J.-C.

Les globes au-dessus dvi taureau et du bélier si^

gnifieroient le pass&ge de l'équinoxé vérnal^ du taureau au bélier, pour le temps où le solstice d'été est passé du lion au cancer, si l'artiste avoit eu une intention astronomique, mais il n'en avoit qu'une d'astrologie j car une remarque à faire sut ces zodiaques d'Esné, c'est qu'ils commencent tous deux par les poissons, et qu'étant partagés en deux handes, ils n'ont pas tous dans chacune le même nombre de «ignés, la première bande du zodiaque du portique d'Esné en présente sept , et la seconde cinc0 ce qui prouve de l'arbitraire dans les auteurs de ces images où ils nemettoient ni importance ni intelligence. Les signes dans le zodiaque du portique d'Ësne sont, de droite à gaucbe, dans la série supérieure, les poissons , le bélier, le taureau, les gémeaux, où devroit être comme à pi'éseiit le solstice d'été, si l'équinoîe vernal étoit, comme il est aujourd'hui, dans les poissons j ensuite yienncnt le lion et la vierge tenant la queue du lion , voilà sept signes. £t dans la série inférieure, de gauche à droite, la balance, le scorpion, le sagittaire, le capricorne et le Verseau , cinq signes seulement. Tout cela est précédé, entremêlé et suivi de plusieurs personnages égj^pliens.

Les éditeurs des monumens d'Egypte voient dans les personnages qui accompagnent les symboles des coasrtieUations du zodiaque, des paranalellons ; ils s'appuient sur un calendrier prétendu d'Ératostliène; mais j ai dit, dans ma chronologie de Ptoléméé, qu'il est apocryphe et de nulle autorité. Voici, au reste,

ce <jue M. Delambre leur rêfoaà : ce Quant u»x consteHatiotis eitra-iiodiaeales 5 h elles soat moins reconnôissables ( que celles du eadiai{ue, dans ce^ tableaux Égyptiens), tant pa? leur figure que par leurs positions. Les douze signes sont du moins placées par ordre, et leur forme suffiroit pour les faire reconnoîtrej pour distinguer les auttes, les former ne suffisent pas à beaucoup prè^. Les auteurs s'aident avec sagacité , mais arec eirconspeclion d^ idées paranateîlontiques. On appelle paranatellons, leà constellations (Jui se lèvent, ou plus généralement , qui paraissent à Pborizon à côté les unes de« autres, -soit à Vorient, soit à Foecident, et à loule* sorte d'aziniutiS. Il est incontestable que les Égyp-» tiens ont observé des levers héliaqùes... Lé lever hé-» tiaque de sirius s'étoit observé en dijBFérens siècles k des distances différentes dii jour équinoxial ou solstitial le plus voisin. Les amplitudes ôrtives qui ont servi à oHèntet' les pyramides, donnoient à pet^ près les jours tïes solstices et des îéquinoxes. Il» ne se trompoient guères plus sur le lever bâîaquë de rétoile... Supposons (ju'iïs aient pu s^éfever k ridée qu'au jour du lever b^aqire de sirius, la différctice de longitude entre le soleil et'Pétoile, devoit être toujours la même, Fétoile étant immobile, elle tcparûîtra toiijodrs au* même jour de Pantrécj si Tétoilé àtâttaï fftin dègté, il faudrk qlie le soleil avancé d^un degré dci son à6ti pour que la dStance reste la riiême,.ét que l'Acfilë devienne' visible. Ainsi , tousl les 7 r^ans le^ lever retarde d'uti

(8) jour. En ^Soo ans^ ils auront observé que le lever âvoit retardé de 35 jours ^ ce qui feroit en eflet environ 56" par àn..«« Mais est-on sûr de chacun des levers^ à deux jours près? et de ce qu'ils ont pu faire y il ne s'en suit nullemait qu'ils l'aient fait.

« Us ont connu l'année de 365 jours 4 ^ mais pendant long-temps ils ne l'ont connue que de 365 jours. La cercle d'Osymandias étoit divisé en 365^ parties;: rien n'atteste qu'ils aient mesuré des om-^ bres solstitiales qui leui? eussent donné l'année tro-^ pique ^ ils n'ont pu trouver que l'année sidérale. De Vune ou de l'autre manière ûs se sont trompés de lû à II minutes. Leur période sothiaque de i46i an-^ n^es tagues qui forment i46o asinées juliennes « prouve que c'est l'année tropique qu'ils^suppo^aient ^e 305 jouris J. On ne leur altriime rien qui resi^emble à xine idée nette de la précession qui pi*oduit la différence de l'année sidérale àl'année tropique, ot rien ne dit qu'ils aient bien connu l'obliquité de l'éclip tique. Ëratostbène s'y trompa de ^pt à huit minutes. Ces zodiaques ne nous donnent aucune lumière sur. les constellation^ vraiment astronomiques^; Ci'est-à-dire , sur le nomj^re d'étoiles dont ces constellations sont composées , ni sur la situation respeotive de ces étoiles. »

Il j^uit de ces* judicieuses. réflexions, que ces ZïOdiaques égyptiens ne nous cjfirent rien de certain sur l'époque du temps où ils ont été construits, ni sur les constellations même qui y sont marquées suivit la fantaisie des auteurs on. des artist^s^

Le portique àt temple d'Esn^ môhtre , sous te iKodiaqne; un sacrifice homain qui n'est que ti^p re»connoissable à un tronc d'homme assis ^ les bras étendus^ et Sanstétc, au lieu de laquelle est implante et dressé entre les ëpaules , l'instrument du supplice qui l'a fait tombet. Cette scène s'est passée après le verseiau^ et avant Ids poissons^ entre la fin d'uiie année et au commencement de la suivante , marqués par un accouplement de chiens^ au-dessus et en ar^^ rière du cadavre. Et dans la bande supérieure^ on voit au-dessu« du lion^ un homme armé d'un coutelas qu'il ièvapour en frapper quelque victime : ce qui marque que ces exécutions sanglantes se faisoient^ de réquinoxe d'automne à celui de printems.

Sdeucus> dans Athénée, rapporte que les Egyp*tiens immoloient des hommes , et que sar ces vic^ times ils accumuloient des gâteau!»: et d^ petits oiseaux (i). Ces Egyptiens qui se révoltèrent contre la puissance romaine > qui refusoit do leur livrer le soldat romainqu'ils vouloient punir de mort> parce qu'il avoit tué un de leurs chats, ne se faisoient aucun scrupule de sacrifier des hommes à leurs dieux^ ni aucune, honte de rester constamment asservis à des étrangers > cuccessivement Arabes, Ethiopiens, Perses^ Grecs, Romains (a), Sarrazins et Turcs.

iTïous avons vu ci-dessus, que le solstice d'hiver tombe dans le sagittaire, dès l'époque où le solsr tice d'été tombe dans les gémeaux. Or, comme ce

. (f ).Atben Dn>no»opb. 1. ir. (,3) Maneth. Jablonsk. // *

(lO)

dernier y est au 24* degré on 1 800 , il n'a commence en vertu de la précession des équinoxes à y être au premier degré, que i44o ans auparavant/ c'est-àdire, dans l'année 36o de .Jésus-Christ. Ce zodiaque est donc postérieur à notre ère actuelle, et doit montrer le commencement de l'année, ^pus y voyons Je , solstice d'été marqué par un oiseau à tète de crocodile entre l'un des gémeaux et le cancer. Ce qui montre que le solstice d'été venoit de passer du cancer aux gémeaux ; et de mémo le solstice d'hiver, du capricorne au sagittaire, circonstance qui nous oblige de porter ce zodiaque de l'an 36o de notre ère, à un moindre nombre d'années depuis cette même époque.

Je montrerai de la même manière^ que les autres zodiaques, loin de remonter à une haute antiquité, ne sont que des mémoriaux de fêtes ou d'usa-» gcs. Prenons pour exemple celui d'un teinpie au nord d'Ësné. Je le représente sur la deuxiémie planche à la fin de ce volume, et je vais en donner la description extraite de la deuxième livraison des antiquités publiées par la commission des monu^^ mens d'Egypte.

, . « Le portique du petit temple au nord d'Esné renferme huit colonnes disposées en quatre rangs parallèlemiimt àl'àxe du temple, et réunies par des architraves qui partent de la façade et s'étendent jusqu'au fond du portique. Ces architraves et kf murs latéraux soutiennent les pierres du plafond qui forment cinq soffites, d'une longueur égale à la

profondeur du portique y et de la mérne largeur que les cntre-colonnemens^ « Les soHites sont couverts de sculptures. Ceux des extrémités du portique sont ornés de bas -^reliefs représentant un zodiaque

u La moitié des signes se trouve à gauche en en^ trant : ce sont y dans l'ordre suivant , les poissons^ le bélier^ le taureau, les gémeaux, le cancer et le lion. L'antre moitié des signes est à droite , mais on n'en voit plus qu'une partie, parce que l'affaissement d'une colonne de la façade a entraîné la chute doK la moitié du soffîte. Une partie du sagittaire, le jcapricorne et le Verseau sont encore en place.

(c Nous avons reconnu entre les pierres amoncelées au pied de l'édifice , des indices certains de tous les signes <lu zodiaque , qu'on ne voit plus au pla-* fond; nous avons remarqué particulièrement l'épi de la vierge, un des plateaux de la balance et là queue du scorpion ».

Ce zodiaque consiste donc en une seule bandô de signes , sous laquelle est une cérémonie funèbre composée d'une marche de plusieurs personnage^ qui accompagnent un bateau portant un cercueil sous le signe du taureau, c'est U mort d'Horus. Cette bande contient sept signes, les poissons, le bélier, le taureau , les gémeaux, le cancer, le lion et la vierge tenant la queue du lion. Les poissons sont précédés d'une figure d'homme à deux visages, comme Janus, ce qui'signifie la fin et le commencement de l'année, aux poissons, comme il est actuellement. Cela rapprocheroit cette bande zodiacale de poire ère > et la

placeront à l'année ^38 avant Jesu&^Christ. Le sois^ tice d'été seroit dans les gémeaux comme aujourd'hui^ et comme j'ai montré qu'il est marqué dans le zodiaque circulaire de Denderab^ et l'équinoxe d'automne dans la vierge». Les rédacteurs des monumens n'ont pas vu ici la vierge qui tient la queue du lion.. L'homme à deux visages tient a la main un serpent déroulé qui signifie la fin d'une année, et le commencement d'une autre > au lever de la canicule. C'est donc l'indication du commencement simultané des deux années vague et fixe, iSsi avant Jésus- Christ ^ et 189 après l'ère chrétienneip

Le tableau gravé au-dessus de cette bande ; n'est qu'une 3cènc de mort et de carnage. On y voit des cadavres agenouillés^ sans têtes qui sont tombées sous le& coutelas rangés à côté d'eux , entre les signes du capricorne et du verseau , saison de ces cruelles et sanglantes exécutions. Cela confirme ce que j'ai dit de cesr tableaux : ils ne sont que des eniblémes des usages pratiqués en chacun des mois de l'année , représentés parles signes du zodiaque , c'est-à-dire ^ par les constellations que le soleil parcourt, en décrivant l'écliptique pendant sa coursé annuelle d'Occident en Orient, et non pendant la révolution entière des équinoxes en plus de a5ooo ans d'Orient en Occideiat. -

M. Jomard dit (i), qu'il ne partage pas l'avis des savans qui pour expliquer le culte de Jupiter Am-»

(r) De5cnpr. de Tile Eleph. Mon. d'Egypte-

mon^ ont^ comïne Jablonski^ re^rdé une figure démérite par £usèbé(a)y déforme humaine^ assise^ peinte en bleu 9 à tête de bélier^ avec des cornes de bouc surmontées d'un cercle ou disque , comme le symbole de l'équinoxe du printems sous le signe du bélier. Il seroit plus raisonnable, ajoute*^ M* Jomard^ de rapporter ce culte àl'équinoxe d'automne, où la crue du nil est à son maximum. » Ainsi, selon M. Jomard, il y auroit six signes de distance entre l'époque de l'équinoxe vemal au milieu de la constellation du /bélier, au temps d'Eudoxc, 5oo ans • avant notre ère, et l'époque où cet équinoxe étoit dans la balance, c'est-à-dire, 12960 ans, ce qui avec les 5oo ans depuis Eudoxe, donneroit i346o ans d'antiquité au culte deJupiter à mmon en Egypte. « Car, dit encore M. Jomard , rien n'est mieux établi que la liante antiquité du culte de Jupiter Ammon soit à ïhébes, soit dans l'Oasis de ce nom Le monument d'Hermontliis ou le taureau est équinoxîal , bien qu'assez ancien, n'est certainement pas antérieur à cette dernière époque. »

D'abord on ne voit pas comment il pourroit être plus raisonnable de rapporter le culte de Jupiter Ammon au maximum de la crue des eaux à l'équinoxe d'automne, plutôt qu'à l'équinoxe du printems pendant qu'elles laissent les terres à découvert pour la moisson ; car ce Jupiter Ammon est figuré avec une tête de bélier , cette tête de bélier , marque l'équinoxe du printems au mois de mars, il ipst

(a) Hist. Eccl.

donc plus raisonnable de rapporter celle téLe a l'équinoxe du printemps , qu'à celui d'automne.

« Le tableau le plus précieux du temple (d'Hermontbis)^ dit toujours M. Jomard^ est celui qui occupe le plafond du sanctuaire. A gaucbe on voit une figure de taureau , à droite un scorpion : ces ^euf figures dominent sur toutes les autres. Entre elles deux et au centre du tableau est un homme dans une barque, le visage tourné vers le taureau^ ayant un bras ^evé et l'autre abaissé ; devant et derrière lui' sont deux béliers allant en sens inverse l'un de l'autre, un épervier à tête de bélier^un double scarabée ayant des ailes d'épervier ouvertes, enfin une petite figure assise dans une barque. Tout ce tableau est environné sur trois côtés par une figure de femme reployée sur. elle-même, et les bras pendans* Son corps est une simple bande, sur laquelle sont distribués des globes et des figures à genou.

« Pour peu que l'on connoisse le zodiaque céleste, on en distingue plusieurs constellation» dès le premier coup-d'œil qu'on jette sur ce tableau. On remarque ensuite que les deux placées en évidence, savoir le taureau et le scorpion , sont précisément des constellations diamétralement opposées dans l'écliptique, c'est-à-dire, que si le taureau répond à un des équinoxes, le scorpion répond nécessairement à l'autre. »

Toutes ces raisons ne sont nullement concluantes , parce qu'elles n'ont rien de précis, cl qu'elles portent

a faux. D'abord il n'y a aucune précision : il s'agit , en effet, de calcul; c'est donc le calcul qui doit décider j nos données ici sont le taureau équinoxial , et la précessiori des équinoxes, d'un degré en 7 a ans. Or le disque sur la tête du taureau n'est rien xnoins que le soleil. C'est un cercle formé et commençant par la courbure des cofnes du bœuf. Tout au plus il indique le passage de dedans le taureau au bélier, ce qui donne on intervalle de trés-peu de temps entre l'équinoxe vernal dans le taureau, et son passage dans le bélier. Or, puisque ce phénotnène arrivoit au milieu du bélier, du temps d'Eudoxe, cinq siècles avant notre ère^ les i5 précédens degrés ne feroient avec ses cinq siècles , qu'onze cents ans avant l'ère chrétienne pour Tépoque de l'établisisement du culte de Jupiter Ammon en Egypte et dans l'Oasis, au temps où l'équinoxe vernal en quittant le taureau a commencé d'être dans le bélier.

Pour ce qui est du prétendu taureau équinoxial d'Hermonthis, si ce taureau et le scorpion indiquent des équinoxes , que signifie donc la double figure du bélier qui se voit dans le même tableau ? C'est ce bélier , au contraire , qui y désigne l'équinoxe du printems. Le taureau et le scorpion n'indiquent que les ^ix mois après l'équinoxe, de la gestation d'Horus, qu'Isis mit au monde dans le septième mois de la conception. Cette double image, du bélier ailé, comme celle de soleil qui traverse Téquateur , est sans contredit l'expression figurée de Téquinoxe au printems, saison de la moisson en Egypte.

. La preuve de la moisson au printems , se trouve dans la description de TEgypte par Demaillet qui dit : « n y. a quelque différence pour les pays situés près de la zone torride, comme est la haute Egypte où étoient Thèbes et Tentyris. Au lieu que dans uos contrées, on sème en septembre et octobre, après avoir profondément ouvert la terre par le tranchant delà charrue, en Egypte on jette le blé en novembre sur la terre dont la surface est seulement eflleurée par une charrue légère , après la retraite des eaux. La moisson s'y fait au bout de quatre mois en février. » Voilà pourquoi dans le tableau du portique d'Esné, on voit un animal tenant une fiaulx, dans le mois de février, avant les poissons qui désignent ce mois. « Car janvier, ou le verseau, est un mois sec et beau en Egypte , où il ne pleut presque jamais; la moisson des blés commence alors, et après elle la coupe des foins en mars dans le signe des poissons. » Ce tableau du portique d'Esné représente donc les cérémonies d'une fête célébrée à rx)ccasion de la moisson dans la haute Egypte.

M. ,Remi-Raige (i) a dit aussi : w L'année égyptienne commençait au solstice d'été , vers le 20 juin, à l'époque de la crue du Nil et de l'inondation qui dure pendant juillet, août , septembre. C'est en octobre, novembre, décembre^ que l'on peut mener paître lés troupeaux, labourer la terre,

(1 } y. son Mém. sur le zod» des anc. Egyptiens^ tome i.^ de la Descrijpt. de l'Egypte.

( »7 ) et (Jue germent les grains. En janvier > févriet, mars, le soleil semble rétrograder (i) , les mois-* sons mûrissent et sont récoltées* Environ vers le 20 mars arrive l'équinoxe du printemps , et le jour est égal à la nuit. Durant avril , mai et juin y la chaleur croissante donne l'essor aux bétés venimeuses, développe les maladies pestilentielles^ etcl » Il faut donc pour TEgypte, retarder de deux ou trois mois les opérations rurales qui se pratiquent en certaines saisons dans l'Europe , parce que les Egyptiens, qui ne sont qu'une colonie > qui a introduit dans la partie de l'Afrique ou elle s'est fixée , le zodiaque d'Ethiopie , qu'elle mêla avec celui des Phéniciens, et qu'elle partagea ensuite en douze portions pour répondre à peu près aux douze lunaisons pendant une seule révolution solaire ^ ont gardé ce zodiaque > de sorte que la signification originale de chaque signe ne s'est plus trouvée répondre en Egypte au mois auquel il avoit été primitivement attribué en Ethiopie.

La conséquence qu'il faut en déduire , est que quand le soleil est ,1 par exemple , dans le lion > il y est pour l'Egypte conune pour l'Europe ; mais l'effet qu'il y produit, est d'environ trois mois plus tardif. Ainsi , par exemple ^ le solstice d'été étant actuellement dans les gémeaux , y est pour l'Egypte ' comme pour l'Europe j mais l'Egypte éprouvant chaque année une inondation qui comAnence en

(i) Depuis le soktice d'hiver.

(î8) juillet ^ mois du lion y et finit en septembre y mois de la. balance y dans lequel y disent les moaumeus d'Egypte^ les crocodiles commencent à se remontrer aux bords du NiT rentré dans son lit y la semaille en Egypte ne commence qu'en . novembre ^ et se fait après un léger labour , et après le dessèchement des terres^ ce qui retarde de quatre mois # la moisson qui se faisant dans l'Europe en août et septembre y de l'année suivante y ne se fait qu'en janvier et février seulement dans l'Egypte. C'est pourquoi^ ces zodiaques égyptiens peuvent bien montrer la relation des travaux et des fêtes à leurs mois propres, mais pour l'Egypte seulement. Et les faiseurs de zodiaques n'y connoissant ni précession de solstices et d'équinoxes, ni retard de leurs effets pour l'Egypte relativement aux pays d'où ces zodiaques étoient venus , y marquoient le soleil dans la constellation où ils le voy oient, mais en marquant les opérations rurales et les cérémonies religieuses aux mois où elles se faisoient réellement en Egypte. Et pour cette raison , toiis ces zodiaques commencent aux poissons , comme aujourd'hui pour l'équinoxe du printemps , mais fixent la fenaison au mois de janvier pour l'Egypte , comme nous le voyons sur le zodiaque du portique d'Esné. Et c'est ce qui détermine l'époque delà construction de cet édifice aux envirohs du quatorzième àiècle avant notre ère, si l'on yeut qu'il ait une signification chronologique. Ainsi la seule induction que l'on puisse tirer de ces tableaux à figures zodiacales , est que les fêtes

religieuses , et les Egyptiens n'en aVoient pas d'autres , puisque tout étoit Dieu pour eux , depuis le soleil et la lune jusqu'aux oignons et aux escarbots , depuis le sage Neitba jusqu'au phallus ^ et depuis le bœuf jusqu'au chat , ces fêtes suivoient l'année vague y tandis que les travaux de la campagne dépendoient ' de l'anûée fixée par l'addition d'iin jour en 4 ^^^ y ^^ ^^ répondoit à l'année vague que tous les 1 46i ans. Ce ne seroit donc qu'en l'an 1 39 de Jésus-Christ ou à la 1 40oe année précédente, c'est-à-dire i3ai, ans avant notre ère , que Ton pourroit confondre les opérations rurales avec les fêtes aux mêmes jours des mois auxquels les unes et les autres sont rapportées dans ces tableaux. Mais il faut W distinguer les unes des autres, les séparer pour toutes les années intermédiaires et les placer à des intervalles d'autant plus grands , que les fêtes arrivoient à des temps plus proches du milieu de l'espace des 1 460 ans de la période sothiaque.

L'équinoxe de priatems est ici marqué pvèd des poissons , et l'équinoxe d'automne prés de la vierge. Car nous voyons pour premier signe du zodiaque dans la bande supérieure , les poissons, et pour dernier la vierge qui tient la queue du lion , parce qu'elle s'est éloignée de la balance , qui commence dé la bande inférieure des signes austraux au nombre de cinq , depuis l'addition de la vierge aux signes boréaux. L'année vague commençoit donc alors au solstice d'été. On ne peut donc pas placer ces zodiaques à plus de i3 siècles environ avant notre ère.

L'erreur dans laquelle Dupuis et ses partisans sont tombes^ consiste donc dans Faveuglement ou Topi'*niâtreté qui leur a fait confondre le lieu du solstice par l'effet de la prëcession , avec le lieu du soleil par suite de sa révolution annuelle. Nous savons par Ptolemee , qu'Hipparque est le premier qui ait eu connoissance de la prëcession et de ses effets. Or Hipparque n'a vécu que dans le second siècle avant J ésus-Ghrist. Les Egyptiens n'ont donc connu la précession^ que depuis cette époque. Ce n'est donc pas^ si ces zodiaques sont du quatorzième siècle avant J.-C.^sous le rapport de la précession y que les sculp- 'teurs les ont formés^ mais seulement pour leur année fixe et rurale , sous le rapport de la saison dans laquelle commence le débordement du Nil. Le solstice d'été anticipoit chaque année ^ sans doute> en conformité et en conséquence de l'anticipation annuelle de l'équinoxe, et c'est pour cette raison que leurs zodiaques commencent par le signe des poissons pour désigner l'équinoxe du printemps y ce qui mettoit le solstice d'été au cancer y et l'inondation de l'Egypte dans le lion, comme l'a dit M. Delambre dont j'ai rapporté les paroles. C'est bien à la vérité; parce qu'en vertus de la précession , le solstice d'été qui ne se faisoit plus dans le lion , étoit passé dans le cancer y mais ce n'est pas ce passage du solstice j d'orient en occident, qui est marqué par ces zodiaques, c'est le lieu du soleil , du cancer au lion, en vertu de la marche annuelle du soleil d'occident en orient^ car ce sont des saisons et non des époques,

qui sont marquées ici. Si Ton fait tourner sur les pôles de Fequateur vers Toccident un globe terrestre a pôles mobiles de l'édiptique et del'e'quateur, tel que celui qui est décrit par Ptolemée dans son livre viu, chap. 3 pag. gS de ma traduction , et par Cassini dans un des mémoires de Facadémie des sciences , ce mouvement représente la rotation diurne, et sifon . fait en même temps tourner le même globe sur les pôles de l'édiptique en sens contraire vers Forîent, d'un mouvement 365 fois moindre , ce mouvement représentera la révolution annuelle apparente du soleil autour de la terre le long de la circonférence de récliptique. Enfin si l'on conçoit que pendant cette marche annuetle du soleil vers l'orient, il se fait une rétrogradation de 5o secondes de cerde par an, des polçs de l'équateur, autour des pôles de l'édiptique , pour que les intersections de Tédiptique et de l'équateur anticipent tous les ans de cette quantité , sur les deux points de l'équateur auxquels elles coïncidoient chaque année immédiatement précédente y ce troisième mouvement représentera la précession des équinoxes et des solstices y produite par l'action combinée du soleil et de la Itine sur la terre. Et en transportant ces trois mouvemens apparens du soleil à la terre , on rendra également raison de la place donnée dans les zodiaques aux solstices d'été, pour signifier le passage du soleil du cancer au lion dans la course annuelle d'occident en orient, et non pour le passage de cet astre du lion au

(aa) cancer par la rétrocession des points Àjuinoxiaux. Car les£gyptiens ne connoissant pas la prëcessiondes ëquinoxes avant Hipparque , ne Font ni découverte ni calculée ; et ce Grec n'ayant précédé que de deux siècles la naissance de J. G. , comment voudroit-oa que les Egyptiens eussent marqué par les zodiaques de leurs temples^ l'époque de la construction de ces édifices, par la place qu'on prétend qu'ils ont donnée aux solstices en vertu de la précession des équinoxes'! Donc , ou ils indiquent des dates par l'effet de h précession , et dès lors ils sont postérieurs au deuxième siècle avant J. G,, ou ils lui sont antérieurs^ mais seulement de 1122 ans.

c( Us ont divisé la route annuelle du soleil en douze parties. Leurs observations, leurs constructions, sont d'une haute antiquité. Voilà tout ce que je vois de certain. If'a-t-on pas même nié que leurs douze figures fussent des constellations, et prétendu qu'elles n'étoient que des symboles allégoriques des opérations de l'agriculture pendant les douze mois de l'année ? Dans ce cas , elles seroient tout à fait étrangères à l'astronomie , à laquelle ^ dans la première hypothèse, elles ne sont que parfaitement inutiles; car à quoi servent les constellations, depuis que la science existe ? à rien absolument. Les étoiles en particulier , leurs positions bien observées, sont les fondemens de toute l'astronomie. On n'en voit aucune sur ces zodiaques , la division mathématique de l'écliptique en degrés es|L celle des astronomes.

La division du zodiaque en signes ou en maisons est celle des astrologues. Les Chaldéens et les Egyptiens ont été des astrplogues ; ils ont employé quelques feits y quelques termes qui ont dû passer dans l'astronomie. Les faits sont essentiels; pour les termes , on s'en seroit bien passé ; ils n'y ont produit que la confusion et de fréquentes équivoques, tt Les faits appartiennent aux Chaldéens ^ ce sont leurs observations rapportées par Ptolemée. Pour les Egyptiens , ajoute M. Delambre y sauf quelque^ levers héliaques qui ne nous ont pas été transmis^ et l'année de ZQS\ jours ^ si nouvelle chez eux, on ne ^voit pas de quoi ils pourroient se vanter (i)« «^ Que peut-on attendre donc de ces zodiaques?

il ne faut y chercher que ce qu'ont cherphé les sages auteurs du mémoire. Ils ont voulu prouver que les Egyptiens connoissoient les dou&e signes du zodiaque y rien n'est mieuxMémontré ; que malgré les incertitudes et la confusion produites par tant de figures équivoques y on pouvait cependant reconnoitre sûrement un nombre de constellations extra-zodiacales^ et je crois ce point suffisamment établi i ils nous ont donné des descriptions fidèles et intéressantes des monumens de ce peuple singulier ; mais ils n'ont pas prétendu que ces monu • mens renfermassent des preuves d'une astronomie perfectionnée. Ils n'y ont vu qu'une astronomie

( i) M. Delambre > analyse des travaux de l'Académie royaîe des Scienc<^ en 1821.

très ancienne , qui est celle que nous accordons , sans la moindre difficulté, à tous les peuples qui ont existé assez long-temps , aux Indiens, aux Chinois , aux Ghaldëens comme aux Egyptiens. Les deux zodiaques Egyptiens ont une origine un peu différente. Us n'appartiennent donc pas à la même époque. Cela paroît très-vraisemble ».

En effet , M. Delambre ajoute i « Dans le premier zodiaque, le lion est le premier signe j dans l'autre c'est la vierge , ce qui supposeroit plus de 2000 ans d'intervalle. » Or nous avons prouvé que le zodiaque de Denderah ne remontoit pas au cinquième siècle avant notre ère, celui d'Espé ne re« monte donc pas au-delà de aSoo avans cette époque, mais je vais démontrer encore par un autre moyen qu'ils sont de 2000 ans plus modernes

On a conclu de la balance figurée dans les zodiaques égyptiens, que les monumens auxquels ces zodiaques appartiennent, étoient antérieurs à la conquête de l'Efjypte par Alexandre-le-Grand, c'està-dire au quatrième siècle avant Jésus-Christ. Mais cet argument , quand il seroit fondé, n'établiroit pas l'antiquité indéfinie qu'on voudroit donner à ces édifices , puisqu'ils pourroient avoir été construits depuis l'introduption du zodiaque oriental.

Le P. Kircher dit que le zodiaque égyptien étoit divisé en 1 2 maisons ou demeures du soleil, la première étoit le capricorne ou anubis représenté avec une tête de chien , des cornes de bouc et une queue de poisjsoiij l^dcujiicme^ Canopc représenté sous la figure de

Sërapis ; la troisième Ichthon ou les poissons ; la quatrième Amun^ ou Ammoun ouAimnon le bélier; le cinquième le bœuf Apis ; la siûème les gémeaux fils d'Isis et d'Osirisj la septième une Ibis en place de laquelle les Grecs ont mis Técrevissc j la huitième Mompbta homme à face de lion ; la neuvième Isis tenant un épi ; la dixième Omphta sous figure humaine tenant d'une main un bâton pour mesurer et sur la tête un boisseau ; la onzième. Typhon sous la figure d'un scorpion, et la douzième JNephtys venant au recours d'Osiris , représenté par un scarabée ou par un globe allé.

LieP.-Kircher (i) dit expressément que les Egyptienâ ont consacré le septième signe à Omphta, à l'image de q[ui ils ont substitué une figure de géomètre qui tient dans ses mains une toise ainsi formée ^ ; mais les Egyptiens moins anciens ont remplacé cette toise par la représentation d'une balance. Les anciens Egyptiens n'avoient donc pas la balance dans leur zodiaque, et puisqu'elle se trouve dans ceux qui sont attachés aux temples d'Esné et de Denderab , il est évident que ces temples sont d'ua temps postérieur à celui du changement du niveau ancien en balance moderne.

(i) Septimam signam lîbrae tribuitar ab aegyplîlsnuittini Omphta... loco imaginis Omphta quae homînem mensorium in manibus radium tenentem mentiebatur , eumdem radium ponebant hoc pacto ^ ; posteri vero loco hujus libram for* marunt hoc pacto £îï. OEdip. ^g.

Un poëme grec ^ sous le nom de Manethon ^ dit que les hommes sacres ont change le nom des serres du scorpion en celui de balance.

Xifi^iOuq xai 9ri fiexe^YifJLiaay avepe; Ipot Kat ^vyov exXrieiaav ^ irceC t' txavoae ixarepSev Ocai ncct iCkdLçvyyt^ èm (oyou B^xoiievoio , Sxopirioc eçt

u Les Serres dont les hommes sacrés ont changé le nom en les appelant balance, parce qu'elles s'étendent de chaque côté comme des bassins pendans à un joug^ c'est le scorpion... d Ce Manethon -vivoit sous Ptolemée Philadelphe dans le troisième siècle avant Jésus-Christ^ et quoiqu'il ne dise pas en quel temps la balance a été substituée aux serres^ il montre bien que les serres ont précédé la ba-^ lance dans le zodiaque Egyptien.

Servius ajoute que les Chaldéens prenant le scorpion et la balance pour un signe ne donnoient que onze signes au zodiaque divisé en 20 et 4^ parties alternativement^ et les Egyptiens douze ^ mais que ceux-ci faisoient chacun des signes de 3o parties égales y et le scorpion de 60 ^ à cause de ses serres qui le doubloient.

Achilles Tatius dit expressément que les Egyptiens avoient d'autres figures que celles des Grecs , dans leur sphère ; ils n'avoient donc pas les serres du scorpion. Hygin assure que le scorpion faisoit deux signes ^ au premier desquels on donnoit le

( ^7 ) nom de serres; elles Latins les nommoient balance; mais Hygin ne parle que des Grecs^ et non des Egyp* tiens (i).

Les Egyptiens n'ont par conséquent point reçu leur astronomie^ de la même source que les Grecs. Et ils n'ont formé leur zodiaque ^ qu'après avoir reçu des Ethiopiens les premières notions de cette science (2).

Luden (3) témoigne en effet , que les Ethiopiens senties premiers qui ont inventé l'astronomie à cause que leur ciel est sans nuage | et qu'ils n'éprouvent pas comme nous le chiingement des saisons. Après avoir vu les phases de la lune ^ ils en voulurent rechercher la cause ^ et ils trouvèrent qu'elle venoit des différens aspects du soleil dont la lune emprunte sa lumière. Ils étudièrent ensuite le cours et la nature des autres planètes et leur donnèrent des noms y non-*seulement pour les discerner^ mais pour marquer leurs diverses

(1) Scorpias propter magnitudinem membromm in duo signa dividitor , qaorain unius effigiem nostri libram di-* xeronc. Scheffer auct. My thogr.

(2) Les Egyptiens sont descendus des hauteurs de TEthio* pie y de sorte qu'ils out commencée à se fixer au-dessous des cataractes t aussi leurs premiers rois ont-ils rësidé à Thébes , et non pas à Memphis , comme cela est démontré par le canon d'Eratosthène^etpar tous les catalogues des dynasties. Recherches sur les Egypt. et les Chin.

par de Paw.

(v3) Traité de Tàstrologie.

infLaenœs. Enfin les Egyptiens ont cultivé ceife science^ etc. (i)* »

Les Egyptiens ont donc reçu leur astronomie des Ethiopiens ^ et s'ils tiennent la balance des Ghaldéens, ce n'est pas sous la forme de bassins suspendus , mais sous celle d'un niveau qui désignoit l'équilibre des eaux du !Nil ^ quand elles avoient cessé de se répandre sur les teiTes y et avant qu'elles refluassent dans le lit du fleuve , ce qui avoit lieu en amtomne^ dans la saison moyenne entre la plus grande déclinaison australe du soleil ^ et la plus boréale. *

Le signe sodiacal soutenu dans le tableau que j'expliquerai ailleurs , et qui est peint au plafond du premier tombeau des rois à Thèbes , n'est que le symbole ordinaire £^, qui est plutôt une figure de règle servant à mesurer, ou de joug de bœuf, que celle d'une balance. Aussi les Grecs l'appellent-ils ^vyivy joug , et Ciceron jugum. Ce tableau est probablement le plus ancien de tous ceux que la commission d'Egypte nous a fait connoitre. La marque qui y figure le septième signe est donc le plus ancien de tous les symboles par lesquels on a voulu représenter un niveau d'applanissement , comme on le voit dans l'Histoire de l'astronomie de Bailly , plutôt qu'une balance ; et ce ne fut que long-temps après, qu'on y attacha des bassins qui furent nommés Xrrp«t par les Grecs qui l'adoptèrent sous Auguste, comme on le voit sur le globe du palais Farnèse, où en effet les serres du scorpion soutiennent le levier d'une ba-

(i) Bailly. Hist. de Tast. anc.

lance des deux bouts desquels sortent les cordes qui y tiennent les bassins attachés.

L'auteur , quel qu'il soit , du poëme grec sur la sphère, attribué à Empédocle, n'y nomme pas une seule fois la balance , mais on y lit le mot yiyikoLl , serres , du scorpion , pour le signe que Ton nomma ensuite balance. Le mot yiyikaiyieat de yiyihjÇy tortue. Il est possible qu'avec le temps on ait attaché deux têts égaux de tortue aux extrémités des deux bras du levier soutenu en son milieu parle point d'appui. Mais dans l'origine , ce signe a été composé des serres du scorpion, comme le prouve ce poëme sous le nom d'Empédoçle qui décrit la plus ancienne sphère des Grecs. Cette sphère a reçu ensuite la balance en place des serres. De même aussi, le z^odiaque égyptien qui n'avoit pas de balance d'abord, l'a reçue ensuite, et ce changement n'a pu s'opérer que par la communication des Egyptiens avec les Perses , depuis la conquête de l'Egypte par Gambyse , successeur de Cyrus , cinq siècles environ avant l'ère chrétienne. Les zodiaques ji'Esné et de Denderah qui présentent une balance, démontrent par conséquent que la construction de ces temples ne peut pas être portée à une époque plus ancienne.

Les Egyptiens en effet n'ont pu recevoir que des Perses qui avoient la balance dans leur Zodiaque y cette figure qu'ils ne peuvent avoir prise des Grecs dont le zodiaque n'avoit que onze signes, le scorpion . avec les serres formant deux signes àlui seul. On peut démontrer , dit Bailly , que les Grecs d'Alexandrie

.n'ont rien emprunté àes Egyptiens^ ils tenoient tout des Ghaldéens. Uastronomie qu'ils nous ont transmise a pour base l'astronomie chaldéenne. C'est donc de Babylone que nous viennent et les constellations et leurs noms. Les Perses étoient assez voisins des Ghaldëens pour laisser appercevoir certains rap- , ports dans leurs connoissances réciproques. Les Indiens dévoient aussi en avoir avec eux^ et les sphères respectives se tenir par quelques points de ressemblance. Mais la balance est dans les sphères persienne y indienne et égyptienne ^ mais non dans celle des anciens Grecs. >i

Gassini dit que ce fut en l'honneur de Jules Gésar^ réformateur des calendriers par l'astronome Sosigènes,que, dans le zodiaque grec d'Alexandrie , les serres furent changées en balance qu'on plaça dans les mains de la figure qui la représentoit^ à l'exemple des Egyptiens qui avoient cette figure avant Jules César. Ptolemée et autres ont gardé les serres qui sont restées aussi dans le catalogue des étoiles de Copernic, et c'est des tables alphonsines dressées d'après les Arabes, que Tycho et les modernes ont emprunté la balance des Egyptiens.

La balance n'est donc pas aussi ancienne qu'on le croit^ dans le zodiaque égyptien mâme. Ce signe fut d'abord celui d'un niveau , puis d'un joug , et enfin d'un peson auquel on suspendit ensuite des bassins qui en firent une balance; sous toutes ces formes, ce signe exprima toujours l'égalité , et par là il put toujours signifier l'équinoxe après le solstice d'été, du

iiGaooer au lion. Et c^est ce, que le P. Kircheè pous montre dans son OËdipus iEgypliacus, où ^aqs le. zodiaque égyptien au lieu de balance ^ nous voyons une figure humaine qui . tient une f ègle à la main.

La balance n'est donc pas^ dans, ces zodiaques^

l'indice d'une bien haute antiquité , puisqu'elle n'est originairement qu'une règle ou mesure de ni^ veau. Et toute l'induction qu'on jpourra tirer de sa présence dans les zodiaques des égyptiens, c'est qu'elle leur vient des Perses sous Cambyse. Et elle, confirmera ainsi le jugement que M. Delambre a porté de ces zodiaques j. il pense q4i'on peut le^ expliquer comme on veut. Or ce qui peut signifier tout ce que Ton veut^ ne signifie proprement rien, surtout en matière de chronologie.

Supposons que dans mille ans, il n'existe plusd'au^

très livres que le Jupiter Olympien du savant acadéi'

micien qui en a publié une si belle description. Si

' alors on côncluoit de la place donnée au soleil entre

le bélier et le taurieau^ dans la représentation du

bouclier d'Achille, décrit par Homère , que l'équi^

noxe du printems, ou le solstice d'été, arrivoit

dans le passage de cet astre, de l'une de ces deux

constellations à l'autre, on se tromperoit assuré-*.

ment ; car Homère n'a pas eu Va moindre intention

de donner, à la fin du vingt-troisième livre de son

•Iliade, l'époque astronomique du temps où il a

composé ce poëme , puisqu'il n'y . parle nullement

des lignes du zodiaque. Le poëte ne nomme que

hs pléiades, leshjradeSf orion, ei' Fourse que Ife vulgaire^ dit«>il, appelle aussi chariot y i^a^a, ^id ne -se plonge jamais , ajoute-t-il , dans les eaux de POcéan* f^idcain y avoit figuré la terre , fe ciel et la mer , le soleil infatigable, et la lune pleine. » Voilà tout : les pléiades avec les hjades jfaisant partie de la constellatioa du taureau^ socft xIqzic les seules coQûues d'Homère, (pi'on puisse r^ garder, du moins dans cette description > coTome |kpt)artenant au zodiaque.

Homère a voulu seulement montrer, dans la des* i^lption du bouclier de son beros, les occupations publiques des hommes de son temps et do sa nation, pendant le cours d'une année solaire. Ces cuy cupations sont au nombre de huit : le labourage, la moisson , la vendange , les bestiaux dévores à h campagne par les animaux sauvages , et mal défendus pAv les pâtres et les chiens , les patucages, |es danses des jeunes gens, la ville en paix où l'on se marié et où l'on plaide, et la ville ei^ guerre où Von se bat. Homère n'a attribué aucune de ces huit scènes à aucune des quatre saisons de l'année. Et c'est seulement par conjecture , que les interprètes ont imaginé des placer chacune de ces huit scènes sous les signes des mois auxquels ils ont cru qu'elles dévoient «'exécuter anciennenient dans la Grèce. C'est pourquoi ils ont ajouté à \% description d'Homère une fôae zodiacale dont il ne parle pas du tout. L'acar démicien Boivin a donc mis la terre au centre^ f uivant le aystème de Ptolemée^ qui étoit celui 4^

&recs,'Hipparqae, Archimède^ Aristarque , etc. , et dans l'espace circulaire qui entoure la terre, et qu'il a divisé en deux également, il a placé au milieu des nuages dont il a rempli une de ces moitiés , le soleil , entre le capticorne et le verseau', ce qui se* roit le solstice d'hiver, mais sans aucune autre raison que parce qu'il crcwoit qu'il j deVoit être au têmpÀ d'Homère , neuf à dix siècles environ avant J. G. Les bœufs dévorés par le lion sont dans la bande circulaire autour de ce zodiaque sous le signe dtt capricorne , et les pâturages sous le signe des poissons. L'autre moitié de l'espace circulaire est parsemée d'étoiles, sans ordre et sans règle astrono- . mique. Parmi elles il a fait répondre la lune au lion, l'ourse entre la vierge et la balance qu'il y a figurée de son chef, quoique les Grecs n'eussent pas ce signe là au temps d'Hoittère , et Orion au cancer. "Il met le labourage sous cette balance , à l'écjuinoxe d'automne j et par conséquent, l'équinoxé de printems au bélier sous lequel il a figuré les mariages j et le solstice d'été entre le cancer et le lion , au-dessus de la bataille pour le rapt des bestiaux. On voit aisément que tout cela n'est que convenance, et de la pure volonté de Boivin. Aussi ^'auteur du Jupiter Olympien a-t-il changé cette disposition. Mais il a conservé les mêmes signes, du zodiaque et enlr'âutre la balancé, à la place de laquelle il eût fallu prolonger les serres du scorpion, pour se conformer au zodiaque grec. -*

Danâ cette seconde représentation du bouclier //. 3

d^Âdulle j U. êoleil est placé entre le bélier et te taureau , ^est 4oQC l'équinoxe du printeinus pour le temps où vivoit Homère ^ parce qu'il y étoit effeo* tîvemeaait alors» Mais ce n'est pas l'effet dç la préçefsion ^ incponue au temps d'Homère^ quie reprepepte cette place donnçe au soleil , c'est sou lieu en de sa course annuelle dans la plus ardente de l'anpëe y puisqu'au-dessous se voient^ dans ^jBUZ bandes circulaires concentriques , la vendange^ les boBufs dévorés par les lions ^ la ville en guerre , les batailles ^ où qu distingue une copie du tableau (ju peintre David qui représente le combat de Ro* j^julus et de Sabinus , bien postérieurs cependant ^ siècle d'Homère, ce qui prouve que tout cela n'est que d'imagination, et n'a aucun fpndemeut as« tronomique ^ ni même mathématique*

Si pourtant , dans mille ans , cette représentation du zodiaque se trouvoit la çeule ejdstante^ avec cellie de Boivin , les savans et les ignoraps qui voudroient également appliquer le calcul de la préces- ^^n à démontrer le solstice d'été entre le cancer et le lion / et prouver par là que la précession des équiaoxes étoit déjà connue au temps de la guerre de Troye, se troniperoient complètement, puisque cç lieu n'est donné dans ces deux repTésentations , au soleil, que par deux modernes dont l'un; vit epr çore > pour faire cadrer ce qu'Homère dit des trayffo^ djB l'année <| aveq les mois désignéj^ p.v- leurs ^gnes dans le a^diaque , auj^uds ils çnk ctn, pi^ une s^ple relâtiôu de convenance, qii.e ces

travaux pouvoient respectivement se rapporter.

Il en est de même pour les zodiaques égyptiens. On s'obstiÀe à vouloir les expliquer dans la supposition de la précession des équinoxes , quoiqulk ne présentent que des rapports de travaux et d'usages publics avec les mois où ils revenoient chaque année , en Egypte. Et cependant toutes les figures de personnages dont les signes des mois sont accompa*gnés dans ces zodiaques égyptiens, devroient, malgré le système d'incrédulité dont on s'est laissé aveugler l'esprit , faire voir , que comme dans lès zodiaques du bouclier d'Achille , les personnages figurés à chaque signe désignent les rites et les travaux usités . en chaque mois. ,

Quarid on fcroit de l'âge de ces zodiaques^ un problème de mathématique à résoudre par le calcul astronomique ) il faudroit toujours supposer qu'ils ont été peints ou sculptés pour indiquer l'époque du temps de la construction des édifices auxquels ils sont attachés, ce qui seroit d'abord une supposition très gratuite, si elle n'étoit pas aussi mal fondée qu'elle l'est. Pour soutenir cette hypothèse, on prendroit des données trè^ arbitraires, on les fortifieroit de calculs analytiques pour faire illusion, et on ne manqueroit pas de trouver desi résultats favorables aux données qu'on auroit supposées. Car telle est la méthode des mathématiciens. Ils concluent toujours d'après les quantités qu'ils ont fait entrer dans leurs calculs Mais si elleis soçt fausses, les résultats i}e peuvent jamais être

( 36 ) justca , et c'est ce qui arrivera dans la Calcul appliqué à ces zodiaques. Car les quantités qu'on y introduira^ sont les points où il faut nécessairement supposer les solstices et les équinoxes , et c'est précisément là ce qu'il y a d'arbitraire. Comment donc pourra-t-on se faire des données , de quantités qui sont aussi incertaines que l'inconnue qui est l'époque cherchée? Ces données en effet étant toujours hypothétiques ne peuvent jamais être accompagnées de Févidence , ni la produire , puisqu'elles mettroient en preuve ou au moins en base incontestable , ce qui est en question , c'est-à-dire la vérité de la supposition qui , par là même qu'elle est une supposition , ne peut jamais acquérir la certitude de l'évidente vérité* Nous r*esterions donc toujours dans le doute sur l'inconnue qu'on en déduiroit , c'est-à-dire sur l'époque qu'on suppose cachée sou» ses emblèmes inextricables. Cependant , en prétendant avoir trouvé cette inconnue par une prétendue solution d'un problême insoluble , puisqu'il n'est composé que d'inconnues sans aucune donnée certaine , on s'applaudira d'avoir procuré le triomphe de l'erreur et du mensonge, par un des plus déplorables abus de la science la plus propre à faire connoître la vérité.

Èv f*iv 7atav frcv? , Iv ^ oupavov , iv 9t 5aXaffff«v> HAiov t' àxafwtvT« , fff>«vîQv tc wUOovaav.

Êv ai ta xsipea TtivroL , tcc t' ovpavbç 1 ç-cyav«T«tr fllnïà^OLÇ Ô' Ya^ac ti , to xi ffOwoç «piwvoç,

Ofe «r «tfi^opoç ici >P«T/>«v wxwvoïo Homcr. Iliad. ^8.

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