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II. Examen direct : divisé encore en deux parties

1° En dehors du bassin : Jeter un coup d’œil d’ensemble sur la taille, la stature, la démarche (mouvement des jambes). — Passer ensuite en revue tous les organes : (Les caractères normaux sont ici trop connus pour qu’il soit utile de les indiquer). Forme du crâne (bosses frontales pariétales). Faciès (maxillaires et dents, leur forme et leur disposition). Coloration de la peau.

Dans le cou, ganglions. — Aux membres supérieurs et au thorax, examiner : les clavicules, le sternum, avec attention ; les côtes (symétrie, direction, insertions sternales) ; les bras, avant-bras et mains (examen individuel et comparatif, extrémités des petites articulations). — Aux membres inférieurs, examiner avec soin les tibias et fémurs (arêtes, articulations). On recherchera dans tous les membres, la symétrie, la rectitude normale et le parallé-

lisme. Passer ensuite à l’examen des organes profonds (cœur, poumon, estomac, intestin, rein).

2° Examen du bassin proprement dit : on procédera de dehors en dedans et on étudiera :

1° La symétrie générale (région costale inf ., hypocondres, flancs, hanches et régions trocli. antérieures).

2° Sur la paroi antérieure : La saillie abdominale (tenir compte évidemment des modifications apportées par l’utérus gravide). A l’état normal, la cicatrice ombilicale doit se trouver dans l'axe du corps. La saillie du mont de Vénus, arrondie et non anguleuse, audessous l’orifice vulvaire situé aussi sur l’axe du corps. De chaque côté du pubis les replis inguinaux cruraux s’éloignant symétriquement pour prendre une direction oblique en dehors et en haut et atteindre l’épine iliaque antérieure et supérieure. La bissectrice de l’angle aigu formé par ces deux lignes doit coïncider avec l’axe du corps ‘et passer par l’appendice xyphoïde. Ces replis seront partout visibles, et de profondeur relative à l’état de vacuité ou de plénitude de la cavité abdominale ou de l’épaisseur de la paroi. Le sillon de la cuisse doit avoir un trajet à peu près parallèle pour se terminer à la fossette fémorale de Richer.

3° Sur la face postérieure, la gouttière lombaire doit descendre verticalement, décrivant une courbe à convexité antérieure et dans l'axe du corps. Le losange sacro-lombaire présentera ses deux angles sur une même ligne horizontale se terminant dans les fossettes lombaires latérales. Ces fossettes, dont les centres seront à 9 centimètres de distance en moyenne, offriront la même profondeur et le même diamètre.

Sur la crête sacrée on sentira les apophyses épineuses des vertèbres sacrées, arrondies et régulièrement placées sur la verticale du corps. — On suivra ensuite le sillon

lombaire médian et traversant la fossette lombaire médiane on arrivera au sillon inter-fessier dans le prolongement du premier, c’est-à-dire vertical et dans l’axe du corps. A l’extrémité du sillon, vérifier le départ des plis fessiers profonds qui se fait à angle droit et du même point. Enfin apprécier sur les parties latérales le volume des masses fessières et leur consistance, qui doivent être égaux des deux côtés.

4° Sur les parties latérales, rchercher le sillon de la hanche et en y posant l’index, vérifier dans toute son étendue, la hauteur du droit par rapport au gauche, ne pas oublier que la crête osseuse est située plus haut. Descendre sur les masses musculaires du moyen fessier et du grand fessier dont on appréciera également le volume et la consistance et arrivant aux trochanters en rechercher la symétrie quant à la situation et la forme, vérifier la terminaison du sillon fessier dans la fossette post-trochantérienne.

o° Sur la face inférieure perpendiculaire à l’axe du corps d’avant en arrière, il suffira de s’assurer de la situa- , tion des orifices naturels et de leur position relative.

Cet examen superficiel terminé on passera à celui des plans profonds. Le plan musculaire a été étudié avec le superficiel, parlons du plan osseux.

Le Pubis : Rechercher son bord supérieur et la naissance des branches descendantes. Pas de rugosité ni de saillie angulaire sur sa face antérieure.

Les épines iliaques antérieures et supérieures : Même hauteur, symétriques et écartées de la moitié de la distance qui sépare l’une d’elles de la base de la rotule d’un même côté ; 23 cent, en moyenne. Elles forment avec le pubis les deux côtés d'un angle aigu superposable à celui cutané déjà décrit.

Crêtes iliaques : Rechercher leur bord supérieur, le

suivre sous la paroi, en étudier le contour (s’attendre ici, chez les nouvelles accouchées en particulier, à une sorte d’hyperesthésie cutanée qui rend cet examen quelquefois difficile). Mesurer la valeur maxima de ce bord, toujours supérieure dans un bassin normal, de 3 cent, environ, à la distance bisépineuse.

Trochanters : Les chercher au-dessus de la ligne pubienne qu’on a tracée perpendiculairement à l’axe du corps. Ecartement moyen de 31 cent, environ,

Ischions : Les faire saillir en repliant fortement les membres inférieurs sur la paroi abdominale ou en faisant h placer la femme dans la position accroupie. Distance moyenne 9 cent.

Sacrum et Coccyx : Enfin terminer cette étude par l’examen du sacrum et du coccyx tous deux incurvés en avant et dans l’axe du corps.

Ces notions acquises on passera à la mesure de l’inclinaison du bassin par le moyen que nous avons indiqué et on se rapportera à ces moyennes basées sur les observations :

Si la distance interépineuse est

Si de l’épine à la rotule il y a

La perpendiculaire est

Nous avons indiqué en étudiant l’anatomie du bassin les diamètres obliques intéressants à connaître, il sera bon de les mesurer aussi au moyen du coinpas de Baudelocque, pour ce qui est du diamètre de Baudelocque il est bon de le rechercher aussi mais sans toutefois y ajouter une confiance absolue. Voir à ce sujet la thèse de Chiché, (Paris 1852), qui le sacrifie à la pelvimétrie digitale.

Cet examen pratiqué sérieusement pourra croyons-nous donner une idée fort suffisante de l’état du bassin chez la

jeune fille. Quant à celui de la femme, lorsqu’on y aura joint le palper mensurateur si bien enseigné par M. Pinard et l'exploration digitale, le seul moyen pelvimétrique qui ait survécu au naufrage, on le connaîtra suffisamment pour porter un diagnostic à peu près certain, un pronostic solide et se décider sur le choix et le moment d’une intervention reconnue indispensable.

Reynaud.

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