‹ Examen littéraire et grammatical des deux dernières traductions de TaciteChapitre 1 sur 101 · CHAQUE AUTEUR SE VEND SÉPARÉMENT · texte numérisé non relu

CHAQUE AUTEUR SE VEND SÉPARÉMENT

Toute l'édition est imprimée in-octavo sur beau papier satiné, caractères neufs de Firmin Didot.

(Les lignes suivantes sont imprimées avec le caractère de l'ouvrage.)

Un nouvel ordre de choses a créé pour l'intelligence faj. des besoins nouveaux : les sciences mathématiques et philosophiques, historiques et politiques ont été cultivées avec plus de curiosité et de succès; mais quelqu'estime o> que Ton ait accordée à ces hautes études, éminemment appropriées au génie des temps modernes, celle du latin n'a point perdu sa vieille prééminence: elle est restée, dans les maisons d'instruction publique, la base de l'éducation , le principal objet des laborieux exercices de la jeunesse; dans le monde, le complément nécessaire de toutes les autres connaissances, et, pour ainsi dire, la condition du savoir.

Cette alliance entre l'étude classique du latin et les études relevées de la philosophie, de l'histoire et de la politique, n'a rien qui doive surprendre : il faudrait s'étonner plutôt qu'on les séparât. Quel divorce peut exister entre ces sciences et la langue qui nous a transmis leurs plus précieux monumens ? Qui voudrait , en s'appliquant à l'histoire, ignorer et Tite-Live et Tacite? Comment se livrer à la politique, à la philosophie, à l'éloquence , sans avoir approfondi les ouvrages de Cicéron?

Le mérite singulier des écrivains latins, et le goût du siècle pour les études sérieuses, expliquent assez pourquoi les chefsd'œuvre de l'ancienne littérature romaine ont été si souvent reproduits, soit dans des entreprises générales, soit par des réimpressions particulières. Mais on peut s'étonner qu'il n'ait pas encore été publié de collection complète de ces auteurs avec une traduction en regard du texte : ce secours est surtout nécessaire lorsque, dans là lecture d'un écrivain, on se propose d'étudier ses opinions et ses pensées, plutôt que le caractère de son style. Il est bien peu de latinistes qui puissent se flatter de parcourir un ouvrage latin avec la même rapidité qu'un livre français. L'attention qu'on voudrait porter tout entière sur les choses, est préoccupée de l'intelligence des mots, et le temps destiné à l'examen des idées se consume dans la seule explication de la phrase grammaticale. Il n'en est plus de même, lorsqu'une version fidèle est placée sous les yeux du lecteur, et vient incessamment aider son intelligence ou sa mémoire. C'est un dictionnaire commode, qui ménage ses momens, en même temps qu'il épargne à l'esprit la distraction d'une étude étrangère à son dessein.

En s'occupant des traductions, on n'oublie pas que l'on donne aussi le texte des auteurs : il est revu sur les meilleures éditions , et même, lorsqu'il le faut, sur les manuscrits. Peu de notes y sont jointes : la traduction est le commentaire le plus naturel et le plus satisfaisant.

On verra , par le tableau des volumes publiés, ou qui sont en ce moment sous presse , quels sont les hommes distingués qui concourent à élever ce beau monument aux lettres latines : la réputation de l'éditeur, qui a créé et achevé les plus grandes entreprises du dix-neuvième siècle, garantissent assez le mérite et la rapidité de l'exécution.

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