‹ Examen médico-légal du procès de Pierre Duval dit BarbinasChapitre 22 sur 24 · OPÉRATIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

Essai des réactif s — Trois flacons neufs et lavés à l'eau distillée, ont été en partie remplis, le premier, d'acide sulfurique,le second, d'acide azotique, le troisième, d'acide chlorhydrique; quatre grands flacons d'eau distillée, du bicarbonate de potasse crystallisé, du zinc, du cuivre, de la liqueur d'ammoniaque forte, ont été essayés avec le plus grand soin, et suivant la méthode de MM.Pelouze,de Vergie et Flandin, pour en reconnaître la pureté. Les acides ont été traités isolément par le bicarbonate de potasse crystallisé, de manière à ne les saturer qu'incomplètement. Les dissolutions, encore acides, ont été étendues d'eau distiilée, chauffées alternativement et mises à refroidir jusqu'à trois fois, pour opérer la crystallisation et séparation des sels, décantées, évaporées, et enfin essayées (l'azotate ayant été transformé en sulfate) isolément dans un appareil de Marsh ; le dégagement de l'hydrogène a été entretenu pendant près d'une heure ; dans cet intervale de temps aucune trace de matières solides ne s'étant déposé dans les tubes à condensation, et après retrait de la lampe, le gaz allumé n'ayant produit aucune coloration de la flamme, non plus qu'aucune tache sur une soucoupe en porcelaine, il a été rigoureusement établi que

non seulement les acides sulfurique, azotique et chlorhydrique, mais encore que l'eau distillée et le zinc, dont on avait à faire usage ultérieurement, étaient entièrement dépourvus d'arsenic. En conséquence les flacons d'acides sulfurique, azotique, chlorhydrique, l'eau distillée et le zinc, ainsi essayés, ont été placés dans la pièce attenant au laboratoire de chimie, pour servir à toutes les opérations des analyses chimiques ultérieures.

Essai du cuivre. — Nous avons mis un morceau de cuivre dans une cornue avec de l'acide sulfurique pur, et fait bouillir jusqu'à cessation de dégagement d'acide sulfureux ; nous avons placé la liqueur acide dans un appareil de Marsh avec du zinc et avons ajouté l'acide sulfurique, l'un et l'autre déjà reconnus purs ; le dégagement de l'hydrogène nous a donné une flamme colorée, des taches d'arsenic qui se volatilisaient à la chaleur de la lampe à esprit de vin, se dissolvaient dans l'acide azotique, et la solution évaporée donnait par l'addition de quelques gouttes d'une solution d'azotate d'argent un précipité de couleur brique (arséniate d'argent), caractère propre à Parsénic.(*) Ce cuivre aurait pu devenir la source d'erreurs bien regrettables sans les procédés qui ont été suivis pour en reconnaître la pureté. Un autre échantillon de cuivre en feuille fut essayé et trouvé dépourvu d'arsenic.

Essai et lavage du charbon animal. — Le charbon animal du commerce contenant toujours des sels étrangers et surtout du phosphate et du carbonate de chaux, nous l'avons traité par l'acide chlorhydrique étendu d'eau, jusqu'à cessation complète d'effervescence, et ensuite lavé à plusieurs reprises, puis fait bouillir dans l'eau distillée jusqu'à ce que la liqueur JUtrée ne donnât plus de précipité ni par l'ammoniaque ni par l'acide oxalique, ni par l'oxalate d'ammoniaque, et que le nitrate d'argent ne produisît plus aucun précipité, ni ne louchît plus l'eau distillée et bouillie avec le noir animal. Le charbon ainsi lavé et purifié est entièrement dépourvu

(*) Aucune autre réactif n'a été employé sur ce cuivre.

de corps étrangers. Le papier à filtrer a été également essayé et trouvé propre à toutes les opérations de filtration.

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