ANALYSE
Nous avons pesé exactement, une fo;s séchée, cette poudre jaunâtre que nous avions recueillie de l'estomac, et nous avons trouvé son poids égal à huit grains.
Nous avons pesé également les petits cristaux blancs dont il a été parlé plus haut, et nous avons trouvé leur poids égal à environ trois quarts de grain.
1° Nous avons traité par la méthode de réduction, à l'aide du flux noir, une petite quantité de cette poudre jaunâtre, et aussitôt nous avons obtenu un anneau brun miroitant, large et épais d'arsenic métallique. — Nous avons soumis à la même épreuve quelques-uns des petits cristaux, avec le même résultat.
2° Nous avons traité une autre portion de cette même poudre; préalablement dissoute dans de l'eau pure, par le nitrate d'argent ammoniacal ; et nous avons obtenu aussitôt un précipité jaune abondant, qui s'est redissont aussitôt dans l'acide nitrique. — Nous avons traité de la même manière quelques uns des petits cristaux avec les mêmes réactions.
3° Nous avons traité par un courant d'acide sulfhydrique lavé, une autre portion de la poudre dissoute dans de l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique.
Nous avons obtenu un précipité jaune qui s'est redissout aussitôt et en totalité dans l'ammoniaque. — Même traitement pour quelques-uns des petits cristaux avec même résultat. — Ces deux dernières réactions (2° et 3°) sont non-seulement caractéristiques de l'arsenic, mais sont encore la preuve que l'arsenic de cette poudre et de ces cristaux est à l'état d'acide arsénieux.
4° Une autre portion de cette poudre a été bouillie avec 'de l'eau régale pure, évaporée à siccité, reprise par l'acide nitrique, évaporée de nouveau à presque siccité, et, la capsule étant refroidie, a été touchée par le nitrate d'argent ammoniacal. Nous avons obtenu aussitôt un précipité aboudant et caractéristique d'arséniate d'argent ronge-brique.
5° Une autre portion de cette poudre, dissoute dans quelques gouttes d'eau, et mise dans un appareil de Marsh, dit de l'Institut, préalablement essayé à blanc,
a donné sur des fragments de soucoupe de porcelaine blanche, des taches nombreuses et épaisses, brunes et miroitantes, d'arsenic métallique.
(a) Une de ces taches soumise à la vapeur d'iode, s'est colorée en jaune.
(b) Une autre, soumise à l'action de la flamme d'hydrogène, a disparu aussitôt complètement.
(c) Quelques autres taches touchées par l'acide nitrique, se sont immédiatement dissoutes; puis, ayant évaporé à presque siccité, et touché par le nitrate d'argent ammoniacal, nous avons obtenu un précipité rougeâtre mélangé de jaune, qui s'est aussitôt dissous dans l'ammoniaque.
Toutes ces réactions sont caractéristiques, et n'appartiennent qu'à l'arsenic.
Nous avons cherché si, par quelques manipulations, nous pourrions enlever à cette poudre cette couleur jaunâtre qui en masquait complètement les caractères physiques, et la rendait méconnaissable à l'œil. Nous avons réussi parfaitement, en la chauffant avec une petite quantité d'eau aiguisée d'acide nitrique, et nous avons obtenu trois grains pesant d'acide arsénieux pur, blanc, avec tous ses caractères physiques ordinaires.
Foie. — Nous avons incinéré au moyen du nitrate de potasse une portion du foie, en suivant le procédé d'Orflla, tel que décrit dans la dernière édition de sa Toxicologie.
Après déflagration, la matière, traitée par l'acide sulfurique, reprise par un peu d'eau, et filtrée, a été introduite dans un appareil de Marsh, dit de l'Institut, préalablement essayé à blanc. Nous avons obtenu un grand nombre de taches bien formées. Quelques-unes de ces taches, soumises au même traitement qui a été décrit plus haut, ont donné lieu aux mêmes réactions.
Tous les réactifs dont nous nous sommes servi dans le cours de nos recherches, v. g. potasse, nitrate de potasse, acides sulfurique, nitrique, chlorhydrique, ont été achetés comme réactifs purs. Pour pliîs de sûreté, nous les avons tous soumis à un examen rigoureux, et nous nous sommes assuré qu'aucun d'eux n'était contaminé par l'arsenic.
Chaque fois que nous nous sommes servi de l'appareil de Marsh, nous avons opéré à blanc avant d'introduire les liquides suspects, pour nous assurer que notre zinc, l'eau et l'acide sulfurique n'étaient pas contaminés par l'arsenic.