SUR CET OUVRAGE
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JL E livre , sur la traduction duquel nous publions un travail , porte le nom d'un écrivain qui a donné, dans son pays, une nouvelle direction aux études philosophiques. Dans les lettres, comme ailleurs, les révolutions ne se font pas sans que ceux qui en deviennent les chefs, ne justifient ce rôle hasardeux par un certain mérite. Ils sont toujours grands par quelque côté. L'auteur de la Critique de la raison pure a de nombreux partisans en France et à l'étranger : il en aurait davantage, si sa doctrine, souvent ardue et nébuleuse, était abordable à toutes les intelligences. Le dire , c'est sans doute lui intenter un reproche grave ; car la vérité doit briller constamment d'une douce lumière ; il convient même que tous
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les yeux puissent supporter son éclat, au moins chez les hommes qui ont cultive leur raison.
Nous nous abstiendrons de parler ici des écrits de métaphysique transcendante du docteur Kant. Ses Considérations sur le sentiment du sublime et du beau ont dû fixer notre attention , comme elles arrêteront probablement celle de tout lecteur qui se plaira aux aperçus neufs et pris dans un ordre de choses positif. Le grave philosophe est aimable et attachant dans cet ouvrage , parce qu'il s'y tient toujours près de la nature. Ses observations ont souvent de la profondeur; mais elles ne s'en éloignent pas davantage de la sphère de la vie commune; ainsi, l'application en devient facile l\ chacun. Les lire , c'est ne pas sortir de chez soi , pour peu que l'appartement soit meublé. Les femmes surtout, auxquelles cet écrit est , en majeure partie, consacré, doivent y prendre goût. Bien traitées de l'auteur, elles sembleraient l'en avoir récompensé , en l'aidant à crayonner ses traits les plus fins et les plus délicats.
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Au niveau de son sujet, Kant en a toute la grâce, en quoi nous le trouvons bien supérieur à notre immortel Montesquieu, qui cessant d'être publiciste, a esquissé , sur IcBEAU^ non sans recherche de style, quelques pages dont nous avons fait rexamen( i). Ajoutons que les conseils d'une indulgente sagesse accroissent le prix du tribut, payé par le professeur de Kœnigsberg au sexe qui a été chargé de maintenir, par le charme de ses vertus et peut-être de ses séductions, l'harmonie du système social.
Cetouvrage parut en Allemagne vers l'année 1 77 1 , qui tient encore à la première période littéraire de Kant; la seconde période fut remplie par des productions de philosophie transcendante, et signalée, en 1781, parla Critique de la raison pure ^ conception aussi élevée qu'extraordinaire, où il posa les fondements de la doctrine controversée aujourd'hui dans les plus célèbres univer-
(i) Tom. I*"^ de l'ouvrage sur le Beau dans les Arts (Vimitation, chez Audot, libraire-éditeur, rue desMaçons- Sorbonne , n" 11.