‹ Examen psychologique des animaux. Nouvelle méthode expérimentale de classification des espèces au point de vue psychologiqueChapitre 30 sur 34 · LES TICS · texte numérisé non relu

LES TICS

On conçoit qu'un réflexe, soit primaire, soit secondaire, devienne une acquisition pour l'espèce ; mais seulement dans le cas où il lui est utile \ car, autrement, la sélection ne manquerait pas de le détruire; il est donc clair que le réflexe complètement inutile ou nuisible ne peut exister que pendant une courte durée dans la vie de l'espèce et ne peut être transmis par un animal qu'à quelques-uns de ses descendants. Ces descendants, étant moins bien armés que leurs pareils, étant gênés par leur tic, devront être vaincus dans la lutte pour la vie.

En revanche, il est facile de constater, dans la vie des individus, de nombreuses acquisitions de réflexes inutiles ou nuisibles à l'espèce. A vrai dire, le dressage, qui exagère les facultés et leur fait prendre des voies particulières, en somme anormales, aboutit à l'acquisition de réflexes le plus souvent fort inutiles à l'espèce et ne pouvant subsister au delà de quelques générations,

surtout chez les espèces supérieures. L* étude pratique des manies pouvant être inculquées aux animaux par persuasion ou coercition suffirait à remplir la vie d'un homme et constitue pour ainsi dire, une besogne interminable (1). Nous ne voulons envisager ici rapidement que quelquesuns des tics que contractent certains animaux, au manège, en dehors de la volonté du dresseur et, à rétat de nature, par accident.

Ici encore, nous constatons que l'origine du réflexe est dans la répétition; ce réflexe peut devenir chronique et son retour peut n'avoir plus besoin d'être provoqué par une cause extérieure.

Il arrive très fréquemment que, chez les animaux dressés depuis longtemps, une manie domine les autres et finit par se révéler, même en dehors de toute excitation artificielle de la part du dresseur. Nous donnerons en exemple un de nos chevaux dressés en haute école qui, pour manger son avoine, étendait la jambe, absolument comme dans le pas espagnol et notre âne danseur, qui, du matin au soir, exécute « le balancer », presque sans aucun repos.

(1) Voir notre Dressage des animaux. N'oublions pas toutefois que le dressage peut quelquefois enseigner autre chose que des tics et même faire acquérir aux animaux des réflexes utiles à l'espèce. Nous avons examiné cette question en traitant de la volonté, chapitre X de cette brochure, p. 118 (cas du chien de berger).-

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