AVANT-PROPOS. IX
être pas assez présente à l'esprit cette vérité qu'en règ'le g*énérale il faut recueillir avec beaucoup de circonspection les récits que les propriétaires de chiens, de chats, de chevaux, etc., font desg*entillesses ou desbizarreries de leurs animaux ; il est, en efTet , bien rare que ces personnes possèdent le moindre sens critique, et le plaisir de vanter leurs bêtes les entraîne souvent à d'étranges divag'ations (1). Or, au lieu de nous en remettre à ces observateurs improvisés, pourquoi ne ferions-nous point des expériences directes sur les bêtes ?
Vous me direz que les jardins zoolog*iques sont créés en vue de pareilles expériences, et c'est ce que j'ai toujours pensé; mais le naturaliste attaché à l'un de ces établisse-
(1) La lacune qui existe dans l'expérimentation des facultés psychiques des animaux a, du reste, été signalée par sir G. Romanes lui-même dans la préface de son livre VEvolution mentale des animaux : « Nul ne peut déplorer plus que moi, disait-il, que la plus intéressante des régions où peut s'exercer la recherche scientifique se trouve être celle dans laquelle l'expérimentation ou la vérification de l'induction est le moins applicable. »