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DANS LA TROISIÈME CATÉGORIE

fSous-catégorie A du tableau )

Nous dirons que Tanimal intelligent est celui dont le cerveau, étant capable de garder l'empreinte de perceptions indépendantes du fonctionnement immédiat des autres organes du corps, est manifestement impressionné par la persuasion et apparaît comme un vase clos dans lequel se développent, se heurtent ou se combinent des idées. Le résultat de ces heurts ou de ces combinaisons est une détermination dans le sens de Tune ou de l'autre des idées entrées en ligne ; ce qui donne, chez Tanimal comme chez l'homme, Fillusion du choix et de Tintelligence libre.

La mémoire j indépendante du fonctionnement organique immédiat, est donc la faculté intellect tuelle fondamentale. On peut l'étudier à tous les degrés de l'échelle des animaux intelligents.

Si nous prenons l'exemple de l'un quelconque

d'entre eux, nous verrons que les impressions reçues par une extrémité nerveuse sont conduites jusqu'au centre intellectuel par les nerfs correspondant aux sens ; qu'alors une modification nerveuse a lieu, et que Vimpression se transforme en perception. Cela revient à dire que les cellules des nerfs acceptent la force d'une certaine manière, et que les cellules du centre intellectuel l'acceptent d'une autre manière (comme, dans le monde inorganique, tel corps est affecté d'un phépomène physique par la même cause qui occasionne un phénomène chimique dans tel autre corps). La perception est donc un phénomène ayant lieu à l'intérieur de certaines cellules nerveuses, une sorte d'ébranlement des parties constituant lesdites cellules. Et l'on peut dire que le cerveau, matière pensante, perçoit la manière d'être du monde extérieur, parce que certaines modifications de lui-même correspondent à cette manière d'être. En un mot, la perception est la modification nerveuse elle-même, quand elle a lieu dans le centre intellectuel (1).

(1) Il ne faut pas confondre la sensation, c'est-à-dire une variété de plaisir ou de souffrance, avec la perception. Mais, chez les animaux supérieurs, les perceptions sont senties, c'est-à-dire que l'ébranlement nerveux va jusqu'au centre affecté aux sensations et y réveille un écho. Inversement, une sensation peut rappeler une perception.

Sa production implique sa répétition potentielle; la cellule, une fois impressionnée, devient semblable à une touche de piano capable de répéter un son déjà donné, c'est-à-dire que les mêmes ébranlements peuvent se produire dans ladite cellule et la perception peut se répéter, même en dehors de l'effet direct de l'objet producteur. .

L'idée d'une chose, la notion d'un objet, est constituée par l'ensemble des perceptions de ses diverses qualités recueillies par les appareils sensoriels, et chacune de ces perceptions a, lieu dans des centres respectifs de localisation (1). La notion générale d'un objet n'existe donc pas en un seul point du système nerveux; mais l'être vivant n'est-il pas aussi bien en ce point de luimême qu'en cet autre point ? Il suffit que les perceptions aient lieu dans un même temps; les éléments nerveux jouissent d'une parfaite solidarité.

La conscience est donc une suite, quelquefois

(1) Certains troubles intellectuels font clairement ressortir, chez l'homme, le principe des localisations particulières à chaque sens. Après une grande fatigue ou une contrariété très vive, il arrive qu'un sens comme le toucher peut veiller et donner connaissance des objets environnants, tandis que les autres révent, ou du moins sont hallucinés et donnent de faux renseignements sur le monde environnant.

extrêmement brève du reste, d'états conscients. Vous frappez une cloche, la cloche vibre et produit un son ; ce son traduit pour votrjj oreille un état de la matière qui compose la cloche. Vous frappez coup sur coup, sans arrêt appréciable, pendant quatre ou cinq secondes ; le son vous paraît continu, la cloche ne cessant pas de vibrer pendant ce laps de temps, mais il n'en est pas moins une i suite d'états de vibration. L'illusion est la même pour la conscience. Une impression qui se transformera en perception vient rarement seule ; le monde extérieur impressionne successivement Tencéphale sans arrêt appréciable, de sorte que les états conscients paraissent former un tout un et indivisible : la conscience.

Quelle est maintenant la cause déterminante de la reproduction dans le cerveau d'un ensemble de perceptions en dehors d'une nouvelle intervention directe des objets auxquels elles correspondent?

Dans le cas de mémoire purement fonctionnelle, nous avons vu que le besoin de fonctionner de l'organe détermine une espèce de phosphorescence psychique de mémoire ; dans le cas de réminiscence intellectuelle, la mise en branle des perceptions peut être déterminée par une circonstance absolument indépendante de la sa-

tisfaction immédiate des besoins, du corps. En effet, quand, par le monde extérieur, une perception isolée, déjà enregistrée, est renouvelée, les perceptions qui l'ont accompagnée lors d'un premier « enregistrement», si l'on peut dire, tendent à se répéter, et Tidée entière, la notion entière, une première fois conçue, tend à revenir tout entière. Remarquez, en outre, qu'un objet est bien rarement perçu isolément, sans être entouré d'autres sources de perceptions s'adressant en même temps à divers sens ; en sorte que, perçu en même temps qu'un autre, n'ayant aucun rapport effectif avec lui, il peut cependant amener le souvenir de ce dernier. La mise en activité une fois produite, les perceptions peuvent s'éveiller successivement sans autre intervention du monde extérieur, et donner lieu à une chaîne indéfinie dans laquelle les perceptions sont reproduites dans l'ordre d'enregistrement.

Mais au bout de peu de temps, les perceptions ayant entre elles une parenté ont une tendance à s'attirer, à se grouper (1) en familles, d'après leurs ressemblances fondamentales, ce qui per-

(1) Le mot grouper est ici employé pour donner de la clarté dans Timage, mais nous avouons qu'il n'est guère juste, puisque les perceptions sont des ébranlements moléculaires.

met à la mémoire de s'enrichir méthodiquement. Or, ce phénomène d'association, d'attraction, n'est autre que Tembryon de ce que l'ancienne psychologie appelait la réflexion; mais en la faisant intervenir comme une faculté agissant en msQtresse, comme une cause indépendante de la perception même, ce qui était une grande erreur.

Avec les animaux capables de perceptions indépendantes des besoins immédiats de la vie et méthodiquement classées dans le cerveau, le dressage devient infiniment plus complexe qu'avec ceux dont nous avons parlé jusqu'ici, et les expériences peuvent être plus savantes, puisrqu'elles comportent l'emploi de la persuasion.

Le procédé de la persuasion a besoin d'être défini.

D'abord, nous devons admettre que le monde extérieur, au moins quant aux rapports existant entre ses parties différentes, est le même pour Thomme que pour la bête intelligente (1 ). Donc l'animal raisonnable doit concevoir la cause et l'effet comme l'homme les conçoit, et si ce dernier, par une mimique expressive, cherche à montrer à la bête la relation d'une cause avec

(1) Le cheval, par exemple, peut, à cause de la conformation de son œil, avoir une vision agrandie du monde extérieur, mais les objets restent pour lui dans la même relation entre eux.

un eflfet, il facilite chez elle le raisonnement et, en fin de compte, s'il atteint son but, la preuve est faite de Tintelligence chez le sujet étudié.

Une telle expérience est assez compliquée ; on ne peut guère en donner qu'une idée grossière. Sa complication est naturellement d'autant plus grande que le but est plus éloigné du cercle d'habitudes de la bête. La mimique de l'expérimentateur conduit, explique et sollicite ; la voix (non pas tant par l'articulation des mots, mais surtout par l'intonation, tout particulièrement compréhensible pour la bête, à cause de son analogie avec les bruits de la nature, dont elle est, du reste, une copie perfectionnée), la voix encourage, flatte, récompense. Nous donnerons plus loin le canevas de quelques expériences de ce genre. .

Grâce à leur principe, il devient possible de contrôler ce qui a été écrit jusqu'à présent sur la psychologie des espèces intelligentes, et de classer rigoureusement les animaux au point de vue de leurs facultés mentales. Il apparaît, avant toutes choses, que l'on peut établir, dans la troisième catégorie, trois sous-catégories A, B et G.

Dans la première sont renfermées des espèces ne possédant qu'une intelligence relative et avec lesquelles, si la persuasion est possible dans des cas exceptionnels et au point de vue de l'étude

,scientiflque, il faut encore avoir recours, la plupart du temps, à la coercition dans le dressage pratique : la seconde renferme des espèces douées d'une portion d'intelligence ouverte et d'instincts secondaires très complexes; la troisième renferme, enfin, les animaux doués d'une vaste intelligence et avec lesquels l'emploi de la persuasion est infiniment large.

Dans la première — celle que nous allons étudier maintenant — nous plaçons, par exemple (comme on peut le voir en se reportant à notre tableau), le cheval, l'âne, le kakatoès, la chèvre, etc.

Il y a beaucoup à dire relativement au cheval.

En effet, la plupart des dresseurs de chevaux de cirque ont cru à la stupidité de leurs élèves. Mais qu'est-ce que cela prouve? Absolument rien. Les dresseurs de cirque ne sont pas forcément des philosophes, et s'en remettre à eux pour la solution d'un problème aussi grave est simplement absurde. Pourquoi ne pas leur demander des modèles de style à mettre dans les morceaux choisis? Ce ne serait pas plus ridicule.

Sans doute, l'expérience primaire de persuasion pratiquée sur le cheval ne donne pas un résultat merveilleux ; sans doute le cheval est dominé par ses instincts et son intelligence n'est

qu'au second plan. On le dresse surtout en le poussant en avant avec le fouet et en le forçant à exécuter tel ou tel mouvement à la cravache ; mais cela ne prouve pas, et nous le montrerons, qu'on ne puisse touchei: son intelligence.

Quelques auteurs ont prétendu que le cheval «rfrfeViom^c les perceptions. Si je comprends bien, cela veut dire que la faculté psychique la plus élevée chez le cheval est la mémoire, et que cette mémoire confuse suppose dans le cerveau un entassement de perceptions juxtaposées, unies entre elles comme les anneaux d'une chaîne et se déroulant dans Tordre d'enregistrement . Or, cela laisserait inexpUqués les faits rares, mais certains, de raison véritable que l'on peut constater chez cet animal, et nous devons admettre qu'il possède une mémoire dans laquelle le phénomène d'association d'idées a eu pour résultat le classement par analogie des matières fournies par les sens.

D'autres auteurs s'autorisent de ce que la correction n'a d'effet sur un cheval qu'au moment de la défense, pour en conclure que cet animal n'est pas intelligent. Ils croient que s'il en était autrement, le cheval ne manquerait pas de comprendre qu'une correction, même arrivant «jor^^ la faute^e^X le châtiment de celle-ci, etc. « Pourquoi, disait l'auteur de Homme ou Singe, M. Man-

suy, la correction serait-elle plus dangereuse qu'utile venant après la faute, sinon parce que le cheval est incapable de comprendre quon le punit pour une faute commise? » Or, du fait que le cheval corrigé après la faute ne comprend pas, en eflfët, que son devoir indiscutable est d'obéir à rhomme même quand celui-ci lèvent contraindre, par exemple, à galoper en arrière sur trois jambes, du fait que le cheval se défend souvent de plus en plus, je ne vois pas que l'on soit autorisé à conclure qu'il est inintelligent. La seule chose évidente, c'est qu'un tel jeu lui déplaît souverainement, et, je crois que ce n'est pas là une preuve d'inintelligence. Si, maintenant, il obéit quand il est châtié au moment de la faute, il me semble qu'en agissant ainsi il fait comme l'enfant qui est toujours beaucoup plus impressionné par un châtiment immédiat que par de tardives remontrances.

Pour nous, le cheval possède une intelligence relativement développée. S'il est facile de le dresser par l'instinct et si, dans la pratique, on a raison de le faire pour gagner du temps, il n'en est pas moins vrai qu'au cours du dressage par coercition, un observateur consciencieux découvrira toujours des échappées d'intelligence, et, souvent, le moyen de les utiliser. La bête, à l'occasion, profitera même des acquisitions de son

dressage par coercition pour faire preuve d'intelligence,. En cela n'agira-t-elle pas obscurément comme fait Tenfant? A celui-ci, vous avez seriné {le moi est expressif) les lettres de l'alphabet, vous les lui avez gravées dans les centrer optique et auditif par le procédé coercitif de la répétition; or, de ces éléments de connaissance, il tir er&, plus tard, les moyens de manifester les opérations les plus compliquées de Tintelligence.

Voyons quels^ont les procédés fondamentaux employés dans le dressage du cheval.

Le premier mouvement à demander au cheval qui devra « travailler » en liberté est de suivre la barrière qui borne la piste et, cela, aux trois allures : pas, trot et galop. Il devra le faire d'abord en marchant l'épaule gauche placée vers l'intérieur et ensuite l'épaule droite placée vers l'intérieur. C'est-à-dire à main gauche et à main droite, en termes de manège. Nous obtiendrons ces premiers mouvements au moyen de la chambrière qui poussera le cheval en avant et de la longe, qui, au besoin, modérera son allure. C'est ici un procédé de coercition élémentaire. Le cheval fuit devant la chambrière. Il a cela de commun avec un grand nombre d'animaux. L'instinct de conservation pousse la bête effrayée ou à se coucher (M à fuir ; mais les représentants des espèces qui ont de la difficulté à se coucher

et qui courent vite, comme le cheval ou Tâae, préféreront toujours prendre la fuite.

Il importe assez peu, au début, que le cheval se traverse ou ne soutienne pas son allure ; le principal est qu'il progresse en avant. Bientôt, cependant, au moyen de la chambrière et de la longe, on le maintiendra droit et on le forcera à garder successivement le pas, le trot et le galop. S'il est peureux et bondit, on lui donnera confiance en le caressant et en lui offrant une carotte ou du sucre dès qu'il aura bien fait.

Les changements d'allure doivent être précédés d'un commandement verbal et Tintonation est très importante à observer. En effet, le cheval ne retient pas toujours le mot articulé (1), mais bien le ton sur lequel on le prononce.

Dans les premières leçons, on fait passer la bête, de la main gauche à la main droite, en la prenant simplement par la bride ; mais il faut obtenir le changement de main au moyen d'une opposition de corps et de chambrière. En supposant le cheval à main gauche, l'opposition consistera, pour le dresseur, à porter vivement la chambrière à gauche en avant de Tanimal, la

(1) Cependant, si je crie « en arrière » à mon cheval Bijou, sur le même ton que « au galop », il distingue très bien la différence qui existe entre ces deux commandements.

croisant ainsi avec la longe, puis à reculer de quelques pas pour laisser un passage au centre, tout en donnant, avec la longe, une impulsion vers la droite. Le cheval est ainsi sollicité à se détacher de la barrière et à obliquer vers le centre. Quand il l'a dépassé, le dresseur l'oblige, au mpyen de la chambrière, à se loger de l'autre côté du manège.

Tout le dressage en liberté en usage dans les cirques est basé sur le même système. Avec la cravache, on obtient des rotations de croupes, des extensions de membres, etc. Si, par exemple, immobilisant Tavant- train, on frappe le flanc droit du cheval, il le porte vers la gauche, si Ton attaque le flanc gauche, il porte les hanches à droite ; enfin, si Ton agit sur les deux flancs également, sans retenir la bouche, Tanimal se porte en avant. Si l'on veut s'en tenir, avec le cheval, au dressage par coercition, on peut donc dire qu'il consiste « à chercher ses points sensibles (1)» ; mais, au point de vue de la recherche scientifique, on peut faire mieux, surtout dans le dressage en liberté.

Et pourtant la chose n'a presque jamais été tentée ! Je ne connais que très peu d'essais dans ce sens et j'avoue, du reste, qu'il faut, pour les

(1) Voir notre Dressage des animaux, p. 119. (Firmin- Didot, Paris.)

mener à bien, une dose énorme de patience et que si Ton peut obtenir du cheval des résultats intéressants par persuasion, on doit consacrer largement son temps à cette entreprise. C'est par persuasion, par le système des associations d'idées, que nous avons dressé un poney russe à jouer aux quilles avec le nez et à renvoyer, au moyen d'une raquette, fixée à sa muserolle, le ballon qu'on lui jette. C'est aussi par persuasion que M. X..., de Nantes, dédaignant les moyens de dressage utilisés dans les cirques pour obtenir « le rapport » (nous les avons décrits ailleurs [1]), a dressé un cheval à ramasser sa cravache, à aller chercher des bouquets autour de la piste et à les déposer au centre dans un panier.

Et, maintenant, quels sont les moyens de persuasion possibles avec le cheval ? Une mimique jamais fatiguée et la série des intonations. Par la mimique, vous indiquez à l'animal où se trouve l'objet à prendre ; vous lui montrez que, pour le porter, il faut le prendre avec les dents; vous touchez l'objet, vous touchez les dents. Vous établissez \me association entre l'idée de prendre avec les dents et l'idée de l'objet. Le moyen d'arriver au but est, pour le cheval, de baisser la

(1) Lh'essage des animaux, p. 110. (Firmin-Didot, Paris.)

tête vers la terre et de saisir l'objet. Or, après un nombre de leçons indéternainé ; il se décide à le faire. Il s'est donc décidé pour l'obéissance ; il est persuadé, donc il est intelligent. Votre voix s'est fait entendre constamment et a parcouru, selon les besoins, toute une gamme, depuis l'encouragement gai jusqu'à la gronderie sonore du maître. La voix tour à tour caresse et châtie ; pour qui sait la conduire, elle devient un instrument incomparable et il est à remarquer que le dresseur, sans le chercher, en arrive à prendre des intonations se rapprochant du cri naturel des animaux qu'il fait « travailler ». Il en résulte une harmonie évidente et la bête comprend mieux les indications données par une voix qui ressemble à la sienne.

Voyons maintenant de quelle façon le cheval fera preuve d'intelligence en utilisant de luimême les notions qu'on lui a inculquées. Voici quelques exemples à ce sujet. Il peut arriver qu'ayant appris les conditions de l'équilibre de son corps sur une balançoire, le cheval refusera d'utiliser cette balançoire si l'appareil, mal posé dans la piste, risque de tomber, et cela avant d'être monté sur l'appareil et après une simple inspection ; il arrivera que, sachant monter sur un baquet, il utilisera son talent en abordant franchement et du premier coup un escalier, etc.

Voici un autre fait d'intelligence observé par nous plusieurs fois : au commencement du dressage, quand un cheval marche autour de la piste depuis deux ou trois minutes, il n'a plus qu'une idée, c'est de s'échapper et de rentrer à l'écurie. Or, il n'a qu'un moyen pour y arriver ; c'est, s'il le peut, de se porter brusquement en arrière au moment où il passe à la hauteur de la porte et d'entraîner le dresseur à reculons (1) ; or, le fait s'est présenté très souvent dans notre manège. Il est vrai que la porte s'ouvrait de l'intérieur à l'extérieur, par une simple pression, et que le cheval le savait. Je trouve encore, dans la gaieté du cheval qui arrive à la fin du travail réglé qu'il exécute depuis quelques jours (2), une preuve très claire de son inteUigence. Il est évident qu'il comprend que sa besogne s'achève et qu'il va# rentrer à Técurie.

Certains lecteurs, très optimistes pour les chevaux, trouveront peut-être que nous allons chercher bien loin (3e toutes petites preuves de

{i ) Tous ceux qui connaissent le dressage savent que le cheval, marchant en avant, ne pourrait entraîner son dresseur en dehors de la piste, puisqu'il suffit que celui-ci tire légèrement la longe pour que la tête de la bête oblique vers le centre.

(2) Nous disons depuis « quelques jours », parce qu'avec le temps tous les mouvements composant ses exercices deviendront automatiques.

l'intelligence du cheval alors qu'on a connu l'exemple de chevaux ;>a^no^e5 : « En 1809, écrit un auteur, du reste très estimable, M. J. Menault, les Tyroliens, dans une de leurs insurrections, prirent quinze chevaux bavarois et les montèrent. Mais, dans une rencontre avec un escadron du régiment, ces chevaux s'échappèrent au grand galop et portèrent leurs cavaliers, en dépit de tous les efforts de ces derniers, dans les rangs des Bavarois où ils furent faits prisonniers. » Malheureusement pour la gloire militaire du cheval, le fait s'explique tout simplement: 1° par les liens qui unissaient ces chevaux captifs à ceux restés entre les mains des Bavarois ; 2° par le manque d'habitude de leurs nouveaux conducteurs. Il est, en effet, souvent très difficile d'empêcher un cheval de se mêler, sur une route, à une troupe de chevaux étrangers, et ceux capturés par les Tjrroliens devaient fatalement revenir prendre leurs rangs parmi les Bavarois, en vertu d'une habitude acquise.

On voit que nous tenons à ne pas exagérer l'inteUigence du cheval qui nous a servi de type pour les animaux classés dans la sous-catégorie A de la troisième catégorie d'animaux.

Nous allons maintenant passer à l'étude non de la sous-càtégorie B, contenant les castors, les abeilles, les araignées et les fourmis, c'est-à-dire

les animaux à industries fixes ; mais, à la souscatégorie G, qui comprend les animaux les plus élevés dans Téchelle animale. En effet, dans notre tableau construit en considération des facultés psychiques actuelles des espèces, nous avons dû placer les abeilles, fourmis, araignées, etc., entre les sous-catégories A et G ; mais nous ne pourrons bien faire comprendre le cas assez spécial de ces espèces qu'après avoir étudié sur des animaux supérieurs, relativement plus faciles à dresser, les conditions de la formation de l'instinct secondaire ; nous reviendrons donc ensuite à la sous -catégorie B. .

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