DE NOTRE PROJET DE LABORATOIRE
Rappelons rapidement Thistoriqae de notre projet de laboratoire de psychologie expérimentale et comparée.
Dès le 1"' février 1896, nous en faisions part àTadministration du Jardin zoologique da bois de Boulogne.
Le 18 avril 1896, nous donnions dans Vlllustration un article consacré au Dressage {du singe et dans lequel nous indiquions les grandes lignes de notre plan : « Certains savants, disions-nous, ont prétendu que, le fait d*instruire les bêtes relevant d'un art tout artificiel, l'étude des procédés du dressage ne pouvait rien apprendre sur lés lois de la nature.
« C'est là une défiance fort mal justifiée et reposant sur une sorte de jeu de mots, car je ne sache pas que l'homme ^ puisse jamais obtenir rien de contraire aux lois de la nature ; tout au plus peut-il, avec beaucoup de patience, arriver à développer certaines facultés chez les animaux; or, les procédés mis en usage dans une telle éducation seraient très intéressants à étudier. Je crois qu'il est plus juste d'attribuer le silence des écrivains scientifiques à Textrème difficulté qu'ils eussent rencontrée dans la recherche des éléments d'observation.
« En effets il n'est guère possible à un savant de se faire enrôler dans une troupe de bohémiens. Ce serait
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une boucbe inutile... D'autre part, peut-on installer dans un laboratoire du Muséum une succursale du cirque Gorri? A cela je réponds qu'on le devrait faire au besoin ; lorsqu'on se mêle d'écrire sur les bêtes, il faudrait tout connaître d'eUes.
« Mais je sais aussi qu'il en coûterait à la gravité et surtout, disons le mot, aux préjugés d'un professeur visant à l'Académie, de s'essayer à enseigner la culbute à un singe, et de faire un rapport sur les conditions de son obéissance.
« Nous avons pensé à une sorte de moyen terme.
« Je proposerais aux administrateurs d'un parc zoo logique comme notre Jardin d'acclimatation la fondation d'une école de dressage de tous les animaux éducables ; on y adjoindrait une piste dans laquelle on e xhiberait des numéros spéciaux faisant ressortir l'intelligence ou les instincts des animaux, et précédés de courtes conférences explicatives. Cela serait une belle application du grand principe d'acclimatation, qui ne vise pas seulement la résistance au climat, mais aussi la domestication et, d'une façon plus générale, la stimulation de rintelligence. »
Dans la seconde quinzaine de mai 1896, à la suite d'un article publié par le World, de New-York, le 3 du même mois, une société se formait dans cette ville et m'avisait de son intention de réaliser mon projet sur une grande échelle ; depuis cette époque, nous n'avons eu aucune nouvelle de cette entreprise.
Le 15 juin 1896, nous réunissions à Nantes, dans un vaste parc, un, certain nombre d'animaux qui devaient former le noyau d'un Jardin zoologique, et qui nous permirent de faire quelques expériences intéressantes. Malheureusement, cette entreprise dut être abandon-