‹ Examen raisonné des ouvrages de M. de VoltaireChapitre 2 sur 34 · PRÉFACE DE L’ÉDITEUR · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE L’ÉDITEUR

L’ouvrage que l’on va lire , et dont on croit utile de publier aujourd’hui cette nouvelle édition , fut imprimé à Bruxelles, en 1788 ; il ne ht alors que peu de sensation en France , et la cause en est facile à concevoir. Affectés déjà de cette longue et triste maladie politique , dont ils ne sont pas encore guéris , les esprits çommençoient à perdre le goût des choses littéraires ; et l’apparition* d’un ouvrage de çe genre n’étoit plus un événement , p^s même une nouvelle , au milieu de cette agitation générale qui prépare et consomme les grandes révolutions. Quant à l’effet moral du livre , il deyoit être nul à cette époque ; c’étoit un remède que l’on offroit à des gens qui , bien loin de se trouver malades , ne s’étoient jamais crua dans un état de santé plus florissant, La main mêmé ' qui présentoit la coupe salutaire , deyoit paroitre suspecte à certaines personnes ; et le nom de Linguet n’étoit pas , il faut en conyenir , une recommandation assez puissante auprès du plus grand nombre des lecteurs. Les ennemis que lui avoient fait ses talens et surtout son caractère ; l'habitude , ou plutôt I4 manie du paradoxe, qu’il avoit poussée jusqu'au ridicule dans ses ouvrages de politique , d'histoire ou de littérature : que de préjugés contre l’impartialité que l’on avoit droit d’attendre d’un écrivain qui se constituoit de sa pleine autorité juge suprême de 'Voltaire , considéré sous le triple rapport des vers ,

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