‹ Examen raisonné, ou, Décisions théologiques sur le commandements de Dieu etChapitre 4 sur 18 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Premier Commandement de Dieu : Uri seul Dieu tu adoreras, etc.

Dans ce commandement est renfermé le culte que nous devons à Dieu, qui consiste principalement à croire qu'il est notre créateur, notre sauveur, et le souverain maître de toutes les choses créées ; à nous attacher à lui ,, et à l'aimer de toutes les puissances de notre âme, comme notre éternelle félicité. Or, c'est surtout par les actes des trois vertus théologales, la foi , l'espérance , la charité , ainsi que par la vertu île religion , que nous pouvons nous acquitter envers Dieu de tous ces devoirs : Deus fide , spe et charitate est colendus, dit S. Augustin. Pour expliquer les obligations que nous impose le premier commandement de Dieu , et déterminer les transgressions qui le violent , U faut donc nécessairement parler de la foi , de l'espérance, de la charité et de la vertu de religion, et iparquer les vices qui leur sont opposés* , r * '

ÀBTKXB munit

Delà Foi.

La*ïoi est un don surnaturel de Dieu , par lequel nous donnons , à cause de la véracité de Dieu même, un assentiment ferme et assuré à toutes les vérités qu'il a révélée?, et que l'Eglise propose à notre croyance. Comme actuelle , elle se divise en explicite et en implicite : elle est explicite, quand nous croyons

Tine vérité Ven particulier, r \v considérant en cllei même ; elle est implicite , . quand nous croyons des vérités dans une autre où elles sont renfermées, quoique nous ne les connaissions pas en elles-mêmes t ainsi celui qui, croyant à l'infaillibilité de ¥EgViso t J , croit tout ce qu'elle ehseigne, a une foi implicite à tous les mystères de la Relipon , quoiqu'il ne les connaisse pas tous. * \

La foi est surnaturelle dans son motif comme dans son objet , son principe et sa fin : elle ne croit les choses que parce que c'est Dieu qui les a révélées , et qu'étant la vérité immuable, il ne saurait tromper; par conséquent une foi purement humaine , qui n'est fondée que sur des raisonnements philosophiques , ne suffit pas pour être sauvé, • • La foi que requiert le salut étant un assentiment ferme et assuré donné à toutes les vérités de la Relpgion , sur la véracité de Dieu même qui les a révélées , et sur l'autorité infaillible de l'Eglise qui les propose > elle exclut tout doute , toute crainte d'erreur ; par conséquent celui-là n'a point la foi qui a un doute réel ou une crainte volontaire que tel dogme enseigné par l'Eglise n'ait pas été révélé. La proposition contraire a été condamnée par Innocent XI (1).

Pour le salut , il faut encore que la foi soit pratique : une foi qui est sans les œuvres , étant une foi morte 9 comme dit l'apôtre saint Jacques , ne saurait nous sauver.

(i) Voièi la proposition condamnée * Assensus Jidei supernaiurn/ii.,.. stat cumjormidino quâ quis formidai ne non sitloèutuf tous.

Parmi les vérités que la foi nous enseigne % il y en a plusieurs que tous les fidèles sont obligés , sous peine die péché mortel , de savoir et de croire explicitement : ce sont 1° l'existence d'un seul Dieu; 2° l'existence d'une récompense éternelle pour celui qui meurt dans, l'observation des lois' de Dieu et de l'Eglise», et l'existence des peines qui ne finiront jV mais réservées aux transgresseurs dç ces lois ., qui meurent ennemis de Dieu; 3° le mystère de la Trinité, un Dieu seul en trois personnes , Père , Fils et Saint- Esprit; 4° le mystère de l'Incarnation , qui consiste en ce que Dieu le Fils, la seconde personne de la sainte Trinité, s'egt fait homme et est mort pour nous sauver ; 5° la doctrine des sacrements , au moins de ceux que l'on doit ou qi£on veut recevoir : sans cette connaissance on ne pourrait y apporter les dispositions convenables.- Suarez en dit autant du sacrifice de la Messe, *^,

Les théologiens conviennent encore communément que tous les fidèles sont tenus, sous peine de péché mortel , de croire et de savoir explicitement , au moins quant à la substance , le Symbole des Apôtres , les Commandements de Dieu et de l'Eglise , l'Oraison dominicale (1) et les obligations de leur état.

Parmi toutes ces vérités * il y en a quïl faut savoir et croire explicitement de nécessité de moyen , et d'autres seulement de nécessité de précepte*

La connaissance d'une vérité est nécessaire de né-*

mm

(i) Plusieurs théologiens en disent autant de la Salutation angeîique, que l'Eglise veut qu'on apprenne même par mémoire.

eessité de moyen pour le salut , quand Dieu Ta établie comme moyen absolument nécessaire pour y parvenir ; en sortç que si Ton ignorait cette vérité même, invinciblement , ou sans qu'il y eût de sa faute , on ne pourrait être justifié , ni par conséquent obtenir le salut : telle est , par exemple , la vérité de l'existence de Dieu. Elle est nécessaire de nécessité de précepte , .quand elle est simplement commandée , 'et qu^e^e n'est point établie comme un moyen nécessaire, pour obtenir la justification ; en sorte que Tignoraïice de cette vérité ne serait un obstacle au salut qu'autant qu'elle serait pleinement volontaire : telle çst , par exemple, la vérité du sacrement de l'Eucharistie. Cela posé , je dis ;

1° La connaissance et la croyance explicite à l'existence de Pieu comme auteur de la gloire, et par conséquent aux récompenses qu'il réserve aux bons dans l'autrç vie, sont nécessaires de nécessité de moyen, au moins à tout adulte non justifié; elles constituent la foi , qui est le commencement du salut , le fondement et la source de toute justification : Pour s'approcher de Dieu , Ait S. Paul , il faut croire qu'il exikte y et qu'il récompense ceux qui le cherchent. Hebr. xi.

2° Quant aux mystères de la Trinité et de l'Incarnation , il est fort douteux si , depuis la promulgation de l'Evangile , la connaissance et la foi explicite à ces mystères sont nécessaires de nécessité de moyen . qu simplement de nécessité de précepte* Plusieurs théologiens soutiennent que la foi implicite seule à ces mystères est de nécessité de moyen, et que la connais* sance et la foi explicite ne sont nécessaires que de nécessité de précepte , en sorte que leur ignorance invin-

cible ne serait pas un obstacle au salut : ainsi pensent de Lugo et Suarez qui cite en faveur de ce sentir ment , Soto , Médina , Maldonat , Hugues de Saint- Victor et plusieurs autres» La différence que plusieurs de ces théologiens mettent entre la loi ancienne et la loi nouvelle, est que sous la première la foi implicite ou confiée qui consistait à croire que Dieu , par des moyeiis disposés par sa providence , devait justifier et sauver les hommes, était suffisante , au lieu que sous la loi nouvelle la connaissance et la foi explicite à ces deux mystères sont de nécessité de précepte.

Ce sentiment me paraît assez probable s cependant l'opinion la plus reçue , surtout parmi les théologiens modernes , est que la connaissance et la foi explicite à ces mystères sont nécessaires de nécessité de moyen. Mais il me paraît difficile d'établir solidement cette opinion ; car tous les passages de l'Écriture et de la tradition , dont on se sert pour Pétayer, peuvent être expliqués et entendus dans le sens d'une foi implicite, ou d'une foi et d'une connaissance explicite de nécessité de précepte pour tous ceux à qui l'Evangile est annoncé. Pourquoi dtmc , dit là-dessus Suarez , admettre sans fondement suffisant une loi qui rétrécirait la voie du salut, qui serait moins conforme à la bonté de Dieu qui. veut efficacement le saint de tous ceux qui n'y mettent point d'obstacle de leur part , que ne Test la loi préexistante? En effet, sous la loi ancienne, tous ceux qui ignoraient invinciblement ces deux mystères , et qui croyaient simplement à un Dieu, auteur de la gloire, qui devait justifier les hommes , pouvaient être sauvés ; tandis que sous la nouvelle loi , admis que la foi explicite à ces mystères

est de nécessité de moyen pour tous les adultes pécheurs, ceux qui ne pourront pas les connaître explicitement, tels qu'un païen à qui l'Evangile n'est point annoncé f et un sourd-muet de .naissance .qu'oit ne pourrait instruire, ne pourront être justifiés m par conséquent parvenir au salut, quoiqu'ils croient à un Dieu qui a sauvé le inonde et qui récompense la vertu dans la vie future. On dira sans doute que si ces personnes observent tien la loi naturelle , et qu'elles fassent ce qui est en leur pouvoir, Dieu les y éclairera par luimême ou par un ange , pour leur donner la connaissance explicite (1) de ces deux mystères ; mais, répond Suarez, a-t-on un motif suffisant pour croire que Dieu emploiera une voie si miraculeuse et si extraordinaire? l'a-t-il promis? voyons-nous que 1 , dans les choses qui ne sont que d'institution divine et de droit positif, il ait coutume d'employer une providence extraordinaire pour procurer leur accomplissement ? Il est donc plus conforme à la bonté de Dieu que la connaissance et la foi explicite aux mystères de. la Trinité et de l'Incarnation ne soient que de nécessité de précepte , et que tous ceux qui les ignorent invinciblement , qui ont d'ailleurs la foi explicite en un Dieu auteur de la gloire et réparateur du genre humain , et qui observent exactement toutes les lois quf leur sont connues, soient sauvés (2) : En toute nation ,

(i) La connaissance explicite du mystère de l'Incarnation consiste à savoir que c'est Dieu le Fils, la seconde personne de la sainte Trinité , qui s'est fait homme pour nous sauver.

(a) Layman (1. II, t. i f c. 8) quqad gentiles sic ait : « Gcn* tiles ionneibili ignoruutiâ mvsteriorum fideà chrtsiiauat laborantes,

dit le prince des Apôtres , celui qui craint le Seigneur, et dont ks œuvres sont justes , lui est agréable, Àct. Ap. x , 35.

Quant à la proposition 64, condamnée par Innocent XI (1), que quelques auteurs allèguent pour appuyer leur sentiment , tout ce qu'on peut en conclure, c'est qu'on ne peut accorder l'absolution à celui qui par sa faute ignore ces mystères.

Concluons qu'il est au moins probable que la con-

quia ipsis Evangeiium nuiiquam praedicatum est, possunt cnm divin» gratis auxilio nnum Deum auctorem supernaturaliura donoram credere, in eumspem suam collocare et super omnia diligere, et ita justitiam coram Deo et consequenter jus gloriae aeteraae consequi, etsi non sine implicitâ fide in Christum. » Habentes quod essentialiter fidem constituit, et omnia alîa invincibihter ignorantes, nonne censentur ad aniroara Ecçlesiae pertinere ? Quoad peccatum originale % habent quo ab ipso liberari possunt remedium sub lege naturar existens pro adultis , nerape dilectionem Dei vel contritionem.

Sub lege nattur» , ait de Lugo cum pluribus , remedium contra peccatum originale erat, pro parvulis actus fidei ex parte parçntum vel etiam aliorum in ipso* ; pro adukis sola dilectio Dei , vel coniritio erat alisolutè necessaria : equidera pro adultis requirebantur sacriiicia ; sed hoc fuit e* praecepto Dei qui YoluitpoBnitentiam internant manifester* sacrifiais esterais, sicut etiam pro peccatis.personalibus diversa sacrificia prsecipiebantur ; non verô erant illa sacrificia necessaria necessitate medii; unde ait de Lugo : « Quando sacrificium oflferri poterat , non poterat justificari horao sine illo ; qtiando verô non poterat -ofîerri , justifîcabatur homo per solum aflectum interaura in quo includebatur sacrificium in voto, cùm ibi csset propositum servandi omnia praecepta divina. » De Lugo , de Sacrant*

(i) Voici la proposition condamnée : Absolutionis capax est , homo, quantumvislaboret ignorantid mysterierum fidei , et ctiamsi per negligentiam culpabilem nesàiat mjsterium $S. Trinilails ek Incamationis /. C.

naissance et la foi explicite aux mystères de llnearna^ tion et de la Trinité ne sont nécessaires qu^de nécessité de précepte (1) ; et qu'il n'y a de nécessaire de nécessité de moyen pour tout adulte non justifié , que la foi et la connaissance explicite d'un Dieu otmme. auteur de la gloire ou rémunérateur de ses saints et sauveur des hommes , sans qu'il soit absolument nécessaire de connaître quels moyens il emploie pouç les sauver. •

Pour les autres vérités contenues dans le Symbole des Apôtres ,, et celles dont nous avons parlé plus haut , la foi et la connaissance explicite qu'on doit en avoir ne sont nécessaires que de nécessité de précepte. Ceux qui les ignorent invinciblement peuvent être absous; mais ceux qui les ignorent par leur faute ne peuvent point l'être , si ce n'est dans le cas où , se repentant de leur grave négligence , ils pro- . mettenf sérieusement de s'en instruire* Toutes les con-

(i) An confessiones factae in ignorantiâ mysteriorum SS. Trinitatis et Incarnationis iterandse sint ?

"Vel ignorantia est-vincibilis, ve\ invincibiHs» Si prius, certè iteraud» sunt. Si posterius , omnes theologi qui tenent cognitionem explicitant illorum mysteriorum esse necessariam neccssitate medii, dicuDt illas confessiones esse invalidas ac proinde iterandas. Sed % cùm opinio contraria satis mihi "videtur probabilis , et illam ut abso- Intô probabiliorem tuetur card. de Lu go, non profecto accusarem confessarium qui pœnitentem non cogeret ad illas confessiones repe- (etidas, modo illam non absolvat antequam de iis myateriis instractus fuerit.

Quoad adultos qui adeô débiles ingenio sunt ut, quantumque nitantur, non possintfidei mysteria percîpere, se habent, quantum ad hoc, ait Collet, ut ameutes et pucri qu l •ine ullo actu fidci salvantur.

qui les laissent vivre dans l'ignorance coupable des devoirfc et des verites.de la Religion > sont pires que des infidèles, dit S. Paul. /; Tint» v.) v •

"Lorsqu'il yous est survenu des pensées contraires à la foi , ne les avez-vous point volontairement entretenues, y consentant de propos délibéré? (Péché mortel : si Ton xty donnait qu'un consentement imparfait , le péché ne serait que véniel* Sic omnes.) -jN'avez-vous pas, quelquefois douté de quelque article de foi , que vous saviez être défini comme tel par l'Eglise? (Péché mortel , si le doute est réel et pleinement volontaire ; et péché véniel , si Ton n'a donné qu'un consentement imparfait. Le doute est réel lorsque l'esprit est incertain , irrésolu , et ne sait s'il dqit croire ,ou ne pas croire telle vérité. Si le doute n'est qu'une pensée vague contre tel article de foi , qui ne présente aucune raison de douter, on doit ordinairement le regarder comme un pur effet d'une imagination échauffée ou de la suggestion du démon. Le devoir alors est de le mépriser, de ne pas s'en in* quiéter, d'agir comme si l'on n'en était point travaillé, et d'implorer le secours de Dieu. Si le doute est accompagné de quelques raisons fausses , mais apparentes , qui frappent l'esprit , il faut le rejeter par un acte de foi sur la vérité qui est l'objet de ce doute. Si l'on s'y arrête volontairement et qu'on y consente de propos délibéré , non-seulement il y a péché mortel , mais de plus une hérésie qui détruit la foi , en ce qufe, sachant que l'Eglise tient pour article de foi la vérité* sur laquelle on est en suspens , on est censé juger avec opiniâtreté , malgré son jugement , que ce dogme est incertain. Cette hérésie , n'étant qu'intérieure ,

to'est pas un cas réservé. Layman, Goritm, Tolet ei Azof.

II arrive souvent qu'on ne peut connaître ou" expliquer si les pensées ou doutes contre la foi sont volontaires ou ne le sont pas , parce que ces tentations causent du trouble et de la confusion dans l'esprit. En général , quand on en ressent de l'e*iui , du chagrin, par l'aversion que Ton a pour Terteray et qu'on voudrait ne point les éprouver, ces tentations sont involontaires 9 quoiqu'elles demeurent longtemps dans l'esprit : alors , bien loin de pécher, on peut tirer un grand avantage de la tentation en se confiant en la bonté de Dieu qui ne permet jamais qu'on soit tenté au-dessus de ses forces. Une marque à laquelle on peut encore connaître que ces tentations ne sont pas volontaires, c'est lorsqu'au moment de l'agitation on sent en soi la disposition de répondre sur-le-champ , supposé qu'on fût interrogé sur l'article de foi qui fatigue , qu'on le croit ou que Ton croit tout ce que l'Eglise propose à notre croyance. )

N'avez-vous pas lu sans permission des livres contre la Religion, impies ou hérétiques; et n'est-ce pas cette lecture qui a occasionné les pensées et les doutes que vous éprouvez contre la foi? (L'Eglise a toujours défendu sous de graves peines(l ) les livres hérétiques et

(t) Omnes Ubri in Indice roraano contenti , sub poena excommunicationis ipso facto , sunt prohibtti in locis ub\ vîget Index. An Tigetf in Galliâ? multi negant ; sed en quod dicit P. Antoine citana Grandin doctorehi Sorbonicwn : « Èjsi pceoa excommunication îs > iuqt&k doctor Grandin , non vigeat in totâ Galliâ , ubl non est proniulgata lex Indicis; non desiuit tamcn pcccare qui sine licentià

impies, comme une source d'erreurs et de doutes contre la foi , et d'une infinité de péchés contre la Religion. On pèche donc , pour l'ordinaire , mortellement en les lisant , s'exposant ainsi au danger probable de perdre la foi. Que de personnes ont fait naufrage et dans la foi et dans les moeurs , pour avoir lu de ces mauvais livres ! Dans beaucoup de diocèses il y a cas réservé , et même dans quelques-uns excommunication portée par les ordinaires des lieux contre ceux qui en liseftt ou qui en retiennent sans permission. )

TS'avez-Vous point sans nécessité fréquenté des incrédules , des impies ; et ne vous êtes-vous pas par là exposé au danger de perdre la foi? (Dès le moment qu'on connaît que l'on court un danger prochain de perdre la foi en fréquentant ces personnes , on pèche mortellement , si l'on ne renonce à cette fréquentation. Que de personnes ne perdent Ja foi que parce qu'elles se lient avec des gens sans religion ! )

N'avez-tous pas refusé de croire quelques vérités de la Religion , parce que vous ne pouviez les comprendre, quoique vous sussiez bien que l'Eglise

libros ejnsmodi legit , sive quia eatenns receptas est Index quoad libros specialiter probibitos , siye quia vi legutt antiquioris juris prohibitio librorum haereticorura in Galliâ in sud vigore persévérât, transitque ad libros doctrinœ hasreticae qui nnnc eduntur. Lectionera cujusbbet libri bserelici sub pecc&to moruli prohibitam esse in Galliâ, non tamen sub excommunicatione , paslorea Ecclesiae gallican» semper et ubique docuerant , inquit eruditnft recentior gallus, addens docére auc tores gallos, episcopos in Galliâ esse in possessione concedendi facpjtatem legendi libros bsereticos et pi'Qaibitos. » Theol. moral. P. Antoine , tract, do VirU theol.

les tenait comme dogmes de foi ? (Péché mortel , ; et hérésie (1). ) -

N'ayez-vous pas tenu des discours contre la Religion , tels que ceux-ci : U n'y a point d'enfer, ou , il n'est pas éternel.*., point de purgatoire.., ; J ê CL n'est pas au Sacrement de l'autel... ; la confession est une invention des hommes.*.; on peut se sauver dans toutes les religions, etc.? (Péché mortel plus ou moins grave , selon que lenomhre des personnes que ces discours scandalisent est plus eu moins grand. S'ils sont proférés sérieusement et publiquement , hérésie, cas réservé, et excommunication encourue par le seul fait. D'après le 4 e concile de Latran, nier publiquement et sérieusement une vérité de foi , ou soutenir comme vraie une erreur que l'on sait être condamnée par l'Eglise , c'est . encourir l'excommunication majeure ipso facto. L'hérésie occulte est soumise à la même peine , d'après plusieurs théologiens. Cependant « il y a bien des diocèses , disent les Conférences d'Angers , où l'hérésie n'est un cas réservé que lorsqu'elle est publique en quelque manière. » Néanmoins les canonistes estiment que celui qui est véritablement hérétique dans le cœur, encourt l'extication (2) quand il donne quelques signes

MJtmimi

(i) Qui pegat articulant ab Ecelesiâ defînitum , ignorant invlncibiliter Eceiesiam cathoHcara esse véram Eceiesiam , ne* est haereticus , oeo posais contra haeresim subjectif. Hinc baerelicus non est apud sectarios enntritus , qui nibil unquara de EeclesiA nisi fortasse irrîsoriè andint, *ec dubitat ullatenus ; haeresis enim est ab élections Hic ergo, si caftera praestet , est in via sahitis et ad Eceiesiam pertinct. SU Theokpract.; auctor. D> fermer, qui citât Dens.

(a) Gemme l'excommunication n'est portée que contre les conju*

extérieurs de son hérésie , quoique personne n'ait remarqué ces signes : il suffit qu'ils soient sensibles (1).»

Si Von ne proférait ces discours impies et hérétiques que par légèreté , par complaisance bu par autre motif , sans y croire , et qu'on conservât intérieurement Ja foi, quoiqu'on fût un mauvais chrétien, on ne serait pas proprement hérétique , et l'on n'encourrait pas l'excommunication : car elle n'est portée que contre ceux qui sont intérieurement et extérieurement hérétiques (2), Id. Coll. And.)

Quand vous avez entendu des discours impies ou contre la foi , n'y avez-vous pas applaudi par respect humain, par complaisance? (Péché mortel en matière grave, et péché véniel en matière légère. La matière est censée être grave , si les discours blessent gravement la foi. Quand on se trouve dans des occa-

maces, pour l'encourir il faut la connaître, d'après le sentiment le plus commun et le plus probable ; par conséquent ,?4eux qui ignorent que telle action est défendue sous peine d'excommunication ,. n'encourent point cette peine en faisant l'action , ^Hioins que leur ignorance ne soit crasse. V. Suarez.

Comme , dans le cours de cet ouvrage , nous faisons de temps en temps mention de l'excommunication , il est. utile au lecteur de ne pas perdre de vue cette note.

(i) Multi habent, et merito , ut hsereticos eos qui subjici renuunt constitutionibus apostolicts in iis qnae damnant ut haeretica, cùm hsconstitutionesabEcclesiâ expresse vel tacite aoceptatœ sint. Tkeol. pract. et Coll. And.

(a) Attamen haeretici tantum externi in foro externo Ecclesiae pro excommunicatis habentur , et peenis ecclesiasticis subjacere coguntur, quia Ecclesia judicat secundùm exteriora et prsesumit meritô actus internos hseresis , et punit nisi oppositum probetur* Sporer.

sions où Ton est obligé d'entendre de pareils discours J* on doit les désapprouver, témoigner son indignation , et les réfuter si on le peut. On est tenu , même au péril de sa vie , de s'opposer hautement à l'audace d'un impie ou d'un hérétique qui publiquement se moquerait de la foi de l'Eglise , voçairait des blasphèmes contre Jésus-Christ , profanerait les temples , foulerait aux pieds les images des saints. Cependant ^i une opposition ouverte doit plutôt nuire à la Religion que lui profiter, la prudence demande qu'on garde le silence ; mais au moins est-on toujours tenu de manifestër sa peine d'entendre oji de voir de pareilles choses. P. Antoine. )

Né vous êtes-vôus pas lié d'amitié avec des hérétiques , protestants , jansénistes et autres ; et même , par une criminelle complaisance , n'avez-vous pas fait quelque action extérieure qui indiquait que vous approuviez leur secte ou leurs erreurs ? ( Les liaisons contractées avec des hérétiques sont pour l'ordinaire dangereuses; elles sont mortelles, si elles exposent au danger probable de perdre la fok Faire par complaisance quelque action qui marque qu'on approuve leurs erreurs , est un péché très-grave : « L'Eglise , disent les Conférences d'Angers , a fait des défenses, en plusieurs canons , de converser familièrement avec les hérétiques ; et si , en d'autres , elle semble permettre de les fréquenter, ce n'est qu'à ceux qui sont capables de les gagner et de les ramener dans son sein(l).»)

(i) Ubi abcst periculum sulrvcrsionis in fide vel moribus, maxime

STavez-voù» pas quelquefois assisté par curiosité aux fermons , aux pratiques ou cérémonies des hérétiques? (Péché mortel, s'il y a. danger probable de perversion ou grave scandale ; péché véniel , s'il n'y a ni scandale grave , ni danger probable de perversion ,* et si les ordonnances du diocèse ne le défendent point :. en plusieurs endroits, dit le B % Liguori, e'est défendu sous peine d'excommunication. Assister aux assemblées des hérétiques dans un état où le souverain , en haine de la Religion catholique , aurait ordonné à tous ses sujets de s'y trouver pour y faire preuve de la religion reçue , serait un péché grave et un acte d'apostasie. Azor et Fittiucius.)

N'avez-vous point accompagné le v convoi ou assisté à l'enterrement de quelque personne hérétique ? ( Quoique cette action ne soit qu'un acte politique ou une protestation d'amitié , et qu'elle ne soit point contré la foi , il est peut-être bien difficile en France , surtout en certains endroits , de la faire sans quelque scandale (1). )

Ne vous est-il pas arrivé de dissimuler votre foi , v en feignant , par respect humain ou par crainte , de n'être point catholique ," d'être impie ou hérétique ? (Péché grave. D n'est jamais permis , pas même pour conserver sa vie , de nier même extérieurement sa

ubi permixti vivunt haeretici cum catholicis, nulla culpa crit commanicare cum haereticis in politicis alias indifférer! tibus. Sporer.

(i) Servit* de témoin au mariage civil dcs,protestants n'est qu'une action politique qui ne blesse nullement la foi. Il n'en serait pas de irtème si le mariage, se faisant devant un ministre protestant, devenait une cérémonie religieuse.

Religion , ou de feindre d'appartenir à quelque secte : Quiconque me renonce devant les hommes, dit J. C. , je le renoncerai aum detant mon Père qui est dans le cieh Il suit de là que si, dans un temps de persécution, on est interrogé sur la croyance catholique , soit par rautprité publique , soit par des particuliers , on ne peut jamais, sous peine de péché mortel, la nier même extérieurement, ou répondre ambigument, de manière à faire croire qu'on n'a t pas la foi. La proposition suivante a été condamnée par le pape Innocent XI : Si à potestate publicâ quis interrogetur, fidem ingénue confiteri eonsulo; taœere ut< peccaminomm per se non damno. Cependant, si l'on est interrogé à part par des partièuliers , il est permis de garder le silence ou d'éluder la réponse , en disant , par exemple : t Pourquoi m'interrogez-vous? cela ne vous regarde pas : » pourvu toutefois que de cette manière d'agir on ne puisse pas conclure , vu les circonstances , qu'on nie implicitement sa foi , que le silence ne soit pour personne un sujet de scandale , et ne tourne point au déshonneur de la Religion. Sic Navarrus et Azor:

D'après Suarez , si l'on est interrogé publiquement par des particuliers , on est toujours obligé de confesser sa foi , psgrce qu'autrement ce serait rougit de sa Religion , refuser à Dieu l'hommage qui lui est dû et scandaliser le prochain. Néanmoins je crois encore, ail moins comme plus probable, avec Sanchez ; qu'il n'y a alors un précepte de confesser positivement sa foi qu'autant qu'en agissant autrement on paraîtrait la nier, et qu'on scandaliserait les assistants. Mais ne peut-on pas quelquefois éluder la réponse devant le

public sans paraître niçr sa foi et sans scandaliser personne , en disant , par exemple , à celui qui interroge , qu'il n'a aucun droit d'interaoger, et qu'on n'est point obligé de lui répondre ? )

Pour n'être pas connu comme catholique , n'avez vous point quelquefois porté certains habits et certaines marques destinés seulement à ceux qui professent une fausse religion? (Péché mortel. Par là on est censé nier sa foi .^Navarre, Cajetan et le P. Antoine. Il faudrait raisonner autrement , si ces habits et ces marques n'étaient destinés qu'à distinguer une nation d'avec une autre. Quant au turban , qui est la marque des mahométans , et au chapeau jaune* dans le pays où il est ordonné pour distinguer les juifs , plusieurs théologiens pensent qu'il n'est jamais permis à un catholique de les porter, parce que ce serait dissimuler sa foi et feindre qu'on appartient à ces sectes. Layman, Àzor et plusieurs autres étaient que pour éviter la mort cela est permis : jau moins* est-il certain que , si l'on n'a pas une grave raison de cacher sa foi, il n'est jamais permis de ■ lés porter, à moi» cependant que dans tel ou tel pays ils ne soient plus regardés comme une marque distinctive de religioa(l). ) ^

Ne vous êtes-vous point fait membre de quelques sociétés secrètes, comme de celles des francs-macons, des carbonaris et autres, sachant quelles étaient ennemies de la Religion P ( Péché mortel. Plusieurs

iMMM

(1) Qui ad vit an dam persecutionem se negat dericum aut religiosum, non peccat contra (idem, sed mentitur. Theol, pracU

papes , entre autres Léon XJI -, dans sa bulle du 13 mars 1826, ont excommunié celles deà francs-

. maçons et des carbonaris. ) . .

Le précepte de la foi oblige tout adulte d'en produire des actes : n'avez-vous pas passé lin temps considérable sans en faire aucun ? (Il est très-difficile de déterminer précisément dans quel temps urge le précepte dp faire des actes de foi , et quel délai est

* nécessaire pour pécher mortellement ou véniellement dans l'omission de ces actes. Plusieurs théologiens, entre autres Concina, Sanchez et les docteurs de Salamanque, soutiennent que ce précepte oblige par lui-même : 1° quand on a atteint l'usage de la raison , que les vérités de la Religion sont suffisamment proposées y et qu'on connaît l'obligation de les croire (1) ; 2° lorsqu'on est en danger- de mort; 3° une fois au moins dans l'année. D'autres théologiens plus sévères pensent qu'il y a obligation de faire chaque mois des actes de foi. Quoi qu'il en soit , les âmes timorées ne doivent pas être inquiètes là-dessus : d'après le sentiment commun suiv^ par les meilleurs théologiens , tels que Suarez», deXugo, Lacroix et le B. Liguori, les fidèles satisfont à ce précepte en récitant le Symbole , en entendant la Messe , en recevant les Sacrements , en faisant le signe xle la croix ou d'autres actes

(0 Non est scrupulosè agéndum cum pueris; saepe enim accidit myeteria fidei eis non sufticienter prqponi, aut eos non apprehendere obligalionem gravera credendi : unde rare peccant contra proeceptuni fidei, non statinx post usura rationis obtentum eliciendo hujus virlutis actura. Billttart.

religieux dont la foi est le principe (1). Cependant il y a des circonstances où Von peut être obligé , sous peine' de péché mortel, de faire des actes de foi explicites ,. comme, par exemple,, lorsqu'ils sont nécessaires pour combattre une tentation forte contre cette vertu , ou pour éviter quelque péché grave qu'on serait en danger probable de commettre, si l'on rfen faisait pas. )

Article deuxième.

De l'Espérance* j

L'espérance est définie par les théologiens : une vertu théologale par laquelle nous attendons avec confiance et certitude , de la bonté de Dieu , lajtéatitude éternelle et les moyens d'y parvenir. Comme la foi nous assure que Dieu, qui est une source inépuisable de puissance et de bonté, nous conduira à l'éternelle félicité qu'il nous a promise , si nous sommes fidèles à sa grâce et si nous observons sa loi , notre confiance en lui doit être entière pour le spirituel , et pour le temporel lorsqu'il est pour nous un, moyen de salut; elle doit détacher nos cœurs de la terre pour les porter vers le ciel qui nous est promis , et nous animer à tout faire,

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(î) Non est necesse ut actus fidei fiant réflexe éx motivo fidei , 6ive ex motivo Dei revelantis; fcmi enim saepiùs posuit fidem tanquam régulant suarum actionura quibus ad Deura vult tendere , quïdquid postea boni agit, ex eâdem régula jam ad 'Deum dirigit exercite, licct non advertat ; unde dicendiim hos actus esse verè actus fidei , quia implicite et radicalitcr ex motivo fidei oriuntur. Lacroix.

à tout sacrifier pour marcher constamment dans la vote qui y conduit (1). Quoique l'espérance nous fesse attendre avec con-

fiance et certitude la béatitude éternelle, en tant qu'elle est fondée sur les promesses , sur la puissance et sur la bonté 1 de Dieu , elle doit cependant être mêlée de crainte , parce que nous ne sommes jamais certains d'une certitude absolue que nous ^coopérons à la grâce , et que nous faisons tout ce que Dieu de-* mande de nous pour arriver à Peffet de ses promesses (2). C'est pour cela que l'Apôtre qui a dit : Toute notre ressource est de nous attacher fermement à l'espérance qui nous a été proposée, comme à une ancre solide u qui met notre âme en sûreté, qui la rend inébranlable au milieu des troubles' et des' agitations de cette vie , a dit aussi : Opérez votre salut avec crainte et tremble-' ment. Philip, h. >

On pèche contre l'espérance par défaut ou par excès : par défaut, c'est désespoir; par excès,, c'est présomption.

(x) Rariiis fbrsan quàm putatur mundani eliciunt actus spçi , quia non desiderant possessionem Dei ut suam beatitùd^nem ; quod tain en desiderium spes necessario praesupponit. Cupiunt salte'm saepe solùm non damnari : non desiderant cœlum nisi post mortem. Aitamtir, chm bontmrabsen* desideratar, verè mens cupit jampossidere, ait mérite» Goritia. Theol. pract.

(2) Etsi nemo sine speciali revelajione omnino certus sit 6e fore praedestinatum , potest tamen in hominibus piis dari spei certitudo moralis anxietatem excludens , tura oh singularem Dei circa ipsos providentiam , tum quia sibi conscii non sunt peccati mortalis tp quo animus hœreat , et in se experiuntur firmius proposition in posternm Deo serviendi. Sic S. Bern ardus.

i pu désespoir.

Le désespoir est une défiance de pouvoir obtenir la vie éterneHe et les moyens nécessaires pour y arriver. JI est péché mortel de sa nature , parce qu'il nous détourne directement de Dieu , et* que c'est en^ cela que consiste principalement la malice du péché mortel , comme le dit S. Thomas. Cependant le désespoir peut devenir péché véniel par défaut de consentement parfait , et aussi , d'après plusieurs théologiens ( contra multos) , à raison de la légèreté de la tnatiére. Pour qu'il soit péché mortel , il faut que l'homme se dé- • cide. volontairement à ne glus chercher la béaititijde • éternelle et à ne plus prendre les moyens d'y parvenir, tout persuadé qu'il est de ne pouvoir se'sativer. Examinons.

N'avez-vous pas quelquefois été tenté de vous désespérer à la vue des difficultés que vous éprouviez dans l'affaire de votre salut , croyant que vous ne vous sauveriez jamais? (Si l'on n'éprouve cette tentation qu'avec peine , et que malgré elle on soit toujours fidèle à ses devoirs , nul péché : on doit croire qu'il n'y a pas de consentement. Mais si la tentation fait abandonner quelques petits exercices de piété qu'oii faisait auparavant , péché véniel : on commence à consentir, à la tentation ; et si l'on en vient à abandonner volontairement les exercices de la vertu , ou à négliger quelque devoir grave , sous prétexte qu'on ne pourra jamais se sauver, il y a consentement parfait et péché mortel de désespoir. )

IVavez-vous pas désespéré de votre salut , vous défiant de la bonté de Dieu et de son secours , en disant , par exemple : Mes péchés sont trop grands , Dieu ne me pardonnera jamais ? ( Si ces sentiments de défiance sont pleinement volontaires , injure grave faite à la bonté de Dieu , et péché mortel. S. Thomas.

• Il ne faut pas toujours en croire à certaines personnes timides et pusillanimes qui s'accusent de cer-' tains péchés de dé3espoir. Si elles n'omettent pas la prière ni les autres œuvres de salut , il faut juger, au moins pour l'ordinaire , que leur consentement au désespoir n'est qu'imparfait , et qu'elles n'ont pas péché mortellement. Une grande crainte de ne pas obtenir le salut , à cause de sa propre faiblesse et 4e la grièveté de ses crimes , n'est pas un péché , si l'on conserve toujours une confiance en la miséricorde divifte. )

Dans votre désespoir, iVavez-vous point cru que' l'Eglise ne pouvait remettre tel ou tel crime énorme que vous aviez commis , et que le salut vous était impossible? (S'il y a consentement parfait, péché contre l'espérance et contre la foi. Collator Andegavensis. La foi nous assure que Dieu a donné à son Eglise le pouvoir de remettre tous les péchés , quelque énormes qu'ils soient. Le plus grand scélérat doit croire que Dieu ne veut point la mort de l'impie , mais qu'il se convertisse, et qu'en quelque temps qu'il revienne à lui, son impiété ne lui nuira point. Ezech. xxxin. )

Désespérant de pouvoir vous corriger de vos mauvaises inclinations ou de quelque habitude criminelle , n'avez-vous pas renoncé à la confession çt cessé de

travailler à votre salut ? (Péché mortel; et si l'on croit que Dieu refuse aux fidèles les grâces nécessaires pour . vaincre certaines mauvaises habitacles , double péché, mortel, Tun coptre l'espérajuce et l'airtre contre la foi, sinon catholique, au moins théologique ou divine : car il est écrit que le. Seigneur ne veut qu'aucun périsse , maiç que tous retournent à lui par la pénitence. H. Petr. m.)

Doutant que Jésus -Christ fût mort pour vous comme pour le reste des hommes , ne vous êtes-vous pas livré à des craintes excessives et désespérantes de votre salut? (Péché mortel , si ce doute et ces craintes sont pleinement volonttthtife^^si l'ignorance ne rend excusable. Jésus-Christ est mort pmr tous les hommes^ dit l'apôtre saint Paul : tous , sans exception , peuvent donc se sauver. Tout fidèle qui doute volontairement que Jésus-Christ soit mort pour lui, va contre un point de foi théologique ou divine (1) : car il est clairement exprimé dans les Ecritures sacrées que le •^Sauveur est mort pour ,tous. bailleurs chacun est strictement obligé de faire des actes d'espérance; mais comment pourrait-il en faire,, s'il pouvait avoir -le moindre doute que Jésus-Christ soit mort pour lui?

Une marque à laquelle on. peut connaître que ces doutés et ces crainfea sont volontaires , c'est lorsqu'ils font omettre la prière et les autres bonnes œuvres » disent les Coriférepces d'Angers et le B. Liguori. )

(i) Est tant ù m de fuie catholica Christum non fuisse morluum nro solis prédestina lis.

Dans le désesptoir ou la crainte d'être réprouvé , ne vous êtes-vous point souhaité la' mort, et n'avezvous pas désiré d'être anéanti ?( Péché mortel , s'il y a plein consentement. Pour l'ordinaire , ces craintes et ces désirs sont involontaires chez les personnes vertueuses qui les ont malgré elles et ne les supportent qu'avec peine. Il faut en dire autant de certaines pensées horribles qu'elles éprouvent contre Dieu ou la Sainte Vierge , et qui font leur tourment. Ces personnes ne pèchent point : elles doivent être encouragées. Le démon a coutume de solliciter les gens de bien au désespoir ; il se sert pour cela de l'idée qu'ils ont de la grandeur de leurs péchés et de leur faiblesse j mais , pour se tenir ferme contre cet ennemi du genre humain, on n'a qu'à penser que les mérites de Jésus- Christ sont les nôtres , comme le dit saint Bernard. )

Dans les maladies , les adversités et les persécutions, ne vous êtea-vous pas laissé aller au découragement , à des pensées de défiance à l'égarçL de Dieu , et à des sentiments qui ne peuvent que lui être injurieux? (Si ces pensées ou ces sentiments s'élèvent dans rame contre la volonté , ils ne sont point des péchés ; mais si l'on y donne son consentement , on pèche mortellement ou véniellemertt , selon que Finjuré faite à Dieu est censée être grave ou légère. )

La crainte de ne p^s avoit les choses nécessaires à la vie ne vous a-t-elle pas inspiré un manqué de confiance et de 'soumission à la Providence? (Péché véniel : il serait mortel , si volontairement on renonçait à tout sentiment de confiance en Dieu , et que l'on ne comptât que sur sa propre industrie et sur ses efforts ou sur les créatures. )

Au lieu de mettre toute votre espérance en Dieu ,et dans les biens du ciel , ne l'avez-vous point uniquement mise dan» les biens de la terre , les recherchant avec plus d'ardeur que les biens éternels ? (Si l'on espère ou si Ton désire plus les biens terrestres que les biens célestes , et qu'on y soit s tellement attaché qu'on youdrait toujours viv*e sur la terre pour jouir des biens d'ici-bas , les préférant réellement à la postsession de Dieu et à la béatitude éternelle, péché mortel. Sporefi, Sanehez, et B. Liguori(i). )

Ne vous est-il poiùt arrivé , en considérant l'excellence de la gloire céleste et votrfe bassesse , de croire que vous ne pouviez aspirer à une si grande gloire ; et , sous ce* prétexte , ne vous êtes-vous f>as livré^ tous les plaisirs des sens? (Péché grave contre l'espérance , et même contre la foi , si l'on croit réellement que l'homme n'est point destiné à la gloire céleste. Quoique le bonheur du ciel soit beaucoup au-dessus

(i) At Terè si quis optet semper in faâc vitâ manere praecisè d«%iderando hâc vita non prrvari, quatenus id secundùm se bonum est , sine uuo expresso respecta Tel comparatione ad beatitudinem aeteraam , a peccato saltem mortali. merito excusa tur. Nerao negabit dos licite posse desiderare longam vitam , etsi eo tempore longiori beàtitudine privati simus , quia himirum non intèndimus delicias vtV commoda bujus vit» pro tanto tempore "beatitudipîs œternae praeferre : solùm enim desideramus bâc vîta non cito pmarï , praecbè nt nobis bonum est. Ergo eâdem ratione quis posset desiderare semper manere-in bâc vitâ , ut sibi bonum est , quin censeatur voluptates hujos "vitae praponere beatitudini ? Adde te nescire an salvandus post banc vitam , an damnandus. Ergo potes desiderare in bâc rilâ perpétué permanere , ut periculum damnatibnis effugias* Sed boc periculum fugere non est malum. Ergo non est mortalc taie desidcrium absolute. Sic Sporer qui citât pro se Snnchezium»

de l'homme qui n'est que terre et poussière , la foi nous assure que Dieu nous l'a promis, et qu ? il est assez puisant pour faire d'un homme un ange , comme il a fait l'homme de rien , dit S. Augustin. ) ^

N'avez-vous point , par un défaut de confiance au secours de Dieu , omis de faire quelque bonne oeuvre , quelque acte de vertu , quoiqu'il ne fût que de conseil , désespérant de pouvoir le faire comme il convenait? (Péché véniel. P. Antoine J)

Lorsque vous avez été tenté de désespoir, et que votre salut était en» danger, n'avez-vous pas négligé d'élever votre esprit et .votre pœur à Dieu par dès actes d'espérance?* (Tous les théologiens soutiennent

fe , . lorsqu'on est fortement tenté de désespoir, et ? il y a un grave péril de succomber à la tentation si l'on ne fait un acte d'espérance , il y a obligation sous peine de péché mortel de le faire.

Le précepte de faire des actes d'espérance, oblige encore : far lui-même, 1° quand on atteint l'usage parfait de la raison , et que l'on est suffisamment instruit qu'il y a une béatitude surnaturelle qui nous est préparée ; 2" à l'artide de la mort ; 3° quelquefois pendant la vie (1). <H oblige far accident ou indirectement, t° lorsque nous, sommes obligés de nous approcher di^ sacrement de Pénitence : selon le concile de Trente , Tespérance est une disposition nécessaire pour obtenir la justification ; 2° lorsque le précepte de la prièrç urge : pour obtenir de Dieu

(i) Per se pbligat praeccptum spei saltem semel singulis annis, guae sentenlîa communis est. Concina , tlieol. non relaxus.

ce que nous lui demandons , il faut espérer l'obtenir ; 3° toutes «les fois qu'on- lest attaqué d'une tentation quelconque qui ne peut se vaincre qu'en élevant son esprit et son cœur à Dieu par un acte d'espérance.

Régulièrement parlant , pour satisfaire au précepte de faire des actes d'espérance x il n'est pas nécessaire de faire un acte explicite* On y satisfait quand on déteste ses péchés , ou qu ? on forme le ferme propos dé ne plus pécher -mortellement. Goritia. En effet , pourquoi a-t-on une douleur de ses péchés et prendon la résolution de ne plus les commettre, sinon parce qu'on espère en obtenir de Dieu le pardon ? Cependant il peut y avoir des circonstances où l'on soit tenu de faire unacte d'espérance formel et explicite : Interdum tamen, dit Suarez , propter dispositionem hominis, vel occurrentes diffictittates, necessarium erit forma" lem actum spei elicere>)

« De la présomption.

La présomption est une confiance téméraire en<la bonté et en la miséricorde de Dieu, portant l'homme à pécher plus librer$ent. Elle est péché mortel de sa nature , à cause de l'injure grave qu'elle fait à Dieu , supposant directement à sa bonté et à sa justice. Elle peut néanmoins devenir péché véniel par défaut d'advertance ou de consentement parfait , et aussi à raison de la légèreté de la matière , suivant plusieurs théologiens, quoique plusieurs autres, tels que Sporer

et Layman, n'admettent dans la présomption , de même que dans le blasphème , « aucune légèreté de matière.

Votre confiance en la bonté de Dieu ne vous a-t-elle pas rendu plus hardi , plus déterminé à l'offenser, disant , par exemple : Dieu est bon , il me pardonnera assez ; il me pardonnera aussi bien plusieurs péchés qu'un seul ? ( Péché mortel de présomption. B. Liguori et ColUt. )

Présumant trop de la bonté de Dieu , n'avez-vous pas différé de vous convertir, et même renvoyé votre conversion à la mort, disant en vous-même, par exemple : Dieu ne m'a pas fait pour me. damner, il me pardonnera dans dix ans ou à l'heure delà mort aussi bien qu'à présent ; et , sous ce prétexte , n'avez-vous point continué à vivre dans le désordre? (Péché mortel de présomption , et même contre la charité ; car les théologiens disent communément qu'on expose alors son salut à un grand danger. Cependant comme , pour être coupable du péché, de 'présomption , il est nécessaire , d'après saint Thomas et d'autres théologiens , que l'espérance du pardon devienne un motif qui porte à pécher plus librement , celui qui pèche et diffère uniquement par passion de se convertir, espérantle faire en danger de mort, ne commet point un péché de présomption : l'espérance qu'il conserve que Dieu lui pardonnera alors ses crimes ne le portant pas à pécher plus librement, devient en lui un acte de vertu théologale. Sic Sporer et Bonacina. )

Quand vous avez eu le malheur de commettre quelque péché grave , ne vous êtes-vous pas décidé à en ê * commettre d'abtres, sous prétexte que vous aurie?

aussi tôt confessé deux ou trois péchés qu'un seul? (Comme ici Fespérance dû pardon n'est pas le motif qui porto à pécher, il n'y a pas péché de présomption , mais seulement une 1 marque d'une disposition mauvaise. )

PPavez-vous pas cru pouvoir faire le bien, vous convertir et vous sauver par vos propres forces et sans le secours $ie Dieu? (Péché mortel contre l'espérance et contre la foi. S forer et omnes alii. )

N'avez-vous pas cru aussi pouvoir vous sauver sans changer de vie , sans renoncer à une habitude criminelle ou à une occasion gravement dangereuse poifr votre salut? (Péché morte) de présomption, si lia bonne foi n'excuse* }

Ne vous êtes-vous point flatté d'obtenir te pardon de vos péchés et la béatitude éterrielle sans faire pénitence, et sags fa pratique des bonnes oeuvres auxquelles est attaché le salut , vous reposant uniquement sur la bonté et la miséricorde de Dieu , sans vouloir rien dire de voire côté pour mériter le ciel? ( Péché mortel de présomption qui tient de l'hérésie. Suartt, Loyman et Sporer. )

Ne vous êtes-vous point laissé aller à des fautes vénielles, par l'espérance que Dieu vous les pardonnerait facilement? (Péché véniel deprésomption.P./o*. Ant.)

Ne vous étes-vous pas imaginé qu'en faisant beaucoup d'aumônes et d'autres bonnes œuvres vous pouviez vous sauver, quoique vous ne fréquentassiez point les sacremeftts, et que vous transgressassiez d'autres préceptes de Dieu ou de l'Eglise ? (Péché mortel qui tient de la présomption et même de l'hérésie. On ne peut gtrère ici supposer de bonne foi ; car, pour J. 3

peu que Ton soit instruit , on sait que , pour être sauvé /il feut observer les commajtdements de Dieu et ceux de l'Eglise f • si de graves raisons n'en dispensent :. Si vous voulez entrer dam la vie éternelle, garde» les commcwlements ê dit le Sauveur.)

Ahticxe troisième.

De la Charité.

La charité, disent les théologiens f est une vertu -théologale par laquelle nous aimons Dieu peur luimême et par-dessus toutes choses, et le prochain comme nous-mêmes par rapport à Dieu.

Des trois vertus théologales qui forment ici-bas notre trésor, la plus grande, la principale, d'est la charité , dit S. Paul : sans elle les autres vertus ne peuvent nous sauver ; -elles peuvent bien commencer notre édifice spirituel , mais elles ne peuvent l'achever : c'est la charité qui le consommera. Elle est la vertu dés bienheureux et le lien qui les unira à Dieu comme à leur principe et à leur fin , et .qui lçs unira entre eux comme tes membres d'un même corps»

Le caractère propre qui distingue la charité de l'espérance , c'est que par la charité nous aimons Dieu précisément à cause de ses amabilités et de-son infinie bonté , ou , connue dit S. Thomas , tanqnam bonum in $ê, comme bon en lui-même : n'y. eût-il ni récompense, pour celui qui l'aime , ni châtiment pour celui qui ne l'aimerait pas , il devrait être également aimé. Par l'espérance, au contraire, nous aimons Dieu oonime noire souverain bien , tanquam bonum

ttofrw, (fit encore S; Thomas, en tant qu'il est bon pour nous , et qu'il nous domble de ses biens et de ses faveurs. •

Le précepte de la charité présente deu* objets , Dieu et le prochain; mais Dieu seul est le motif de la charité : car si nous aimons le prochain , bous devons l'aimer par rapport à Die a; et si nous rainions pour d'autres vues , nous n'avons pas la charité , dit S. Grégoire-le-Grand : Si qms quemlibet amat, sed non propter Deum, non amat, charitatem non hobtt, sed hahere se {Mai. Hom. x'xxviu , in Evang.

Si"-

De ta dwrité envers Dieu.

Pat* le précepte de la charité , nous somutes Obligés d'aimer Dieu d'un amour appréciatif, comme parle l'école, ou d'un amour de préférence. Par conséquent , nous sommes tenus de Faimer plus que toutes les choses qui sont au monde et plus que nous* mêmes, de renoncer à tout ce que nous avons dé plus cher sur la terre , et de tout souffrir plutôt que de l'offenser mortellement. Sont-ce là vos dispositions et vos sentiments, et ont-ils toujours été tels à l'égard 'de •Dteu ?.... Entrons dans un examen.

Votre amour pour Dieu a-t-il toujours été uft amour de préférence ? l'avez- vous toujours aimé plus qtafe toutes les créatures ? (On connaît; que l'on aimé Dieu ainsi , lorsqu'on observe fidèlement tous se* commandements et les préceptes de l'Eglise , et que ! l'on se sent intérieurement disposé i renoncer àfoift ce

qui est au monde, et à souffrir toutes sortes de maux plutôt que de commettre un seul péché mortel. )

Votre attachement aux biens de la terre , aux plaisirs du monde , ou pour certaines personnes , n'art-il pas été: quelquefois [dus fart «pue l'amour que vous aviez pmrDieu? ( Aimer d'uti; amour de préférence .-quelque <chosê ou quelque créature; que ce soit , ou jltoipiet seulement autant que Dieu* «& ampéabétrèsvgrate , . de l'aveu de tous les .théologiens* Les afeapes ^t Ifes^vplu^ueux commettent souvent ce crime. Op peut s'en rendre coupables de deux manière* , formellement et implicitement : formellement , en aimant d'un amour réel et affectif une créature plus ou seulement autant que Dieu ; implicitement , lorsque rattachement que l*on a aux jâcfre&es, aux pMafrs* vu pour quelque créature que ce soit , est cause qu'on transgresse la loi de Dieu en matière grave , et qu'on «églîfe notable- • ment sob salut. \Sporer. )

- PTavez^vous point aimé quelque personne ou quelque chose plus que Dieu , d'un amour intenee ,ou sensible?. (Quoiqu'il soi{ très-conyepable que jvows aimions Dieu d'un amour intente, plue que quelque créature qiie-ce soit , B&eu cependant ne .Feuget ipas de npus : tout ce qu'il demande rigoureusement, c'e^tque nous l'aimions d'un ampur de préférence , ou que nous soyons habituellement disposas à, tpQt saçri 6 w plutôt que de l'offenser çiprtellement X'amour intense ou sensible qq$ l'on a. pour certaines personnes r pq çerfpin* «objets».; ne (Jeyippt péché que lorsqu'il est tellement sensible ou Mfàe^e q«'jl diminue l'amour de préfén&nce que noiis deyow à Diçu, Sylviu* etaln. llejstmortelas'jlkd^oii^ ..,,..

8T Les âmes vertueuses ne doivent pas croire éfxe $$ns amour pour, Keu , lorsqu'elles s'apercent g^ \^ aflections pour les personnes cm, les chose* dé ce monde font des impressions, plus sensibles sur leur cœur que celles qu'elles ont pour Dieu : la grande sensibilité dans les affections pour les créatures vient dç ce que leur objet , étant sensible , frappe plus vivement l'imagination qu'un objet spirituel; tel que Pieu.» Il suffit que l'impression que l'amour de Dieu fait dam nos oœurs soit plus forte, quoique moins sensible; et elle est en effet plus forte lorsque nous évitons toute action mauvaise par le désir déplaire à Dieu, et qu'intémurement nous sommes dispo^s à renoncer à tout plutôt que de l'offenser mort^e-r menu Néanmoins il es$ toujours mile 4e ne point fo*. yorisçr* un aoaom? sensible poyr lep créature*. Cet amour serait dangereux , s'il fondait à, diminuer Ta? mour de préférence que nous devons à Dieu . Pour ^en . détacher, qu'on se rappelle ces belles paroles d'un grand saint < J'ai tfomé Dieu là oùj'ai qwtté le* crfa.

• L'amour de Dieu s'entretient et se nourrit par des acte* : n'a^esHroud pas. p^ssé un temps eojasidérablç sans en faire aucun ? ( On ne peut assigner précisément Ifespade de tempfc qu'il faudrait pour un péché mortel dans l'omission des actes d'amour de Dieu* U est Certain, d'&prés la proposition condamnée paj Innocent XI (l), «que l'espace de cinq ans suffit.

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(t) V<dci 1» proposition condamnée : Probabileest ne singtdis quidemrigorosh quinquenniis perse obligaré prtBceplum charitatis erg* Dùtim. 4 ...'.'■'

Quelques théologiens , tel que Lacroix , pansent qu'on ne peut excuser de péché mortel celui qui passé un mois entier sans faire un de ces actes. D'autres croient, mais sans fondraient , dit Suarez , qu'on est obligé d'en* faire chaque jour de fête et dimanche. Quoi qu'il en soit , voici ce qui est communément enseigné dans l'école : on est tenu , sous peine de péché mortel , de faire des actes d'amour de Dieu , 1° quand on a atteint le parfait usage de la raison , qu'on a une connaissance suffisante de la bonté de Dieu , ^t qu'on est en état de lui rapporter toutes ses actions comme à leur fin dernière. Plusieurs théologiens' font observer que, dans le crépuscule de la raison , le manque de connaissance excuse les enfants de péché mortel ; et •que même, après une connaissance parfaite» pour pécha- mortellement dans l'omission volontaire de ces actes ,*il faut un certain espace de temps* : Comme les enfants qui commencent à avoir l'usage de la raison s'en servent rarement pour s'feppliquer à aimer Dieu, les parents et ceux qui sont chargés de les conduire doivent leur inspirer, dès leurs plus tendres années , des sentiments qui les portent à faire ce que Dieu demande d'eux quand ils ont atteint le parfait usage de la raison.

T Quand on est en danger de mort. L'homme alors est tenu principalement de tendre à Dieu comme à sa foi dernière , par un acte d'amour. Plusieurs théologiens estiment même , comme plus probable , que le précepte de cet acte urge, quoiqu'on ait reçu les sacrements.

3° Lorsqu'on éprouve quelque tentation forte à laquelle il y aurait un danger probable de succowltëf «.

si Ton ne faisait un acte d'amour de Dieu. 4* Si , étant en état de péché mortel , on est obligé de recevoir ou d'administrer quelque sacrement, et que Von ne puisse se confesser. 5* Enfin , " souvent dans le cours de la vie.

Gomme on peut satisfaire, d'après plusieurs graves théologiens , au précepte de faire des actes d'anjour de Dieu , par là récitatiçn attentive de l'Oraison do* minicale , ou en pratiquant des œuvres de piété précisément en vue de plaire à Dieu, on peut dire, avee le père Viva & qu'il est bien difficile que les fidèles qui vivent chrétiennement ne satisfassent abondamment à ce préoejpte. )

L'amour que nous devons à Dieu demande que nous rapportions à sa gloire toutes nos actions : avez-vous bien eu soin de lui rapporter toutes les vôtres? (Il est certain que nous sommes obligés de rapporter à Dieu nos actions , d'une manière explicite et par un motif de charité , toutes les fois qu'urge le précepte de faire des actes d'amour de Dieu : car, dit S. Thomas, le précepte de la charité* envers Dieu ne peut se remplir, si l'homme ne lui rapporte ses actions comme à leur fin dernière.

Mais quand ce précepte n*urge pas, nous ne sommes nullement tenus de rapporter à Dieu nos actions par un motif de charité ;et,. pour remplir le préceptç dç h relation de nos actions à Dieu , il suffit , d'après le sentiment le plus probable, que nous les lui rapportions d'une manière virtuelle implicite ; c'est-à-dire que , lorsque nous agissons , nous fassions , par un motif de vertu et d'honnêteté , des actions toujours bonnes. Alors d'elles-mêmes ces actions se rapportent

à Dieu qui est Je principe et la source de toute vertu et de toute honnêteté : car. Dieu étant 6eul l'unique et souverain bien , tout ce qui a quelque bonté est une émanatipn ou un écoulement de ce souverain bien , et s'y rapporte de sa nature comme à sa source , pourvu qu'on n'y mette point obstacle (1). )

Au lieji d'aimer Dieu principalement pour luimêftxe , à cause de sa souveraine grandeur et de sa bonté infinie , ne l'avez-vcJus pas aimé uniquement pour éviter l'enfer et jouir de la béatitude éternelle, bien disposé à ne pas l'aimer et à violer ses lois s'il n'y avait rien à craindre ni à espérer ? (Péché mortel, m Sporer, Sylvesler et Navarrus. Il est bien permis ^t louable d'aimer Dieu pow Içs récompenses qu'il nous promet , et pour éviter les châtiments destinés à ceux qui ne l'aiment pas ; mais cet amour doit être un moyen de l'aimer plus facilement et avec plus

v (i) Mais tes actions bonnes et vertueuses en elles-mêmes peuwent*«lles mériter Jb récompense {éternelle, quand elles sont faites en. état de 'grâce , quoiqu'on ne les rapporte pas particulièrement & Dieu? Deux sentiments partagent là-dessus les théologiens i l'af/îrmatif me paraît assez probable , parce que l'état de grâce donne à l'homme le pf êefcux titre d'enfant de Dieu ; et que toutes ses actions moralement bonnes , procédant de cet état de grâce et par conséquent de la charité, au moins virtuellement, se rapportent suffisamment à Dieu ; qu'elles lui deviennent agréables, et qu'il daigne les recevoir comme prix de la béatitude. Cependant l'autre sentiment est plus sûr et plus avantageux dans la pratique. Par conséquent, on fer* bien d'offrir à Dieu dès le matin ses actions de ta journée, avec l'intention de les faire dans la vue de lui plaire, et de renouveler cette intention an commencement des actions principales qai sont Moralement différentes et qui n'ont aucune liaison entre elles. '

de foreur comme la souveraine grandeur, la souveraine bonté et la fia principale de toutes choses. Si I^l crainte de l'enfer et le désir de la •récompense éternelle sont la cause finale ou le motif principal de l'amour qu'on a pour Dieu , en .sorte que , s'il n'y avait ni enfer à- éviter ni récompense à attendre , on ne voudrait point l'aimer ni observer ses commandements, on s'aime alors soi-même plus que Diçn, et cet amour devient un amour mercenaire et trèscoupable. )

Votre amour pour Dieu n'est-il pas acceompagné d'ennui, de tristesse et de dégoût dans son service? (Si, nonobstant cet ennui et ce dégoût, cm remplit tous les devoirs importante qu'impose la Religion , quoiqu'on s'en acquitte avec quelque négligence , le péché n'est que véniel ; mais si l'ennui , la tristesse et le dégoût qu'on éprouve dans le service de Dieu sont notables et volontaires , et qu'ils fassent omettre quelque -devoir essentiel , ils détruisent l'amour de Dieu et deviennent péché -morte] , ainsi que le dit S. Thomas. ,...-•-" x

Il est utile de faire observer quç le dégoût ou l'ennui qu'éprouvent malgré elles dans le service de Dieu quelques personnes vertueuses, est involontaire et n'est point un* péché, mais seulement une faiblesse qui peut être ujie occasion de victoire et de vertu pour elles. Cependant , si elles ne font aucun effort pour surmonter ce dégoût , il peut devenir très-dangereux. Qu'on n'oublie pas que le propre de Pamour de Dieu est de nous porter à le servir qvec joie , avec courage , avec empressement , et de nous réjouir de tout ee qui lui est agréatye. )

Au lieu d'aimer Dietf et de voir ayec plaisir qulf éîait aimé, votre indifférence ou votre défaut d'àmour pour lui n'a-t-il pas été jusqu'à ne pouvoir siipportér, et même à mépriser et à tourner en ridicule les personnes qui faisaient profession de l'aimer et de le servir? (Péché mortel : dès que la piété de ces personnes est l*objet direct du mépris , le mépris alors retombe sur Dieu même. Mépriser cependant ou » tourner en ridicule une personne dévote , seulement à cause de ses défauts , n'est pour l'ordinaire qu'une faute vénielle. )

Lorsque vous avez vu -qutyi offensait Dieu , qu'on l'outrageait ou qu'on le blasphémait , au lieu d'en être touché et d'en témoigner votre douleur, n'enrayezvous pas ressenti de la joie, et n'y avez- vous pas même applaudi? (Péché grave , s'il y a propos délibéré. 1 Prendre plaisir à voir commettre un péché véniel , n'est qu'une faute légère. )

Dans les malheurs , dan» les adversités , au lieu de vous soumettre à la volonté de Dieu pour son amour, ne vous êtes-vous pas laissé aller à des murmures contre lui ? ( S'il y a pleine advertance et réflexion , et que le murmure procède d'une mauvaise disposition à l'égard de Dieu , péché mortel ; si ce n'est que par un premier mouvement, et qu'il n'y ait 'pas dé^ libération entière , péché véniel : ainsi pense Sporer, qui n'admet là-dessus aucune légèreté de matière. )•

N'avez-vôuspas eu contre Dieu des sentiments de haine , de colère , d'aversion ? ( Péché grave , s'il y a , pleine advertance et consentement parfait. Point de légèreté de matière là-dessus.

Ce crime est plus commun dans le monde qu'on

ne pense : combien , surtout parmi les pécheurs d'habitude , qui haïssent Dieto à cause d^ses jugements et de sa justice, quand ils le considèrent comme neâgeur de leurs Crimes et comme auteur des maux qu'ils, souffrent ! Les confesseurs , dit le Rituel dç Toulon , doivent y faire attention; mais ils ne doivent pas croire facilement les personnes pieuses , qui vivent régulièrement , lorsqu'elles s'accusent d'avoir consenti à des pensées de haine de Dieu. Ils jugeront de ce consentement , non par le ton d'assurance avec lequel elles l'affirmeront , mais par tes effets de ces pensées : si elles en ont été fatiguées , attristées , et quelle* n'aient rien fait en conséquence , c'est une preuve qu'il n'y a point eu de consentement, ) ' . '

Au milieu de vos désordres , n'avez-vcos pas porté la haine contre Dieu jusqu'à désirer qu'il n'existât pas , afin qu'à ne vous punit point? ( Crime le plu* grand de tous» Layman, Sporer, et sic omne** )

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