‹ Examen scientifique du végétarismeChapitre 3 sur 60 · GLEÏZÈS ET LA RENAISSANCE VÉGÉTARIENNE EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

GLEÏZÈS ET LA RENAISSANCE VÉGÉTARIENNE EN ANGLETERRE

C’est le Français Gleïzès qui fut le grand apôtre végétarien du xix<= siècle. Il naquit le 26 décembre 1778. Mais son oremier ouvrage doctrinal, la Thalysie (i) ou nouvelle existence, parut seulement en 1840; Gleïzès avait déjà soixante-sept ans.

Cet ouvrage considérable (2), qui a mérité d’être appelé la Bible du végétarisme moderne, n’est pas un travail scientifique. C’est plutôt une étude philosophique, d’une philosophie beaucoup trop nébuleuse et sentimentale pour l’esprit français. y\ussi le préjugé contre lequel s’élevait Gleïzès ne fut-il- pas ébranlé. « La Thalysie, dit Bonnejoy, ne fut qu’un éclair et la nuit se fit après plus noire encore qu’avant. »

1. Thalysie, jiu grec OaAucna (fêtes en l’honneur de Gérés, après la récolte; prémices des fruits récoltés).

2. Nous n’avons pas à tenter ici une analyse de cet énorme ouvrage comprenant 3 vol. grand in-8 et i3oo pages. Beaucoup de pensées sernblent étranges, en la forme absolue que l’auteur leur a donnée. Telles : 1 usage de la chair est cause prochaine de laideur; le régime des herbes développe la beauté.

Toutefois la semence était jetée; elle ne devait plus se perdre. Les théories de Gleïzès, méconnues en France, ont été chaudement ^iccueillies en Angleterre, qui fut, sinon le berceau, du moins le foyer du végétarisme contemporain.

Parlant des Anglais, Gleïzès disait en 1842 :

« Les malheureux, la viande les éteint... Voye/-les, comme des serpents glacés, chercher le soleil partout hors de leur île!... Mais c’est en vain. Ils portent le poison en eux. G’est une autre chaleur, une autre lumière qu’il leur faut... »

Cette lumière que le philosophe français leur proposait, les Anglais l’ont reçue. Cinq ans après cette véhémente objurgation, la fondation de la grande société de Manchester, la Vegetarian Society, consacrait l’œuvre de rénovation inspirée par Gleïzès. Bientôt, les sociétés se multipliaient, répandant jusqu aux confins du Royaume-Uni la doctrine nouvelle.

11 y a dix ans, l’Angleterre comptait dix-huit sociétés. Aujourd’hui elle n’en a pas moins de trente-neuf (1).

Voici, d’abord, la Vegetarian Society, déjà citée, qui a fêté en 1897 cinquantenaire de sa création. Présidée par le professeur John Mayor, elle a pour organe le Vegetarian Messenger, et emploie ses revenus à des conférences, des articles et des ouvrages végétariens. Sur son blason, on lit les lettres F. E. .AL, abréviations de Vegetable, Egg, Milk, c’est-à-dire que son régime repose sur végétaux, œufs et lait. Elle possède une branc particulière qui, sous le nom de Daisy Society, renferme de nombreux enfants.

Non moins puissantes, bien que plus jeunes, sont The London Vei^etarian Society and the London Vegetarian Association, deux sociétés fondues en une seule, sous la vigoureuse et active direction de M. Hills. G est un vaste groupement en pleine prospérité, qui donne des conférences, des soirées musicales, expose des instruments culinaires et des produits végétaux. Son influence est considérable. On en peut juger parceue relation de l’un de ses membres (2) ;

« M. 1 mis, président de la Vegetarian fédéral Union, diri.^e de vastes ateliers de constructions navales à Blackwall. Lhie

1. En 1901, il y avait e.xuctcirient 33 Sociétés végétariennes en Ant>lp

terre; 5 en Ecosse; i en Irlande. K^urienncs en Angle-

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