‹ Examen scientifique du végétarismeChapitre 4 sur 60 · M. Philups : Congrès végétarien de igoo · texte numérisé non relu

M. Philups : Congrès végétarien de igoo

grande partie du personnel de ces usines, occupant les différents emplois intellectuels ou manuels, suit le régime végétarien, suporime la viandS, le vin, la bière et autre^i, spiritueux. Ils sont au moins aussi bien portants que les autres et, comme leur alimentation leur coûte 5o pour loo meilleur marché que le régime carné, ils jouissent d’une plus grande aisance.

« M. Hills a fondé à 1 5 milles de Londres, à Wickford, Essex, une ferme destinée à donner de l’ouvrage aux sa7is-travail. Beaucoup de pauvres y viennent dans un état de grande misère. Après trois ou quatre jours de travail, dormant à la ferme et nourris à la mode végétarienne, ils gagnent jusqu’à 5 francspar jour. »

Après avoir expliqué comment, en distribuant les aliments au prix coûtant, la Société est arrivée à fournir en un seul hiver, dans les différents quartiers de Londres, 90.000 repas aux pauvres, à raison de deux sous par tête (soupe, pouding, pain complet), M. Phillips conclut ainsi : « Nous avons donc dans nos rangs des ouvriers fournissant les plus rudes travaux de forge, de laminoir, de hauts-fourneaux ; des employés donnant du travail cérébral ; des vieillards et des hommes affaiblis par la privation, qui, grâce à notre régime, arrivent à récupérer leur activité et à gagner aisément leur vie au travail de la terre !... »

Ce résultat extraordinaire est l’œuvre d’une seule société. Et, à côté d’elle, combien d’autres prospères et actives ! On ne peut les nommer toutes. Voici encore la Devon County Vegetariçin Society, immense association subdivisée en six branches ; la propagande est des plus actives. Il y a des meetings, des conférences, des démonstrations culinaires pratiques, vente de nombreux ouvrages, distribution gratuite delivres.

Irish Vegetarian Union, The West Ha}n Vegetarian Society, ne sont pas moins influentes. Et chaque grande ville, Birmingham, Cambridge, Folkestone, Newcastle, Coventry, Leicester, Brighton, Edimbourg, etc., possède sa société végétarienne. De tous ces foyers rayonne une propagande intense, sous forme de conférences, de brochures ou de journaux périodiques. Il y a dix ans, la grande société de Manchester publiait déjà, dans le Vegetarian Messenger, une liste des nombreuses publications patronnées par elle-même. 11 n y

en a pas moins de 120 : toute une littérature. A côté de cela, un certain nombre de périodiques. C’est d’abord le classique Vegetarian-Aîessenger de Manchester, dont le titre vient d’être complété ainsi : The Vegetarian Messenger and Health Renneiv; puis The Herald of the Golden Age, et The Vegetarian de Londres. Ces revues sont les Z piliers de la presse végétarienne anglaise. Mais il convient de citer encore The Herald of Health et une certaine quantité de journaux de nuances ou, pour le moins, de tendances végétariennes, tels : The Humanitarian, The Light of Reason, The Scottisch Health Reformer.

Dans beaucoup de grandes villes du Royaume-Uni, existent des restaurants végétariens. L’un des meilleurs est The Food Rejorm Restaurant îondé, 4, Furnival Street, Holborn, par The Food Reform Company, compagnie au capital de ,5o.ooo francs, créée par des végétariens convaincus pour la fondation d’établissements modèles. Il y en a une douzaine d’autres, parmi lesquels il convient de mentionner celui que M. Hills â créé dans le beau quartier de Londres, Victoi'.iu Street. Pour 3 francs, on peut y trou\er un bon dîner de 6 services, avec un luxe comparable a celui du café Riche ou de la Adaison Torée i mais la cuisine, faite naturellement dans le goût anglais, n’est pas pour satisfaire toujours notre palais habitué à la fine cuisine française.

Dans un récent numéro de The Vegetarian, M. Farmek, qui connaît fort bien l’organisation des établissements anglais, affirme que les restaurants végétariens fournissent pour 0 fr. 60 ou O fr. yo un repas équivalent a celui que l’on paierait 2 fr. 5o dans un restaurant ordinaire (1).

Enfin, comme principal hôtel végétarien, il faut citer, à Londres, Hygieia House, 5, Osnaburgh Terrace, Regents Parle.

Il existe encore quelques autres hôtels ou boarding-houses strictement végétariens dans cette capitale, et d’autres maisons où l’on peut obtenir une nourriture végétarienne, mais leur nombre ainsi que celui des restaurants végétariens a diminué depuis la création de nombreux hôtels de tempérance et de près de 200 restaurants hygiéniques ouverts par la Aeraled Brcad

I. Le plus ancien de Londres est WMpha, fondé sous les auspices de la grande société de Mancliester. ^

Company, vulgairement appelés ABC, où l’on se procure à bon marché, outre du pain complet, principal objet de leur exploitation, une excellente alimentation, lait, café, oeufs, légumes, poudings, gâteaux et fruits, à côté de la viande. Leurs plats simples. bien servis dans des locaux d’une luxueuse propreté, souvent même élégants, dispensent le végétarien de chercher des restaurants spéciaux

Limité par la place, je dois clore ici ces détails. Ils vous donneront une idée encore qu’amoindrie, du mouvement végétarien en Angleterre.

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