lage qu'avoit Thésée quand il tua le tyran Sciron
4 . ” quand il alla visiter Pittheus; j.“ quand il fut envoyé en tribut à Minos ; 6 .‘ l'âge qu'avoit Hélène quand elle fut délivrée de sa captivité par les Dioscures; 7 ° l’âge enfin qu’avoit Æthra quand elle fut emmenée captive au siège d’Athènes.
Je me borne à n’indiquer que ces connexions immédiates avec le fait de l’enlèvement d’Hélène par Thésée. On verra que ces faits se combinent tous parfaitement entre eux et avec le fait principal du rapport de l’âge d’Hélène avec lage de Thésée, lors de la date probable de l’enlèvement , laquelle est latéralement assujettie aux deux autres dates fondamentales de l’an 1302 et de l’an 1253, assignées pour les règnes d’Egée et de Thésée.
Le nom d’Inachus , qui domine sur tout le T ableau , se lit au sommet du premier cadre qui comprend les dynasties d’Argos et de Thèbes, de Thessalie et d’Arcadie. Le personnage désigné par ce nom est la souche unique d'une grande dynastie dont les princes me paroissent s’être partagé la domination simultanée du Péloponnèse , de l’Italie , et de la côte connue sous le nom de Phénicie. La certitude du fait résultant de l’accord des récits de l’histoire avec les synchronismes généalogiques une fois reconnue , on peut en induire que des princes d’une même dynastie •auroient régné aux époques mêmes des origines grecques
sur l’Asie mineure, particulièrement à Sinope, ainsi qu’à Iconium, qui est placée au centre de cette contrée, dont la civilisation primitive n’est pas autrement indiquée dans l’histoire qui est parvenue jusqu’à nous.
J’ai fait considérer le premier cadre du Tableau comme le plus essentiel des trois par son importance généalogique et chronologique , et , sous ce point de vue , je dois d’abord en rendre compte, parce que ce sont les divers degrés des colonnes de ce premier cadre qui transmettent, dans toute la longueur du Tableau , la certitude des positions de noms, déjà latéralement fixées par la première régie tirée d’Eusèbe, et immédiatement après par la seconde tirée des Marbres de Paros.
Une des considérations essentielles au genre de preuves déduites des colonnes généalogiques du premier cadre, est qu’en partant de la souche unique, qui est Inachus, les séries parviennent sans lacune et surtout sans anachronisme, dans les comparaisons faites entre l’une et l'autre, jusqu’à la guerre de Troie; car le moindre défaut qui rendroit incertaines les coïncidences des personnages du même cadre, interromproit l’accord parfait sans lequel ce cadre ne pourroit être alors considéré comme le troisième moyen de vérifier les rapports dispersés dans les deux précédens , tirés d’Eusèbe et des Marbres.
La continuité des premières généalogies de cette division se compose d’abord des rois régnant à Argos , de père en fils, depuis Inachus jusqu a Cleodeus.et àThèbes,
jusqu’à Laodamas , en partant de Cadmus, chassé de Phénicie comme Danaüs , au temps de Moïse, suivant un Hé- /*w«. catée qui est probablement celui d’Abdère. On rencontre, immédiatement après ces dynasties d’Argos et de Thèbes , les six degrés de la dynastie thessaiienne , qui est interrompue au degré de Nanas. L’histoire rapporte que ce roi , chassé par Deucalion , passa en Italie avec les Pélasges qu’il commandoit : ainsi l’interruption de cette dynastie est bien motivée; il est probable quelle se sera perpétuée en Italie sous les noms des fondateurs des villes pélas- Aatiixhm J>ragiques. De cette branche Italus et Morgès ont été les rois les plus voisins de la guerre de Troie. «TV»’***'
La colonne de la dynastie arcadienne , remontant , comme les précédentes , à Inachus , arrive ( maintenant sans lacune ) jusqu’à la guerre de Troie , au moyen du fragment de généalogie tiré de Phérécyde, que j’ai restitué à cette colonne , et dont l’authenticité et l’emploi vont être justifiés à la section t . r * de l’Explication méthodique du Tableau.
Voilà comment je suis parvenu à en construire le premier cadre, et à y présenter la suite non interrompue de cent soixante personnages héroïques , parmi lesquels on remarquera surtout la colonne des rois d’Arcadie , dont la critique historique n’avoit encore pu faire usage.
Pour rétablir l’harmonie qui manquoit à cette partie de l’histoire, après avoir surmonté la difficulté d’établir ce premier cadre , j’appellerai l’attention de mes lecteurs sur les considérations générales que doivent faire naître
les lacunes qu’on va remarquer dans le reste du Tableau ; car, à partir de Prométhée, pour s’élever jusqu'au temps d'Inachus, premier roi d’Argos, c’est-à-dire, dans l’espace de plus de trois cents ans , aucun fait positivement héroïque ne se rattache à la race de Japet , dont le nom domine sur le deuxième et le troisième cadre.
Je me suis décidé à placer le nom de ce personnage à leur sommet, parce qu’il est assez généralement reçu qu’il y a identité entre le Japet des Grecs et le Japhet de la Bible; et, comme Prométhée, descendant de Japet à quelque degré que ce soit, se rattache par plusieurs synchronismes aux faits les mieux avérés de l’histoire du Péloponnèse, il m’a semblé qu’on pouvoit supposer que les descendans intermédiaires nous sont demeurés inconnus, et qu’on aura dit que Prométhée était fils de Japet, comme on disoit que Caüisto étoit fille de Lycaon, quoique l’intercalation de cinq rois intermédiaires soit démontrée nécessaire , comme on le verra d’après l’autorité de Phérécyde.
La race étrangère au Péloponnèse dont Prométhée est considéré comme le premier chef bien connue n’est signalée, dans les fragment qui nous sont restés des plus anciennes histoires , que par des envahissemens et des usurpations de royaumes depuis long-temps héréditaires sur des rois fondateurs de villes déjà murées, comme Mycènes , Lycosure , Argos , Tirynthe , &c. ; ce qui montre que la civilisation étoit déjà avancée dans le Péloponnèse. II n’est fait mention dans la Bibliothèque
d'Apollodore d’aucune théogonie antérieure aux premiers Japétides, à l’exception des fables extravagantes qui étoient débitées chez les Grecs sur Uranus et son Tartare , et de tant d’autres fictions créées par l’imagination des anciens poètes de quelque partie sans doute de l’Asie mineure. Je croirais que c’est la Cilicie, parce que c’est là qu’étoient placés , dans le même angle voisin de la Syrie , et le Japhet de la Bible et le Japet des Grecs.
C’est aux confins de la Cilicie, sur les rivages de laquelle la soeur de Prométhée avoit fondé la ville d’Anchiale, presque au même temps qu’avoit été envoyée d’Argos la colonie de Tarse, que se trouvent des dénominations locales qui ne se rencontrent dans toute la géographie ancienne que dans l’Argolide , dans la Béotie et à Dodone. Dans la Cilicie supérieure est le mont Argæus; la Cataonie borde la Comagène , où les commentateurs s’accordent à placer l’établissement de Mozocch, l’un des fils de Japhet : les limites du premier établissement de ce Japhet sont marquées dans le livre de Judith, là même où l’histoire grecque cite les villes fondées par les fils de son Japet. D’où ces dénominations géographiques ont-elles été transportées dans l'Argolide et la Béotie, si ce n’est des contrées mêmes d’où partit Cadmus pour régner sur les Aones qu’il avoit trouvés établis dans la Beotie ! et qui peut avoir causé la facilité avec laquelle ses Phéniciens se sont réunis en un même peuple avec ces Aones , si ce n’est parce que de temps immémorial il existoit entre les Béotiens et les Japétides d’Anchiale des rapports de consanguinité royale, qiït les colonies et les alliances détaillées dans le Tableau justifient clairement?
Apo&atJ. UK /, i t.ip. / ad VU .
UK JM.
n, if.
Promet fl. finit.
*• sb-
Art. CCXXX.
Tuileau, XXII, SS
P aman. ht. Il,
XIV, f>. t/fj.
Dich) 5. Halic.
Amiquit. rom.
tii. I , p. 22.
PtiHsan, lit. I, II, P.
Pùwys. Halic.
Antiq. rm. I ,
Voilà donc une race absolument étrangère au Péloponnèse et dont cependant l’histoire se combine avec celle de la dynastie d’Argos. Elle ne restera plus désormais dans le vague de ces fables extravagantes dont je viens de faire connoître la nature d’après les récits mythologiques d’Apoliodore , et il existe encore dans l’histoire grecque d’autres faits venant à l’appui de ces souvenirs historiques.
En effet, il est parlé dans Eschyle des relations deProméthée avec Io, princesse argienne; et la justesse du synchronisme est démontrée dans l’Explication méthodique par le rapport des deux généalogies. Un autre synchronisme entre ce même roi et Aras , dont l’époque est fixée d'ailleurs à trois générations avant Pelasgus, fils d’Arcas, étoit un fait reconnu chez les Arcadiens. On savoit que Deucalion, fils de Prométhée, avoit chassé de la Thessalie, pour y régner à sa place, Nanas, roi pélasge, conducteur de la colonie qui, suivant Denys d’Halicarnasse, fonda en Italie la plupart des villes de construction pélasgique, entre autres Saturnia etCossa, maintenant désertes, mais dont les murs originaires subsistent encore. On savoit aussi qu’Amphictyon avoit usurpé le trône d’Athènes , et les articles qui le concernent dans l’Explication méthodique prouvent avec quelle exactitude le degré de la naissance de ce prince , liée aux faits qui précèdent, se combine avec la date de ce règne, telle quelle est assignée par les Marbres de Paros. On savoit que Dardanus, arrière-petitfils de Prométhée par sa mère Electra, fille d’Atlas , possédoit de grands domaines dans l’Asie mineure et en Arcadie; il n’étoit pas douteux qu’un Endymion , descendant au
quatrième degré de Deucalion , n’eût régné en Élide , ni qu'Athamas , descendant au même degré du même roi , n’eût régné enBéotie, et n’y eût épousé Ino, fille de Cadmus , régnant alors à Thèbes. On savoit également que la dynastie des rois de Lacédémone, unie, d’une part, à celle d’Argos par le mariage de Messène, fille deTriopas, avec Polycaon fils de Lelex , étoit alliée , d'autre part , avec la famille de Deucalion , par le mariage de Sparta , fille d’Eurotas, avec Lacédcmon , petit-fils d’Atlas.
Quelle que soit donc l’obscurité qui avoit paru envelopper l'origine de la dynastie de Prométhée et de ses diverses branches subdivisées en Deucalionides , Atlantides et Hellénides , tant que ces dynasties furent considérées isolément; cette obscurité se dissipe, et elles acquièrent par leurs rapports combinés dans le Tableau ce jour satisfaisant qui ne pouvoit résulter que du rapprochement des élémens de l'histoire simple, dont j’ai fixé les caractères au commencement du Discours préliminaire.
Ainsi la dynastie des Prométhéides se confondit dans la suite par les conquêtes et les alliances avec les diverses branches de la maison d’Argos. C’est ce qu’on reconnoît d’abord aux foibles lueurs que jettent les synchronismes d’Io et de Prométhée , de Triptolème et de Parthénius. Ces rapports se complètent ensuite par les synchronismes de tous les héros d’origine prométhéide qui combattirent à la guerre de Troie, et qui figurent dans mon Tableau aux degrés les plus rapprochés de l’époque de cette guerre. Il
ApolloJj. IX,
Pensait. IV, t.
hùm , /// , /.
restera toujours néanmoins quelques difficultés pour remplir les deux lignes généalogiques d’Æolus et d’Endymion. Il convient à la sincérité de mes recherches d’avertir que ces lacunes ne se trouvent remplies- qu’en supposant que des princes du même nom auroient régné successivement , riuut. vu. et nous avons , entre autres exemples, la certitude qu’un *“ 1 ' 1 second Athamas étoit petit-fils du premier.
Les autres dynasties acéphales en apparence, ou celles qui sont sans suite, et que les hasards des invasions ont semées sur le Tableau entre les dynasties complètes et régulières , présentent néanmoins les élémens sommaires de leur histoire simple et primitive dans tout l’accord que peut exiger une critique raisonnable.
Lorsqu’un premier chef apparut à Argos, l’histoire ne dit point d’où il venoit : mais il est bien naturel de penser que c’étoit de l'Asie mineure ; car il est bien difficile d'admettre que cette contrée , dont l’histoire et les monumens nous sont si peu connus , n’ait eu aucune part aux origines historiques du Péloponnèse , quand nous voyons que, dès le ni.* siècle de l’histoire d’ Argos, la côte méridionale de l’Asie étoit fréquentée par les colonies argiennes de Triopas, deXanthus et de Triptolème, pour concourir avec les naturels du pays à la fondation de Tarse , que les deux premières expéditions paroissent avoir préparées par d’autres établissemens progressifs. En second fieu, les origines incontestablement inachides de Danatis et de Cadmus ne semblent - elles pas prouver que les possessions de ces princes en Phénicie dévoient avoir quelque
DU TABLEAU GÉNÉRAL, 'i 79
rapport avec les colonies des Enacim de la Bible, sur une côte si Voisine de Tarse et d’Anchialeï Grotius le pensoit.
Quoi qu’il en soit, lorsque ce premier chef lnachus apparut à Argos, il conduisoit un peuple à sa suite, puis* que, suivant un ancien auteur, probablement Castor, copié par Eusèbe , il y eut un combat livré par les Telchines et les Caryates contre Phoronée 4 fils d’Inachus, et que ce roi fut soutenu dans ce combat par des Parrhasiens , déjà établis dans une partie de l’Arcadie, qui fut depuis gouvernée sans discontinuation par une branche de la maison d'Argos, jusqu’aux temps les mieux reconnus comme historiques.
Chacun des descendans plus ou moins immédiats de ce premier roi ayant imposé son nom à la ville dont la fondation lui est unanimement attribuée par les auteurs grecs , ces noms nous sont parvenus avec la même continuité que s’ils eussent été gravés sur les blocs mêmes de leurs remparts, qui subsistent encore, quoique démantelés pour la plupart. La géographie perfectionnée de nos temps a fixé les positions respectives de toutes ces anciennes cités avec une telle précision, qu’un voyageur, Pausanias à la main, se plaçant au milieu d'un vallon couronné de ces forteresses , peut les reconnoitre distinctement de loin à la forme irrégulière des blocs dont leurs remparts sont construits; à la couleur de leurs marbres jaunis par le temps, mais parfaitement taillés au ciseau ; à cette situation enfin qu’Euripide appeioit céleste, et que Denys d’Haiicarnasse leur assignoit sur les sommets de l’Apennin.
Chn<Êiic. frittr.
TrOdd.v.toFS , El car. v. UfF.
l*tiq. rem. ! , P*i' '*>■
Tout le Péloponnèse ayant été partagé dès-lors entre les branches d’une même famille , il ne reste de doute à cet égard que sur les premiers rois de l’Attique , et ce doute est causé par la concision de l’histoire simple : mais , malgré les lacunes qui interrompent les traditions écrites de cette contrée, elles ne laissent pas de partager la certitude de celles de l’Argolide; car elles présentent des généalogies commencées. On inontroit à Thèbes les monumens du premier roi de l’Attique et de la Béotie. La guerre des Épigones avoit perpétué jusqu’à des temps bien reconnus comme historiques le nom de la tour et de la ut. ix, vin, porte d'Ogygès, que Pausanias voyoit et citoit encore au ?iS ' n.* siècle de notre ère.
Les ruines des remparts d’Éleusis subsistent encore ; elles sont citées et dessinées par tous les voyageurs , et il fut reconnu de tout temps que les mystères de Cérès et la culture du blé avoient pris naissance dans cette ville à la même époque précisément à laquelle Car , fils de Phoronée, les introduisit à Mégares ; de même il étoit reçu Pcuu*. ix. qu’Agamemnon étoit parti pour Troie , d’un port dominé *'ni/xxxiii. P ar une bourgade qui tenoit son nom ( Aulis ) d’une fille 777- d’Ogygès , et qu’une autre bourgade tenoit le sien ( Alalco-
menla) d’une fille du même roi.
Les origines de l’Attique n’ajoutent à ce petit nombre de faits que quelques noms de héros qui régnèrent avant Actæus , beau-père de Cécrops. Celui-ci commence une dynastie qui régna sans interruption jusqu’à l’époque des magistrats populaires, et les historiens avouent dans toute
leur sincérité qu’ils ne savent rien des premiers rois de FAttique ; qu’ils ignoroient même s’ils avoient été successifs ou contemporains, ayant pu régner en même temps sur des villes différentes. Mais aussi le silence des traditions est motivé sur une révolution physique dont la date fut toujours reconnue comme fondamentale ; car l’époque du déluge d’Ogygès appartenoit à toutes les anciennes histoires locales de la Grèce. Or , si les anciennes généalogies, si les listes des rois avoient été fabriquées , comme le prétendent les sceptiques modernes, pourquoi les faussaires d’alors ne les auroient-ils pas présentées dans un état complet ?
• Je veux croire, disoit Fréret, à qui la réflexion précé- •» dente appartient, quemêmedans les généalogies les plus •• assurées il y avoit quelques degrés douteux; mais se >• persuadera-t-on que toutes étoient fausses , et que dans •• les généalogies d’un si grand nombre de familles diffé- •> rentes, jalouses les unes des autres, et souvent oppo- » sées d’intérêt et de faction , on s’étoit accordé à supposer •• précisément le même nombre de générations fausses, » et à les augmenter toutes dans la même proportion , « comme si différens faussaires s’étoient tous donné le » mot! » Pour nous tromper après quatre mille ans !
Ce qui démontre le mieux comment les généalogies qui paroissent le plus détachées de l'histoire grecque , en font essentiellement partie , même dans l’état isolé en apparence où leurs fragmens se présentent, c'est la facilité avec laquelle ils y. rentrent , pour peu que l’on saisisse
D/frnte <U la chronologie , pag.
Pauianids , / XXXIX , pj.
Pëusaa . il , XXX, /S/.
bien ies points d’union dont ils ont gardé, pour ainsi dire, ies traces d’articulation : tantôt c'est à l’aide d’une date estimée d’après un nombre de générations spécifiées dans l’espace qui séparoit deux héros l’un de l’autre; tantôt c’est par une alliance contractée avec un prince ou une princesse de quelque série déjà formée.
Il est dit, par exemple, que Lelex, roi de Mégares, étoit arrivé d’Égypte pour régner dans cette ville , douze générations après Car, fils de Phoronée : or, si l’on compte douze générations de trente-trois ans chacune, à partir de Car, n.° iii, 6 2, on verra que ce Lelex , xxn , 28 , arriva vers l’an i47°» et que sa postérité vient former naturellement les trois synchronismes suivans : i.° les rapports de Cleso et Tauropolis , n.® xxit, 25 , avec Ino, fille de Cadmus , n.° vu, 29; 2. 0 le mariage de Sciron , n.° xxn ,15, avec une fille de Pandion 11 , n.° xviij, 13 ; 3.® celui de la fille de Sciron ( Endeïs ), avec Æacus, fils d’Ægina, n.° xxxix, 16.
Rien ne paroît plus imaginaire que Telegonus fils d’Orus, n.° xxxi , 4 ° . dit Pasteur par Eusèbe, et que Pausanias, suivant ies traditions deTrcezène, supposoit Égyptien ; néanmoins ce fragment , qui se trouve jeté là comme par hasard , se rattache au corps de l’histoire grecque par presque autant de points d’union qu’il présente de degrés. Il est dit que ce Telegonus fut le septième roi après Inachus , et il se trouve , d’après la loi prescrite par cette indication, qu'il doit être placé en regard d'Agenor, septième roi d’Argos. Il résulte de là
que le fils d’Orus est situé, à l’égard d’Io, fille d’Iasus, de telle manière, que le fait de son mariage avec cette princesse, comme il est rapporté dans la Bibliothèque d’Apollodore, se trouve probable; et queSaron , son petit-fils , Pmu». a qui fut noyé dans le golfe Saronique , confirme l’interrup- fT "' tion de cette dynastie , d’accord avec la révolution physique du déluge de Deucalion.
11 y a dans le Tableau des fragmens détachés de leurs séries généalogiques, dont il est bon de prendre quelque idée, soit qu'ils aient été, ou non , cités dans le texte de l’Explication méthodique. Au haut du deuxième cadre , par exemple, parmi les rois de l’Attique qui ont régné entre Ogygès et Actæus , beau-père de Cécrops, le nom de Periphas montre , au moins par son analogie avec celui de Periphetès, xiv, 48 • que cette dénomination étoit reconnue tj.xvu.4S. chez les Grecs comme appartenant à ces temps reculés.
Les trois noms de Phiius, de Clinus et de Caucon , xix ,
4y . ont paru précieux à recueillir et à placer en parallèle avec les rois de l’Attique que nous venons de nommer , parce qu’ils élèvent l’histoire bien suivie de cette contrée jusqu’au temps du déluge d'Ogygès , dont Phiius paroît avoir été contemporain ; et comme le grand-prêtre Caucon avoit apporté les mystères d’ÉIeusis à Messène , femme de Polycaon, xxiv, xxtx, 3p. ce synchronisme bien assuré fait connoître que le grand-père de Caucon avoit exercé le sacerdoce à Éleusis , au temps probablement de la fondation de cette ville par le fils d’Ogygès.
Ces parcelles détachées des histoires perdues ne pouvoient s’y rattacher que dans un tableau comparé.
Les noms de Peucetius et d’GEnotrus, n’ayant pu être placés dans la colonne des rois d’Arcadie, se trouvent au n.° xxu, 52, et iis marquent l’époque bien importante de la civilisation de l’Italie. Ceux qu’on lit immédiatement au-dessous , à commencer par Thyræus , xxi , 4 5 > ont été des fondateurs de différentes villes du Péloponnèse, dont Dioajti. Halle. ] es ru i nes subsistent encore ; ils sont du nombre de ces
ARM, rom. I,
« vingt -deux fils de Lycaon qui ont dû régner à diverses
époques successives que l’histoire n’a pas fait distinguer. II en est de même de Thesprotus, d’Ambrax et d’Ephyrus, qui sont placés sous le nombre xxvm, $2, et qui jettent quelque lueur sur les dates des fondations des plus anciennes villes de l'Épire.
Aptllod. III, XIV. f. f.
Ce n’est pas non plus sans motif qu’on a placé le petit fragment de Menytus et de sa fille Pediada sous les n.°* xxu, xxiii, 4 2- Tout ce qui lie entre eux les sommets des principales colonnes est remarquable dans le genre de nos recherches. Ainsi, lorsqu’on apprend que Cranaüs épousa Pediada , fille de Menytus Laconien , ce synchronisme vient à l’appui de l’origine égyptienne et de Cécrops , et de Lelex, fils de Spartus ramené comme il est d'ailleurs à la dynastie d’Argos par la probabilité de son mariage avec Libya, n.° v, 43 . fille d’Epaphus. S’il ne nous reste plus rien, dans l’histoire, des généalogies d’Aras et de Megarus, sous le n.° xxn, 36, les distances assignées à ces deux personnages dans leurs rapports avec Prométhée , avec le déluge de Deucalion , avec un Pelasgus fils d’Arcas, compensent bien le défaut de leurs généalogies in*, connues, et marquent au moins de quelque fait important
DU TABLEAU GENEKAL. 8;
une lacune de quatre cent quatre-vingts ans qui existe , dans l’histoire des origines de Mégares, entre Car, fils de Phoronée , et Lelex.
J'ai cru devoir recueillir avec soin non-seulement les noms des princesses dont les généalogies sont comprises dans le Tableau , noms qui sont si essentiels à la formation de tous les synchronismes qu’il contient, mais encore les noms de ceifes dont je n’ai pu dresser les généalogies , faute d’espace. Il m’a paru que les noms de ce genre complétoient davantage l’aperçu de ces temps , et contribuoient à prouver avec quel soin et quel ordre les anciens monumens de ces familles étoient dressés.
Ce Tableau est encore parsemé de plusieurs faits de diverse nature: on verra, en les parcourant, etpar l’alignement exact de tous ceux du même genre, comment, dans cette histoire si hardiment traitée de totalement fabuleuse, chaque fait, considéré ailleurs isolément, se prépare ici par des synchronismes de faits semblables. Ainsi le coup d’œil attentif de tout observateur pourra suppléer à bien des raisonnemens qui n'ont pas dû être développés dans un travail uniquement destiné à la justification de l’histoire comparée d’après les seules traditions écrites.
L’Explication méthodique du Tableau comprend plus de trois cent trente faits divisés en douze sections , dont la première est employée à recomposer la dynastie des rois d’Arcadie. La seconde section roule sur les mariages et la date de chacun, à dix ans près, ainsi que sur les faits
de toute autre nature. La troisième section traite de i'âge comparé des rois et des reines , à ia date probable de ia naissance de leur premier ou de leur dernier fils. Ce sont ces deux sections, assujetties l’une à l’autre, qui doivent constituer ia base d'une méthode de chronologie naturelle. La quatrième section comprend tous les faits divers pour lesquels les anciens héros de la Grèce ont été nommés dans les récits de son histoire. Ces faits, comparés dans leurs rapports réciproques , font connoître à quel âge probable un héros fut exilé de sa ville natale, ou chassé avec son peuple de la région qu'il possédoit; quel âge pouvoit avoir le conquérant : s’il s’agit d’un duel , d’une adjonction au trône, d’une tutelle, d’une fondation de ville, le moindre calcul suffit pour faire connoître si les adversaires, le viceroi , et celui qui i’appeloit à partager son autorité , si le tuteur, le fondateur enfin , pouvoient avoir un âge convenable à l'action pour laquelle ils sont cités.
Après avoir vu dans les v.® 'et vi.® sections comment les dates tirées des généalogies se combinent avec les Marbres de Paros , et se rattachent avec ia même exactitude aux dates tirées de la Chronique cfEusèbe, on trouve dans la vu.® section une grande variété de faits comparés et relatifs à l’accord des généalogies avec les dates des colonies et des fondations des villes. C’est véritablement ia section des antiquités topographiques.
La vin.® section , qui traite des intervalles de temps écoulés entre les faits d’après le témoignage uniforme des récits historiques et des généalogies , montre ia certitude
qui résulte collectivement du calcul des générations dont les anciens se sont servis, et la certitude égale du même calcul , quand il s’agit de conclure d’après un nombre de générations détaillées. Xai déjà indiqué la difficulté que paroît causer l’autorité d'Homère, par exemple , ou de Pindare, quand ils fixent le nombre de générations qui séparoient un héros d'un de ses descendans, et quel argument de certitude forme en faveur des résultats du Tableau des généalogies la combinaison exacte de ces moyens ; mais il résulte encore de cette section d’autres réflexions générales :
1 .° L’espace soumis à nos calculs comparés est de sept cent vingt-un ans.*2.° Le nombre des générations réelles et effectives est de vingt-une générations dans la ligne directe de la dynastie d'Argos, 3.° Il n’est que de dixsept générations dans la ligne des rois de Thèbes, et de dix-huit dans la ligne des rois d’Arcadie. Voilà donc les calculs des anciens vérifiés par la combinaison la plus minutieuse de tous les faits exposés dans le Tableau. C’est la meilleure réponse qu’on puisse faire aux systèmes de Newton, etdeGibertpèreet fils, qui avoient tenté de faire revivre celui du grand géomètre. Fréret n’avoit traité qu 'imparfaitement la question , en tirant ses exemples des dynasties modernes; mais il n’avoit pas dressé le Tableau plus complet que nous présentons de la durée effective des anciennes générations grecques. Il est certain qu’en moyen terme ces générations étoient de trente-trois ans dans la période que nous examinons ici. Les circonstances de l’histoire développée nous apprennent d’ailleurs pour
Prospectus raisonné ou Aperçu d'un nouveau tps* ténu des temps ; Paris , /Set.
Défense de la chronologie contre le système de
Newton , pag. 4 ■
quelle raison politique les tutelles se prolongeant dans la maison de Thèbes, et par quelles causes tirées du climat les mariages étant tardifs dans la dynastie d’Arcadie, les générations ont été plus longues dans l'une et l’autre que dans la dynastie d’Argos.
On verra dans la ix.* section que des calculs prolongés après l’époque de la guerre de Troie fournissent des générations encore plus longues.
Il auroit été à desirer que les sources où j’ai puisé le petit nombre de moyens que j'emploie dans la x.* section pour prouver l’accord des généalogies avec les dates des sacerdoces , eussent été plus abondantes ; mais j’ai déjà montré, dans le cours de ces aperçus préliminaires, la justesse au moins de quatre dates principales de sacerdoces bien constatés et bien espacés de siècle en siècle. Je n’ai pas hésité d’y joindre les sacerdoces du temple d’AmycIes, nonobstant les injustes préjugés conçus par quelques savans contre l’authenticité de ses marbres. D’autres prendront soin de les défendre; je me suis borné presque à l’indication des rapprochemens que j’ai faits entre les noms de quelques prêtresses inscrites sur ces marbres, et les noms semblables qui forment presque, dans les généalogies des mêmes temps, des synchronismes. Ces rapports prouvent au moins que les noms inscrits sur les marbres ont bien le caractère du temps; or, à l'époque où l’on suppose que Fourmont les avoit forgés, il netoit guère possible de connoître le synchronisme, par exemple, de Damonassa, fille d’Asterion, n.° lvj, 1 5 , et de la prêtresse d’AmycIes qui portoit le
même nom, n.° xxix, t4,et qui exerça le sacerdoce durant quarante-neuf ans, suivant les marbres d’Amycles; car cette notion est le résultat fortuit des rapprochemens que j'ai faits et qu’on ne trouve que dans mon Tableau.
Les anachronismes développés dans la XI.® section appartiennent à la matière que je traite ; car les contraires mêmes fortifient les preuves en ce genre de chronologie naturelle. Diodore en fournit un exemple, et Eusèbe en fournit cinq. Ceux qu’Eusèbe a commis s’expliquent quelquefois par l’évidence de l’équivoque causée par deux noms dont la consorinance est la même, et dont l’époque différente ne peut être démontrée que par la seule comparaison des généalogies. Loin donc de diminuer l’autorité d’Eusèbe, ces anachronismes, lorsqu’ils n’existent qu’en apparence, confirment la confiance qu’on doit aux sources anciennes dans lesquelles les faits avoient été puisés. D'ailleurs les anachronismes mêmes ont dû être compris dans l’Explication méthodique, pour faire mieux sentir combien il étoit important de rétablir dans sa série originaire la ligne des rois arcadiens, qui complète et perfectionne tout le carré des généalogies d’Argos; il étoit également important de rendre compte de la liberté que j’ai prise de doubler des noms semblables dans les généalogies des Éolides et des Ëtolides : j’ai satisfait à ce devoir, et j’ai approché autant que possible de la preuve par des conjectures probables.
Enfin la xi.* section comprend quelques fragmens de généalogies qui n’ont été insérés qu’après coup dans ce Tableau déjà terminé : il eût été plus naturel de reporter
ces articles à leurs sections respectives; mais, en les présentant séparément, j’ai voulu donner quelques exemples d’un bien plus grand nombre d’autres faits qui pourront être insérés dans les développemens de chaque dynastie , par les savans qui voudront dans la suite perfectionner ou réfuter les résultats de ce travail.
On trouvera encore disséminées dans le Tableau les époques principales de l’introduction des arts dans la Grèce. Ces époques y sont marquées par celles des fondateurs des villes, et cette partie est essentiellement liée aux Recherches sur tes monumens cyclopéens ou pélasgiques , dont je promets la publication depuis vingt ans. 11 falloit bien ce délai pour faire vérifier cette autre théorie d’après les monumens des quatre cent cinquante villes les plus anciennes de la Grèce et de l’Italie, et pour que quatre-vingt- sept voyageurs, connus pour la plupart par des ouvrages publiés, aient acquitté cette vérification. Mon premier devoir, • après avoir développé dans le travail présent les éiémens de l’histoire simple , sera de développer à son appui ceux de l’histoire interpre'te'e. Les monumens des Héraciides, répandus en si grand nombre dans la Sardaigne, ayant introduit tout nouvellement dans le Tableau , de nouveaux synchronismes à comparer entre loias, neveu d’Hercule, Dédale et Minos, mis en rapport dans les récits d’Aristote et de Diodore, j’ai renvoyé à l’Appendice les articles qui concernent la démonstration de l’exactitude des synchronismes établis par ces auteurs.
11 résulte .aussi de la disposition du Tableau que, si
i'011 assigne ia naissance de Moïse à l’an 1620, celle de Josué à l’an 1570 avant J. C. , le synchronisme des Enacim , exterminés vers 1510 dans la Judée par Josué, suivant la Bible , cadre parfaitement avec la fuite de Danaüs et de Cadmus en Grèce vers l’an 1510. J’ai renvoyé l’explication de ce concours de faits À l’Appendice, et c’est la première fois qu’on aura démontré le point très-important de connexion qui existe entre les anciens temps de la Bible et l’histoire grecque.
Je sens ici la nécessité d’avertir qu’en employant dans quelques endroits de mon ouvrage le terme démontrer, je n’attache pas à cette expression le premier sens de preuve absolue que lui donnent les dictionnaires de notre langue, mais le second seulement, qui correspond dans tous les lexiques à celui été montrer, c’est-à-dire, faire voir la chose dont on parle.
En effet , c’est particulièrement à futilité des maîtres que ce travail est destiné; ils y trouveront une variété de faits parmi lesquels ils pourront commencer par choisir et dresser les tableaux particuliers de ceux dont ia démonstration est la plus simple. Ce sont d'abord ceux qui environnent l’époque de ia guerre de Troie. Il est continuellement question des principaux héros de cette époque et de leurs faits et gestes dans les auteurs classiques : mais on sait à quoi se bornent les articles qui les concernent dans les dictionnaires mythologiques.
La Table des matières fournira les moyens plus abrégés
Ma
9 i EXPLICATION SOMMAIRE,
de connoître fes circonstances historiques dans iesquelfes chaque héros se trouve placé sur le Tableau : j’ai donné tous mes soins pour que celte table contienne tous les noms compris dans le Tableau et dans les articles du livre, avec leur renvoi en caractères conformes à ceux du texte. En un mot, rien n'a été négligé pour établir l’ordre et la clarté dans les moyens d’étudier et d’enseigner cette haute période historique, relativement à laquelle nous ne connoissions aucun ouvrage élémentaire , même chez les étrangers les plus réputés pour les méthodes d’enseignement, si ce n’est des tables généalogiques sans aucun synchronisme déterminé.