CCLXVIII
L’auteur des scholies sur la il.* Olympionique de Pindare fait remarquer que Théron , tyran d’Agrigente , étoit le vingt -septième descendant de Laïus: or, suivant la disposition des généalogies , Laïus , vi — 20 , naît en 1390, et Théron en J 30, suivant les calculs de Fréret: l’intervalle est donc de 8 do ans, qui, divisés par 30, donnent 28 générations, plus 20 ans; cet excédant s’explique par la longueur bien reconnue des premières générations réelles de la postérité de Cadmus.
Pindare et son scholiaste comptoient Arcésilas, roi de Cyrène, pour le vingt-cinquième descendant d’Euphemus , beau- frère d’Hercules, comme ayant épousé Laonome , fille d’Amphitryon et d’Alcmena. Suivant les calculs de Fréret combinés avec ceux de Dodwell , la naissance d’Arcésilas date de l’an 500 avant J. C. Or, suivant les généalogies, Euphemus, vi — 8, naissant l’an 1270, aura donc été antérieur de 770 ans à Arcésilas. Cette somme comprend vingt -cinq générations de trente ans, plus
Schoi. pag. /6 .
tdit. Rem * /jrf.
Dtftau de la chronol. p. 77.
Pythk.tV, v.ij.
Déftnu de la chronol. p. S/.
170 EXPLICATION MÉTHODIQUE vingt ans ; ce tjui correspond bien au calcul de Pindare , qui comptoit Arcésilas pour le vingt-cinquième descendant d’Euphemus. On sait que les anciens comptoient indifféremment trente ou trente-trois ans , et plus encore , pour chaque génération.
ÇCLXX.
Pindare étoit contemporain de cet Acusilas d’Argos qui avoit trouvé des listes de généalogies gravées sur le bronze dans les domaines de son père, et d’Hellanicus, qui avoit combiné ces généalogies héroïques avec les années de sacerdoce des prétresses d’Argos. On doit donc supposer que le prince des lyriques devoit avoir des connoissances en Pythie, iv. chronologie. Or il nous présente Médée vivant dix-sept générationsavant Battus, fondateur de Cyrène en Afrique; et cette fondation , rapportée À l'an 2 de la xxxu. e olympiade, répond à l’an 65 1 avant J. C.
Supposé que Battus ait eu cinquante ans à la date de la fondation de sa ville , il faudra compter à partir de l’an 701 avant J. C. ; et si l’on ajoute 561 ans pour dix-sept générations de trente-trois ans chacune, il résultera que Medea vivoit à Athènes; l'an 1 260 avant J. C. ; ce qui l’a fait placer dans le Tableau au degré xv — 7 : mais il faut que cette disposition cadre à-la-fois avec l’empoisonnement de Thésée qu’elle tenta de commettre, et avec la réception qu’elle fit aux Argonautes. Si ce dernier fait date de l’an 1280, et si l’on suppose que Médée ait eu vingt ans à cette date, elle en aura eu quarante à la dixseptième génération indiquée par Pindare. Thésée étoit alors âgé de dix-huit ans. C’est donc peu d’années avant
DU TABLEAU GÉNÉRAL, i i 7 t l'époque de son règne qu’il aura pu être l'objet de la perfidie pour laquelle Médée fut chassée d’Athènes. On voit par -là de nouveau combien dévoient être exactes les tables générales d'Hellanicus sur lesquelles Pindare a dû régler ses calculs.
Patreus, filsde Preugenes, conduisit, par ordre d’Agis I. cr , la colonie qui fonda la ville de Patras en Achaïe. II remontoit, par les onze héros dont Pausaniascite les noms, jusqu’à Lacédémon, roi de Sparte. Agis vivoit vers l’an 1082, suivant M. Larcher; Lacédémon vivoit vers l’an 1 500 avant J. C. , suivant la disposition des généalogies dans le Tableau. Cet intervalle est de quatre cent dix-huit ans , qui donnent trente-six ans dix mois pour chaque génération.
La colonne des rois de Sparte est donc ici justifiée de nouveau dans la disposition de ses dates, par comparaison avec cette continuation de généalogie , qui n’a pu être portée dans le Tableau, dont elle excède les limites.
Il faut surtout remarquer ici, comme dans les exemples suivans, l’accord parfait des’ résultats avec l’âge tardif de trente-sept ans, auquel se inarioient les Lacédémoniens, suivant les autorités d’Aristote et de Xénophon, judicieusement combinées par M. Larcher.
CCLXXI 1 .
Agésilas , fils de Dorissus et roi de Lacédémone , régnoit vers l’an 957 avant notre ère II remontoit à Hercules au onzième degré par autant de héros dont les noms sont connus. L’époque de la naissance d’Hercules étant assignée
Apetkd. 1. IX.
f il.
Pau sa b in , lit.
XV lit , p. j6S.
Hiu. d'Hérodote , tcm. VU .
r. XIV, F . i99 .
Voy. City ter.
Histoire de la Grèce, tom. I , taU. /.
Clavier , Hitt.
de la Crète, 1 . 1 , mil. /.
Acad, des inscript. mm. XI K hfist.p. /p.
Clavier, ta supra, ta. 1 /, //.
i 7 i EXPLICATION MÉTHODIQUE dans Je Tableau à l’an i 290, l’intervalle est donc de trois cent trente-trois ans, qui donnent juste dix générations de trente-trois ans chacune , jusqu’au règne d’Agésilas.
CCLXXI 1 I.
Alexandre le Grand étoit'né vers l’an 356 avant notre ère : il remontoit jusqu’à Hercules, au vingt-quatrième degré. Ce héros étant né vers i'an 1 290 , l’intervalle est de neuf cent trente-quatre ans ; ce qui donne vingt-quatre générations de trente-huit ans onze mois,
La longue durée des générations dans cette généalogie est justifiée d’abord par les calculs de Fréret sur une autre série de rois successeurs d’Alexandre, qui ont régné entre Antigone et Philippe père de Persée. En effet , dans cet espace de cent cinquante-trois ans , on ne trouve que quatre générations de trente-huit ans trois mois chacune. Suivant encore les calculs du même savant, les huit générations que l’on compte entre PtoléméeSoter.filsde Lagus, et Ptolémée II , mari de Cléopâtre , sont aussi de trentehuit ans trois mois. Fréret en a donné pour raison, que, dans cette série de règnes , la succession au trône n’a pas été continuée par les aînés.
Périandre ayant dû naître l’an 653, la généalogie de Melissa, sa femme, remontoit, par Aristocrate son pcre, dernier roi d’Arcadie, jusqu'à Areas, son vingt-unième ancêtre. Le plus ancien de ces deux rois correspond , dans le Tableau, à l’an 1460 avant J. C. L’intervalle entre les deux naissances est de huit cent sept ans, qui fournissent vingt-et-une générations de trente-huit ans cinq mois. La
mesure de ces générations numériques, conformément aux exemples précédens, est encore démontrée probable par la longueur encore plus grande de plusieurs générations effectives qui sont exposées dans le Tableau. En effet, à partir de Lycaon jusqu’à Agapenor, on peut y remarquer cinq générations de quarante ans, trois de cinquante, et une de soixante ans.
Miltiade, fils de Cypsclus, a dû naître vers l’an 600 avant J. C. Il descendoit d’Ajax fils de Télamon , à la dixseptième génération , suivant l’énumération faite de ses ancêtres dans un fragment de Phérécyde. La naissance d’Ajax étant datée, dans le Tableau, de l’an 1250 avant J. C. , l’intervalle qui sépare sa naissance de celle de Miltiade, est de six cent cinquante ans , qui donnent dixsept générations de trente-huit ans deux mois.
On voit, par les huit exemples précédens, jusqu’à quelle distance après la guerre de Troie se prolongent les mêmes moyens de vérifier l’exactitude des calculs faits sur les dates des temps antérieurs à cette époque. Or , si les seules généalogies bien suivies , dont l’histoire nous a conservé un si petit nombre d’énumérations nominales, s’ajustent avec autant d’exactitude , à partir des temps les mieux connus , pour arriver aux dates établies dans le Tableau par une multitude de synchronismes , quelle idée ne devons-nous pas avoir de l’exactitude semblable des rapports qui dévoient exister entre les généalogies grecques que nous avons perdues , et toutes celles des temps héroïques qui sont exposées dans le Tableau!
Mit rail in us , in
l'ite Tkuiydid.
Clouter , 11 / suprô , ta H. III.
Cf. yg. 71 .
cnn. jyj t ium W* 9 i>
Ptiuutn. y il , XlX.yag.j70; II, XX xm , p.
iSy ; VIII , xLvtn, p<tg.
Enttè. p. 80.