COUTEAU DE BOU-SAADA
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M'SILA
AVANT de conduire le lecteur à travers M'Sila, je raconterai brièvement les origines de cette vieille cité. Quelques documents inédits, recueillis par M. Pellut et communiqués par M. Bruguier-Roure, m'ont aidé à reconstituer cette histoire.
D'après la légende, le grand chef d'une confrérie religieuse, Sidi ben Hilloul, partit, au VIIe siècle, du Maghreb avec une caravane, et, inspire par Dieu, décida qu'il bâtirait une mosquée à l'endroit où ses chameaux s'arrêteraient. Les animaux tirent halte sur les rives de l'oued Ksob, où fut édifié le premier sanctuaire de M'Sila, à 4 kilomètres des ruines de la ville berbère de Zabi (Bechilga), détruite par les Vandales et reconstruite sous le nom de Justiniana en 53g.
Presque en même temps que Sidi ben Hilloul, un autre chef, du nom de Tellis, s'installa, avec sa famille et quelques fidèles partisans, sur la rive gauche de l'oued Ksob. Aux maisons qu'il avait bâties pour lui et les siens d'autres constructions s'ajoutèrent. La petite ville commençait à prendre une assez grande extension, lorsqu'elle fut détruite par les Kharedjites. Elle ne se releva de ses ruines qu'eu 927. A cette époque arriva le fatimite Aboul Kacem Ismaïl ben Obeïd. Celui-ci, sur l'emplacement même de Kherbat-Tellis, traça avec sa lance l'enceinte de la cité future qui fut construite sous la direction de Si Ali ben Hamdoum el Djodhâmi. Appelée d'abord Mohammedia, elle prit plus tard le nom de M'Sila. dû à sa situation sur un cours d'eau (M'Sila vient, en effet, du radical " sil " qui signifie couler). Ali ben Hamdoum el Andalouzi en fut le premier gouverneur.
Poste stratégique important, centre commercial admirablement place entre le Tell et les régions du sud, M'Sila ne tarda pas à prospérer.
Malheureusement ce territoire' fut encore désolé en 1050 et la ville presque détruite.
Elle ne reprit de la vie et de l'animation qu'au XHIe siècle, après l'arrivée d'un saint homme, Si Mohammed ben Abdallah el Megherbi, originaire de Fez, surnomme Bou Djemlin, l'homme aux deux chameaux, ainsi nommé parce qu'il avait fait quarante fois le pèlerinage à la Mecque avec ses deux bêtes, sans que celles-ci eussent vieilli. Bou Djemlin fonda une zâouïa célèbre, et, après sa mort, on construisit sur son tombeau une mosquée qui est encore en grande vénération dans le pays.
Bou Djemlin, qui faisait des miracles, avait pour concurrent un envieux, un marabout, Mohammedou-Ali. Celui-ci, furieux de voir que son influence diminuait el que les gens du Hodna allaient tous vers la zaouïa de son rival, usa de son pouvoir surnaturel et détourna le cours du Bou-Sellam qui autrefois, dit la légende, fertilisait toute la plaine du Hodna.