PARTIE I. — LIVRE II
rappeler la part que les Hellènes de la Grèce encore asservie ont prise à la grande lutte nationale. C'est un des épisodes dont le souvenir entrelient les sentiments patriotiques des Hellènes que je voudrais essayer de faire revivre.
En Macédoine, où se pressent maintenant tant de races différentes, on retrouve partout les traces de la diversité de leur origine. L'ancien Axius doit son nom de Vardar à rétablissement que firent sur ses rives , au huitième siècle de Tère chrétienne, une nombreuse colonie de sectateurs de Zoroastre, chassés de la Perse par la conquête mahométane. Les Vardariotes ne sont pas les seules victimes de cette conquête qu'on rencontre dans le bassin de l'Axius. Niaoussa, charmante petite ville, bâtie sur une éminence, ramification du mont Titaros , est surtout habitée par ces chrétiens que n'a pas épargnés la cruauté du bourreau de la Macédoine, Aboulouboul-pacha. Les quarante familles turques qui vivent dans cette cité ne s'y sont établies que depuis l'époque où les Ottomans ont été expulsés du Péloponèse par les armes victorieuses des Hellènes. Ces Turcs sont-ils arrivés au dernier terme de leur exil ? On peut raisonnable-
int en douter quand on les compare avec les [^tiens de Niaoussa qui leur sont évidetnmenl périeurs par les dons de la nature , par la cul- ■e inleliectuelle , parl'activité et par le patriome. Les femmes chrétiennes, qui rappellent
type dorien d'Arlérais (Diane) chasseresse, issent la beauté à la ^râce. Jeunes ûlles, elles quentent assidûment l'école primaire. Maes, elles aident leurs époux à fertiliser la he campagne qui s'étend aux pieds de Niaoussa dont les coteaux produisent ce via noir qui nnait déjà lieu, avant la guerre de l'indépennce, à un commerce considérable, dont les néûces sont augmentés maintenant par le fenu des fabriques. La rivière d'Arapitza qui,
tombant de la colline, forme plusieurs casies, a permis d'établir des manufactures de lires, nommée patanias , dont les produits se ndent dans la Grèce indépendante.
Ces femmes que je viens de comparer à Artés portent encore fréquemment le diadème qui rait la têle de la sceur d'Apollon , et que les ciens nommaient Stéphane. D'autres ont pour nement le iepe, plaque de métal, qu'on voit elquefois sur le front superbe de Héra (Junon).