‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 108 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE II

Le chapeau d'été, à bords très-larges, formé de graminées réunies en faisceaux symétriques , se retrouve également sur les monuments. Les cheveux sont tressés de façons différentes. Lorsqu'on met le Stéphane ^ on les dispose avec élégance derrière ce diadème. Quand on porte le tépé, on en fait plusieurs tresses, dont les unes pendent sur les épaules , et les autres tombent sur le sein. Lorsqu'on se sert du turban, on enroule une seule tresse à ses plis. Quand on met le fess , on l'entoure de cette tresse. Le collier grec antique a été chargé de pièces d'or ou d'argent. La robe , blanche ou de couleur, brodée par le bas , est retenue par une ceinture fermée de deux plaques , ordinairement en argent. On la recouvre d'un par-dessus dont l'étoffe change avec la saison. Des souliers rouges sont le complément habituel de ce costume.

A l'époque dont il s'agit, aucun homme ne portait encore à Niaoussa le costume occidental. Il y est encore rare aujourd'hui. La foustanelle était le vêtement militaire, et l'habit osmanli celui de la vie civile. Le père d'Anthi et de Stérios, qui vivaient dans la ville avant la guerre de l'indépendance, s'était distingué parmi ces armatoles

du mont Olympe, qui se paraient avec orgueil du costume des guerriers. Les paliicares de TOlympe formaient des républiques militaires obéissant à des chefs dont la bravoure et rexpérience étaient les véritables titres à la soumission de leurs I compagnons d'armes. Le père de Stérios ayant

été victime des fourberies d'Ali-pacha, un de I ses parents, qui passait pour un des plus intré-

I pides paliicares de Garatassos , se chargea de la

; tutelle des deux enfants. Stérios avait quinze ans

; et sa sœur dix.

La mort tragique de son père avait laissé dans Tàme de ces deux adolescents , des traces ineffaçables. Il est peu de familles dans l'Europe orientale qui ne comptent des martyrs de la patrie. Dans un temps où les Turcs n'avaient point encore à redouter la surveillance ou les repré- { sailles de l'Europe chrétienne , le sang des ratas

[r leur semblait trop impur pour qu'ils se refusas-

sent à la fantaisie de le répandre. Mais Dieu , qui î est patient parce qu'il est éternel , demande tôt

I ou tard , aux peuples ainsi qu'aux dynasties , un

I compte sévère de la moindre iniquité. De la race

des victimes naissent des libérateurs, comme si la Providence voulait rendre plus évidente à tous

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