‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 125 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE III

tendre dans le pays Tinfluence bavaroise ; mais il a dû renoncer à toute tentative de ce genre. D'un autre côté, les Hellènes du royaume ou autochthones redoutaient tellement la concurrence des hétérochthones , qu'ils ont eu Timprudence de faire la loi de février 1843, dirigée contre des frères dont l'activité et le travail pouvaient rendre au pay« de si grands services. Par ce décret, qui, chose étrange, suivit rétablissement du gouvernement constitutionnel, des hommes qui étaient disposés à tout sacrifier à la cause de la Grèce , se voyaient repoussés de son sein par Tégoïsme de compalriotes plus préoccupés de leurs intérêts que du. salut commun. M. Alexandre Soutzos se rendit l'interprète de leur légitime indignation. Le guerrier hétérochthone est une énergique protestation contre un acte dont les conséquences ont été si funestes. Les sentiments peu patriotiques qui ont inspiré cet acte ont conservé tant de force que dans la loi sur l'indigénat on ne fait pas de distinction entre un Autrichien ou un Thessalien quand il s'agit de la naturalisation en Grèce. C'est avec peine qu'on s'est décidé à laisser introduire dans la partie publiée du code civil une sorte d'adoucissement

à cette loi en exigeant d'un Hellène un peu moins de temps de séjour pour Toblention des droits civils. Le rôle d'un royaume qui pourrait nourrir 5,000,000 d'habitants, n'était-il pas plutôt de devenir un foyer d'attraction pour les populations helléniques ; de les rassembler et de les organiser sous le drapeau de la croix , afin d'être en mesure un jour de revendiquer avec dés forces imposantes les provinces restées sous le joug des Ottomans? Cette Grèce, qui s'adosse aux gorges impénétrables de l'Olympe et du Pinde ; que. couvrent contre les grandes flottes des écueils propres à devenir un abri à des milliers de corsaires, ne semble-t-elle pas destinée à servir de forteresse aux Hellènes en attendant le jour de la résurrection définitive de la nation? Sans parler de la Macédoine méridionale, de la Thessalie et de l'Épire, où tant de Grecs s'entretiennent de leur haine contre la barbarie musulmane, combien d'insulaires soupirent après le jour de la délivrance ! Dans une pareille situation , le plus important n'était paç de faire des manifestations assez stériles en faveur des îles Ioniennes : le royaume aurait dû s'ouvrir avec une hospitalité cordiale et sympathique à tout hé-

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