PARTIE I. — LIVRE III
il ne faut pas s'étonner s'il reste plus généralement qu'en Allemagne étranger à la vie intellectuelle. Quelques femmes ont pourtant commencé à cultiver les lettres. Maintenant il est peu de provinces où vivent les Hellènes qui n'en ait compté quelqu'une dans ces derniers temps. Il suffît de nommer Catherine Valeta, sœur des deux poètes Soutzos, qui a traduit les Dialogues de Phocion par Mably; Rhallou Soutzos, Théroïne du Voyageur-, à laquelle on doit la traduction d'un ouvrage de Bouilly; Catherine Dosios , fille d'Alexandre Mavrocordatos, cousin germain du défenseur de Missolonghi , morte à Jassy (Moldavie) , qui composa une statistique ethnologique des îles de l'Archipel. Comme elle possédait admirablement la langue grecque et l'anglais, elle traduisit en vers le Giaour et une grande partie des poésies de Byron. Le Giaour a paru après sa mort. Citons encore M™« Dragourais, femme du directeur de la Pandore y esprit gracieux, auteur de nouvelles; Léontias, de Cypre, qui dirige la grande école des demoiselles à Srayrne , et qui a composé des discours sur V Avenir de la Société hellénique, sur la Civilisation, sur les Principes d'une éducation hellé-
nique bien comprise ^ elc; Euphrosine Tzamarzidis, femme du fondateur d'une école de filles à Larissa en Thessalie , poète lyrique , dont les vers sont faciles. Un de ses ouvrages intitulé : Recueil de poésies y a paru à Athènes en 1857. Une demoiselle de Sparte , enlevée à la Grèce par le choléra, mérite une place à part dans cette rapide énumération. W^ Polytimi Kouskouris, dont l'érudition eût fait honneur à plus d'un savant, dirigeait l'école communale d'Athènes. Son ouvrage est intitulé : Géographie de ^ancienne Grèce avec des notes et des renvois aux sources anciennes, Athènes 1854. Cet ouvrage est bien composé. L'auteur a su le rendre intéressant en rappelant, toutes les fois que l'occasion s'en présente naturellement , les gloires d'un passé justement cher aux Hellènes. 11 aime à leur répéter « que le soleil de l'hellénisme rayonnait de la péninsule ibérique jusqu'au Bosphore cimmérien, de l'Euphrate et de la Lybie jusqu'au golfe d'Adria et à l'ister. »
Le nom d'Évanthie d'Andros est inséparable du siège de Missolonghi. La sœur de Kaïris a, dans un drame intitulé Nicérate (Capsalis), dont la langue est élégante et pure, chanté les évé-