PARTIE II. — LIVRE I
muniste qui est encore en vigueur au mont Athos et en Occident. Les moines y prenaient leur repas sur des tables en fer-à-cheval , mises les unes à côté des autres, pendant qu'un religieux, au milieu d'un silence lugubre, faisait quelque lecture pieuse. Ce réfectoire, où l'on ne prend plus que la nourriture spirituelle , renferme quelques manuscrits intéressants. Un manuscrit du quatorzième siècle contient un recueil de canons. Sur quelques feuilles restées blanches d'un recueil analogue se trouvent des notes parfois curieuses : ainsi on mentionne , sous la date de 4742, un miracle en vertu duquel les cendres devinrent rouges : quel couvent n'a pas ses prodiges? La sacristie possède plusieurs objets qui intéressent l'histoire de l'art byzantin. Un pétrahilion (élole), dû à un artiste constanlinopolitain, brodé en or et d'une beauté exquise, est de 4807. Un livre liturgique du seizième siècle (4543), dédié au monastère par Théonas, est écrit en or avec des vignettes sur un papier turc lisse et peint en rose. Une très-jolie représentation brodée du Christ dans le tombeau, nommée en Orient « épitaphe 3> , porte la date de 6908 (après la création, probablement 4400
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après Jésus-Christ). Plusieurs cassettes en bois sont également conservées dans la sacristie. L'une , qui est en aident battu et qui a pour sujel des scènes de la Bible , s'éloigne beaucoup du genre byzantin. Sa date est de 1797. La plus remarquable des cassettes qu'on garde aux Taxiarques est formée de tablettes en filigrane. Le couvercle est doré et en forme de toit, avec trois lanternes à jour. Sur celle du milieu est une grenade orientale, et sur l'autre un saphir. Cette cassette est divisée en compartiments , qui portent chacun une de ces inscriptions : — l'honorée chlarayde de Christ; — couronne d'épines; — boucle de cheveux du précurseur; — honorée éponge. Les objets indiqués par les inscriptions sont contenus, si l'on ajoute foi aux inscriptions, dans les compartiments. La cassette est placée dans un sarcophage en marbre, dont les bords supérieurs et inférieurs sont entourés d'un ornement en argent doré très-gracieux et qui est lui-même renfermé dans une cassette en bois inscrusté d'ornements en ivoire et en nacre. La tradition des Taxiarques est que ces objets sont une offrande de Thomas, frère de Constantin XII Dracosès, dernier empereur d'Orient. Sur le sarcophage en