‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 218 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE I

est TAlyssos (eau qui guérit de la rage). C'est sur ces rochers , où s'était établie la ligue des braves Achéens , que devait être planté le premier étendard de TinSurrection nationale. Quand les rapports avec la Grèce deviendront plus fréquents, les Occidentaux visiteront ces montagnes, comme on va saluer en Occident le Griitli et la place de la Bastille.

Les bienfaits de la révolution n'ont pas tardé à se faire sentir dans l'éparchie de Galavryta , dont la population s'est élevée au chiffre de 41,000 habitants. La culture y était alors de plus d'un tiers qu'avant l'insurrection. L'éparchie produisait du vin et de l'huile. On y récollait aussi de la soie et on y fabriquait des tapis. Quoique la ville n'eût que 2000 habitants , la commune entière en avait 6500. Elle possédait une école hellénique (90 élèves) , une école de filles (40 élèves) et une école communale (70 élèves)..

Le lendemain, je pris la route d'Haghia- Lavra (Sainte-Laure) , où j'arrivai à huit heures du matin. Ce couvent est situé sur un petit plateau qui domine une vallée tortueuse. Il est entouré d'arbres et forme un carré ceint de murs , d'où surgit une coupole basse. Des balcons en

bois sont suspendus à chaque angle de la muraille. Le vieux monastère, fondé en 1400 par le moine Eugène^ dans une grotte, où Ton voit encore l'ancien catholicon , est à dix minutes du couvent nouveau.

Tandis que je me livrais à Témotion qu'on éprouve involontairement quand on approche d'un lieu consacré par de grands souvenirs , les cloches se mirent en branle pour annoncer mon arrivée. Le son continua jusqu'au moment où je mis pied à terre à la porte, où une dizaine de moines m'attendaient. Ils me conduisirent au catholicon y placé au centre de la cour, entourée de cellules, dont une partie seulement est habitable; car on n'a pu encore reconstruire en entier le couvent détruit pendant la révolution. Nous sortîmes ensuite du monastère et nous trouvâmes à gauche l'énorme platane, aussi célèbre en Crèce que l'érable de Trons chez les Grisons de la Suisse , à l'ombre duquel on jura de mourir pour la patrie et pour la foi chrétienne. A côté , un peu plus bas, je visitai la petite église byzantine délabrée où Ghermanos bénit après la liturgie (messe) le premier étendard de l'indépendance. Ce drapeau, qui a joué un aussi

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