PARTIE II. — LIVRE III
que les chrétiens vainqueurs $'acharnèrent à détruire presque tous les chefs-d'œuvre de l'antiquité comme représentant des idoles. Ce zélé si funeste aux chefs-d'œuvre des Scopas, des Phidias, des Polyclète et des Praxitèle, devait être imité plus tard par les calvinistes, qui avaient en horreur les sanctuaires consacrés aux saints par le moyen âge. Tout en détruisant, les chrétiens ne dédaignaient pas les débris des édifices païens. Â Palsea-Épiscopi , on a muré dans les constructions d'une église byzantine, ruinée par Ibrahim-Pacha, église dont le style est gracieux , bien des pièces d'architecture appartenant à un grand monument. L'église a été construite sur le soubassement d'un édifice antique. Les Turcs, de leur côté, ont employé aux mosquées de Tripolis beaucoup de fragments de marbre recueillis à Palsea-Épiscopi. Le vandalisme constructeur n'a pas été moins funeste aux monuments d'un art sans égal que le vandalisme des chrétiens et des barbares.
L'instruction , qui se propage de plus en plus
chez les Hellènes, contribuera, il faut l'espérer, à la conservation de ce qui reste de l'antiquité.
584 LAGONIE.
Le village de Piali a parfaitement compris les services de toute espèce que l'instruction pouvait rendre au pays. Comme il était trop peu considérable pour avoir une école communale , les paysans se sont cotisés pour en fonder une. Celte école était fréquentée par 85 élèves , garçons et filles.