VIII PRÉFACE
malheureuse Italie. L'indulgence avec laquelle la presse de Paris a accueilli mes études sur l'Orient chrétien prouve seule les modifications considérables qui se sont opérées dans l'opinion publique. Sans doute quelques critiques attachés au catholicisme seront toujours dans l'impossibilité de m'accorder que notre Église est supérieure à l'Ëglise romaine; mais le zèle pour la cause de la papauté est rare en France dans le monde littéraire, et d'excellents esprits , indépendants des influences de l'éducation , ne se sont pas montrés éloignés de convenir que le système des Églises nationales, si semblable au gallicanisme français^, est de beaucoup préférable, dans l'intérêt des peuples et de leurs libertés, à la centralisation absolutiste organisée par les patriarches de Rome.
Les publicistes anglais et surtout les journalistes autrichiens seront toujours plus difficiles à convaincre toutes les fois qu'il s'agira des Orientaux.
Les premiers n'adoptent les réclamations des nationalités qu'avec la plus grande réserve. Les «protecteurs» des lies Ioniennes veulent bien d'une Italie une et indépendante, parce que le nouveau royaume serait la fin de la théocratie papale ; mais ils ne voient qu'avec inquiétude la résurrection des chrétiens orientaux, parce qu'ils la regardent comme funeste à «l'intégrité de l'empire ottoman » qu'ils ont presque constamment défendue depuis -182^. En outre, l'Angleterre ayant toujours trouvé dans l'Autriche une alliée assez fidèle, ne veut pas se séparer d'elle dans une question qui touche l'empire apostolique de si près.
* Le comte J. de Maistre a prouvé que le gallicanisme n'est guère moins «schismatique» que TÉglise orientale.