PRÉFACE. IX
En eflèt, FAutriche a d'excellentes raisons pour regarder comme des ennemis personnels tous ceux qui parlent des droits des Orientaux. Après avoir joué un si grand rôle dans l'assassinat de mon illustre parent, Grégoire III Ghika , n'a-^t-elle pas enlevé à la Roumanie ses plus belles provinces et ne tient-elle pas sous le joug 2,380,000 Roumains ? Ne craint-elle pas que le rétablissement d'un Ëtat serbe , dont Belgrad deviendrait le centre, n'exerce une irrésistible influence sur les Serbes autrichiens? Si les Hellènes rentraient en possession de leur ancien territoire, ne devrait-elle pas renoncer à poursuivre ses agrandissements le long de l'Adriatique et à chercher en Albanie et peut-être plus loin des compensations aux pertes cruelles qu'elle a subies en Italie?
Avant la fondation du royaume hellénique , la maison de Lorraine se contentait d'user du procédé sommaire qui l'a délivrée de Rhigas-le-Libérateur. Mais aiyourd'hui, que l'Autriche prétend être un gouvernement constitutionnel, ces brutales méthodes seraient d'une application difficile. Il ne lui reste d'autre ressource que de faire décrier, autant qu'elle le peut, les défenseurs des nationalités orientales ', et de les faire passer pour des a ennemis de l'Allemagne. » Malheureusement l'Autriche a perdu dans Fallmerayer l'homme le plus propre à remplir cette triste tâche. D'ailleurs, quel écrivain sérieux se souciera d'injures prodiguées aux plus purs patriotes de l'Occident, princes et particuliers?
Quant à la prétention de transformer en « ennemis de l'Allemagne» les adversaires de la politique autri-
*Yoy. Yapereau, Dictionnaire des contempùrains^ art. Grégoire Ghika ou Ghika X. Paris 1858.