PARTIE I. — LIVRE I
ques y }^ exposition qui a lieu tous les quatre ans et dont l'établissement est dû à un opulent négociant de Bukarest , M. Zappas , permettent d'apprécier les progrès de l'industrie en même temps que ceux de l'agriculture. C'est là qu'on peut admirer les ceintures et les écharpes d'Hydra, les moustiquaires et les foulards de Calamata, les soieries de Goumi. On y peut aussi constater les progrès de l'ébénisterie, qui trouve en Grèce une excellente matière première. Mais l'industrie la plus développée de la Grèce est la construction des navires, ainsi que j'ai pu m'en convaincre au Pirée, à Patras et à Galaxidi. Syros est aussi un des centres de cette industrie.
Quant à la grande industrie, elle n'est point encore possible en Grèce. Les capitaux sont à un taux trop élevé , les bras trop rares , le marché trop peu étendu , les ouvriers trop peu habitués à entretenir et à réparer les machines , les cours d'eau trop faibles ou trop irréguliers , le combustible minéral trop cher, le bois trop difficile à transporter. Aussi un homme compétent , l'auteur de V Étude économique de la Grèce ^ M. Casimir Leconte, affirme-t-il sans hésitation que «vouloir faire de la Grèce agricole et maritime
une des contrées industrielles de l'Europe est une utopie , en principe, et une cause de désastre en réalité. :» Du reste, on ne doit ni s'étonner ni s'attrister de la lenteur du progrès industriel. Quoique le chiffre de la population se soit élevé de la manière la plus satisfaisante, puisque ce chiffre qui, en 1834, n'était que de 642,608, étaità la fin de 4857 del ,045,232* et de 1,200,000 à la fin de 4860, elle est encore loin de suffire aux besoins de l'agriculture, qui doivent toujours être mis en première ligne. En effet, autant la vie agricole est salutaire , moralement et physiquement, aux individus, autant le travail des manufactures énerve leur corps et leur intelligence , M. Jules Simon l'a prouvé dans LOuvrihe par des faits innombrables.
Tout ce qu'on peut demander au gouvernement , dans la situation de l'industrie hellénique, est de se montrer fidèle aux véritables doctrines économiques. Il faut lui savoir gré de n'avoir pas essayé de faire naître par des prohibitions et des droits protecteurs une industrie dont les éléments n'existent pas encore. Sa lâche est par un esprit de sage administration d'amener l'abon-
* Rapport de M. Coumoundouros, p. 3.