PREFACE. XI
guides que les obscurs continuateurs de Fallmerayer.
J'ai également trop de confiance dans l'influence dés institutions qui reposent sur le libre examen pour croire que la Grande-Bretagne reste toiyours hostile à rOrient chrétien. Dans les plus tristes jours, à l'époque où les ministres anglais royaient de si mauvais oeil la rénaissance de la Grèce, les Hellènes avaient en Angleterre des défenseurs tels que Byron^ Les compatriotes de Wilberforce et de Canning ne seront donc pas constamment sourds, j'en suis convaincue, à la voix des nationalités opprimées en Orient par la barbarie musulmane. Un peuple libéral et profondément religieux pourrait-il identifier éternellement sa cause avec celle de l'esclavage et du harem?
Afin dé ne pas tomber dans les exposés systématiques que j'ai moi-même blâmés, je me suis plutôt occupée, pendant mon^ séjour en Grèce, à recueillir de nombreuses observations, qu'à faire des théories. Animée d'un vif désir d'être impartiale, j'ai écouté les hommes de tous les partis, étudié toutes les classes et interrogé avec autant de soin les chevriers du Parnasse et les pâtres arcadiens que les phanariotes , les professeurs et les théologiens d'Athènes. J'ai sans doute rapporté de mon voyage une impression favorable à la Grèce , mais je crois pouvoir me rendre le témoignage de n'avoir usé d'aucun artifice pour la faire partager à mes lecteurs. A mon avis, les Hellènes ne sont pas plus exempts de travers et même de défauts que les autres membres de l'imparfaite postérité d'Adam. Mais j'ai trouvé chez eux un amour sincère de la patrie, un goût pour l'insl^ruction fort rare dans l'Europe orientale, un vif désir de mériter les symp^ithies du monde ci-