‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 6 sur 284 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

chienne, elle paraîtra singulière à ceux qui connaissent rhistoire de ce noble pays. Si rAUemagne est condamnée à l'impuissance par d'incurables divisions, n'en doit-elle pas accuser surtout ceux qui veulent faire violence à son libre génie en lui imposant les idées romaines, les traditions théocratiques et absolutistes du «saint-einpire?» On dira, je n'en doute pas, que l'Autriche de l'empereur François-Joseph n'est pins l'Autriche de Ferdinand I«r et du prince de Mettemich. Pour mon compte, je ne puis avoir aucune confiance dans le pouvoir qui a abrogé la Charte du 4 mars -1849, après l'avoir concédée avec tant de solennité , et le souvenir des odieux gibets d'Arad m'empêchera toujours de croire au libéralisme de ceux qui les ont dressés. Les hommes politiques qui ne partageraient pas ma manière de voir peuvent demander aux Magyars du royaume de saint Etienne, aux Roumains de la Transylvanie, aux Italiens de la Yénétie, comment les auteurs du Concordat autrichien comprennent le régime constitutionnel !

Quoi qu'il en soit des intentions du cabinet de Vienne, sa manière d'agir envers les nationalités orientales ne m'empêchera jamais de rendre jus lice aux qualités incontestables des Allemands de l'Autriche, ni de m'intéresser aux destinées de la race germanique. Tout esprit libéral doit désirer que l'Allemagne soit grande et forte et qu'elle soit parfaitement en état de défendre envers et contre tous les idées qu'elle a mission de représenter dans le monde. J'aime à conserver la conviction que la véritable Allemagne , l'Allemagne de Luther, de Lessing, de Kant, de Schiller et de Goethe, restera fidèle aux instincts élevés auxquels j'ai rendu tant de fois hommage dans ÏA Suisse allemande^ et qu'elle prendra d'autres

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