‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 117 sur 339 · PARTIE III. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE III. — LIVRE III

les Turcs , qui se réfugièrent dans les citadelles de Négrepont et de Carystos. Cette dernière place repoussa avec énergie les attaques des Hellènes, et rindomptable Élie Mavromikhalis , entouré d'ennemis , se coupa la gorge avec le tronçon de son sabre pour ne pas tomber aux mains des Turcs (4822). En 1827, le Français Fabvier échoua comme Élie et ne put enlever Carystos à Omer-Pacha.

Aujourd'hui qu'elle est délivrée de la domination étrangère , l'Eubée semble appelée à un avenir satisfaisant, grâce à la fertilité de son sol , à la richesse de ses pâturages et aux beaux marbres que contiennent ses montagnes. Malheureusement ce pays est, dit avec raison M. Rhangavis * , une des parties de la Grèce les moins étudiées. Il en résulte qu'on n'a encore qu'une idée imparfaite de ses ressources. On ignore , par exemple , quel parti pourrait être tiré des carrières de Carystos où les anciens trouvaient un marbre renommé ; mais on croit généralement qu'elles sont loin d'être épuisées.

* Rhangavis , Mémoire sur la partie méridionale de l'Euhée Paris 1852 , imprimerie nationale. Le docte archéologue grec donne une idée de Taspect du pays.

232 EUBÉE ET GYGLADES.

Prés de Carystos , il existe aussi des mines de cuivre, dont le minerai est «d'une richesse incontestable, » dit M. C. Leconte, et qui étaient également exploitées dans l'antiquité. En outre, l'Eubée renferme plusieurs bancs de lignite, dont le principal est situé à Coumi. Un ingénieur français , M. Sauvage, dans un mémoire adressé à Coletti , affirme que la première variété des lignites de Coumi a une valeur calorifique égale à celle du bois ordinaire, et que la seconde constitue un fort bon combustible, qui se rapproche de certaines houilles de qualité moyenne. «Cette seconde variété, disait M. Sauvage en 1846, peut être employée très-avantageusement dans la navigation à vapeur, t^ Une pareille conclusion avait beaucoup d'importance pour un pays voué à la marine. A la demande de Coletti , et sur l'invitation du représentant de la France, M. de Lauriston , commandant du Rubis , fit un essai d'où il sembla résulter « que le rapport de production de vapeur du charbon de Coumi au charbon anglais, serait environ des trois cinquièmes. » Mais M. de Lauriston avouait que «l'expérience était loin d'être complète. » Aussi, en 1857, fit-on de nouveaux essais à bord du

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