‹ Excursions en Roumélie et en MoréeChapitre 118 sur 339 · PARTIE ni. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE ni. — LIVRE III

Solon, de la marine impériale française. Le rapport d'un témoin oculaire, M. le capitaine de génie A. Panos, rapport que j'ai sous les yeux, constate que, «en calculant la consommation du combustible par milles, le Solon consume 200 kilogrammes de son charbon pour chaque mille parcouru, et qu'il n'en consume que 454, soit 66/00, de celui de Coumi. » M. Panos ajoute que si l'on renonçait à un mode d'exploitation « vicieux et dispendieux S » ce combustible pourrait « alimenter toute la navigation à vapeur de la Méditerranée. »

Ce seul fait donne une idée des conditions minéralogiques du royaume. Ce genre d'exploitation, dit M. G. Leconte «offrirait un vaste champ à l'industrie*. » Pourtant, si l'on excepte les salines', l'État retire peu de produits* d'un élément qui ailleurs fournit tant de ressources au Trésor. Il n'est peut-être point de pays qui soit plus riche en marbres que la Grèce ; puisque

* Comp. C. Leconte , Rapport au ministre de France sur les lignites de Coumi.

* Rapport au ministre de Tagriculture, août 1846.

» Qui ont produit 157,829 dr. en 1833 et 368,717 en 1851. (Spiliotaky, Renseignements statistiques, tabL R).

* 5,905 dr. en 1833 et 52,181 en 1851 (Spiliotaky, ibid.).

le sol, au témoignage d'un juge compétent, M. Albert Gaudry, qui a fait un rapport scientifique au gouvernement français sur cette question , en est en grande partie formé. La Laconie seule offre des échantillons de toute espèce , des marbres bleus , gris , blanchâtres , bigarrés , Tamygdaloïde-brèche-doré , Tophise , le rouge

antique, etc.

Mais les marbres de couleur ne présentent point pour Tart le même intérêt que les marbres blancs de première qualité, destinés à la statuaire. La Grèce et l'Italie possèdent en abondance la seconde qualité; mais la première ou lychnites ne se trouve guère qu'à Carrara et à Paros. L'exploitation des carrières de Paros ayant cessé depuis près de deux mille ans, Carrara jouit d'un véritable monopole. Lorsque le gouvernement français eut la pensée d'ériger un tombeau à Napoléon I^r, il s'adressa à M. de Roujoux, son consul dans les Cyclades. Le rapport de cet agent (4 mai 4844), tout en signalant les difficultés d'une nouvelle exploitation des carrières , ne la présentait point comme impossible. Mais avant de l'entreprendre, il s'agissait de savoir si l'opinion générale avait raison de re-

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